Australie

Parfois oubliée du monde anglophone, l’Australie reste une puissance moyenne et un pays stratégique dans le monde géopolitique actuel. Pour te démarquer lors des concours, il est intéressant de se référer à ce pays pour illustrer tes propos. Aujourd’hui, nous allons revenir sur son histoire et analyser ses politiques les plus importantes pour mieux comprendre son impact dans le monde !

La puissance mondiale australienne : une construction progressive

La situation économique actuelle du pays

Aujourd’hui, l’Australie figure parmi les 15 premières économies mondiales en matière de PIB nominal. Pour cause, le pays est une puissance dominante du Pacifique Sud. L’Australie exporte beaucoup de ses ressources en Asie, telles que du minerai, du charbon, du gaz naturel et également de l’or. Cela accroît son fort potentiel économique.

Membre du G20, la puissance australienne est indéniable. Le pays est aujourd’hui dirigé par Anthony Albanese, élu Premier ministre en mai 2022 et membre du parti travailliste.

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L’Australie, ancienne périphérie de la puissance britannique

Avant le XXe siècle, l’Australie n’était en rien une puissance et n’était qu’une simple partie de l’Empire britannique. Son activité économique ne reposait que sur l’élevage, l’agriculture et l’extraction de minerais. Le pays n’est devenu indépendant qu’en 1901, dans le cadre du Commonwealth.

Après son indépendance, le pays est resté étroitement lié au Royaume-Uni de nombreuses années. Mais après deux guerres mondiales, l’Australie a renforcé sa position stratégique auprès des puissances occidentales. Ainsi, le pays a pu établir de nouvelles alliances. Il se tourne notamment vers les États-Unis, avec le traité ANZUS (Australie, Nouvelle-Zélande et États-Unis) de 1951. Ce traité est un traité de sécurité, pour s’assurer une défense mutuelle entre les pays signataires. Ces nouveaux alliés affirmés marquent alors le début d’une prise d’indépendance réussie.

Des ouvertures stratégiques au reste du monde

Une ouverture nécessaire à la croissance du pays

L’essor de la puissance australienne a eu lieu dans les années 1980. Le pays, en plus de ses politiques économiques, s’est ouvert aux flux migratoires. Aujourd’hui, 10 % des Australiens sont nés en Asie. Cette ouverture s’explique par le dynamisme économique asiatique à cette époque : le Japon et la Chine étaient en pleine croissance.

De plus, l’Australie s’est éloignée de son allié historique, le Royaume-Uni, en 1973, lorsque celui-ci a rejoint la CEE (l’ancêtre de l’Union européenne). Le pays ne pouvait donc plus bénéficier de l’accès privilégié au marché britannique, maintenant soumis aux normes européennes. Il a alors fallu trouver de nouveaux partenaires pour le bien de son développement.

L’Australie, moteur des nouvelles ententes mondiales

Dorénavant, l’Australie est à l’origine de différents pactes internationaux, afin de servir ses propres intérêts. Signe de sa puissance, deux accords peuvent illustrer ce nouveau pouvoir.

En 1989 naît l’APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation) sous l’impulsion de l’ancien Premier ministre australien, Bob Hawke. Cette organisation de 21 membres a pour but de faciliter les échanges commerciaux dans la région de l’Asie-Pacifique. Mais l’accord connaît une opposition, notamment de l’ancien Premier ministre malaisien, Mahathir Mohamad, qui oppose les valeurs asiatiques à celle du « Pacifique blanc », c’est-à-dire l’Australie.

Plus récemment, en novembre 2023, l’accord Australia-Tuvalu Falepili Union est signé. L’Australie s’engage à travers cet accord à accueillir les habitants de Tuvalu s’ils perdent leur territoire à cause de la montée des eaux. En contrepartie, Tuvalu doit implicitement s’aligner sur la politique australienne, et non chinoise (pourtant expansionniste dans cette région).

Cet accord illustre également l’ampleur du changement climatique, puisque de tels accords n’avaient pas à être signés auparavant.

Des racines toutefois tenaces sur le territoire australien

Les liens persistants entre l’Australie et le reste du monde anglophone

Bien que l’Australie se soit partiellement ouverte au reste du monde, ses alliés principaux restent occidentaux et plus particulièrement anglophones.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’alliance des Five Eyes a été normalisée. Cette alliance de renseignement vise à partager des informations essentielles entre l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada, le Royaume-Uni et les États-Unis. Une alliance qui expose donc le monde anglophone occidental comme soudé et puissant aux yeux du reste du monde.

Dans le domaine militaire, l’Australie peut encore aujourd’hui se reposer sur l’accord AUKUS (Australie, Royaume-Uni et États-Unis), datant de 2021. Il vise à partager entre ces trois États des technologies de défenses, telles que les sous-marins à propulsion nucléaire.

Deux alliances clés, passées avec des alliés historiques de l’Australie, prouvant l’ancrage du pays à ceux qui ont contribué historiquement à la construction de sa puissance.

Des positions de renfermement contestées

Si l’Australie semble tirer son épingle du jeu depuis sa prise d’indépendance, la nation a toutefois pris des décisions contestables.

Entre 1861 et 1973, par exemple, le pays adopte la politique de « White Australia ». Cette politique privilégie l’immigration blanche européenne au détriment des autres populations.

De la même manière, en 2013, l’Australie durcit les migrations dans le pays suite à la montée du terrorisme en Asie du Sud-Est. Des bateaux de migrants sont alors interceptés en haute mer et envoyés en exil dans des centres de transit au milieu du Pacifique (notamment sur l’île de Nauru). C’est « l’Opération Frontières souveraines » (Operation Sovereign Borders).

Cette politique a divisé l’opinion publique et a terni la réputation internationale de l’Australie. Antonio Guterres, actuel secrétaire général des Nations unies, a déclaré que cette politique était « un signe inquiétant au regard des normes internationales ».

Conclusion

Souvent reléguée au second plan dans les analyses du monde anglophone, l’Australie s’impose pourtant comme une puissance moyenne incontournable, à la croisée du monde occidental et asiatique. Héritière de l’Empire britannique, elle a su transformer cette dépendance historique en un atout stratégique, en s’ancrant durablement dans les grandes alliances anglophones tout en réorientant son économie et sa diplomatie vers l’Asie-Pacifique.

Acteur moteur des nouvelles coopérations régionales, partenaire clé des États-Unis face à la montée en puissance chinoise, le pays illustre parfaitement les recompositions géopolitiques contemporaines. Néanmoins, les choix internes et migratoires de l’Australie rappellent les limites et les contradictions de cette puissance, parfois en décalage avec les valeurs qu’elle défend sur la scène internationale.

Étudier l’Australie est donc primordial pour révéler les équilibres ainsi que les tensions actuelles du monde anglophone.