Selon l’Organisation Mondiale du Tourisme, environ 50 millions de touristes internationaux ont visité l’Amérique Latine en 2023. La région accueille de plus en plus de touristes, attirés par l’offre variée qu’elle propose : tourisme balnéaire, culturel, mais aussi sites et parcs naturels placés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Elle se démarque par son tourisme durable bien qu’elle se confronte au tourisme de masse. Nous te proposons de détailler davantage le tourisme en Amérique Latine, ses points forts et ses faiblesses.
Principales caractéristiques du tourisme en Amérique Latine
Par pays
En 2023, 50 millions de touristes ont visité l’Amérique du Sud, soit une augmentation de 15% par rapport à 2019, avant la pandémie. Les touristes visitent certains pays plus que d’autres : c’est le cas du Mexique qui est le pays le plus visité d’Amérique Latine avec 42,2 millions de touristes en 2023 puis du Brésil avec 5,9 millions de visiteurs internationaux, de l’Argentine (5 millions) du Costa Rica et du Pérou (2,5 millions chacun).
Les visiteurs internationaux
Par ailleurs, on trouve une grande diversité de nationalités parmi les touristes internationaux : d’abord des Canadiens et Américains, de part leur proximité géographique, puis des Européens (Espagnols, Français, Allemands et Britanniques). Mais certains habitants d’Amérique Latine voyagent eux aussi sur leur continent : c’est le cas de Argentins qui voyagent vers le Brésil et le Chili, des Colombiens qui visitent le Mexique et le Pérou ou encore des Brésiliens qui visitent les pays frontaliers. Enfin, on remarque de plus en plus de touristes venant d’Asie (de la Chine et du Japon). Cette croissance notable est en partie due à la création de nouvelles routes aériennes entre le continent asiatique et l’Amérique du Sud.
L’offre touristique
L’offre touristique de l’Amérique Latine est variée, ce qui fait d’elle un lieu attractif pour les touristes. Elle possède la nature avec les Andes, l’Amazonie, les côtes du Pacifique et de l’Atlantique. Mais elle se démarque aussi par son patrimoine culturel : vestiges mayas, aztèques et cités incas mais aussi villes coloniales, cultures locales, traditions, musiques et gastronomie.
Parmi les sites qui attirent le plus les visiteurs, on retrouve Chichén Itza, l’ancienne cité maya au Mexique qui accueille chaque année 2 millions de visiteurs. Puis le chutes d’Iguaçu au Brésil et en Argentine avec 1,7 million de visiteurs par an. Il y a aussi le Machu Picchu, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, et qui est visité par 1 million de visiteur chaque année. Enfin, la Patagonie attire aussi beaucoup de touristes.

Hausse du tourisme ces dernières années en Amérique Latine
En effet, les touristes internationaux dépensent de plus en plus en Amérique Latine, ce qui permet une croissance économique. Cette croissance économique attendue favorisera la modernisation des transports, de l’hôtellerie et des infrastructures régionales. C’est donc une nouvelle logique de croissance régionale qui se met en place. Il bénéficie aux transports et infrastructures urbaines, à la restauration, au commerce de détail et aux chaines de consommation locales, aux paiements numériques et plateformes de réservation. Il y a par conséquent une numérisation de la consommation touristique. Ainsi, la fintech et l’économie des plateformes dans les chaînes touristiques jouent un rôle de plus en plus important. De cette manière, le tourisme transforme les problèmes sectoriels en question de productivité.
L’Amérique Latine a longtemps été vue comme un ensemble d’économies fondées sur les ressources (cuivre, lithium, agriculture…). Aujourd’hui, le tourisme est une nouvelle forme de productivité. Centrée sur les exportations de services, la consommation expérientielle et les marques régionales, il peut combler les faiblesses des économies fondées sur les ressources : chutes des cours, diminution de la création d’emplois…
De plus, malgré l’insécurité connue, la destination attire. Effectivement, l’insécurité relative est aujourd’hui un atout comparé aux autres régions du globe.
Ainsi, en 2019, l’économie du tourisme représentait 10% du PIB en Amérique Latine et générait 10% de l’emploi avec une participation de plus de 40% des femmes dans une région où les femmes occupent les postes les moins bien rémunérés sur le marché du travail.
Le tourisme durable
L’Amérique Latine se démarque grâce à son offre de tourisme durable. Selon l’Organisation Mondiale du Tourisme, le tourisme durable est un tourisme
« qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels de l’environnement et des communautés d’accueil ».
Il s’oppose aux pratiques de tourisme traditionnelles de masse.
Du fait que l’Amérique Latine a beaucoup d’espaces verts, le tourisme doit se confronter aux enjeux environnementaux. Les gouvernements doivent se préoccuper de la préservation des écosystèmes fragiles, faire face à la gestion des ressources naturelles et lutter contre le changement climatique. Cependant, étant donné l’instabilité politique de la région, ces enjeux ne sont pas toujours pris en compte par les politiques publiques.
Certains gouvernements et acteurs privés adoptent toutefois des mesures pour minimiser l’impact environnemental et promouvoir des pratiques responsables. C’est le cas du Costa Rica, pionnier du tourisme écologique qui met en avant des réserves naturelles, comme celles de Monteverde et Tortuguero. Ces réserves préservent la biodiversité tout en accueillant des visiteurs. Le Guatemala et la Bolivie ont eux engagé des initiatives qui intègrent les communautés locales pour valoriser leur culture et améliorer leurs conditions de vie. Enfin, l’Argentine et le Chili développent des réseaux de transport durable pour réduire les émissions de carbone.
