Le 1er juin 2026, le château de Versailles a accueilli la neuvième édition du sommet Choose France, rendez-vous annuel dédié à l’attractivité économique de la France. Un sommet dont les promesses d’investissements étrangers n’ont cessé d’augmenter ces dernières années. Il est même devenu un rendez-vous incontournable pour beaucoup d’investisseurs internationaux. Cette année, ce sont plus de 200 chefs d’entreprises étrangères, venus de près de 50 pays, qui ont fait le déplacement. Un record par rapport aux éditions précédentes.
93 milliards d’euros de promesses d’investissements
À l’ouverture de ce neuvième sommet, Emmanuel Macron a annoncé des promesses d’investissements atteignant 93 milliards d’euros contre 40 milliards en 2025, soit un montant qui a plus que doublé en un an. Les 71 projets annoncés lors de cette édition devraient créer plus de 15 000 emplois supplémentaires dans les prochaines années.
L’intelligence artificielle domine largement les promesses d’investissements
L’IA domine très largement les annonces de cette édition Choose France. Les projets annoncés couvrent l’ensemble de la chaîne de valeur : activités industrielles, logistiques, recherche et développement, ingénierie et centres de données, sans oublier la formation.
À elle seule, la société japonaise SoftBank annonce un investissement colossal de 75 milliards d’euros, dont 45 milliards d’ici à 2031, dans les Hauts-de-France, pour la construction de centres de données principalement dédiés à l’IA. Selon son PDG, Masayoshi Son, il s’agit de l’investissement le plus important jamais réalisé dans la conception d’infrastructures pour l’intelligence artificielle. Mais aussi le montant le plus important jamais annoncé à l’occasion d’un sommet Choose France.
Toujours parmi les futurs investissements pour l’IA, le gestionnaire d’actifs canadien Brookfield a promis d’investir 10 milliards d’euros supplémentaires dans des infrastructures dédiées à l’IA dans l’Hexagone. Ces 10 milliards s’ajoutent aux 20 milliards déjà annoncés lors du Sommet de l’IA en février 2025. Ces investissements seront répartis sur deux sites existants et un nouveau site, tous situés dans les Hauts-de-France.
Le Néerlandais, Nebius, acteur majeur du cloud IA, annonce quant à lui investir huit milliards d’euros sur plusieurs années pour déployer de nouvelles infrastructures, avec une capacité potentielle de 240 MW. L’entreprise souhaite reconvertir l’ancienne friche Bridgestone de Béthune, dans les Hauts-de-France, en un site majeur de calcul, générant à terme 120 emplois.
L’américain Salesforce investira deux milliards de dollars (environ 1,72 milliard d’euros) d’ici 2030 dans un pôle dédié à l’IA à Paris, incluant des programmes de formation aux outils d’intelligence artificielle.
Enfin, le Taïwanais Foxconn annonce l’ouverture future de lignes de production de serveurs et de centres de données dédiées à l’IA, à Angers, pour un investissement de 120 millions d’euros, mené en partenariat avec le français Bull, spécialisé dans les supercalculateurs.
E-commerce et logistique : Amazon en tête
Amazon confirme sa confiance dans le marché français en annonçant trois nouveaux sites logistiques pour un investissement de 400 millions d’euros, qui créeront 3 000 emplois supplémentaires. Ces annonces s’ajoutent aux 7 000 postes déjà promis en mai dernier, dans le cadre d’un plan d’investissement global de 15 milliards d’euros sur trois ans. Le directeur général du groupe réaffirme que la France constitue un territoire attractif, riche en talents et en infrastructures de qualité.
GXO Logistics prévoit quant à lui la création de deux nouveaux sites et l’amélioration d’un troisième : un entrepôt de 60 000 mètres carrés dans le Loiret en partenariat avec Unilever (200 emplois), un deuxième de 80 000 mètres carrés dans le Nord avec l’enseigne Action et, enfin, 500 emplois supplémentaires sur le site de Zalando en Seine-et-Marne.
Le groupe belge VGP, spécialisé dans la gestion de fonciers et de parcs d’activités industriels, annonce pour sa part un investissement de plus de 1,5 milliard d’euros, avec l’objectif de déployer 1,5 million de mètres carrés de bâtiments supplémentaires d’ici 2031 sur 250 hectares de friches industrielles. À la clé : 5 000 emplois directs et 11 250 emplois indirects.
Le secteur pharmaceutique renforce la souveraineté sanitaire
Plusieurs laboratoires ont profité du sommet pour annoncer des engagements significatifs dans l’industrie pharmaceutique française.
Curium Pharma, laboratoire américain spécialisé dans les médicaments radiopharmaceutiques, investira 32 millions d’euros pour la création d’une ligne de production de traitements contre le cancer.
GSK s’engage pour 140 millions d’euros supplémentaires, qui viennent s’ajouter aux 410 millions déjà annoncés pour la période 2026-2028.
Le géant suisse Sandoz annonce également 140 millions d’euros supplémentaires sur son site toulousain dédié aux médicaments biosimilaires, portant l’engagement total de l’entreprise à 550 millions d’euros depuis décembre 2025. 300 millions d’euros d’investissement avaient déjà été annoncés en novembre dernier dans le cadre de l’acquisition du site de Toulouse.
Agroalimentaire, énergie, défense : des secteurs qui ne sont pas en reste
Dans l’agroalimentaire, le constructeur allemand de machines agricoles Claas prévoit 50 millions d’euros d’ici 2029 pour moderniser et décarboner ses sites français. L’italien Ferrero investira 60 millions d’euros dans deux sites en Normandie et dans les Hauts-de-France pour la production de Nutella grand format et de Nutella Cookies. L’américain Mars promet 100 millions d’euros pour la modernisation, la digitalisation et la décarbonisation de plusieurs de ses unités de production en France.
