HEC

L’oral HGG à HEC, c’est l’épreuve où tout se joue : dix minutes pour convaincre, dix minutes pour prouver ta maîtrise et ton sang-froid. Un sujet unique, souvent déstabilisant, une préparation express et un jury attentif à la clarté et à la rigueur. Pas question d’improviser : réussir cet oral, c’est avant tout comprendre ses codes et s’y préparer intelligemment. Voici tout ce qu’il faut savoir pour faire la différence le jour J.

Principes de l’oral

Le déroulement de l’épreuve

L’épreuve HGG à HEC se déroule comme ceci :

  • Après ta convocation, tu entres dans une salle de préparation. Il y fait souvent chaud. On te remet alors un seul et unique sujet sur papier.
  • Ce sujet est à préparer au brouillon pendant 30 minutes, avant de devoir attendre.
  • L’oral dure 10 minutes pile (aucun dépassement n’est toléré).
  • Suivi de 10 minutes de questions afin d’approfondir des points évoqués et te donner l’occasion de compléter ton exposé. Ces questions ne peuvent, sauf erreur grave ou tentative de bluff, qu’augmenter ta note et sont donc l’occasion de montrer tout ce que tu connais.

La typologie des sujets HEC

Le grand point commun des sujets HEC est leur capacité à mobiliser des points très niches de ton cours, voire hors programme. Il sera donc nécessaire d’avoir recours à ta culture générale et à une certaine gymnastique d’esprit pour les traiter le mieux possible (n’oublie pas que tu es noté(e) comparativement à ton groupe). Néanmoins, on peut catégoriser ces sujets selon leurs attentes.

Le sujet géographique

Dans ce type de sujet, tu dois cadrer du mieux possible l’aire géographique et ses acteurs. Tout débordement entraîne un hors sujet fortement pénalisé. N’hésite pas à faire une carte mentale de l’espace et pense à l’historicité de l’espace.

Voici des exemples :

  • Le Pacifique, entre Chine et États-Unis
  • La mer de Chine méridionale, nouvelle Méditerranée ?
  • L’Arctique : géopolitique d’un espace convoité
  • La haute mer : dernière frontière ?

Le sujet historique

Dans ce type de sujet, il est impératif que tu respectes la période donnée. Tu ne peux rien évoquer d’extérieur à la période traitée, à moins de l’analyser à travers le prisme de l’époque cible. Il est souvent plus difficile et demande plus de culture générale.

Voici des exemples :

  • Réseaux de transports et économie mondiale en 1913
  • L’État et l’industrie en Europe de l’Ouest de 1945 à 1970
  • Le Japon : une menace pour les États-Unis ? (des années 1920 aux années 1990)
  • La crise de 1929 et le monde
  • La France de 1913 au travail

Le sujet point de cours

Ce type de sujet demande une connaissance très fine du cours, puisqu’il fait appel à un point niche de celui-ci. Tu dois être capable de bien définir la notion en jeu et de piocher des exemples dans le reste de ton cours.

Voici des exemples :

  • Le néo-malthusianisme
  • L’aviation commerciale, source de pollution ou de croissance ?
  • Le gaz russe, enjeu géopolitique du XXIe siècle
  • Nucléaire : après la catastrophe, le renouveau ?
  • Les « nouveaux riches » de la mondialisation
  • La Françafrique, c’est fini ?
  • À quoi sert l’Agence internationale de l’énergie atomique ?
  • À quoi sert l’Organisation mondiale de la santé ?

Le sujet économique

Type de sujet souvent surprenant par la précision demandée, il fait figure de vérification des connaissances du cours de géoéconomie (qui devrait représenter une bonne partie de tes révisions).

Voici des exemples :

  • Pourquoi l’euro ?
  • Le protectionnisme du XXIe siècle vaut-il le protectionnisme du XIXe siècle ?
  • L’inflation en Europe depuis 1913
  • Les géographies de la finance internationale
  • Le rôle des banques centrales dans la gouvernance économique mondiale
  • Paradis fiscaux : un enfer pour les autres États ?
  • La « planche à billets » fonctionne-t-elle toujours au début du XXIe siècle ?
  • Le patriotisme économique est-il une solution ?

