Jean-François Fiorina présente la nouvelle épreuve de géopolitique GEM 2019 Jean-François Fiorina présente la nouvelle épreuve de géopolitique GEM 2019
Après l’annonce de la création d’une nouvelle épreuve de géopolitique au sein de la BCE, pour le concours 2019, Major Prépa a souhaité en... Jean-François Fiorina présente la nouvelle épreuve de géopolitique GEM 2019

Après l’annonce de la création d’une nouvelle épreuve de géopolitique au sein de la BCE, pour le concours 2019, Major Prépa a souhaité en savoir davantage sur ce qui attendait les étudiants. Jean-François Fiorina, Directeur Général de GEM, école conceptrice de l’épreuve, répond à nos questions.

 

Comment GEM s’est positionnée sur cette épreuve ?

La géopolitique, chez nous, est un axe fort, cela fait de nombreuses années que l’on souhaitait une épreuve parce que nous avons des parcours et des double-diplômes axés sur cette matière. Il nous paraissait normal et logique de disposer d’une épreuve pour consolider ce dispositif.

Nous avions fait une première proposition il y a sept ou huit ans, qui avait été refusée à l’époque parce qu’il n’y avait pas de réflexion sur l’évolution du concours. Aujourd’hui, et depuis environ trois ans, il y a une réelle réflexion sur l’optimisation des épreuves de la BCE. Nous nous sommes dit que c’était l’occasion pour nous de créer notre épreuve. Nous avons fait une proposition qui a été acceptée.

 

Est-ce-que c’est important pour GEM de rejoindre le club des écoles conceptrices ?

Oui, cela fait aussi partie de notre développement. Nous sommes devenus une école incontournable du haut du classement des écoles. Cela semble logique que l’on soit concepteur d’une épreuve.

 

Avez-vous eu de la concurrence de la part d’autres écoles qui souhaitaient elles aussi avoir leurs épreuves ?

Non, il faut savoir que nous sommes légitimes et crédibles sur la géopolitique. Nous avons tout un dispositif que l’on a conçu et consolidé tout au long des années. Nous sommes visibles car les étudiants nous choisissent pour le géopolitique. Encore une fois c’est une stratégie de cohérence.

 

Les écoles de la BCE, et vous en particulier, jugez que les autres épreuves, celles de l’ESSEC et l’ESCP n’étaient pas suffisantes ?

Il y avait besoin de compléter les lignes dans les choix des étudiants.

 

Est-ce que vous avez déjà eu des marques d’intérêts d’écoles pour utiliser  cette nouvelle épreuve ?

Je ne sais pas encore. La décision a été prise la semaine dernière. Les écoles doivent se positionner dans les jours qui viennent concernant les épreuves. [NDLR : elles doivent envoyer leurs choix avant le 8 octobre.]

Comme toute nouvelle épreuve cela ne sera pas tout d’un coup. Ce sont des changements qui s’étaleront sur plusieurs années. Certaines écoles sont toujours attachées à certains types d’épreuves.

La géopolitique […] représente pour moi la Culture Générale du monde moderne.

Avec la fusion de deux épreuves de culture générale et la création d’une nouvelle épreuve de géopolitique, cette dernière occupera dès 2019 une place plus importante que la culture générale. Est-ce-que cela représente pour vous un bouleversement lié au continuum prépa-Grande École ou alors est-ce seulement dire que la géopolitique attire davantage les étudiants et donc qu’elle est plus légitime à avoir quatre épreuves au lieu de trois ?

La géopolitique devient une compétence indispensable. Elle représente pour moi la Culture Générale du monde moderne. Il est important et primordial pour des étudiants qui rejoindront des entreprises, quels que soient le type d’entreprise, leur localisation ou leur métier, qu’ils aient un minimum de connaissances ou expertise en géopolitique. C’est ce qui permet de comprendre et définir sa stratégie, de gérer ses relations avec les autres, de gérer des risques, etc.

