Major Prépa > Témoignages > Appendicite, paracétamol et 20/20 en maths : la recette de Thomas, dernier admis à HEC en 2025
Thomas visait l’ENSAE, rêvait d’un double diplôme… mais c’est finalement à HEC, à la toute dernière place, qu’il a été admis. Élève du lycée Champollion à Grenoble, son parcours a été marqué par des doutes, des épreuves inattendues et une détermination sans faille. De l’appendicite juste avant les concours à des performances éclatantes en maths, il revient sur son aventure, une histoire de résilience et de travail acharné qui prouve qu’au final, tout peut basculer à la dernière seconde. Entretien.
Présentation
Salut Thomas, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Thomas, je viens du lycée Champollion à Grenoble. En sortant du lycée, je ne connaissais pas vraiment le monde de la prépa. J’avais peu d’infos sur les écoles de commerce, mais mon profil très scientifique m’a rapidement orienté vers l’idée d’un double diplôme avec une école d’ingénieur. C’est en prépa que j’ai découvert la richesse des débouchés et que j’ai commencé à viser haut.
Quels étaient tes objectifs en début de prépa, et comment as-tu préparé les concours ?
Dès la première année, j’ai développé une vraie passion pour les maths. J’étais littéralement « matrixé » par HEC : j’avais mis le logo de l’école en fond d’écran pour garder la motivation. Pourtant, en première année et au début de la deuxième, j’étais encore dans le milieu de classement de ma classe.
En deuxième année, j’ai décidé d’intensifier mes efforts, en misant surtout sur les mathématiques. Mon professeur, David Meneu, m’a énormément soutenu : il corrigeait tout ce que je lui donnais. Grâce à lui et à un travail personnel rigoureux, j’ai fini par obtenir quatre 20/20 aux épreuves écrites de maths. Lors du dernier concours blanc, j’ai eu un 7 en ESH et un 6 en philo. Ce coup dur m’a motivé à ne pas négliger mes points faibles. Je travaillais beaucoup seul, au CDI ou chez moi, pour être efficace au maximum.
Les concours
Comment s’est passée la semaine des concours ?
Juste avant la BCE, j’ai eu une appendicite. Je n’ai pas pu passer Ecricome car j’étais à l’hôpital. J’étais encore sous paracétamol pendant les premières épreuves, ce qui m’a forcé à me reposer davantage entre chaque sujet. Étrangement, ce rythme ralenti m’a peut-être permis de garder mon calme et de mieux récupérer. Même si les conditions étaient dures, j’ai fait de mon mieux, sans trop savoir à quoi m’attendre.
Tu t’es préparé aux oraux des Parisiennes avant les résultats ?
Oui, je ne voulais rien regretter. J’ai donc commencé à travailler les oraux dès la fin des écrits. CSH, maths, ESH : j’ai tout repris sérieusement, avec une attention particulière pour l’ENSAE, qui était mon objectif de cœur.
J’ai aussi commencé à lire. Avant la prépa, je ne lisais pas du tout, mais j’ai compris que, pour réussir la CSH, il fallait enrichir sa culture. En me forçant un peu, j’ai fini par y prendre goût. Je pense que ceux qui s’en sortent le mieux en prépa sont ceux qui parviennent à aimer ce qu’ils font, même les matières qui ne sont pas évidentes au départ. J’étais aussi prêt à cuber si je n’avais pas une école du top 3 ou l’ENSAE.
Et les résultats d’admissibilité ?
J’ai demandé à un ami de regarder les résultats à ma place. Je voulais juste savoir mon rang à l’ESCP. Quand il m’a dit que j’étais classé 350 à HEC, je n’y croyais pas. J’ai immédiatement relancé la préparation aux oraux, avec une routine très dense : triptyques, simulations, culture générale, entraînements. Je voulais donner le meilleur, mais tachais de garder beaucoup de recul. En parallèle, je restais concentré sur l’ENSAE, où je me sentais plus en confiance.
Comment se sont passés tes oraux, notamment à HEC ?
J’étais en session 1 à HEC, donc tout est allé très vite. Avant ça, j’avais passé Emlyon pour m’entraîner, notamment en allemand, puis l’ENSAE, où l’oral m’a énormément motivé à intégrer. Pour l’anecdote : la veille des oraux à HEC, c’était le mariage de ma sœur, en Ardèche. J’ai quand même réussi à m’isoler un peu pour travailler, mais ce moment m’a aussi aidé à décompresser.
À HEC, l’accueil était super et les admisseurs étaient très sympas. Je discutais avec tout le monde. En revanche, premier oral : grosse claque. C’était l’allemand, et j’ai dit une dinguerie : j’ai parlé de l’AFD à Zurich (ville suisse…) sans me rendre compte de l’énormité. Je me suis dit que je venais de prendre un 5 ou un 6. Ça m’a mis un gros coup. Pour la suite, ma mentalité était simple : je donne tout, je m’amuse, et si ça passe tant mieux, sinon tant pis. Je ne voulais pas me mettre trop de pression. La CSH était ma plus grosse angoisse. Ma prof m’avait dit : « Tu n’as pas une grande culture, mais tu raisonnes bien. Appuie-toi là-dessus. » J’ai fait au mieux en raisonnant au maximum et en creusant le sujet et cela s’est plutôt bien passé. Je pensais que les maths allaient être ma force, mais le début a été difficile. J’ai tenu jusqu’au bout et ai réussi à finir le sujet.
Et après les oraux ?
J’ai retrouvé ma famille, ma copine, mes amis. J’avais besoin de déconnecter. Je m’étais mis dans l’idée que je n’aurais pas HEC, pour ne pas être déçu. J’étais content de mes chances à l’ENSAE, et ça me suffisait. D’ailleurs, j’ai eu une meilleure note à l’ENSAE qu’à HEC, ce qui m’a un peu conforté. Je voyais HEC plus comme un bonus. Je commençais aussi à envisager de cuber si je n’avais ni top 3, ni ENSAE.
Raconte-nous le moment où tu découvres que tu es le dernier admis à HEC…
Comme pour les admissibilités, j’ai confié le téléphone à ma copine. Je lui ai juste dit : « Tu regardes, tu me dis oui ou non. » Elle me répond : « T’es 420e. » Je pense alors que c’est terminé, car j’avais entendu que le rang s’arrêtait à 415. Et là, elle ajoute : « Mais non, t’es admis ! » Je ne comprenais plus rien. J’étais dans l’incompréhension, mais surtout dans la joie immense. C’était un soulagement total, une vraie fierté personnelle. Personne dans ma famille n’avait jamais intégré une grande école. J’ai été très fier de leur annoncer.
Au final, HEC ou ENSAE ? Ou objectif DD ?
Au final, je vais choisir HEC et tenter le double diplôme avec l’X en M1. Je veux garder ce côté ingénierie qui me plaisait à l’ENSAE, tout en profitant des opportunités qu’offre HEC. Ce choix me permet de combiner mes passions pour les sciences et les mathématiques avec une carrière à fort potentiel entrepreneurial.
Un dernier mot pour les préparationnaires ?
Donnez tout jusqu’au bout. Même quand c’est dur, essayez d’aimer ce que vous faites. C’est ce qui fait la différence. On peut apprendre à aimer une discipline, même celle qui nous paraît inaccessible au départ.
Retrouve également ici l’interview de Francois, major aux écrits d’HEC en 2025 !
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