Major Prépa > Actualité > Interview de Solène, étudiante en prépa ECG à Louis Le Grand et finaliste Eloquentia@HEC
Le 1er octobre dernier se tenait au théâtre du Bataclan la finale de la 7e édition d’Eloquentia@HEC. Lancé en 2018, ce concours national de prise de parole en public, dédié aux lycéens, a vu concourir cette année 74 participants issus de 55 lycées triés sur le volet parmi des centaines de candidats venus de toute la France. Major Prépa a eu la chance de d’interviewer Solène, l’une des six finalistes, deux heures avant son passage sur scène !
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Solène, j’ai 19 ans, je suis en première année de prépa ECG au lycée Louis-le-Grand et j’ai effectué mon lycée à Bayonne, dans le Sud-Ouest de la France.
Comment es-tu tombée amoureuse du monde de l’éloquence ?
J’ai découvert l’éloquence un peu par hasard, en tombant sur des vidéos de Pierre Faury sur Instagram. J’ai commencé à passer quelques concours locaux, tout s’est ensuite enchaîné naturellement. D’ailleurs, c’est assez fou de me dire que Pierre est membre du jury ce soir et qu’il va évaluer ma prestation !
Comment l’aventure Eloquentia@HEC a-t-elle commencé ? En quoi ça consiste exactement ?
J’en ai entendu parler via l’association « Du Pays basque aux Grandes Écoles », qui est assez présente dans mon lycée d’origine, René Cassin. J’ai postulé et j’ai eu la surprise d’être acceptée. Sincèrement, je ne m’y attendais pas du tout.
Le programme est très axé sur l’égalité des chances. Le but affiché, c’est de permettre que la prise de parole soit accessible à tous. Il y a au sein du programme une très forte mixité sociale, et également plus de filles que de garçons (environ un tiers de boursiers et deux tiers de filles, NDLR).
Concrètement, les sélectionnés sont reçus une semaine sur le campus d’HEC pendant l’été. Sur place, il y a des sessions de coaching sur tous les aspects de l’éloquence : écriture, verbal et non-verbal, occupation de l’espace, etc. En parallèle, le concours jalonne toute la semaine et, à la fin, il ne reste plus que six finalistes qui ont la chance de se produire dans une grande salle parisienne — cette année, comme en 2024, le Bataclan — quelques semaines plus tard.
Comment as-tu réagi quand tu as su que tu faisais partie des six finalistes ?
J’ai pleuré quand j’ai appris que j’étais dans le top 6 ! Je n’y pensais pas du tout et j’ai eu un gros sentiment de fierté… doublé d’une certaine pression, parce que je me suis dit que je me devais de tenir ce rang, par égard pour ceux qui n’avaient pas eu cette chance-là.
Quand tu t’es lancée dans Eloquentia@HEC, tu étais lycéenne. Aujourd’hui, tu es étudiante en première année de prépa ECG. Pourquoi ce choix d’orientation ?
Dans ma famille, personne n’avait fait de prépa. J’ai donc dû me renseigner ailleurs et c’est là que des initiatives comme Du Pays basque aux Grandes Écoles ou Eloquentia@HEC prennent tout leur sens.
J’ai compris que je voulais faire un parcours transversal, donc j’ai pas mal hésité entre une B/L. Mais, sur Parcoursup, lorsque j’ai vu que j’étais prise à « LLG » en ECG, j’ai su que mon choix était fait !
Comment se passent tes premières semaines de cours ?
J’ai perçu un décalage avec mes camarades qui ont fait leur lycée dans de prestigieux lycées parisiens, indéniablement. En maths, ils ont avancé sur le programme au lycée ; moi, j’ai juste préparé le bac. En langues aussi, l’écart me semble pour le moment important… et ils ont déjà des méthodes de travail hyper rodées.
Donc je me suis mise la pression pour ne pas accumuler de retard, surtout avec les premières colles, le premier DS de maths… Nous avons eu deux semaines pour préparer nos sujets pour la finale, et la première semaine, je n’y ai même pas touché ! Aujourd’hui encore, j’ai peaufiné mon texte. J’ai très envie de gagner ce soir, mais la priorité reste la prépa, forcément.
Justement, sur quoi passes-tu ce soir ?
« L’erreur est-elle source de génie ? » et je défends le « non ».
Comment définirais-tu ton style ?
J’écris en rimes, c’est assez métaphorique en général. J’essaie surtout de faire passer des émotions. Je me livre beaucoup dans mes textes, même si je contrebalance avec une pointe d’humour.
Tu as utilisé l’IA pour peaufiner ton texte ?
Par curiosité, j’ai demandé à ChatGPT de me proposer des suggestions pour améliorer mon texte, mais j’ai vraiment détesté sa version « améliorée » de mon travail. Donc non, pas un seul mot n’est le fruit de l’IA.
Pour finir, qu’est-ce que tu réponds à ceux qui disent que ces concours consistent à parler pour ne rien dire ?
Quand on ne connaît pas l’éloquence, bien sûr, c’est l’impression qu’on peut avoir. Moi, à titre personnel, ça m’a beaucoup aidée à prendre confiance en moi, à dire des choses personnelles qui m’aident à surmonter les blessures de la vie. Et manier les mots, c’est très utile et important : on vit dans une société où l’on fait passer beaucoup de messages, parfois sans le vouloir, à travers la manière dont on prend (ou on ne prend pas) la parole.
Il faut vraiment essayer de participer, ne serait-ce qu’une fois, pour comprendre l’intérêt incroyable de cet exercice. Aujourd’hui, quand je monte sur scène, je me demande surtout : « Qu’est-ce que j’ai envie de dire ? » Faire passer un message fort, important et sincère me semble plus important que d’utiliser de belles formules.