Le sujet à contre-pied/hors programme

Ce type de sujet nécessite une vision large et l’utilisation de ta culture générale pour pouvoir le relier à des points de ton cours. La priorité est de réussir à atteindre les 10 minutes d’oral et de ne pas détourner le sujet.

Voici des exemples :

  • Les Jeux olympiques, une vitrine ?
  • Le vin dans la mondialisation au XXIe siècle
  • La montagne
  • Géopolitique du Vatican

Les attendus de l’épreuve

L’esprit de l’épreuve

L’oral de HEC est celui où il faut minimiser la prise de risque (peu importe la matière). Pour cela, ne dis que des choses vraies dont tu es certain(e). Du fait des conditions, de l’enjeu, du stress et de la difficulté de l’épreuve, l’objectif n’est pas d’exceller, mais de ne pas rater.

Réussir un oral clair, tant sur le fond que sur la forme, en évitant les erreurs factuelles et en faisant preuve de détermination, est souvent décisif pour décrocher un 12 (ce qui est déjà une excellente note), en raison du caractère comparatif de la notation.

Comment se démarquer

Afin de viser les notes les plus élevées, garantissant ton admission dans l’école jovacienne, il faudra réussir à te démarquer en brillant par l’une de tes forces. Cela peut être ton dynamisme, ta connaissance intime du cours, ta culture générale (très valorisée) dans le sens très large du terme (littérature, histoire ancienne, musique, sport, films…), des axes intelligents, etc.

Attention, l’objectif est de te mettre en valeur et d’être retenu(e) par le jury. L’originalité pour l’originalité est à proscrire – il faut montrer ta maîtrise de l’exercice avant toute chose.

Comment préparer l’oral

Un travail sur la longueur…

Les oraux de HEC se préparent tout au long de l’année et l’HGG n’est pas une exception. Bien que l’écrit reste dans un premier temps la priorité, il reste nécessaire de penser à la prochaine étape.

Tout d’abord, durant l’année, tu peux commencer à lire des sujets HEC pour pouvoir les avoir à l’esprit pendant les cours. Ensuite, il est essentiel que tu demandes à tes colleurs/professeurs de t’interroger sur des sujets types HEC au cours de l’année – tu auras besoin de tout l’entraînement possible. Demander des sujets HEC n’est pas une preuve d’orgueil, mais d’ambition et de préparation, donc n’hésite pas !

… qui s’intensifie après les oraux

Ouf… tu as enfin fini les écrits, pris une semaine pour te reposer et c’est l’heure de reprendre ta préparation !

Il est quasi obligatoire que tu prépares les oraux de HEC avant les admissibilités, même si tu ne penses n’avoir que 1 % de chance d’être admissible. Tu ne peux pas te permettre de perdre deux, voire trois semaines de préparation par rapport à tes concurrents. De surcroît, tu risques d’être découragé(e) en voyant que tu es admissible, mais non préparé(e).

La pratique

Comment réviser

Fort(e) de ta réussite aux écrits et de tes révisions intenses à ces fins, la préparation aux oraux va prendre une nouvelle forme et s’appuyer sur tes acquis. Il faut que tu te fasses confiance, après deux années, tu es censé(e) être très solide sur l’entièreté des chapitres de 2A et le module 2.

Dès lors, ton travail de révisions va majoritairement se concentrer sur les sujets niches que tu ne travailles habituellement pas pour les oraux. Je pense notamment à tout ce qui est Japon, France, Amérique latine, institutions internationales, monnaie, transport, métropole, religion, ONG…

À cet égard, revois les chapitres historiques, des épisodes du Dessous des cartes ainsi que les podcasts « La colle de géopolitique » de Major-Prépa. Il est important que tu apprennes à traiter des sujets inattendus à l’aide de ta culture globale, puisque tu sais traiter des sujets classiques.

