Le tourisme en France Le tourisme en France
Pour définir la notion de tourisme, l’Organisation mondiale du tourisme donne la définition suivante : « phénomène social, culturel et économique qui implique le... Le tourisme en France

Pour définir la notion de tourisme, l’Organisation mondiale du tourisme donne la définition suivante : « phénomène social, culturel et économique qui implique le déplacement de personnes vers des pays ou des endroits situés en dehors de leur environnement habituel à des fins personnelles ou professionnelles ou pour affaires. » En effet, cette définition nous montre bien que si le tourisme a d’abord été une pratique culturelle, il est devenu aujourd’hui un véritable enjeu économique et social.

Le tourisme en France est-il aujourd’hui une plus grande source d’inconvénients ou de bénéfices ?

 

I – Le tourisme est source de développement

Les débuts du tourisme en France

En France, le tourisme commence véritablement à se développer à partir du milieu du XIXe siècle avec notamment, en 1889 à Grenoble, l’apparition du premier syndicat d’initiative français, ancêtre de l’office du tourisme que nous connaissons aujourd’hui, né en 1905 en Isère.

Cependant, le vrai tournant dans le domaine du tourisme se produit dans l’entre-deux-guerres. L’État français comprend l’enjeu du tourisme et réalise l’intérêt qu’il a à le développer à l’échelle nationale. Conscient des enjeux que pose le développement du secteur touristique et des conséquences que celui-ci engendre tant en termes de circulation ou d’hébergements, l’État décide de mettre en place une véritable structure administrative capable de gérer ces problèmes. Ainsi, dans les années 1930, après la naissance d’un Office national du tourisme en 1910, apparaît une structure plus importante, le Commissariat général au tourisme. À la même époque, les premiers guides de voyage apparaissent tels que les Guides bleus en 1919 ou les Guides verts en 1926 de Michelin, et deviennent des vecteurs de diffusion de l’information touristique et de la culture française.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avec une révolution des transports déjà bien engagée et la mise en place des premiers congés payés dès 1936, la France assiste à une nouvelle phase de développement du tourisme avec une nouveauté : le développement du tourisme pour tous.

 

La France, pays touristique par excellence visité aussi bien par les résidents comme les non-résidents

La France fait partie des pays les plus visités au monde avec près de 90 millions de visiteurs accueillis en 2018, dont 50 millions pour l’île-de-France uniquement. Parmi les contributeurs, on compte près de deux tiers de résidents français et un tiers de non-résidents. Toujours en 2018, la France enregistre près de 440 millions de nuitées avec Paris, la Corse, Nice, Lyon et Bordeaux qui sont considérées en 2019 comme les cinq lieux les plus visités par les touristes, tandis que Disneyland Paris, la cathédrale de Notre-Dame, le Musée du Louvre, la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre et le domaine de Versailles sont eux considérés comme les cinq endroits les plus visités en France en 2019.

 

Un tourisme qui contribue au développement économique de la France

Le secteur du tourisme est considéré en France comme un secteur clé de l’économie. En effet, la consommation touristique intérieure représente en 2016 près de 160 milliards d’euros, soit plus de 7,2 % du produit intérieur brut (PIB) de la France, et représente 2 millions d’emplois directs et indirects.

Les principales dépenses touristiques s’effectuent sur les transports, l’hébergement, mais aussi sur la restauration. Concernant l’hébergement, en 2016, ce secteur, combiné à celui de la restauration, a généré un chiffre d’affaires de plus de 96 milliards d’euros quand en 2017, le secteur de l’hébergement employait à lui seul 30,6 millions de salariés.

Ainsi, en France, le secteur du tourisme a un impact positif indéniable sur l’économie du pays, mais comme partout où le tourisme se développe, à ces avantages s’ajoutent de véritables inconvénients, et apparaissent de nombreux enjeux et défis, non seulement économiques, mais aussi sociaux et environnementaux.

 

II – Le tourisme pose des questions concrètes

Des questions économiques

Si le tourisme a permis un essor du secteur de l’hébergement, il a aussi fait émerger une concurrence extrêmement importante dans ce domaine et a donc participé à une hausse des prix de l’immobilier dans de nombreuses régions et villes françaises.

En plus d’avoir contribué à ces augmentations du prix des loyers, l’augmentation du nombre de touristes a entraîné un essor des plateformes de locations entre particuliers. À Paris, en l’espace de cinq ans, près de 20 000 logements en location classique sont devenus des appartements à destination de locataires ponctuels comme les touristes. L’exemple le plus flagrant est celui de la plateforme Airbnb, créée en 2008 aux États-Unis. En France, on compte 500 000 logements dédiés à la location Airbnb et 65 000 logements y sont recensés uniquement pour la ville de Paris. Cet été, la France a conforté sa deuxième place sur le marché après les États-Unis, avec près de
8 millions de voyageurs qui ont séjourné dans l’Hexagone avec Airbnb, marquant ainsi une augmentation de 35 % par rapport à l’été 2018.

