Vidéo – Comprendre la crise des subprimes Vidéo – Comprendre la crise des subprimes
Survenue il y a plus de dix ans, la crise des subprimes est bien sûr un fait majeur dans l’histoire économique récente. Nous avons... Vidéo – Comprendre la crise des subprimes

Survenue il y a plus de dix ans, la crise des subprimes est bien sûr un fait majeur dans l’histoire économique récente. Nous avons réalisé cette vidéo pour que tu en tires l’essentiel afin de pouvoir en parler du mieux possible dans ta copie.

 

 

Et n’hésite pas à regarder notre seconde vidéo qui porte sur la crise économique mondiale de 2008, consécutive à celle des subprimes.

 

Comprendre la crise des subprimes

La Grande Récession, que l’on nomme ainsi en référence à la Grande Dépression de 1929, est une crise majeure d’envergure planétaire. Elle s’est étendue sur une longue période, de 2007 à 2012, durant laquelle différents types de crises se sont succédé. Si la grande récession est une crise mondiale qui a frappé l’économie réelle, elle a pour origine la crise des subprimes, financière et d’abord confinée à un seul pays :  Les Etats-Unis d’Amérique.

 

 

Aux origines de la crise des subprimes

Suite à l’explosion de la bulle Internet dans les années 2000, l’économie américaine est entrée en récession. Le taux de croissance du PIB des États-Unis est passé de 4% par an en 2000 à moins de 2% en 2006.

Pour relancer la croissance américaine, Allan Greenspan, le directeur de la banque centrale américaine, appelée FED, a décidé de mener une politique monétaire dite “expansionniste”. Celle-ci permet de stimuler l’octroi de crédit, faisant ainsi augmenter le niveau de la consommation et de l’investissement du pays. Sur cette période, entre 2000 et 2004, Greenspan a fortement abaissé le niveau des taux d’intérêt directeur, qui sont passés de 6% en moyenne en 2000 à 1% en 2004. L’objectif était d’abaisser le coût de l’emprunt pour les ménages et les entreprises, puisque le taux d’intérêt directeur détermine le niveau des taux d’intérêt proposés par les banques commerciales (BNP Paribas, SG, Crédit mutuel…).

Cette politique monétaire a ainsi facilité la création monétaire pour les banques commerciales : celles-ci ont pu octroyer un volume de crédit beaucoup plus élevé.

 

Cependant les banques commerciales se sont adressées à des emprunteurs qui, dans des conditions normales, n’auraient pas eu accès au marché du crédit du fait de la faiblesse de leur revenu. C’est ainsi que le marché des subprimes, qui est le marché des mauvais emprunteurs, s’est fortement développé à partir des années 2000. En 2006, environ 23% des crédits immobiliers concédés sur cette période étaient des crédits hypothécaires de subprimes. Le contrat était le suivant : les banques prêtent à un taux variable (qui fluctue en fonction du taux d’intérêt directeur) et, en cas de défaut de remboursement, elles vendent le logement pour se rembourser. Sur cette période, on observe que le marché des subprimes est passé de 200 milliards de $ en 2002 à 640 milliards de $ en 2006.

 

Le gonflement de cette bulle de crédit a ainsi contribué à une montée fulgurante de l’endettement américain. On voit par exemple que la dette des ménages représentait environ 50% du PIB américain en 2000, pour atteindre en 2007 100% du PIB.

La montée de l’endettement privé a pour contrepartie une création excessive de liquidités, qui se sont principalement placées dans le marché de l’immobilier. Profitant d’un effet de levier, les taux d’intérêt étant inférieurs au taux de rendement sur le marché immobilier, de nombreux ménages ont massivement emprunté aux banques pour acquérir un bien immobilier. Cette très forte hausse de la demande a entraîné une vive montée des prix de l’immobilier, nourrissant ainsi une bulle immobilière. La valeur du marché du logement dans les pays développés est passée à 30 000 milliards de $ en 2000 à 70 000 milliards de $ en 2005.