Comment s’entraîner

Des colles, des colles et encore des colles sont les maîtres-mots. Entre le début de ma préparation et le jour J, j’ai pu faire au moins 30 colles complètes. Insiste auprès de tes colleurs/professeurs, fais des colles avec des amis, utilise des outils extérieurs, comme Mon Colleur, enregistre-toi seul(e). Practice makes perfect.

Le débit de parole

Si tu as un débit de parole trop rapide, ou au contraire trop élevé, enregistre-toi pendant tes colles et utilise l’IA pour déterminer ton nombre de mots par minute. Il faut qu’il soit entre 130 et 145, dans l’idéal.

Pour y arriver, améliore ton brouillon, sois plus structuré(e), plus clair(e) et précis(e) pour éviter de réfléchir ou de paniquer. Ensuite, lire des articles à voix haute pendant une minute, puis regarder le nombre de mots que tu as lu est un excellent moyen pour suivre ta progression et t’entraîner.

Pour tout ce qui est de l’attitude, je te recommande cet article.

Comment réussir le jour J

La découverte du sujet et le brouillon

Tu es enfin face à ton sujet. Laisse-toi surprendre par le sujet, mais ne reste pas paralysé(e). Note tout ce qui te vient à l’esprit : exemples, axes, concepts clés. Il est important de te lancer et de mobiliser toutes les connaissances à ta disposition.

Pour le brouillon, prends une page par partie avec deux ou trois sous-parties. Prépare tes transitions entre les parties et les sous-parties : elles guident ton jury en soulignant la structure de ton oral. Il faut que le jury soit capable de réécrire clairement ton plan dans ses notes.

« Le jury rappelle son attachement à l’annonce claire d’un plan en fin d’introduction et à des transitions marquées lors du développement » – Rapport de jury 2024

Les plans les plus utiles sont généralement ceux sous la forme : I- Constat/retour historique, II- Dynamique/facteur, III- Limites/perspective/réactualisation. Fais tes plans en 20 minutes lors de ta préparation aux oraux afin d’être sûr(e) de finir ton plan le jour J.

La répartition du temps recommandée pour l’oral (prends un chronomètre avec toi, car il n’y aura pas forcément d’horloge) est : 2 minutes d’intro, 2 minutes 30 par partie et 30 secondes pour ta conclusion. Tu ne peux sous aucun prétexte faire plus de 10 minutes d’oral, et finir en moins de 9 minutes 50 peut être mal vu. Tenir 10 minutes sur un sujet difficile suffit souvent pour être au moins deuxième de ton groupe, et donc décrocher une note correcte.

Face au jury

Avant d’entrer dans la salle

Une fois ta préparation terminée, on va t’accompagner devant la salle de ton jury. Tu auras le droit de lire ton brouillon, mais pas d’écrire pendant le temps d’attente.

Ce temps d’attente peut durer entre 1 minute et 15 minutes (dans mon cas). Utilise toutes les opportunités qui s’offrent à toi, utilise ta minute d’attente pour énoncer ton accroche, utilise tes 10 minutes d’attente pour faire ton oral dans le couloir et arriver en confiance face au jury. Chaque minute compte !

Pendant l’oral

Face au jury, entre en souriant, dis bonjour, demande si tu peux utiliser ton chronomètre (ils ne te diront jamais non). Tu dois séduire le jury et montrer que tu es à l’aise. Durant ton oral, regarde le jury dans les yeux et parle d’un ton affirmé, l’objectif de l’oral est de montrer que tu maîtrises l’exercice.

Cette impression de maîtrise passe par des parties équilibrées, des temps de pause pour marquer les transitions entre les parties et les sous-parties, par des connaissances solides et par une attitude impliquée, mais calme.

Pendant les questions

Enfin, lors des questions, tu ne dois absolument pas relâcher la pression, un entretien réussi est souvent synonyme d’un très grand gain de points. Privilégie l’honnêteté, si tu ne connais pas la réponse à la question, propose une alternative ou une déduction en expliquant bien ton raisonnement s’appuyant sur d’autres connaissances. Il ne faut pas dire « je ne sais pas », mais « je ne sais pas, mais », pour montrer tes qualités de réflexion et ta combativité.