Major Prépa > MS & MSc > Témoignage > “Le MSIR nous donne la crédibilité technique qui pouvait nous manquer” Laetitia, MSIR ESSEC x Télécom Paris
Après un parcours entre finance, audit et contrôle de gestion, Laetitia a choisi le MS Management des Systèmes d’Information en Réseaux (MSIR) de l’ESSEC et Télécom Paris pour se spécialiser dans les enjeux de la transformation digitale. Elle revient sur les raisons de ce choix, les compétences acquises au sein du programme et son ambition d’évoluer à l’interface entre le business et la tech.
Présentation du MS Management des Systèmes d’Information en Réseaux (MSIR)
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Laetitia, j’ai 23 ans, et je suis étudiante en MSIR, le mastère spécialisé Management des Systèmes d’Information. Avant de l’intégrer, j’ai obtenu mon bachelor à l’EDHEC, où j’ai effectué 2 années d’alternance. J’ai réalisé ma première année en contrôle de gestion et ma 2e année en audit externe. Une fois diplômée, j’ai eu envie de m’orienter vers des postes avec plus de stratégie IT, comme ce que je fais maintenant à la BNP Paribas.
Tu suis actuellement le MS Management des Systèmes d’Information en Réseaux (MSIR) de l’ESSEC et Télécom Paris. Peux-tu nous présenter cette formation ?
Le MSIR est une formation qui va former des futurs managers et chefs de projets à piloter des projets de transformation digitale. La transformation digitale peut englober des solutions technologiques, des projets de transformation, du système d’information, de l’audit IT… donc ça va toucher à tous les métiers qui nécessitent une compréhension de ce que sont les systèmes d’information. On va avoir des cours théoriques et conceptuels sur les systèmes d’information, comme le cloud ou l’IA, des cours plutôt orientés expertise technologiques, qui vont nous permettre familier avec tous ces concepts techniques, comme la transformation en entreprise, et enfin des cours de management de projets, comme la conduite de changement ou l’audit.
Pourquoi avoir choisi ce Mastère Spécialisé après un BBA à l’EDHEC et qu’en attendais-tu ?
À l’EDHEC, j’ai suivi un parcours très orienté finance et j’ai réalisé que je ne me sentais pas forcément très alignée avec le secteur. C’est très chronophage et exigeant en termes de quantité de travail. J’avais besoin d’un poste stratégique, mais avec des résultats plus directs, parce que la finance, c’est quand même très abstrait. Donc je me suis tournée vers l’IT ou la tech, qui sont des secteurs porteurs. Je voulais m’orienter vers un métier où j’aurais cette double casquette et où mon expérience en finance et mes compétences acquises en alternance pourraient me servir. C’est comme ça que j’ai commencé à faire mes recherches pour trouver une formation qui proposait cette double casquette, un profil managérial et finance et je suis tombée sur le MSIR de l’ESSEC. J’attendais du MSIR qu’il nous apporte une vraie compréhension des différents concepts techniques. Mes cours précédents m’ont déjà permis d’aborder le sujet, mais pas en profondeur. Ce qui me manquait, c’était vraiment de me familiariser avec tous les concepts techniques qui existent aujourd’hui, et qui ont existé dans le passé. Par exemple : comment sont nés les systèmes de réseaux ? Comment fonctionnent les téléphones, les ordinateurs ? Des sujets qui ne sont pas essentiels pour ma vie de tous les jours, mais quand je suis amenée à travailler avec un profil ingénieur, c’est du vocabulaire que j’ai besoin de connaître.
Comment as-tu découvert le programme MSIR ?
J’ai fait mes recherches sur internet. À ce moment-là, j’avais un Bac + 4, donc je cherchais des diplômes Bac+5. Quand j’ai découvert ce mastère en système d’information, je ne savais même pas ce que c’était. J’ai donc contacté des professeurs et des ambassadeurs de la promo précédente avant de postuler aux masters de l’ESSEC et de l’université Paris Dauphine en Systèmes d’information, Réseaux et Numérique.
Pourquoi avoir choisi spécifiquement la double diplomation ESSEC x Télécom Paris ?
