Le 24 octobre 1929, une crise économique aux États-Unis commence, considérée comme étant la plus grande que le pays ait connue. Le pays bascule dans une spirale où faillite, chômage de masse et pauvreté sont un corollaire. Seize ans plus tard, en 1945, les États-Unis connaissent une croissance rapide, le chômage se stabilise à bas niveau, la consommation de masse démarre : le pays devient la première puissance économique mondiale. Franklin Delano Roosevelt, président des États-Unis durant cette période, a-t-il été le sauveur de l’économie américaine ?
Contexte historique de la crise et réactions
Le 24 octobre 1929, 16 millions de titres ne sont pas vendus sur les marchés financiers et la Bourse chute de 12 à 25 %. Ceci marque le début de la Grande Dépression.
Cette crise économique a eu des conséquences sociales sévères. Beaucoup d’Américains sont à la rue, le chômage culmine et la tuberculose et la dysenterie remplissent les hôpitaux. Les politiques de réponse à la crise du président Hoover ne fonctionnent pas. La stratégie libérale qui repose sur la coopération avec les chefs d’entreprise déplaît aux Américains et c’est dans ce contexte que Franklin Delano Roosevelt se présente aux élections américaines. Il promet un changement profond, une réponse à la crise.
La promesse d’un changement
La victoire électorale
En novembre 1932, F. D. Roosevelt remporte triomphalement les élections face à Hoover. Il est élu sur cette promesse de changement, de sortie de crise. Ce projet repose sur un fort rôle de l’État qui s’incarne dans son projet de New Deal. Il a la volonté de relancer l’économie et promet d’offrir un travail, un salaire et de l’espoir aux Américains. Lors de son discours inaugural, dans un élan d’optimisme, il déclara : « The only thing we have to fear is fear itself. » (La seule chose que nous avons à craindre est la peur elle-même.)
Grâce à cette stratégie, il incarne l’activisme et conserve une proximité avec la population, notamment avec « les causeries au coin du feu ».
Des projets nombreux et ambitieux
On distingue deux séries de projets majeurs dans la présidence Roosevelt : le premier New Deal de 1933 à 1934, et le second New Deal de 1935 à 1938.
Tu dois absolument connaître ces trois projets :
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Agricultural Adjustment Act (1933, AAA) : les agriculteurs américains subissent une chute drastique des prix à cause d’une surproduction couplée à une baisse de la demande. En réponse, l’AAA prévoit de payer les fermiers pour réduire leurs surfaces cultivées.
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National Industrial Recovery Act (1933, NIRA) : l’objectif est de lutter contre la déflation et de relancer la production. La National Recovery Administration fixe ainsi des codes de concurrence, une limitation du temps de travail (pour partager l’emploi) et la reconnaissance des syndicats.
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Tennessee Valley Authority (1933, TVA) : l’objectif est de redynamiser la vallée du Tennessee. Cette région très pauvre a subi de plein fouet la crise. Pour cela, le projet prévoit la construction de barrages et de centrales hydroélectriques et l’aménagement de terres.
Pour aller plus loin
En plus de ces exemples indispensables, tu peux te démarquer grâce à cet exemple :
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Le projet bancaire de Roosevelt : en mars 1933, lorsqu’il arrive au pouvoir, le système bancaire est au bord du gouffre. Il déclare un « Bank Holiday », c’est-à-dire une fermeture des banques pendant quatre jours pour vérifier leur solidité et laisser uniquement les banques de confiance rouvrir.
Grâce à ces projets, le système bancaire se stabilise, la finance aussi. La reprise industrielle et agricole est amorcée. Cependant, les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. Les effets du New Deal sur l’économie sont notables.
Les résultats des New Deals sont très limités
Sur le plan économique, le chômage a certes baissé, mais persiste. Malgré les programmes massifs d’emplois publics, en 1939, il y a encore 9,5 millions de chômeurs.
La relance est incomplète et la croissance instable. La récession de 1937-1938 en est un exemple. En effet, la baisse des dépenses publiques et la hausse des impôts en 1937 ont mené à une chute de la production. Cela entraîne un retour en force du chômage. L’investissement privé reste faible, car si la confiance dans le système bancaire est revenue, ce n’est pas le cas pour la confiance des entreprises.
Roosevelt initie l’État social en 1935. Il adopte une série de lois qui mettent en place une assurance vieillesse et une assurance chômage. Mais l’interventionnisme est très coûteux (27 % des dépenses étatiques). Il entraîne une hausse des déficits publics et de la dette (chose nouvelle pour les États-Unis). Par exemple, la Civil Works Administration (1934) emploie quatre millions de chômeurs pour de grands travaux publics. Roosevelt est accusé par les conservateurs de pratiquer un « socialisme déguisé ».
Enfin, sur le plan juridique et politique, la Cour suprême a déclaré plusieurs réformes majeures inconstitutionnelles, comme l’AAA et le NIRA. Roosevelt se heurte à une limite institutionnelle.
Tu peux également évoquer la crise du « Court-packing Plan » de 1937 : Roosevelt voulait augmenter le nombre de juges de la Cour suprême. Mais les Américains ont perçu cette initiative comme une tentative de contournement démocratique.
La Seconde Guerre mondiale : la véritable sauveuse de l’économie américaine
Après avoir rompu avec l’isolationnisme (notamment avec le Big Stick), les États-Unis veulent aider les démocraties européennes suite au début de la Seconde Guerre mondiale (invasion de la Pologne par l’Allemagne). Le pays adopte alors en 1939 la loi Cash and Carry qui permet aux pays en guerre d’acheter du matériel militaire aux États-Unis à condition de payer comptant (cash) et de transporter eux-mêmes les marchandises (carry).
En 1941, face à l’épuisement économique du Royaume-Uni, Roosevelt met en place une aide encore plus massive, appelée le Lend-Lease Act. Cette aide permet de prêter ou de louer du matériel militaire aux Alliés.
Enfin, les États-Unis entrent en guerre après l’attaque de Pearl Harbor en 1941.
Grâce à ces différents points, le pays connaît une mobilisation industrielle massive. Le gouvernement et les industriels transforment les usines en usines d’armement. De nouvelles industries se développent (l’aviation ou le nucléaire, par exemple). Le pays construit 90 000 chars, quatre millions de tonnes de munitions et 15 millions d’armes portatives.
Ainsi, le chômage diminue drastiquement et les prix agricoles remontent enfin. Par rapport à 1933, le PIB a plus que doublé en 1945. Le chômage est passé de 25 % à 2 %. Le revenu national par habitant a été multiplié par 2,5.
Il faut cependant noter que cette relance économique s’est faite au coût de 400 000 morts lors de la guerre.
Conclusion
En fin de compte, la Seconde Guerre mondiale a davantage été la sauveuse de l’économie américaine que Franklin Delano Roosevelt. Il promettait une réponse efficace à la crise et a rencontré de grandes difficultés à la résorber entièrement. La Seconde Guerre mondiale a quant à elle réussi à transformer une économie de crise en une économie de plein-emploi et de prospérité économique.