 

Des questions écologiques

En France, notamment depuis la COP21, la question climatique devient de plus en plus pressante et le tourisme est un secteur qui mérite des améliorations puisque le développement de celui-ci menace non seulement les ressources naturelles, mais aussi la nature, l’eau, les sols ou encore l’air.

L’activité touristique provoque une augmentation des besoins en énergie, en nourriture, mais aussi en eau et elle entraîne une augmentation des déchets, et donc une augmentation des déchets polluants. Selon un rapport de l’association WWF, 52 % des détritus en mer Méditerranée seraient liés au tourisme balnéaire. Rappelons aussi ici que l’industrie touristique est à l’origine de 5 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde et que la croissance du tourisme d’ici 2050 devrait accroître la consommation d’énergie de 154 % et celle des émissions de gaz à effet de serre de 131 %. 

 

Des questions sociétales

Les flux de plus en plus nombreux de population en France, comme d’ailleurs dans les autres parties du monde où cela se produit, entraîne d’importants déséquilibres avec des transports de plus en plus chargés, des lieux publics, comme les plages, de plus en plus bondés, mais aussi une augmentation des nuisances sonores.
Trois phénomènes sont ainsi observés : le développement, très faible certes puisqu’il s’élève à seulement 3 % de la population, d’une « tourismophobie » (phénomène de rejet du tourisme), une gentrification croissante et une augmentation des prix de l’immobilier.

 

III – Le tourisme, une révolution qui se révolutionne ?

Une prise de conscience collective nécessaire, mais déjà enclenchée

Après la conférence de Paris sur le climat (COP21), les États membres de l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale), dont la France, ont signé en 2016 un accord visant à stabiliser les émissions de CO2 dans le transport aérien international à partir de 2020 et à réduire de moitié les émissions du secteur d’ici 2050.

Une des solutions envisagées pour réduire l’impact des voyages sur le climat est la compensation carbone. De plus en plus de compagnies aériennes proposent à leurs passagers de payer sur le prix du billet une taxe pour compenser leurs émissions de CO2 en finançant des projets dans le domaine des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique ou de la reforestation.

 

Des solutions écologiques et juridiques

Depuis quelques années en France, on assiste au développement d’une nouvelle forme de tourisme, le tourisme vert ou écotourisme (plus centré sur la découverte de l’environnement). L’écotourisme évoque l’ensemble des activités touristiques pratiquées en milieu naturel avec un principe double : respecter l’environnement et contribuer au développement de l’économie locale. Cependant, il reste bien moins développé que dans les pays d’Europe du Nord et représente moins de 2 % des offres touristiques. C’est à travers de cette nouvelle forme de tourisme que ce sont aussi développées plusieurs formes nouvelles d’hébergements qui font partie de ce qu’on appelle aujourd’hui l’éco-hébergement. Son principe est simple puisqu’il consiste à limiter l’impact sur l’environnement.

L’aspect juridique, lui, est apparu bien utile pour tenter de résoudre le problème de l’immobilier. La Ville de Paris mobilise le droit pour tenter de réguler les locations, et plus précisément les locations entre particuliers. L’article 51 de la loi sur la République numérique stipule que les annonces doivent comporter un numéro d’enregistrement pour vérifier que les logements ne sont pas loués plus de 120 nuitées par an. L’article 145 de la loi ELAN (Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique), lui, permet à la commune victime d’abus de la part des propriétaires d’attaquer directement les plateformes qui s’exposent ainsi à une amende de 12 500 euros pour chaque annonce non conforme.

 

Conclusion

Ainsi, si le tourisme est un atout majeur pour l’économie française et s’il a pu contribuer à aménager certains espaces, nous avons montré que, comme toujours, certaines conséquences peuvent s’avérer plus nuisibles que bénéfiques pour la population et le territoire. Cependant, s’il faut se demander si les nuisances liées au tourisme sont plus importantes que les bénéfices, il faut surtout s’interroger sur les solutions qui peuvent être mises en place pour que le secteur touristique ne disparaisse pas complètement. Les démarches mises en place s’inscrivent dans une dynamique très actuelle, c’est-à-dire une démarche plus respectueuse à la fois de l’environnement et des résidents français pour perpétuer et dynamiser un secteur nécessaire à la vitalité économique de la France.

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Camille Defline