Les règles de syntaxe régissent la place des groupes grammaticaux les uns par rapport aux autres. Cela ne t’aura pas échappé, mais l’allemand a ses propres règles. Les mots les plus importants sont situés à la fin de la phrase, contrairement au français ! Dans cet article, nous allons revoir ces règles une bonne fois pour toutes. Car une syntaxe parfaite fait la différence à l’écrit et à l’oral, mais permet aussi d’éviter les confusions lors de la lecture !
Introduction
Un groupe grammatical est un groupe de mots de nature hétérogène remplissant une même fonction grammaticale. Par exemple, un pronom personnel et un groupe nominal (article + substantif) sont de nature différente, mais peuvent tous deux être sujets, objets, etc.
On distingue en Allemand deux espaces syntaxiques, c’est-à-dire deux systèmes qui président de deux manières différentes à l’organisation des groupes grammaticaux. D’une part, on a la proposition principale, ou indépendante. D’autre part, on a la proposition subordonnée, et il en existe plusieurs types :
- relative : on l’introduit par un pronom relatif, qui se rapporte à un nom de la principale, l’antécédent. L’antécédent et le pronom relatif sont toujours séparés d’une virgule. Omettre cette virgule est une faute de syntaxe pénalisante ;
- complétive : elle est complément d’objet direct du verbe de la proposition principale. Elle commence en général par dass, et est séparée de la principale par une virgule obligatoire ;
- infinitive ;
- interrogative ;
- circonstancielle (temps, manière, lieu, cause, conséquence, but, condition, concession).
La proposition principale ou indépendante
La proposition principale commence par un sujet, mais plus souvent par quelque chose qui n’est pas un sujet. En effet, toutes les fonctions sont susceptibles de se retrouver en première position. Mettre un groupe grammatical en première position revient à appliquer une emphase, qui soutient la cohérence de notre discours. C’est ainsi qu’on remplace les gallicismes français, qu’il ne faut pas traduire littéralement.
En deuxième position, on retrouve la partie conjuguée du groupe verbal. Cette partie conjuguée est parfois la seule partie du groupe verbal. Mais, dans le cas des temps composés, comme le perfekt, il s’agit seulement de l’auxiliaire.
Si le sujet ne se trouve pas en première position, alors il doit nécessairement se trouver en troisième position. On retrouve ensuite tous les compléments du verbe.
Puis, à la toute fin de notre proposition, on retrouve la partie non conjuguée du groupe verbal. Il peut s’agir du participe passé : Ich habe Kartoffeln gegessen (J’ai mangé des pommes de terre). Il peut s’agir de l’infinitif : Ich lasse mir die Haare schneiden (Je me fais couper les cheveux). Il peut aussi s’agir de la particule séparable (attention aux verbes à particule inséparable). Et, comme nous l’avons évoqué plus haut, il peut aussi s’agir de rien du tout.
Entre propositions indépendantes coordonnées, la conjonction ne compte pas comme la première place de la proposition suivante.
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La place des compléments
Commençons tout d’abord par le cas particulier des verbes d’état qui s’associent avec l’attribut du sujet (attention à la déclinaison au nominatif). Comme ce complément est important, on le retarde à la fin de la phrase.
Dans une phrase avec un verbe d’action, le COD, décliné à l’accusatif, doit lui aussi être reportée à la fin de la proposition, avant la partie non conjuguée du verbe.
Le COI, décliné au datif, moins important, est mis avant le COD. Les compléments circonstanciels, facultatifs, sont encore moins importants, et sont donc placés avant le COI. S’il y a plusieurs CC, idéalement, il faut les classer : d’abord les CC de temps, puis de cause, ensuite de manière et de lieu.
Enfin, tout groupe nominal doté d’une fonction grammaticale peut être enrichi d’un complément du nom. On peut donc rencontrer le génitif dans toute la phrase.
La proposition subordonnée
Après la virgule, puis l’éventuel pronom relatif ou la conjonction de subordination, l’ordre des mots est le même, à l’exception de la partie conjuguée du verbe, reportée à la fin. On a donc :
- Sujet
- CC
- COI
- COD/Attribut
- Partie non conjuguée du verbe
- Partie conjuguée du verbe
Les conséquences pour la traduction
Lorsqu’on traduit de l’allemand vers le français, il ne faut pas traduire les groupes grammaticaux dans l’ordre dans lequel ils viennent dans la phrase. Il faut tout d’abord se demander où est le sujet. Il faut ensuite repérer la partie variable du verbe et l’éventuelle partie invariable à la fin de la proposition. Enfin, pour les compléments, il faut traduire à l’envers de l’ordre de la phrase.
Lorsqu’on traduit du français vers l’allemand, il faut faire le processus inverse. Demande-toi d’abord s’il y a une emphase à retranscrire, il faudra mettre le groupe grammatical concerné en premier. Intéresse-toi ensuite au verbe, détermine les deux parties du groupe verbal. Ajoute le sujet, puis les compléments dans le bon ordre. N’oublie pas les bonnes déclinaisons. Passe ensuite à la proposition subordonnée : virgule, pronom relatif ou conjonction, puis sujet, compléments et groupe verbal (partie invariable, puis partie conjuguée).
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