Histoire de l’immigration aux États-Unis Histoire de l’immigration aux États-Unis
Découvre ci-dessous un point chronologique sur l’immigration aux États-Unis. Entre 1820 et 1967, plus de 45 millions d’immigrés se sont établis aux USA. De... Histoire de l’immigration aux États-Unis

Découvre ci-dessous un point chronologique sur l’immigration aux États-Unis. Entre 1820 et 1967, plus de 45 millions d’immigrés se sont établis aux USA. De nos jours, on estime qu’entre 1 et 1,3 million d’immigrants passent annuellement les frontières du pays légalement, ce qui représente 45 % de l’accroissement démographique du pays.

Très cosmopolites et prônant le mélange des populations, ou du moins leur cohabitation, les États-Unis attirent dès le XVIe siècle les populations européennes. On parle d’une nation « fille de l’Europe ». Les métaphores du « salad bowl » ou du « melting pot », très populaires, sont le symbole de cette nation plurielle, tout comme le concept d’« American Dream », croyance selon laquelle n’importe quelle personne vivant aux États-Unis, par son travail, son courage et sa détermination, peut devenir prospère.

L’immigration dans le pays est néanmoins à analyser par vagues. L’origine ethnique des migrants a évolué en fonction des siècles, tout comme les politiques d’accueil mises en place.

 

Étude chronologique de l’immigration aux États-Unis

Une terre d’immigration

Historiquement, les États-Unis ont cela d’original qu’ils ont été fondés par des immigrants, les colons. Anglais majoritairement, mais également Espagnols, Français ou Néerlandais, ils affluent à partir du XVIe siècle, tout d’abord à travers une politique volontariste de la Couronne britannique. La première colonie d’immigrants aux États-Unis fut celle de Jamestown, fondée en 1607. 13 colonies sont progressivement constituées par les Anglais dans l’Est du pays, unifiées en 1775 (États-Unis) et déclarées indépendantes de la Grande-Bretagne en 1776 (Déclaration d’Indépendance).

 

La stratégie d’expansion britannique

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, pour faire venir de la main-d’œuvre dans cette « nouvelle terre » déjà occupée par les Indiens d’Amérique/Amérindiens (Native Americans/First Nations en anglais), le royaume britannique décide d’inciter les plus pauvres à émigrer, à travers le système d’indentured servants. Ces populations acceptaient d’y exploiter les terres agricoles gratuitement pendant quatre à sept ans, contre la promesse d’une terre qui leur serait propre. Entre 1600 et 1776, la part des indentured servants parmi les émigrants était estimée à 60 %.

 

L’arrivée des esclaves

Premier obstacle à la stratégie d’expansion de la puissance britannique à travers l’émigration : les guerres cromwelliennes, de 1649 à 1661. Elles incitent la Couronne britannique à engager le commerce d’esclaves africains, fortement controversé. Créée en 1960, la Compagnie Royale d’Esclavage Africain (Royal Company of African Slave Trade) reçoit d’ailleurs le monopole sur le commerce d’esclaves. Représentant seulement 5 % de la population en 1650, les Noirs en constituent 22 % en 1776. Au départ, le développement de l’esclavage est mal accueilli par les indentured servants, qui y voient une concurrence déloyale ; il est également mal vu par les humanistes puritains, qui y sont idéologiquement opposés : c’est le cas des Quakers, groupe auquel William Penn appartenait.

De 1680 à 1760, le nombre d’habitants dans les colonies passe de 250 000 à environ 2 millions. À ce stade, la majorité des immigrants sont Nord-Irlandais et Allemands, mais également Néerlandais ou Français (la majorité huguenots). Pour la plupart, ils émigrent pour des raisons religieuses ou financières. Cependant, le mythe de la « terre promise » américaine, terre de liberté et de prospérité économique, ne se vérifie pas systématiquement ; les nouveaux arrivés ont du mal à s’adapter après leur long voyage, et certains retournent même en Europe.

 

Deux vagues majeures d’immigration au XIXe siècle

Au XIXe siècle, l’immigration aux États-Unis augmente : 750 000 immigrés s’y installent entre 1819 et 1840, et quatre millions entre 1840 et 1860.

Lors de ces deux vagues, les populations les plus représentées demeurent Irlandaises et Allemandes. La différence majeure entre l’immigration initiale et celle au XIXe siècle est que les migrants ne fuient plus tellement l’intolérance religieuse européenne, mais cherchent réellement à s’épanouir aux États-Unis et à y faire fortune. La conquête de l’Ouest au cours de ce siècle, symbolisée notamment par la ruée vers l’or de 1848 en Californie, favorise l’arrivée de centaines de milliers de migrants européens.

 

La mise en place d’un contrôle américain sur l’immigration

Jusque-là, l’immigration est donc encouragée par les Britanniques. Cependant à partir du début du XXe siècle, elle va être de plus en plus contrôlée, cette fois par les États-Unis eux-mêmes. Les différents Immigration Acts successifs imposent taxes d’immigration, contrôles à l’entrée et tests d’alphabétisation par exemple. Cette régulation est symbolisée par l’ouverture d’Ellis Island en 1892, passage obligatoire pour être autorisé à fouler le sol américain. À partir de 1905, plus d’un million d’immigrants passent annuellement la frontière du pays, et il est estimé que plus de 12 millions de candidats à l’immigration sont passés par Ellis Island, pour environ huit millions de retenus.

