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Alors que l’inflation repart à la hausse et pousse la BCE à relever ses taux, les vagues de chaleur successives qui ont frappé l’Europe ont fait chuter les récoltes, obligeant l’Union européenne à importer massivement du maïs et des pommes de terre. Sur le front des entreprises, Auchan redessine sa carte en cédant 239 supermarchés à Intermarché, tandis que l’enseigne André vient d’être placée en liquidation judiciaire après plus de 130 ans d’existence. Décryptons l’actualité Éco-Droit de septembre 2026.

Après une hausse de 2,4 % en août, l’inflation grimpe à 3 % en septembre

Selon l’Insee, le taux d’inflation sur un an en septembre atteint 3 %, un taux qui s’avère donc plus élevé que les 2 % prévus par le traité de Maastricht. Cette hausse des prix s’expliquerait essentiellement par une hausse du coût de l’énergie, notamment du carburant ou encore des produits alimentaires.

Les prix de l’énergie à eux seuls ont augmenté de 21,2 % sur un an, contre 16,7 % en août, toujours sur un an.

Les prix de l’alimentaire ont dans l’ensemble augmenté de 1,5 %, mais ce sont les produits frais qui se distinguent par une forte inflation sur un an (+ 9,9 %).

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La BCE relève ses taux alors que l’inflation continue

Pour la deuxième fois cette année, la Banque centrale européenne (BCE) relève ses taux directeurs pour contrer l’inflation qui se poursuit. Les taux de dépôts passent ainsi de 2,25 % à 2,50 %, les taux de refinancement de 2,40 % à 2,65 % et les taux du prêt marginal de 2,65 % à 2,90 %.

Dans un communiqué de politique monétaire, la BCE souligne un taux d’inflation au-delà de l’objectif de 2 % sur un an, en cause notamment, la guerre au Moyen-Orient qui fait peser une pression importante sur les prix, à commencer sur les énergies fossiles. En août, le taux d’inflation atteignait 3,3 % dans la zone euro.

Selon les prévisions de la BCE, en 2026, le taux d’inflation devrait atteindre 3 %, puis 2,5 % en 2027, avant de redescendre à 2,1 % en 2028.

Côté croissance, la BCE planche sur une croissance de 0,9 % en 2026, 1,4 % en 2027 et 1,5 % en 2028.

Ces prévisions restent pour l’heure incertaines et pourraient évoluer selon le contexte géopolitique.

Auchan transfère la gestion de 239 supermarchés à Intermarché

Depuis ce 1er octobre et jusqu’à mai 2027, 239 supermarchés Auchan vont progressivement passer entre les mains du groupement des Mousquetaires. Parmi ces 239 magasins, 72 devraient être rachetés par les Mousquetaires. L’Autorité de la concurrence doit encore donner son feu vert.

Les 167 autres magasins passeront sous franchise Intermarché ou Netto. Un modèle assez inédit dans la grande distribution. Concrètement, comme dans un bon nombre de franchises, le groupe Auchan détiendrait les murs et paierait les salaires tout en exploitant la marque Intermarché ou Netto. Pendant la période de mutation, certains magasins pourraient être fermés le temps d’être rénovés et mis aux couleurs des nouvelles enseignes. D’autres ne subiront que quelques légers réaménagements.

Auchan, qui s’est construit sur le modèle des hypermarchés, a toujours eu un peu plus de difficultés à faire décoller ses supermarchés, contrairement au groupement des Mousquetaires qui en a fait une force. Auchan espère ainsi augmenter de 20 % le volume de ses ventes d’ici 2029 dans ses magasins franchisés, qui feront par ailleurs l’objet d’un investissement massif de 240 millions d’euros pour leur rénovation.

Au-delà de ce transfert de points de vente, les deux groupes vont bâtir ensemble une régie publicitaire commune et s’allier sur les achats afin de peser plus lourd dans les négociations commerciales et espérer une baisse des prix.

Parallèlement, Auchan est également entré en négociation avec le géant allemand du hard discount Lidl pour la cession de 17 magasins qui n’ont jusqu’ici pas trouvé preneurs.

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Google saisit la justice européenne

Le 28 septembre dernier, Google a saisi le Tribunal de l’Union européenne contre deux décisions de la Commission européenne obligeant le géant américain à ouvrir Android aux assistants IA concurrents et rétablir un certain équilibre entre les moteurs de recherche.

Google appelé à ouvrir Android à des assistants IA concurrents

Aujourd’hui, sur un smartphone Android, seul Gemini peut se lancer automatiquement par la voix et agir comme un vrai assistant sur les applications. Mais la Commission européenne semble vouloir plus de concurrence dans les assistants IA. Dans une première décision, l’exécutif européen entend dicter la manière dont Google, propriétaire de Gemini, doit appliquer le Digital Markets Act. Il est indiqué que le géant américain doit ouvrir Android aux assistants IA concurrents, comme ChatGPT ou Claude.