J’ai été acceptée dans les deux MS de mon choix, donc j’ai pris le temps de les comparer. Je ne voulais pas retourner sur un cursus trop théorique, et je trouvais que le master de Paris Dauphine manquait de pratique. Mon critère numéro 1, c’était que mon MS propose de l’alternance et que les professeurs soient des professionnels du secteur. Le MSIR étant plutôt un master de réorientation, il correspond surtout aux profils qui souhaitent acquérir une réelle expérience technique. J’ai aussi été convaincue par le partenariat avec Télécom Paris. Je voulais évoluer dans un environnement d’école d’ingénieur et être accompagnée par un établissement reconnu pour son expertise dans ces sujets. Mon 3e critère, ce sont les retours des ambassadeurs et des étudiants, qui décrivaient tous un mastère très professionnalisant. La porte ouverte à laquelle j’ai assisté m’a également beaucoup plu. Je connaissais déjà l’ambiance des écoles de commerce, mais j’ai tout de suite senti que les intervenants étaient très investis auprès des étudiants. Durant l’intégration, on a même eu des alumni de 2002 qui sont venus parler de leur expérience et de tout ce que ça leur a apporté après, c’était vraiment très rassurant. Aujourd’hui, je bénéficie à la fois du réseau de l’ESSEC, de Télécom Paris et de celui développé au sein du MSIR. À titre d’exemple, dans ma promo, près d’un tiers des étudiants ont trouvé une alternance uniquement grâce au réseau MSIR.
Quels sont les enseignements ou projets qui t’ont le plus marquée jusqu’à présent ?
Je dirais sans hésiter le projet humAIn Challenge. C’est un challenge qui réunit les étudiants des différents Mastères Spécialisés de l’ESSEC autour de problématiques réelles proposées par des entreprises. Pendant plusieurs jours, cinq entreprises sont venues sur le campus avec des sujets liés à l’intelligence artificielle et chaque équipe devait travailler sur l’une de ces problématiques.
De mon côté, j’ai travaillé avec MC2I, un cabinet de conseil qui cherchait à développer une solution d’IA pour accompagner ses consultants dans leur parcours de formation et leur évolution de carrière. Nous avons donc imaginé une solution et construit tout le business plan associé. Notre équipe a d’ailleurs remporté le challenge. J’ai trouvé cette expérience particulièrement enrichissante parce qu’elle nous permet de travailler sur des problématiques qui ne sont pas celles de notre entreprise. C’est aussi l’occasion de collaborer avec des étudiants issus d’autres Mastères Spécialisés. On découvre d’autres façons de travailler, d’autres points de vue et d’autres expertises.
Qu’est-ce que ce MS t’apporte que tu n’aurais pas pu acquérir uniquement en entreprise ?
Je dirais surtout la familiarisation avec les concepts techniques. Aujourd’hui, je travaille dans la fonction IT de la fonction Risque de BNP Paribas. Comme cette fonction intervient dans l’ensemble des activités bancaires du groupe, je suis amenée à travailler avec beaucoup d’équipes différentes.
Mon expertise de base, c’est la finance. Je suis donc très à l’aise pour parler chiffres, performance ou stratégie. En revanche, lorsque je me retrouve face à des profils ingénieur, je n’ai pas forcément les termes. C’est justement ce que le MSIR m’apporte. Grâce à la formation, je suis capable de mieux comprendre les concepts techniques et les enjeux qui se cachent derrière les différentes solutions proposées. Pour les profils plutôt managériaux, l’un des grands apports du MSIR est de nous donner la crédibilité technique qui pouvait nous manquer jusqu’à présent. J’aurais pu essayer d’apprendre ces notions seule, mais j’avais envie d’être accompagnée dans cette montée en compétences, avec une vraie structure de formation et un cadre adapté.
Comment décrirais-tu les profils des étudiants de la promotion ? Sont-ils majoritairement issus d’écoles d’ingénieurs ou retrouve-t-on une réelle diversité de parcours ?
Tout à fait, la diversité des profils était d’ailleurs l’un de mes critères. Je pense qu’on grandit beaucoup grâce à son environnement et aux personnes avec qui on échange. On cherche toujours à apprendre des autres.
