Major Prépa > Grandes Écoles > Écoles de commerce > À NEOMA, la littérature aide à penser l’IA
Quel que soit ton niveau de proximité actuel avec l’IA (vague connaissance, usage occasionnel ou fréquentation quotidienne…), ta vie professionnelle future sera nécessairement concernée. Les transformations actuellement à l’œuvre ne permettent pas encore d’en cerner précisément les contours, mais aucun doute sur ce point : l’IA sera un sujet pour toi. Comment acquérir les connaissances indispensables pour ne pas te laisser dépasser, tout en conservant le recul nécessaire à un usage raisonné ? Le cours de littérature délivré par NEOMA est une réponse à laquelle nous ne nous attendions pas ! Il fait pourtant partie des enseignements fondamentaux de 1re année, au même titre que les cours d’AI Literacy…
À la croisée des mondes académique et professionnel, l’enseignement supérieur se trouve en première ligne face à l’irruption de l’intelligence artificielle. Comment NEOMA en tient compte pour mener à bien sa mission : former des diplômés répondant aux besoins des entreprises avec lesquelles elle entretient depuis toujours des liens étroits ? Soucieuse d’embarquer l’ensemble de son écosystème dans cette transformation, elle a récemment organisé une nouvelle session de formation à l’IA à destination des professeurs de CPGE. Les étudiants bénéficient eux aussi pleinement de cette dynamique.
L’IA entre dans le tronc commun du PGE de NEOMA
Que tu aies intégré l’intelligence artificielle dans ta routine de révision en prépa ou qu’elle en soit totalement absente, elle aura une place de choix dans le quotidien de tous les futurs intégrés NEOMA. La business school a en effet inscrit au programme de L3 un cours obligatoire intitulé « AI Literacy ». Un enseignement déjà suivi par 12 000 étudiants, pensé pour développer un usage éclairé de ces outils : comprendre ce que les IA savent très bien faire, identifier ce qu’elles apprennent encore, repérer les biais qu’elles comportent, alerter sur leurs impacts (environnementaux, organisationnels ou cognitifs). Le tout sans éluder la pratique, notamment en travaillant le prompt engineering…
« Décrire précisément ce que l’on attend et expliciter le chemin que l’IA doit emprunter pour y parvenir sont autant de compétences langagières et de conceptualisation qui font briller les CV », souligne Alain Goudey. Le directeur général adjoint de NEOMA en charge de l’innovation le martèle : former tous les étudiants à l’IA est aujourd’hui « fondamental ». Mais l’ambition de NEOMA va plus loin. La business school défend une approche globale « massive » et « systémique » de l’IA, capable d’embarquer toutes ses parties prenantes.
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Une école pensée à l’heure de l’IA
Au-delà de sa place désormais installée parmi les fondamentaux, l’IA irrigue ainsi l’ensemble des enseignements à NEOMA, jusqu’au MSc AI for Business, qui lui est entièrement dédié (lire l’encadré ci-dessous). Mais bien avant ce niveau de spécialisation, elle s’invite déjà dans le PGE. Difficile, aujourd’hui, d’imaginer un cours de marketing sans generative engine optimization, un cours de finance de marché sans machine learning ni blockchain, ou encore un cours de vente sans recours aux modèles de type LLM pour simuler des négociations. Cette intégration repose sur un travail de fond avec des enseignants-chercheurs formés aux enjeux de l’IA en lien avec leurs disciplines respectives, qu’ils continuent de questionner notamment via leurs travaux de recherche. En cours, les étudiants acquièrent ainsi les bases (que faire avec l’IA et, surtout, comment bien le faire) tout en restant connectés aux évolutions rapides des technologies et des usages.
Grâce au partenariat stratégique qui l’unit à Mistral AI, 100% des nouveaux étudiants de NEOMA disposent d’un accès au Chat Pro. Des licences sont également déployées auprès du corps professoral et des équipes administratives, qui contribuent à l’amélioration des modèles à travers des feedbacks réguliers. « Le choix du plus européen des acteurs mondiaux de l’IA générative n’est pas un hasard. Si un établissement de la stature de NEOMA ne soutient pas les entreprises innovantes en France et en Europe, qui le fait ? », interroge Alain Goudey. La proximité des bureaux de Mistral AI avec le campus parisien de la business school ainsi que l’attention portée à des modèles plus sobres sur le plan environnemental, sujet qui lui est cher, ont achevé de convaincre NEOMA d’engager cette collaboration, pensée comme un levier de transformation à l’échelle de toute l’organisation.
NEOMA met l’IA à l’épreuve des humanités
NEOMA n’injecte pas d’intelligence artificielle dans le quotidien de ses étudiants sans en interroger les limites. Comment en proposer un usage véritablement intelligent, alors même que personne n’est encore capable de dire à quoi ressemblera le monde du travail dans cinq ans ? Peut-être en se tournant vers ce que « le passé » sans IA a pu imaginer du « futur » technologique… « À NEOMA, on apprend ainsi à augmenter sa pensée avec l’IA autant qu’à penser sans elle : l’AI Literacy et la littérature y sont enseignées comme deux compétences indissociables pour découvrir et comprendre le monde », résume Alain Goudey.