Un exemple que je donne fréquemment : l’extraterritorialité en Iran. Cela a des incidences où que je sois et quel que soit mon métier, on ne peut pas l’ignorer. De même, l’accord de libre-échange Canada-Europe, on dit qu’on va se faire bouffer par les Canadiens mais on peut voir que d’après les premiers chiffres, c’est plutôt les entreprises françaises qui s’en sortent bien. Ce dont a besoin l’entreprise, c’est d’avoir quelqu’un qui soit capable d’aller au-delà du fait divers et de l’anecdote. L’étudiant doit pouvoir se dire « là, il y a quelque chose qui est en train de se passer, ça a telle influence positive ou négative sur l’entreprise ». Je pourrais ajouter également le Brexit : la stratégie et le positionnement vont changer en permanence dans les prochains mois et la géopolitique permet de définir sa propre grille d’analyse.

 

Est-ce vous qui serez concepteur du sujet ?

Nous allons constituer une équipe afin de concevoir le sujet, avec des personnes qui vont connaitre exactement ce que sont les classes préparatoires. L’esprit de GEM, est un esprit de continuum et pour cela il faut que les concepteurs connaissent les prépas, le contenu et ce dont les étudiants sont capables de faire pendant le concours. Cela pourrait être des professeurs de prépas. De toute manière nous allons avoir besoin de toute une équipe, à la fois dans la conception et la correction. Cela sera en concertation et en travail avec la BCE

 

Quel sera l’esprit de l’épreuve ? Des sujets à formulation courte, un peu dans l’esprit de l’ESCP ou bien une formulation plus complexe ou plus longue comme l’épreuve de l’ESSEC ?

Comme on se doit d’être complémentaire, pour qu’il n’y ait pas de cannibalisation, ce sera plutôt de la mise en perspective. Il y aura une question de géopolitique avec des analyses de situations et des détections d’aspects très pratiques. C’est l’esprit de GEM de dire que la géopolitique doit servir à quelque chose.

Vraisemblablement l’épreuve sera faite à partir d’une analyse de document où l’étudiant devra fournir une réponse personnelle, à 360°. En d’autres termes, nous ne voulons pas une réponse apprise par cœur à une question. Puis il y aura une mise en perspective par rapport à une situation potentielle d’entreprise ou de secteur d’activité.

 

On sait que GEM a une épreuve de commentaire de carte à l’oral. Serait-il possible que cette épreuve soit adaptée à l’écrit ?

Maintenant que l’on est en charge de la conception d’un sujet, on va réfléchir sur l’opportunité ou pas de continuer avec la carte.

 

Au niveau des coefficients, on sait que GEM a un fort parti pris pour la géopolitique (coefficient 6) au détriment notamment de la culture générale (coefficient 2). Est-il possible d’augmenter ce coefficient, au détriment des maths ou d’autres matières ?

Non, nous allons rester sur ce même coefficient cette année car c’est une nouveauté. Il ne faut pas précipiter les choses. Pour moi ce sont des changements qui vont dans le bon sens :  valorisation du positionnement des écoles, mise en place d’épreuves complémentaires … On voit que la géopolitique est un outil d’aide et d’analyse, c’est plutôt cela qu’on essaye de mettre en place.

 

Avez-vous des conseils à donner aux étudiants pour appréhender cette nouvelle épreuve ?

De s’abonner à mes notes CLES de géopolitique, de suivre tout ce que je publie et de s’intéresser à l’actualité.

 

Avez-vous des médias à leur recommander ?

Il y a beaucoup de publications en ce moment sur des atlas de carte. Et puis il y a Courrier International, le Financial Times, Les Echos, Le Figaro … Encore une fois ce qui m’intéresse ce n’est pas quelqu’un qui soit capable de m’expliquer par cœur la construction de l’Union Européenne, ou bien me dire la nature des traités de sortie du Brexit. Je veux quelqu’un qui puisse me dire « Voilà, dans l’aéronautique, le Brexit va avoir tel incidence sur votre activité, en positif ou en négatif ». Cette personne doit pouvoir dire ça avec des contenus différents en fonctions des entreprises, qui souhaitent avoir un esprit capable de comprendre et de se positionner selon les situations.

Flore Deghaye

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