Dans le secteur de l’énergie, le portugais EDP investira 1,3 milliard d’euros d’ici 2030, principalement dans l’éolien, le solaire, le stockage par batterie et les infrastructures de réseau. L’allemand Enertrag s’engage pour 1,1 milliard d’euros dans la même période, avec au moins 100 MW de nouvelles capacités renouvelables par an, concentrées dans les Hauts-de-France et en Nouvelle-Aquitaine.
Le secteur spatial et celui de la défense voient pour leur part affluer 295 millions d’euros d’investissements supplémentaires, susceptibles de générer plus de 560 emplois directs et indirects.
Le suédois Scania investira 68 millions d’euros sur son site d’Angers pour développer sa production de véhicules électriques. Côté grande consommation, Ikea prévoit 35 millions d’euros d’ici 2030 pour des magasins plus compacts et la décarbonation de sa logistique (300 emplois à la clé), tandis que Mango ouvrira 45 nouveaux magasins dans l’Hexagone pour un investissement de 66 millions d’euros d’ici 2028.
Quel bilan en tirer des sommets successifs Choose France ?
Lancé en 2018 à l’initiative du Président de la République, Choose France est devenu en huit ans un rendez-vous incontournable du calendrier économique mondial. Depuis ses débuts, ce sont plus de 87 milliards d’euros qui auraient déjà été effectivement investis en France, une somme à laquelle viendront s’ajouter, dans les années à venir, les investissements promis lors de cette édition et les précédentes.
Y a-t-il des disparités entre les régions ?
Si les annonces d’investissement couvrent l’ensemble des régions métropolitaines depuis 2018, elles ne se répartissent pas de manière uniforme sur le territoire. L’Île-de-France et les Hauts-de-France concentrent la majorité des projets, qu’il s’agisse de sites de production, de pôles de recherche et développement ou d’entrepôts logistiques. L’Auvergne-Rhône-Alpes, la Provence-Alpes-Côte d’Azur et l’Occitanie bénéficient également de nombreux investissements.
En revanche, la Bourgogne-Franche-Comté reste peu concernée et, en Nouvelle-Aquitaine, les annonces se concentrent majoritairement dans le département de la Gironde, à proximité de Bordeaux.
Les Hauts-de-France tirent leur épingle du jeu grâce à leur position géographique stratégique, à la croisée de l’axe Londres-Paris-Bruxelles-Amsterdam, et disposent d’un écosystème numérique et économique favorable à l’implantation d’infrastructures pour l’IA, conjugué à des disponibilités foncières et des capacités énergétiques adaptées.
Où en sommes-nous des anciennes promesses d’investissements ?
Depuis 2018, nombreux sont les projets qui n’ont pu être réalisés pour le moment ou tenir leurs engagements. Il y a d’abord des projets qui sont toujours à l’étude ou en cours de réalisation, et il y a ceux qui ont été annulés pour diverses raisons (évolution de la législation, crise sanitaire, crises politiques, géopolitiques, conjoncture économique, situation de l’entreprise…).
De plus, il est important de distinguer une annonce d’investissement et un investissement effectif. Au moment de leurs annonces, les entreprises sont souvent sincères, mais des évènements non prévus peuvent parfois compromettre certains investissements envisagés.
Dans l’histoire de Choose France, plusieurs projets n’ont pu réaliser leurs promesses. C’est notamment le cas de Lilium qui envisageait d’investir 400 millions d’euros dans une usine d’avions-taxis, mais… elle a mis la clé sous la porte. Il y a également l’entreprise de dark store Getir qui propose un service de courses express qui n’a pu exercer son activité en raison d’un changement de législation, selon le média 20 Minutes dans un article paru en 2025.
D’autres projets ont quant à eux été reportés de plusieurs mois à plusieurs années. Faudra probablement patienter jusqu’en 2030 au moins pour avoir un véritable aperçu du bilan de cette édition 2026.
Pourquoi lire cet article en prépa ?
Cet article détaille les 93 milliards d’euros annoncés à Versailles lors du sommet Choose France 2026. Il identifie les secteurs clés : IA, logistique, énergie et pharmaceutique. Il analyse les disparités régionales entre territoires. Tu comprendras pourquoi les Hauts-de-France dominent les implantations industrielles. Tu découvriras quelles grandes entreprises misent sur la France et pourquoi.
En QRA ou en dissertation économique, tu n’évoqueras pas chaque investissement, mis à part éventuellement l’investissement inédit de 75 milliards de SoftBank. Retiens plutôt les tendances, quelques chiffres globaux précis et une analyse des inégalités territoriales. Ces éléments illustrent et enrichissent tes argumentations par du concret, en complément de la théorie.
Plus concrètement, cet article te sera utile sur des thèmes comme la réindustrialisation, l’attractivité économique ou la place de l’IA dans l’économie française.
Pour accéder à toutes nos ressources d’éco-droit, ça se passe ici !
Télécharge le guide ECT dès maintenant !
Un guide entièrement conçu pour les étudiants de prépa ECT. À l’intérieur, tu y retrouveras des conseils inédits pour réussir tes écrits et briller aux oraux, mais surtout 42 exercices de management et d’éco-droit balayant une large partie du programme ECT ainsi que 16 cartes mentales pour t’aider à tout réviser.
Tu peux recevoir le guide des prépas ECT dès maintenant en remplissant le formulaire qui suit :




