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La mondialisation représente le processus continu d’intensification et de fluidification des échanges depuis les années 1980. Si ce “décloisonnement du monde” (Paul Bairoch) apparaît d’abord comme une opportunité tant économique que sociale, il présente aussi de nombreux inconvénients à différentes échelles. Découvre dans cet article une typologie des risques liés à la mondialisation, qui te sera très utile dans un sujet aussi bien transversal (à l’échelle mondiale ou pluridisciplinaire) que spécifique (centré sur une zone géographique ou un domaine particulier).

Selon Alain Minc, conseiller politique, essayiste et dirigeant d’entreprise, dans son essai La mondialisation heureuse (1998):

En moins de 20 ans, une mondialisation inquiète a succédé à une mondialisation heureuse

En effet, ce processus décrit par Theodore Levitt dans The globalization of markets (1983) est loin d’être sans effets et dangers pour les pays. Des crises financières aux crises sanitaires en passant par la question écologique, nombreux sont les exemples de conséquences désastreuses que peut avoir ce phénomène d’interconnexion croissante. Dans quelle mesure alors cette mondialisation, vue au départ comme une promesse de résolution de problèmes et un horizon dégagé, s’est-elle avérée être porteuse de risques croissants ?

Différents types de risques liés à la mondialisation

L’intensification des échanges accentue le dérèglement climatique

Si le rapport Meadows, publié en 1972 et dénonçant les risques écologiques de la croissance économique naît avant la mondialisation. Mais ce phénomène a accru les issues catastrophiques pour la planète. En effet, selon l’OMS, la pollution tue plus de 7 millions de personnes par an. En outre, la mondialisation est synonyme d’une multiplication du transport de marchandises qui contribue à la pollution de l’air et d’un rejet considérable de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

On peut prendre l’exemple de la Chine. Afin de s’imposer comme un acteur incontournable des échanges internationaux, le pays a investi massivement dans les infrastructures depuis les années 2000 dans le cadre notamment de sa stratégie du collier de perles. C’est le premier émetteur de gaz à effet de serre en valeur absolue: la Chine est responsable de 30% des émissions de GES. La pollution représente à la fois un risque pour la santé des habitants et des écosystèmes chinois. Aujourd’hui, plus de trois quarts des lacs et rivières du pays sont hautement pollués.

Nombreuses sont les conséquences : hausse du niveau des mers, mise en péril des forêts, de la biodiversité et des écosystèmes.

Les risques de l’économie mondialisée

Certes, les crises financières ont toujours existé, mais elles se sont multipliées depuis l’entrée en mondialisation. Quelques exemples:

  • la crise de la dette dans les pays du Sud
  • le lundi Noir de Wall Street en 1987
  • les crises financières au Mexique (1995) ou en Asie (1997)
  • la crise des Subprimes de 2007

 

Avec la mondialisation, l’interconnexion des places financières et la multiplication des flux accroît indéniablement le risque de contagion. La pandémie de Covid-19 a mis en avant cette interdépendance. Afin d’éviter la propagation du virus, de nombreux pays ont mis en place des mesures de confinement. Celles-ci, en créant à la fois un choc d’offre et de demande, ont paralysé la chaîne de valeur mondiale et ralenti brutalement l’économie. En particulier, le PIB de la zone Euro a baissé de 5,6%.

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Les confinements ont révélé les risques de la mondialisation : une interdépendance économique aux effets mondiaux.

La mondialisation, terrain des rivalités économiques

C’est Edward Luttwack dans son ouvrage From Geopolitics to Geoeconomics (1990) théorise pour la première fois le risque géoéconomique. En effet, du fait de l’intensification des échanges, la probabilité d’une guerre économique ainsi que ses formes se développe : normes, protectionnisme, contingentements… Pensons même à Warren Christopher, secrétaire d’État américain, qui en 1993 disait que « la sécurité économique doit être élevée au rang de priorité nationale ».

Citons, entre autres, la politique protectionniste menée par Trump depuis son retour au pouvoir en janvier 2025. Ayant pour objectif affiché de protéger l’économie et la compétitivité du marché américain, le président des États-Unis a imposé des droits de douane très élevés. Par exemple, le 3 juin 2025, celui-ci a signé un décret afin d’augmenter les droits de douane sur les importations d’acier et d’aluminium de 20 à 25%, provoquant de vives réactions en Europe. Ce qui va à l’encontre de l’OMC qui rappelle que ces surtaxes sont “incompatibles avec les obligations des États-Unis” dans ce domaine.

Pour aller plus loin – L’économie, une arme de guerre ?

