Silhouette face à des immeubles, illustration du roman sur la mafia italienne

La mafia italienne fascine autant qu’elle inquiète, et reste un sujet brûlant d’actualité en Italie. Des décennies après les grands procès qui ont secoué la Sicile et la Campanie, l’organisation continue d’alimenter les fantasmes comme les enquêtes journalistiques les plus sérieuses. Que tu prépares un oral ou une épreuve écrite, connaître quelques œuvres de référence sur la mafia italienne te permettra de sortir du lot face au jury et de montrer une vraie maîtrise du sujet, au-delà des clichés habituels. Romans d’enquête, biographies engagées ou comédies grinçantes, la fiction italienne s’est largement emparée de cette thématique pour en raconter les codes, les silences et les résistances. Des écrivains comme Roberto Saviano ou Leonardo Sciascia ont ainsi contribué à lever le voile sur un système longtemps nié par une partie de la classe politique, tandis que le cinéma a su porter à l’écran des figures de résistance marquantes, comme celle de Peppino Impastato. Voici une sélection de romans et de films qui te donneront des clés solides pour aborder cette thématique avec finesse, que ce soit pour étoffer une copie ou pour convaincre un jury à l’oral.

La mafia italienne dans la culture populaire contemporaine

Au-delà des œuvres déjà classiques, la mafia italienne continue d’inspirer la production audiovisuelle italienne récente. Des séries comme Gomorra, adaptée du roman de Roberto Saviano, ont prolongé son travail d’enquête en montrant les rouages internes de la Camorra napolitaine sur le temps long. Cette adaptation a connu un succès international et a contribué à exporter une image souvent plus brute et moins romanesque de la mafia italienne que les productions hollywoodiennes classiques.

D’autres réalisateurs ont choisi d’aborder le sujet sous un angle plus intimiste. C’est le cas de Marco Bellocchio avec Il traditore, consacré au parcours du repenti Tommaso Buscetta, dont les révélations ont permis l’ouverture du maxiprocès de Palerme dans les années 1980. Ce film illustre un aspect essentiel du combat contre la mafia italienne : le rôle décisif des pentiti, ces anciens membres qui choisissent de rompre l’omertà pour collaborer avec la justice, au péril de leur vie.

Pourquoi étudier la mafia italienne en langue rare

Pour les étudiants de prépa qui choisissent l’italien comme langue rare, la mafia italienne reste un thème récurrent aux concours, à l’écrit comme à l’oral. Il s’agit d’un sujet qui permet de croiser plusieurs disciplines : l’histoire contemporaine de l’Italie, les questions de société liées à la criminalité organisée, mais aussi la sociologie des régions du Sud.

Mobiliser des références précises, qu’il s’agisse d’un roman, d’un film ou du nom d’une figure emblématique de la lutte antimafia, permet de sortir d’un discours trop général sur le sujet. Cela montre au jury une véritable culture italienne, construite au-delà des clichés véhiculés par certaines productions étrangères. Citer Roberto Saviano, Leonardo Sciascia ou encore Giovanni Falcone, c’est démontrer une connaissance fine des enjeux qui dépassent la simple criminalité pour toucher à l’État, à la justice et à la mémoire collective italienne.

Enfin, la mafia italienne n’est pas qu’un sujet historique : elle reste profondément ancrée dans l’actualité, entre procès en cours, opérations policières régulières dans le sud du pays et débats sur l’infiltration de l’économie légale, notamment via le blanchiment d’argent et les marchés publics.

Quelques figures à connaître pour aller plus loin

Au-delà des auteurs déjà cités, certains noms reviennent souvent dans les analyses consacrées à la mafia italienne et méritent d’être retenus. Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, tous deux assassinés en 1992 à quelques semaines d’intervalle, demeurent les figures les plus emblématiques de la lutte antimafia, à tel point que leur mémoire est encore célébrée chaque année en Italie. Leur travail au sein du pool antimafia de Palerme, qui a permis l’ouverture du maxiprocès, reste une référence incontournable pour comprendre comment l’État italien a fini par reconnaître officiellement l’existence structurée de Cosa Nostra.

Du côté des écrivains, on peut également mentionner Giuseppe Fava, journaliste sicilien assassiné en 1984 pour ses enquêtes sur les liens entre mafia et pouvoir politique, dans la lignée de Saviano et Sciascia.

Les romans sur la mafia italienne

Gomorra, Roberto Saviano

Dans ce roman, l’écrivain et journaliste italien Roberto Saviano mène une enquête sur la criminalité napolitaine liée à la Camorra. Selon lui, la Camorra n’existe pas. C’est un mot utilisé par les policiers, les magistrats, les scénaristes et les médias.

Les intéressés ou affiliés parlent du « Système ». Ce système recrute des nouveaux membres qui ne sont pas encore des adolescents. Et ce, en leur faisant croire que cette vie mafieuse est la seule possible pour eux, la seule manière d’être « de vrais hommes ».

Il giorno della civetta, Leonardo Sciascia

Roman policier qui parle de l’enquête menée par le capitaine Bellodi sur l’assassinat d’un homme d’affaires dans un climat d’omertà et de corruption en Sicile, où l’État nie l’existence de la mafia.