Par la suite et pendant plusieurs décennies, l’immigration reste globalement constante et maîtrisée. La situation évolue en 1965, lors de l’abolition de la politique des quotas d’immigration par Lyndon B. Johnson. Ce choix résulte en partie du Civil Rights Movement, qui lutte depuis plusieurs années contre la discrimination sur tous les plans, y compris concernant l’immigration. Consciente de la richesse de l’immigration et de l’importance de la main-d’œuvre extérieure, l’administration Johnson a cependant mal évalué l’impact du regroupement familial, autorisé. Il fait augmenter les chiffres de l’immigration de manière conséquente et est responsable du mécontentement d’une partie de l’électorat blanc anglo-saxon.

 

Les nouveaux visages de l’immigration : main-d’œuvre d’Amérique du Sud

À partir des années 1970, l’immigration aux États-Unis provient de plus en plus d’Amérique Centrale, à travers le Mexique. Les travailleurs pauvres fuyant leur pays et les immigrants pour cause de regroupement familial sont nombreux. D’ailleurs, les villes les plus cosmopolites de nos jours sont Miami (37 % d’immigrés), San José (36 %) et Los Angeles (34 %), en majorité situées dans le Sud du pays donc. Les migrants d’origine latino représentant 50 % de l’immigration aux États-Unis et 17 % de la population du pays.

Les mesures restrictives de l’administration Clinton contrôlent néanmoins les arrivées : les migrants sont de plus en plus triés sur le volet par rapport à leurs compétences. L’immigration rime avec innovation, et les populations arrivant dans le pays sont avantagées si elles sont qualifiées. Aujourd’hui d’ailleurs, 50 % des travailleurs à la Silicon Valley sont étrangers ou immigrés. C’est par exemple le cas de Jerry Yang (Taiwanais, cofondateur de Yahoo), de Sergey Brin (Russe, cofondateur de Google) ou de Satya Nadella (Indien, PDG de Microsoft).

Cependant, les attentats du 11 septembre vont massivement freiner l’immigration et refermer le pays sur lui-même. Entre 2001 et 2017, les États-Unis dépensent plus de 100 milliards de dollars dans la militarisation de leur frontière avec le Mexique, s’étendant sur plus de 3 150 km. Conséquence de cela, l’explosion de l’immigration clandestine dans le pays, 2,5 fois supérieure à celle estimée en 1910. En effet, entre 2001 et 2005, huit millions de clandestins auraient franchi la frontière.

 

Les années Obama

Ensuite, dans les années 2010, Barack Obama se montre favorable au renforcement des contrôles à la frontière mexicaine, mais défend une régularisation des immigrés clandestins déjà présents dans le pays. À travers le statut DACA en 2012 (Deferred Action for Childhood Arrivals), il octroie aux mineurs entrés illégalement ou issus de parents clandestinement immigrés un moratoire de deux ans sur leur expulsion, ainsi que l’admissibilité au permis de travail. Plus de 3,5 millions d’individus issus de parents sans papiers furent éligibles à ce statut.

 

L’immigration sous Trump

De nos jours, le sujet de l’immigration est bien plus controversé aux États-Unis. Donald Trump milite pour une politique migratoire fortement basée sur le mérite et réduit le quota d’immigrés à un plancher historique. La fameuse construction du mur reliant les États-Unis au Mexique ayant repris (slogan « Build the wall » plusieurs fois utilisé lors de sa campagne) et l’abrogation du DACA en 2017 illustrent la position de Donald Trump sur l’immigration. Le nombre de cartes vertes octroyées à des étrangers a d’ailleurs chuté en trois ans, passant de 618 000 en 2016 à 462 000 en 2019. Au cours de la même période, le nombre de visas de travail provisoires est passé de 10,4 millions à 8,7 millions, soit un recul de 16 %. Conséquence de cela notamment, une crise humanitaire qui s’étend aux portes du pays, face à l’afflux des dizaines de milliers de familles à la frontière.

Plus récemment, la crise du coronavirus a poussé Donald Trump à suspendre toute immigration vers les États-Unis, à travers la suppression de cartes vertes et de permis de travail. « Au regard de l’attaque de l’invisible ennemi, et face à la nécessité de protéger les emplois de nos grands citoyens américains, je vais signer un décret présidentiel suspendant l’immigration aux États-Unis », a-t-il déclaré fin avril.

 

Vocabulaire

  • Assimiler : to assimilate
  • Chercher une vie meilleure : to seek a better future
  • Des barrières linguistiques : language barriers
  • Des facteurs d’attraction : pull factors
  • Des tests d’alphabétisation : literacy tests
  • Être déraciné : to be uprooted
  • L’asile politique : political asylum
  • La citoyenneté : citizenship
  • L’expulsion : deportation
  • Le regroupement familial : family reunification
  • Prendre un nouveau départ : to make a fresh start/to start afresh
  • S’élever socialement : to work one’s way up
  • S’établir, s’installer : to settle
  • Travailler au noir : to work on the side
  • Un climat xénophobe : an anti-immigrant mood
  • Un étranger : a foreigner
  • Un ghetto : a ghetto
  • Un immigrant : an immigrant/a migrant/an alien
  • Un locuteur natif : a native speaker
  • Un pays d’accueil : a host country
  • Un permis de travail : a work permit
  • Un quartier pauvre : a slum
  • Un quota : a quota
  • Un réfugié : a refugee
  • Une carte verte : a green card

 

Teste-toi sur le vocabulaire de l’immigration avec ce quiz.

À lire : zoom sur les tensions raciales aux États-Unis.

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Pierre Ducasse

Après 2 ans de prépa ECS au Lycée Saint-Vincent Rennes, je suis étudiant en première année à ESCP Business School