 

Les risques sociaux de la mondialisation

Au sein des États, la mondialisation renforce les inégalités entre espaces intégrés, comme les métropoles, et espaces marginalisés, notamment les campagnes. Ainsi, en 2024, la ville de Lagos concentrait 20% du PIB du Nigeria. À l’échelle même des individus, cela se traduit par un écart croissant entre “gagnants” et “perdants” de la mondialisation. L’ouverture des économies accentue les écarts de salaire et d’emploi entre travailleurs très qualifiés et peu qualifiés. Sans intervention publique, ces inégalités alimentent le mécontentement et le risque de fragmentation sociale

C’est le cas des Gilets Jaunes en France. Déclenché en 2018 par la hausse du prix de l’essence, ce mouvement populaire incarne une “France périphérique” perdante de la mondialisation.

Des risques de la mondialisation à différentes échelles

Les risques de la mondialisation pour les pays de Nord

En 2010, Hervé Juvin alerte sur un « renversement du monde » lié à l’émergence des pays en développement. Ce changement d’équilibre prend notamment la forme d’un rattrapage économique et industriel. Aujourd’hui, les pays que l’on disait “du Sud” montent en gamme par l’innovation et la production de produits à forte valeur ajoutée. Cette attractivité s’illustre par une redirection des flux d’IDE vers de nouvelles destinations. Ainsi, en 2000, 78,5% des IDE étaient Nord-Nord et en 2013 ils n’en attirent que 50%. Entre 2004 et 2014, alors que la production mondiale augmente de 65%, la part des PDEM baisse de 60 à 45% alors que celle des BRIC augmente de 11 à 28%.

L’émergence redistribue les pôles de puissance. De nouveaux pays, en bénéficiant de la mondialisation, ont désormais les moyens de s’imposer sur la scène internationale. Le centre de gravité mondial se déplace vers l’Asie, renforçant le poids des pays en développement dans les institutions internationales. De fait, les 4 BRIC font partie des 10 premières puissances mondiales en termes de PIB (2024). Tous les classements traduisent cette évolution du monde.

Ce dépassement reste toutefois à nuancer. De fortes inégalités internes persistent, et de nombreux pays restent vulnérables du fait de leur dépendance aux exportations ou aux matières premières.

Pour les  « Suds », une mondialisation synonyme d’inégalités et de risques nouveaux

La mondialisation est loin d’être sans risque pour les pays dit « du Sud ». Tout d’abord car celle-ci rime souvent avec inégalités. L’ouverture aux flux ne s’est pas faite au même niveau pour tous, que ce soit entre pays ou même à l’échelle locale. Pensons par exemple aux inégalités d’accès aux ressources entre pays. D’un côté, des pays comme les Émirats Arabes Unis, puits de pétrole, peuvent mettre l’argent de la rente au profit du développement. De l’autre, certains pays centraux africains, enclavés, voient les coûts d’importation et d’exportation majorés de 20%.

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La mondialisation a favorisé la croissance, mais accentué les disparités de revenus entre régions du monde.

En outre, la mondialisation est porteuse de risques nouveaux. On peut par exemple penser au brain drain, nouveau défi pour les pays en développement. Cette « fuite des cerveaux » peut être bénéfique en cas de retour des élites nouvellement formées à l’étranger. De fait, elle peut être également très problématique. C’est le cas pour l’Afrique, où 21% des médecins exercent en dehors du continent. En Inde, Manmohan Singh met en place une politique de Brain Gain, afin d’encourager les ingénieurs formés aux États-Unis à revenir.

La gouvernance mondiale face aux risques de la mondialisation

La gouvernance mondiale est apparue comme une première réponse collective face à ces crises multiples et multiformes. En 1999, le G20 est créé à la suite de la crise financière asiatique. Le G20 adopte des mesures majeures, comme le triplement des ressources du FMI et l’augmentation des capacités de prêt de la Banque Mondiale.

En outre, les ONG deviennent des relais de solution pour aider les populations en difficulté. On peut penser par exemple à Action Contre la Faim créé en 1979. L’ONU agit aussi par le Programme Alimentaire Mondial, qui aide près de 90 millions de personnes par an dans 80 pays.

Finalement, de nombreuses actions sont menées à l’échelle internationale en ce qui concerne les risques liés à la sécurité. Interpol coordonne des actions antiterroristes à l’échelle internationale par exemple. Le Réseau Échelon est mis en place comme système mondial d’interception des communications.

Conclusion

Ainsi, la mondialisation est loin d’être une “mondialisation heureuse”. Ce phénomène a effectivement bénéficié au développement et à l’intégration économique de nombreux pays. Mais il s’accompagne aussi de nombreux risques dont on observe les conséquences aujourd’hui, à toutes les échelles.

Tu peux à présent t’entraîner sur des sujets !

Sujet ESCP 2024 (non corrigé) Le changement climatique, facteur de recomposition de la mondialisation
Sujet corrigé Major Prépa Mondialisation et dépendances
Sujet de colle – Podcast L’internationalisation et la mondialisation depuis les années 1950 ont-elles réduit les inégalités ?

 

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