Au total, 11 fonctions sont concernées par l’ouverture à la concurrence, comme le réveil à la voix, la possibilité de réserver son taxi ou encore les suggestions dans les messages. Google a jusqu’à août 2027 pour appliquer la décision. Mais le géant américain refuse et a saisi le Tribunal de l’Union européenne. Cette décision arrive dans un contexte où Google remplace Google Assistant par Gemini et refuse catégoriquement tout autre assistant sur son système d’exploitation.

La Commission invite Google à rétablir l’équilibre entre les moteurs de recherche

La deuxième décision demande à Google de « rétablir l’équilibre en donnant aux moteurs de recherche tiers l’accès à des données de recherche que seul Google Search peut collecter à grande échelle ». La Commission souhaite ainsi une meilleure concurrence dans le domaine des moteurs de recherche et favoriser à la fois les innovations et les pratiques potentiellement plus respectueuses de la vie privée.

Google répond qu’il ne souhaite pas transmettre l’historique de recherches privées, parfois intimes et personnelles à d’autres entreprises qui n’offrirait pas les garanties adéquates pour protéger la vie privée. De son côté, la Commission précise que Google aura la possibilité de refuser de transmettre certaines données s’il juge que des garanties de sécurité ne seraient pas assurées.

Dans le même temps, la Commission semble avoir tout prévu ! Plusieurs couches d’anonymisation ont été prévues avec des experts en matière de vie privée.

L’enseigne André placée en liquidation judiciaire

Après plus de cent trente ans d’existence, l’enseigne de chaussures André a été placée en liquidation judiciaire. La marque, qui n’emploie aujourd’hui que 30 salariés, est en cessation de paiement et rencontrerait des difficultés avec son bailleur. L’enseigne serait également en difficulté dans des négociations avec Unibail-Rodamco-Westfield, un géant du CAC 40 spécialisé dans la gestion des centres commerciaux.

André, qui a compté jusqu’à 500 magasins en 1983, a souffert des crises successives qui ont durement frappé le secteur du prêt-à-porter : le commerce en ligne, la Covid-19, la concurrence parfois jugée déloyale de l’ultra-fast fashion, comme Shein ou Temu, ou encore l’essor de la seconde main.

L’entreprise a connu plusieurs restructurations ces dernières années mais, cette fois-ci, c’est différent :

  • 2018 : rachat par Spartoo.
  • 2020 : André est placée en redressement judiciaire avant d’être reprise par 1Monde9, société détenue par son ancien PDG, François Feijoo. L’enseigne passe de 180 points de vente à seulement une cinquantaine, assortis de 13 magasins affiliés.
  • 2023 : l’enseigne de chaussures fait faillite et est rachetée par l’entreprise belge Optakare.
  • Début 2026 : André fait l’objet d’un vaste plan visant à relancer l’enseigne et à préserver une quarantaine de salariés et au moins sept magasins. Toutefois, l’inflation, la hausse des loyers et la baisse de la consommation ont lourdement fragilisé l’enseigne.

Sécheresse et canicules : l’UE contrainte d’importer du maïs et des pommes de terre

Face aux vagues de chaleur que connaît l’Europe, l’Union européenne devra importer sept millions de tonnes de maïs supplémentaires, selon l’organisation représentative des fabricants d’aliments pour animaux, la Fefac. Les importations de maïs atteindraient ainsi plus de 26 millions de tonnes.

La Commission européenne prévoit cette année une récolte de 50 millions de tonnes dans l’UE, un niveau historiquement bas, inédit depuis vingt ans. Même les pays traditionnellement exportateurs de maïs devraient importer cette année. C’est notamment le cas de la Hongrie. En France, la production baisse de 40 % par rapport à 2025.

L’Ukraine, grande exportatrice de céréales et de maïs, aurait les capacités de fournir l’Union européenne, mais la guerre ralentit et perturbe l’acheminement des marchandises. La Fefac demande à la Commission de garantir le passage de ces céréales.

Outre le maïs, les fortes chaleurs et les canicules successives ont également eu des effets sur la production de pommes de terre, dont le rendement a chuté. Or, en 2025, les agriculteurs européens avaient surproduit ; ils ont donc décidé, en 2026, de réduire leurs surfaces sans avoir anticipé une chute de rendement d’environ huit tonnes par hectare en France. Au total, selon les premières estimations, la production européenne de pommes de terre devrait chuter de sept millions de tonnes cette année par rapport à 2025.

Rupture conventionnelle : des indemnités chômage réduites

Depuis le 1er septembre, les salariés qui signent ou ont signé ces derniers mois une rupture conventionnelle individuelle prenant effet à partir de ce mois de septembre subiront une baisse de leurs indemnités chômage.

La durée d’indemnisation a en effet été réduite :

  • de 18 à 15 mois pour les moins de 55 ans ;
  • elle est plafonnée à 20,5 mois, contre 22,5 mois auparavant, entre 55 et 56 ans ;
  • et elle est plafonnée à 27 mois pour les plus de 57 ans.

 

Des prolongations de ces durées peuvent toutefois s’appliquer au cas par cas, sous certaines conditions.

Point de vigilance : même les salariés qui auraient anticipé la signature de leur rupture conventionnelle sont concernés par ces nouvelles règles. Ce qui compte, c’est la date d’entrée en vigueur de la rupture du contrat de travail, et non celle de sa signature.

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