Comprendre les mutations politiques de la France avant 1914 est un enjeu majeur pour les concours. Parmi ces périodes, la Belle Époque occupe une place fondamentale. En effet, elle consolide le modèle républicain face à de vives tensions. De plus, cette période redéfinit les rapports entre l’Église et l’État.
Le tournant du Bloc des gauches et le « combisme » (1899-1906)
La fondation de la Défense républicaine
L’histoire commence en effet avec le gouvernement de Défense républicaine de Pierre Waldeck-Rousseau. Ce cabinet d’union nationale rassemble alors des personnalités très diverses. On y trouve notamment le général Galliffet et le socialiste Alexandre Millerand. La majorité à la Chambre bascule ainsi vers la gauche pour défendre la République.
Cependant, une partie des modérés refuse de soutenir ce gouvernement à cause des radicaux. Les conservateurs fondent alors la Fédération républicaine en 1903.
L’affirmation du Bloc des gauches
Le gouvernement agit fermement contre les nationalistes et les antirépublicains. Par exemple, il mène le procès de Déroulède. En 1901, la loi historique sur les associations est ensuite votée.
Le Bloc des gauches remporte donc les élections grâce au scrutin majoritaire. Une « Délégation des gauches » soutient désormais le gouvernement à la Chambre. Dans ce regroupement informel, Jean Jaurès devient particulièrement influent.
L’anticléricalisme de combat
Émile Combes succède alors à Waldeck-Rousseau et met en place le « combisme ». Il s’agit en fait d’un anticléricalisme de combat très rigoureux. En 1906, les républicains de gauche obtiennent une large victoire aux élections. Pourtant, cette politique suscite de fortes tensions dans le pays.
L’apogée de la République radicale et les contestations (1906-1911)
Le gouvernement de Georges Clemenceau
Georges Clemenceau devient ensuite président du Conseil en octobre 1906. Son gouvernement est surtout marqué par l’action d’Aristide Briand. Néanmoins, Clemenceau doit affronter de violents mouvements sociaux.
La répression des mouvements sociaux
Les manifestations ouvrières et viticoles se multiplient en effet dans le Midi. Le gouvernement choisit alors la méthode forte pour ramener l’ordre. Clemenceau utilise l’armée et gagne ainsi le surnom de « premier flic de France ». Cette répression sanglante provoque donc la rupture définitive entre les radicaux et les socialistes.
L’instabilité ministérielle
Après la chute de Clemenceau, la France traverse une période d’instabilité. Briand et Monis dirigent notamment des ministères éphémères. Puis, Joseph Caillaux arrive au pouvoir en juin 1911. Il affronte immédiatement la grave crise d’Agadir contre l’Allemagne. Il négocie finalement un accord en cédant une partie du Congo. Toutefois, cet accord provoque la chute de son gouvernement en janvier 1912. Raymond Poincaré lui succède alors au pouvoir.
Le nationalisme poincarien et l’approche de la guerre (1912-1914)
Le retour de l’esprit national
Raymond Poincaré incarne parfaitement le retour d’un nationalisme ferme. En 1913, il accède ainsi à la présidence de la République. Il succède alors directement au président Fallières. Ce changement se produit justement dans un contexte de montée des crises internationales.
Le débat sur la loi des trois ans
Pour faire face au péril allemand, le président du Conseil, Louis Barthou, agit. Il fait en effet voter la difficile loi des trois ans de service militaire. Pourtant, un nouveau gouvernement de gauche domine la Chambre après le printemps 1914. Les radicaux et les socialistes obtiennent alors la majorité absolue.
La dégradation de l’été 1914
Le socialiste René Viviani prend finalement la tête du pouvoir le 13 juin. Malheureusement, la situation internationale se dégrade brutalement au cours de l’été 1914. La France s’apprête alors à basculer dans la Première Guerre mondiale.
Conclusion
En somme, la Belle Époque est une période d’amélioration économique et d’affirmation internationale. Ainsi, des valeurs centrales comme la laïcité et l’égalité des citoyens se consolident durablement. Pourtant, cet élan républicain se brise net face à l’entrée en guerre de 1914.