Pour le MSIR, on retrouve environ 60 % d’étudiants issus d’écoles d’ingénieurs, 30 % d’écoles de commerce et 10 % d’autres profils, notamment entrepreneuriaux ou juridiques. Mais même parmi les profils ingénieurs, les parcours sont très différents. Certains viennent de l’IT ou des systèmes d’information, d’autres du génie mécanique ou de l’ingénierie industrielle. C’est pareil pour les profils managériaux, avec des étudiants issus de la finance, du marketing ou du management de projet. Tout le monde arrive avec des problématiques différentes, cherche une expertise bien précise et, au final, chacun y trouve son compte. C’est aussi ce qui rend les échanges particulièrement enrichissants au sein de la promotion.
Quels sont, selon toi, les principaux points forts du programme ?
Je dirais l’expertise, déjà. L’expertise qui est apportée par l’ESSEC et Télécom Paris, avec vraiment la casquette managériale de l’ESSEC et la casquette technique de Télécom.
Deuxièmement, je dirais la diversité. Diversité des profils, des intervenants, des cours, mais aussi des formats d’apprentissage. C’est quelque chose que l’on retrouve tout au long de la formation.
Et dernier, le côté professionnalisant. C’est vraiment une formation qui donne les clés pour aller travailler directement en entreprise après. Elle permet aussi d’acquérir cette crédibilité et cette double casquette qui nous permettent d’être opérationnels tout de suite.
Y a-t-il des aspects que tu aimerais voir davantage développés dans la formation ?
Peut-être au niveau de la communication autour du Mastère. C’est un programme qui n’est pas encore assez connu, alors qu’il traite de sujets très actuels. Il y a un vrai travail à faire pour mieux faire connaître la formation et lui donner davantage de visibilité.
Ensuite, je dirais le réseau alumni. Il est très engagé, mais il n’est pas encore totalement exploité. Il y a un gros potentiel. Cette année, nous avons organisé beaucoup d’événements avec les anciens et ils sont toujours très partants pour partager leur expérience ou accompagner les étudiants. Concernant les cours, les journées sont très intensives et on apprend énormément de choses, donc il faut s’accrocher. Certains cours, notamment ceux autour des réseaux ou des sujets plus techniques, demandent beaucoup d’investissement, mais ce sont aussi ceux qui apportent énormément sur le plan professionnel.
Un parcours entre finance, management et transformation digitale
Après un bac scientifique et une année de classe préparatoire, pourquoi as-tu choisi d’intégrer une école de commerce pour le reste de tes études ?
Après mon bac S, je me suis orientée vers une prépa, mais je n’ai pas aimé le format. Je le trouvais trop intensif et j’avais du mal à y trouver du sens. J’aime comprendre l’intérêt de ce que je fais et la prépa repose beaucoup sur la compétition, ce qui ne correspondait pas vraiment à ma façon de fonctionner. Comme je voulais intégrer une école de commerce à terme, j’ai préféré candidater directement. J’étais très à l’aise dans les matières financières, notamment parce que j’ai toujours aimé les mathématiques. En école de commerce, la voie la plus classique reste souvent la finance ou la stratégie, donc c’est naturellement vers ces domaines que je me suis orientée.
Même si je me débrouillais bien en finance, je ne me retrouvais pas forcément dans les missions que j’effectuais. Je me suis donc demandé ce que je voulais faire pour mon bac+5 et surtout ce que j’avais encore envie d’apprendre. Je ne voulais pas refaire quelque chose que je connaissais déjà. C’est aussi pour ça que j’ai choisi le MSIR : je voulais découvrir un domaine que je n’avais jamais étudié auparavant et acquérir de nouvelles compétences, notamment sur toute la partie systèmes d’information et technologie.
Tes expériences à l’international, notamment en Corée du Sud et à Munich, ont-elles influencé ta vision de l’entreprise ou de ta carrière ?
Oui, complètement. Je me suis rendu compte que je n’aimais pas la façon de travailler des Français, donc assez rapidement, je me suis dit que j’aimerais partir à l’étranger après mes études. J’avais besoin d’ouverture d’esprit, de découvrir d’autres cultures, d’autres façons de voir la vie, le travail et la carrière. En explorant ces différentes cultures, je me suis beaucoup questionnée sur les options qui pouvaient exister et sur le formatage des étudiants dans le système français.