Le Chili et sa Stratégie 2035
Pour finir sur le tourisme durable en Amérique Latine, tu peux évoquer le Chili et le Brésil qui placent la durabilité au cœur de leurs politiques de développement. Pour être plus précis, tu peux citer la Stratégie Nationale de Tourisme Durable 2035 du Chili
| Stratégie Nationale de Tourisme Durable 2035 du Chili | |
| Objectifs | Actions |
| Promouvoir la durabilité économique et environnementale, | Développement des systèmes de certification pour que les entreprises touristiques adoptent des pratiques durables, |
| Encourager l’inclusion sociale et culturelle | Mise en place de programmes de formation pour les professionnels du tourisme afin de les sensibiliser aux enjeux de durabilité et à de meilleurs pratiques |
| Renforcer la gouvernance et la coordination entre les différents acteurs du secteur. | Promotion du tourisme responsable pour encourager les touristes à adopter des comportements responsables et respectueux de l’environnement |
| Investissement dans les structures durables et écologiques | |
Focus sur le Costa Rica, leader du tourisme vert
Le Costa Rica se démarque particulièrement en Amérique Latine par son tourisme durable. Situé en Amérique centrale, il possède 19 volcans dont 5 encore actifs. Avec seulement 5 millions d’habitants, il possède 27 parcs nationaux parmi lesquels 3 sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. De plus, il dispose sur son territoire de 4% des espèces animales et végétales connues aujourd’hui. 26% de son territoire est en zone protégée. C’est un pays écoresponsable qui a mis en place avec l’aide du Panama, de la Colombie et de l’Équateur un corridor marin de conservation du pacifique tropical Est. Celui-ci permet à certaines espèces migratrices de se protéger. Ainsi, le Costa Rica, fait de sa nature préservée sa vitrine nationale. C’est cette stratégie qui fait de lui un pays attirant pour les touristes internationaux.
En effet, le tourisme représente 6% de son PIB. Il décolle dans les années 1980 et en 2019, c’étaient 3 millions de visiteurs qui se sont rendus dans le pays de l’isthme. Sur ces 3 millions, 40% viennent des Etats-Unis et 15% de l’Europe. Son potentiel naturel est d’ailleurs surnommé l’ « or vert ». Et c’est un argument touristique majeur !
Tu peux retenir Daniel Oduber comme homme politique important du Costa Rica : entre 1974 et 1978, lors de sa présidence, la superficie des zones protégées a doublé. En 2023, 60% du territoire était de la forêt tropicale.
Nous te conseillons de lire cet article sur le Costa Rica et l’écologie ou celui-ci sur son modèle sans armée.
Les faiblesses du tourisme en Amérique Latine
En Amérique latine, le développement socioéconomique, la mobilité et les revenus nationaux ne suffisent pas à assurer un développement touristique stable. Ce développement reste donc encore un vaste défi, notamment à cause de la gestion et des politiques publiques inadéquates, de la pauvreté et des lacunes en matière d’éducation.
Le GIEC a par exemple souligné un risque climatique au tourisme en Amérique Latine :
« l’élévation du niveau de la mer constitue une menace croissante pour les zones côtières basses, qui sont des destinations touristiques importantes en Amérique Latine. »
Le surtourisme
Une des faiblesses du tourisme en Amérique Latine est le surtourisme et ses conséquences. Le surtourisme est la surfréquentation touristique excessive d’un lieu, dépassant ses capacités d’accueil et entrainant des impacts négatifs sur l’environnement, la biodiversité et la qualité de vie des résidents. C’est par exemple le cas au Costa Rica ou le coût de la vie augmente considérablement en raison de la venue des touristes internationaux, créant le déplacement des habitants locaux. Les prix deviennent complètement inaccessibles pour les travailleurs locaux. Aussi, les zones côtières se gentrifient. On l’explique par le développement de projets immobiliers de luxe qui transforme des communautés entières.
Autre exemple remarquable : le Mexique. Dans la capitale, les loyers ont triplé, créant une crise du logement. Des manifestations ont lieu pour dénoncer l’augmentation du coût du logement.
Enfin, le tourisme a augmenté de 260% aux îles Galápagos (Équateur) au cours des deux dernières décennies. Cette augmentation crée du surtourisme qui génère des émissions de carbone ou encore des problèmes de gestion des déchets. En Antarctique, le tourisme se développe aussi puisque l’arrivée de touristes internationaux a triplé depuis une décennie.
Ainsi, il y a nécessité de poser des limites et planifier bien à l’avance l’arrivée des touristes pour éviter le surtourisme et ses effets néfastes.
Pour conclure, le tourisme en Amérique Latine se développe de plus en plus ces dernières années. L’émergence du tourisme durable fait d’elle une destination prisée des voyageurs internationaux, créant une nouvelle source de richesse. Cependant, le tourisme s’accompagne aussi du surturisme dans les sites les plus attractifs, créant des tensions au niveau environnemental et avec les habitants locaux.
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Vocabulaire
- Tourisme durable : turismo sostenible
- Tourisme de masse, surtourisme : turismo de masa, sobreturismo
- Touristes, voyageurs : turistas (nom masculin, un turista !), viajeros
- Routes aériennes : rutas aéreas
- Patrimoine culturel : patrimonio cultural
- Croissance économique : crecimiento económico
- La destination : el destino
- Générer : generar
- Impact environnemental : impacto medioambiental
- Communautés locales : comunidades locales
- Espèces animales et végétales : especies animales y vegetales
- Vitrine nationale : escaparate nacional
- Isthme : istmo
- Travailleurs locaux : trabajadores locales
- Se gentrifier : aburguesar (embourgeoiser)
- Crise du logement : crisis de la vivienda
- Émission de carbone : emisiones de carbono
- Enjeux environnementaux : retos medioambientales
- Écosystèmes fragiles : ecosistemas frágiles
- Ressources naturelles : recursos naturales