Grâce à ce roman, Leonardo Sciascia est le premier écrivain à raconter le fonctionnement de la mafia et son impact sur la vie quotidienne de tous les Siciliens.

Cose di Cosa Nostra, G. Falcone et M. Padovani

Dans ce roman, Falcone explique à la journaliste Marcelle Padovani le rapport entre la mafia et la Sicile. Il explique aussi les armes utilisées ainsi que le système utilisé par l’organisation mafieuse pour communiquer. Il évoque également les règles auxquelles les mafieux doivent se tenir.

À travers ce livre, Falcone mène un combat avec les politiciens et les juristes qui croient que la mafia n’existe pas.

Una vita contro la mafia, Salvo Vitale

C’est l’un des livres les plus importants sur la mafia. Il s’agit d’une biographie de Peppino Impastato. Ce dernier naît à Cinisi, près de Palerme, dans une famille liée à la mafia.

Mais lui, contrairement à sa famille, souhaite la combattre. C’est en créant sa propre radio que Peppino commence à dénoncer l’organisation mafieuse en disant les noms et les prénoms des membres du clan. Malheureusement, il fut assassiné le 9 mai 1978.

Les films sur la mafia italienne

I cento passi, Marco Tullio Giordana

Il s’agit d’un film qui, comme le livre de Salvo Vitale, retrace l’histoire de Peppino Impastato, un activiste qui a lutté contre Cosa Nostra. Peppino, à travers Radio Aut, dénonce et se moque de la mafia et en particulier de son chef.

Le titre du film désigne le nombre de pas qu’il faut faire entre la maison de Peppino et celle de la maison du boss de Cosa Nostra, Gaetano Badalamenti.

Johnny Stecchino, Roberto Benigni 

Le film tourne autour de plusieurs quiproquos. Dante arrive à Palerme et les gens le confondent avec Johnny Stecchino, un ancien mafieux repenti. Dante, en ne comprenant pas les mécanismes de fonctionnement de la mafia, crée des quiproquos.

Vocabulaire essentiel sur la mafia italienne

Terme italien Traduction / sens Région ou organisation associée
Cosa Nostra « Notre chose », nom de la mafia sicilienne Sicile
Camorra Organisation criminelle clanique, sans hiérarchie centralisée Naples, Campanie
‘Ndrangheta Mafia calabraise, dont l’appartenance se transmet par la naissance Calabre
Sacra Corona Unita Organisation mafieuse née en 1983 de l’union de mafieux et de bandits locaux Pouilles
Omertà Loi du silence, refus de collaborer avec la justice Commune à toutes les mafias italiennes
Pizzo Racket, somme extorquée aux commerçants en échange de « protection » Sicile, Campanie
Pentito Repenti, ancien mafieux ayant choisi de collaborer avec la justice Toutes organisations
Picciotto Jeune membre ou soldat de bas rang dans la hiérarchie mafieuse Cosa Nostra
Onorata società « Société honorée », ancienne appellation revendiquée par les mafieux Camorra, Cosa Nostra
Pool antimafia Groupe de magistrats créé en 1983 pour coordonner la lutte contre la mafia Sicile (Palerme)
Maxiprocès Procès historique (1986-1987) ayant abouti à la condamnation de centaines de mafieux Cosa Nostra

Ce tableau permet de situer les principales organisations mafieuses italiennes, leurs figures emblématiques et leur vocabulaire propre, utile pour enrichir une copie ou un oral sur la mafia italienne.

Conclusion

La mafia italienne continue d’irriguer la littérature et le cinéma transalpins, oscillant entre dénonciation, mémoire et satire. Des romans d’enquête comme Gomorra aux comédies grinçantes de Roberto Benigni, en passant par les biographies engagées sur des figures comme Peppino Impastato, ces œuvres montrent à quel point ce phénomène dépasse le simple fait divers pour devenir une véritable question de société. Elles éclairent aussi bien les rouages internes de l’organisation que les résistances individuelles qui ont marqué l’histoire récente de l’Italie, de la Sicile à la Campanie.

Au-delà du divertissement, ces récits jouent aussi un rôle de mémoire collective. Ils rendent hommage à celles et ceux qui, comme Peppino Impastato ou les magistrats du pool antimafia, ont payé de leur vie leur engagement contre l’organisation. Saviano, Sciascia ou Falcone n’ont pas seulement raconté la mafia, ils ont contribué à la faire reconnaître comme un système structuré, avec ses propres codes et son propre langage, là où une partie de la classe politique en niait encore l’existence quelques décennies plus tôt.

Connaître ces références te donnera de la matière pour nourrir une copie ou un oral avec finesse, en évitant les clichés trop attendus sur le sujet et en montrant une réelle compréhension des enjeux historiques et sociaux qui se cachent derrière ces récits. C’est aussi une excellente manière de relier littérature, cinéma et actualité italienne, trois dimensions essentielles pour qui souhaite traiter ce thème avec rigueur.


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