Le tableau différentiel  Le tableau différentiel 
Un incontournable pour maîtriser l’épreuve de gestion : le tableau différentiel. Également appelé « compte de résultat différentiel », il s’agit d’un tableau concis présentant le chiffre... Le tableau différentiel 

Un incontournable pour maîtriser l’épreuve de gestion : le tableau différentiel.

Également appelé « compte de résultat différentiel », il s’agit d’un tableau concis présentant le chiffre d’affaires d’une activité, les charges variables et fixes associées à cette activité ainsi que son résultat. C’est donc une partie du compte de résultat présenté de manière différente que l’on vous demandera peut-être de réaliser durant l’épreuve de management-gestion. C’est un travail basique grâce auquel il vous sera possible de gagner du temps pendant l’épreuve si vous y êtes entraîné.

 

Comment construire le tableau différentiel ?

Il n’est pas difficile de construire ce tableau. Toutefois, il est nécessaire de savoir différencier une charge variable et une charge fixe. Rappelons qu’une charge variable est une charge proportionnelle au niveau de l’activité. Voici une liste non exhaustive des charges variables que vous aurez l’habitude de rencontrer : achats de marchandises/matières premières, variations de stocks, électricité…

Les charges fixes, quant à elles, sont des charges qui ne dépendent pas de l’activité. Ainsi, quel que soit le chiffre d’affaires de l’entreprise, ces charges seront présentes. Comme pour les charges variables, voici une liste non exhaustive des charges fixes les plus communes : loyer, charges de personnel, impôts et taxes, dotations aux amortissements… Attention, certaines charges peuvent être, pour partie, fixes et, pour partie, variables. Il convient alors de bien différencier la proportion de variable et de fixe pour chaque charge.

Une fois cette distinction faite, il vous suffit de construire le tableau. Pour cela, il ne vous reste plus qu’à additionner les charges variables que vous avez déterminées au préalable. Ainsi, en faisant la différence entre le chiffre d’affaires (CA) et la somme des charges variables, vous construisez la marge sur coûts variables (MSCV). Une fois cette MSCV calculée, vous devrez soustraire de celle-ci la somme des charges fixes pour obtenir le résultat de l’activité.

Voici un exemple de tableau différentiel :

  Montant % du CA
CA X 100%
-CV Somme des charges variables
=MSCV CA-CV Taux de MSCV (TMSCV)
-CF Somme des charges fixes
= R MSCV-CF

 

Pourquoi construire ce tableau différentiel ?

Construire ce tableau présente de nombreux intérêts, notamment dans l’analyse du résultat d’une activité.

Le premier est la visibilité qu’il offre sur la répartition des charges par produit. Premièrement, il permet de mettre en évidence les charges variables liées à chaque produit. Deuxièmement, il permet de savoir dans quelle mesure la marge sur coûts variables (MSCV) couvre les coûts fixes. Cet outil permet donc d’identifier facilement un problème de répartition des charges. Ainsi, pour qu’un produit devienne rentable, l’entreprise peut donc décider de répartir différemment ses charges en faisant produire une partie de la production par un partenaire extérieur. Par exemple : les charges fixes (charges de personnel/dotations aux amortissements) deviendront des charges variables (achats et services extérieurs).

Il est également possible d’enrichir l’analyse du résultat par le calcul d’indicateurs grâce au tableau différentiel. L’un des principaux indicateurs est le seuil de rentabilité (SR). Il représente le chiffre d’affaires (CA) d’une activité pour lequel le résultat de cette activité est nul. Ainsi, un chiffre d’affaires supérieur au seuil de rentabilité est synonyme de résultat bénéficiaire. Toutefois, si le chiffre d’affaires d’une activité est inférieur à son seuil de rentabilité, son résultat sera déficitaire. Il est donc important pour une entreprise de connaître son seuil de rentabilité et de le comparer à ses prévisions de ventes pour savoir si son résultat sera excédentaire ou déficitaire à l’avenir.

 

Seuil de rentabilité : (CF x 100)/TMSCV

Le seuil de rentabilité peut également être exprimé en une date, à partir de laquelle le résultat de l’activité devient bénéficiaire.

 

Point mort : SR/(CA/360)

Grâce à cet indicateur, il est possible de calculer la marge de sécurité ainsi que l’indice de sécurité. La marge de sécurité est la différence entre le chiffre d’affaires et le seuil de rentabilité. Ainsi, c’est un indicateur qui informe l’entreprise sur la variation de chiffre d’affaires possible pour que le résultat reste bénéficiaire. En effet, des événements internes et externes peuvent modifier le CA prévisionnel, tels qu’une crise économique, l’arrivée d’un nouveau concurrent, une nouvelle législation, la détérioration du climat social…

Ainsi, plus la marge de sécurité est élevée, moins l’entreprise risque de connaître un résultat déficitaire.

 

Marge de sécurité : CA – SR

L’indice de sécurité, lui, calcule le pourcentage de variation de chiffre d’affaires possible qu’une entreprise peut subir tout en gardant un résultat bénéficiaire. Ainsi, un indice de sécurité de 20 % signifie que l’entreprise peut être impactée par des aléas internes/externes à hauteur de 20 % de son CA sans que son résultat devienne déficitaire.

 

L’indice de sécurité : (Marge de sécurité/CA) x 100

Voici les informations essentielles à connaître sur l’un des outils majeurs de cette matière.

 

Andy Bodet

Ancien élève de Notre-Dame du Grandchamp à Versailles - Étudiant à l'ESSEC BS.