Le juste équilibre n’est pas seulement une question de dosage (une heure de + ici, un peu – là) ou de chiffres (“10 commandements pour un bon usage de l’IA”), mais un sujet plus littéraire qu’il n’y paraît ! Obligatoire depuis la rentrée dernière en L3, le nouveau cours de littérature proposé par NEOMA est pensé en dialogue avec les enjeux de l’IA. Les grands textes mobilisés par Agathe Mezzadri-Guedj, professeure de lettres en prépa, ont leur mot à dire sur la tech…
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Manager avec Zola, penser avec Frankenstein…
« Leçons des grands textes littéraires : management, entreprise et leadership »… Quel rapport avec des études en sciences du management à l’ère de l’IA ? Répondons à cette interrogation en partageant quelques-unes des questions traitées durant ces « leçons » : Comment Zola fait-il de l’entreprise un monstre ? Ulysse était-il un bon manager ? Dans Frankenstein, la créature finit-elle par dépasser son créateur ? « Étudier des modèles de société, des façons de manager et des formes de leadership encourage nos étudiants à développer une réflexion personnelle : qu’est-ce qu’une entreprise ? Qu’est-ce qu’un manager ? Comment développer une activité ? », analyse Alain Goudey, avec lequel Agathe Mezzadri-Guedj échange très régulièrement.
« La discipline que j’enseigne à NEOMA est ‘ancienne’ et peut sembler éloignée des sujets liés à la tech. C’est pourtant avec le directeur de l’innovation que j’échange le plus, sourit l’enseignante. Ces discussions me permettent de me tenir au plus près de l’actualité de l’IA, de réfléchir à la formation des professeurs, notamment celle des enseignants de CPGE, et m’inspirent des réflexions utiles à mes cours. » Récemment, l’enseignante a ainsi travaillé sur les correspondances entre la manière dont l’homme nourrit l’IA et celle dont les machines se nourrissent de l’homme dans Matrix ou encore dont Victor Frankenstein abandonne sa créature… sans la nourrir.
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Quand tout bouge, que reste-t-il ?
Le roman de Mary Shelley figure au programme de ce cours, dispensé à raison de cinq séances de trois heures sur le premier semestre de L3 par Agathe Mezzadri-Guedj depuis la rentrée 2025, soit quelques mois seulement après la mise en place du partenariat avec Mistral AI. Une synchronicité paradoxale, non ? « Nous traversons une période de grande ambiguïté : rien de ce qui concerne l’IA ne semble encore inscrit dans le marbre, mais il nous faut pourtant en comprendre les enjeux et transmettre à nos étudiants ce que nous en saisissons pour en faire des diplômés solides sur ces sujets. Pour nous tenir sur cette ligne de crête, il faut bien sûr s’immerger dans les apports nouveaux de l’IA, mais aussi rester ancrés sur des fondamentaux solides. La littérature en fait partie. Et elle a beaucoup anticipé l’IA, souligne l’enseignante. Les ‘histoires’ ont des choses à nous apprendre sur ce moment de notre histoire… »
Conserver notre puissance, rester humain
Comme Alain Damasio, qui estime, dans son essai La Vallée du Silicium (2024), que l’IA « nous a donné le pouvoir – tout en nous retirant nos puissances »*. « D’instinct, nous sommes tous d’accord pour devenir plus performants grâce à l’IA. Mais cela ne nous dispense pas de questionner ce choix… », estime Agathe Mezzadri-Guedj, qui envisage d’intégrer cet auteur de science-fiction à une prochaine session de son cours, peut-être sur le cycle Master du PGE. « Avec la direction des programmes de NEOMA, nous réfléchissons aux prolongements possibles de cet enseignement en M1 », confie-t-elle.
Son cours, au sein duquel l’IA n’intervient pas en tant qu’outil, ne cherche pas à en freiner l’usage, mais invite à en limiter les dérives. Il incarne exactement ce que NEOMA encourage : éviter un usage de l’IA sans recul en s’imaginant qu’une question appelle mécaniquement une réponse immédiate. « La littérature est force de proposition. Elle déplace les questions, explore les zones d’ombre, anticipe des situations que nous n’avions pas envisagées… Il n’y a pas de sens à l’opposer à l’IA. En revanche, il est nécessaire de questionner la frontière homme/machine et de s’interroger sur la notion de contrôle. C’est à une redéfinition de l’être humain que nous invite l’intelligence artificielle », conclut Agathe Mezzadri-Guedj.
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*Alain DAMASIO, La Vallée du Silicium, Éditions du Seuil, Paris, 2024, chapitre « Pouvoir ou puissance ? », p. 205
MSc AI for Business : la fabrique de profils hybrides par NEOMA
Dans quelques semaines, 33 étudiants issus du PGE sortiront double diplômés du MSc AI for Business de NEOMA. La business school en a conçu le curriculum avec l’INSA, son partenaire ingénieur, qui assure 50% des enseignements dispensés au sein de cette spécialisation double diplômante. « Certains de nos étudiants ont un background technique, mais nous ne formons pas des ingénieurs ! » prévient Fouad Ben Abdelaziz, directeur du programme, accessible en dernière année de PGE. Pensée pour des profils attirés par les disciplines quantitatives et désireux de « visualiser les implications business de l’IA tout en étant capables de dialoguer avec les techs », la formation mêle mathématiques, fintech, transformation digitale, cybersécurité ou encore supply chain. Elle initie également à la programmation et au deep learning sans faire l’impasse sur les enjeux éthiques de l’IA.
« Nous formons des diplômés capables de piloter la transition vers de nouveaux modèles d’organisations, conçus avec la pleine maîtrise des enjeux associés à l’IA », résume Fouad Ben Abdelaziz. Les opportunités n’ont d’ailleurs pas tardé à se concrétiser pour la cohorte actuellement en stage de fin d’études, avec des propositions d’embauche, en France comme à l’international, dans les secteurs aussi variés que le conseil, la finance ou encore la comptabilité. À l’approche de sa 3e rentrée, le MSc AI for Business de NEOMA confirme son attractivité. Les candidatures, en hausse, témoignent d’un intérêt croissant des étudiants, y compris à l’international (Maghreb, Inde, Chine).