J’avais conscience que d’autres possibilités existaient, mais le fait de les vivre m’a permis de travailler sur mon ouverture d’esprit et de réfléchir davantage aux différentes options qui pouvaient s’offrir à moi. Aujourd’hui, j’aimerais bien partir à Dublin, dans une boîte de la tech. C’est un peu le hub des entreprises tech pour les profils juniors, avec des groupes comme Amazon, Google ou Microsoft.
Lire aussi : Comment candidater à un MS ou un MSc ?
Aujourd’hui, tu occupes un poste d’IT Business Relationship Manager pour la fonction Risk chez BNP Paribas. En quoi consiste ce métier ?
Je travaille sur la stratégie IT de la fonction Risk de BNP Paribas. La fonction Risk regroupe différentes équipes, dans différentes filiales, qui travaillent sur l’évaluation des risques liés aux activités de la banque. Pour évaluer ces risques, il faut des outils, des logiciels et des infrastructures adaptés, donc toute une stratégie IT derrière.
Je travaille sur des sujets comme l’IA, le cloud ou encore des applications plus transverses qui concernent plusieurs activités de BNP Paribas. Je fais le suivi de ces différents projets et de leur mise en œuvre. J’ai aussi une partie finance qui représente aujourd’hui une part importante de mon activité. Je vais venir étudier et challenger tous les coûts IT des différentes filiales de BNP Paribas qui sont alloués à la fonction Risk. J’ai donc à la fois une dimension très finance et une dimension plus opérationnelle et stratégique. C’est justement ce qui me plaît dans ce poste, puisqu’il se situe à l’interface entre les enjeux business et les enjeux technologiques.
Quels types de postes ou de secteurs vises-tu à l’issue de la formation ?
J’aimerais rester sur un poste similaire, qui conserve cette dimension stratégique et cette position à l’interface entre le business et la tech. À terme, j’aimerais travailler dans une entreprise spécialisée sur une solution technologique et accompagner les clients dans la mise en place de cette solution au sein de leurs différents processus internes.
On serait donc sur des fonctions de chefferie de projet ou de conseil, avec l’idée d’accompagner un client dans la mise en place d’une solution, puis dans son déploiement au sein de l’entreprise.
Donc tu interviens une fois la solution vendue ?
Oui, exactement. J’aimerais accompagner les clients dans l’intégration de la solution et son utilisation au quotidien. L’idée serait de travailler avec différents clients tout en développant une véritable expertise sur une technologie en particulier. Pour débuter, je suis surtout attirée par les sujets liés au cloud et à l’intelligence artificielle.
Avec le recul, quel conseil donnerais-tu à un étudiant ou un jeune diplômé qui hésite à investir dans un Mastère Spécialisé ?
Tout va dépendre de son projet professionnel, parce qu’un Mastère Spécialisé représente un investissement en temps et en argent. Évidemment, sur un CV, le nom de l’école est un vrai plus, mais aujourd’hui, on ne va pas te recruter uniquement parce que tu as fait l’ESSEC ou une autre grande école. Pour que les compétences acquises soient correctement exploitées, il faut aussi que tu aies un vrai attrait pour le secteur dans lequel tu te spécialises.
Si tu viens vraiment pour la formation, pour le contenu du programme et pour ce que tu vas acquérir pendant l’année, c’est là que tu vas le plus grandir et tirer profit de l’expérience. Si ton projet n’est pas structuré ou cohérent, ça risque d’être compliqué de rentabiliser correctement cette année supplémentaire. C’est d’ailleurs le point sur lequel les écoles insistent le plus lors des candidatures. Si tu fais un MS sans savoir ce que tu veux faire derrière, c’est plus compliqué. Dans ce cas-là, je pense qu’il vaut mieux continuer à explorer, par exemple à travers un PGE qui reste plus généraliste. Un Mastère Spécialisé, par définition, te forme à des compétences très précises. Il faut donc savoir, en entrant dans la formation, avec quoi tu as envie d’en ressortir.
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