 

 

L’explosion de la bulle des subprimes

Comme toute bulle qui gonfle trop rapidement, celle-ci a fini par exploser. Cela s’explique par une montée soudaine, en 2006, des taux d’intérêt directeur de la FED, qui sont ainsi passés de 1% en 2004 à environ 5,25% en 2006. Cela a fortement augmenté le coût de l’endettement des ménages engagés dans un crédit hypothécaire, et c’est pourquoi 15% d’entre eux se sont soudainement retrouvés insolvables. En conséquence de quoi les banques ont massivement vendu ces biens immobiliers pour se rembourser, faisant ainsi augmenter l’offre sur ce marché. On a donc assisté, pour la première fois depuis la Seconde guerre mondiale, à une chute des prix de l’immobilier qui, en 2006, en quelques mois, ont diminué de 20%. C’est ainsi que la bulle immobilière a explosé et a mis la plupart des ménages subprimes en grande difficulté. Le taux de rendement de l’immobilier devenant inférieur au taux d’intérêt, l’effet de levier dont ont bénéficié les ménages s’est transformé en effet de massue, rendant le remboursement de leur dette quasi impossible.

 

Le problème aurait pu en rester là si les banques avaient assumé le risque de prêter à des ménages non solvables. Mais ce ne fut pas le cas. Pour se prémunir du risque de défaut, les banques ont eu recours à la titrisation. Ce fut un cas exemplaire d’aléa de moralité, car le transfert du risque les a poussées à prendre davantage de risques en prêtant à un nombre toujours plus élevé de ménages insolvables. En quoi consiste la titrisation ? En ceci que les banques ont transformé leurs contrats de crédit passés avec les ménages en actifs financiers, que l’on nomme CDO ou CDS. Elles les ont ensuite vendu à des institutions financières (abrégées IF) : des banques, des investisseurs institutionnels, etc., qui étaient prêtes à supporter le risque à leur place. L’objectif pour ces IF était spéculatif : elles pariaient sur une montée constante des prix des biens immobiliers pour réaliser une plus-value. Personne ne se doutait que la valeur de ces CDO et CDS était très faible. Les banques qui titrisaient leur crédit payaient des agences de notation comme Standards & Poors pour qu’elles attribuent la note maximale à ces produits. Comme la législation en vigueur ne séparait pas banque de dépôt et banque d’investissement, les mêmes banques qui titrisaient leur crédit faisaient l’acquisition de CDO et CDS vendus par d’autres banques, croyant qu’il s’agissait d’actifs de bonne qualité. Ainsi, en 2007, l’ensemble du système financier et bancaire détenait des créances pourries dans ses fonds propres, aux États-Unis aussi bien que dans le reste du monde. C’est ce qui a contribué à étendre la crise au niveau mondial.

 

 

De la crise financière à la crise économique

C’est la raison pour laquelle l’explosion de la double bulle de crédit et d’immobilier a été le point de départ de la crise économique. Lorsque les ménages subprimes sont devenus insolvables, l’ensemble des actifs CDO et CDS détenus par les IF ont perdu subitement leur valeur, car celle-ci était adossée aux crédits hypothécaires alloués aux ménages. Les agents détenant ces actifs les ont ainsi massivement revendus sur le marché, provoquant une chute accélérée de leur prix et donc un effondrement du marché des CDO et CDS. Les banques engagées dans la titrisation ont donc commencé à connaître des difficultés : NorthenRock en Angleterre, Bear Stearns aux Etats-Unis, UBS en Suisse, les banques espagnoles et irlandaises, etc. Les assurances, comme Fannie Mae, Freddie Mac ou AIG, qui avaient couvert contre les risques de défaut (CDS), ont été obligées de payer les dommages, mais les sommes étaient si importantes qu’elles n’ont pas pu y faire face.

 

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Assia H

ESSEC - ENS Ulm (sciences sociales). Interrogatrice orale en ESH pour ECE2 (Lycée Montaigne Paris VI). Chef rédac' en CG et prépa litté'.