Le 1er janvier 2026 marque le début d’une des transitions politiques les plus radicales de l’histoire de New York. Sous les voûtes carrelées de l’ancienne station de métro désaffectée de City Hall, un vestige de l’âge d’or de l’infrastructure new-yorkaise, Zohran Mamdani a prêté serment. Ce choix de lieu, hautement symbolique, illustre sa volonté de restaurer une ville qui « ose à nouveau construire de grandes choses pour les travailleurs ».

Dans un discours d’investiture empreint de détermination, le nouveau maire a promis qu’il ne reculerait devant aucune pression : “We will answer to all New Yorkers, not to any billionaire or oligarch who thinks they can buy our democracy” (« Nous répondrons à tous les New-Yorkais, et non à un milliardaire ou à un oligarque qui pense pouvoir acheter notre démocratie »). Dans cet article, tu découvriras comme cet événement marque non seulement l’ascension d’un homme, mais aussi la victoire d’une vision socialiste assumée au cœur même de la capitale mondiale du capitalisme. 

Comment Mamdani est-il devenu maire de New York ?

Zohran Mamdani, un profil de rupture

L’identité de Zohran Mamdani est  pour New York. Premier maire musulman et premier maire d’origine sud-asiatique de la ville, son parcours incarne le rêve américain dans sa version la plus contemporaine et engagée. Né en Ouganda et arrivé à New York à l’âge de sept ans, Mamdani a grandi modestement dans la diversité de la ville qu’il dirige aujourd’hui.

Son ascension politique a été fulgurante. Il y a encore peu de temps, il n’était qu’un modeste député de l’Assemblée de l’État de New York, représentant le quartier d’Astoria dans le Queens. Inconnu du grand public national, il a su bâtir une base de soutien inébranlable en se concentrant sur les problèmes concrets de ses administrés, en particulier la crise du logement.

Mamdani ne cache pas ses influences : son héros politique est le sénateur Bernie Sanders. Comme son mentor, il prône une politique de classe, axée sur la redistribution des richesses et le renforcement massif des services publics. Cette filiation a été confirmée lors de sa seconde cérémonie de prestation de serment, publique cette fois, où Bernie Sanders lui-même a administré l’oat en saluant une victoire qui prouve que « quand les travailleurs se serrent les coudes, tout devient possible ».

Pour en savoir plus sur la montée en puissance de Mamdani : le lien ici !

Son adversaire : Andrew Cuomo

L’élection municipale de 2025 a été le théâtre d’un affrontement idéologique et financier sans précédent. Face à lui se dressait Andrew Cuomo, ancien gouverneur de New York, soutenu par une coalition hétéroclite allant des démocrates modérés à certains cercles républicains. La campagne de Mamdani a été une démonstration de force du pouvoir populaire contre l’argent des élites. Alors que des figures influentes de Wall Street comme Bill Ackman, Michael Bloomberg et Alex Karp, cofondateur de Palantir, injectaient des millions de dollars dans des Super PACs pour soutenir Cuomo, Mamdani a misé sur une stratégie radicalement opposée.

Quels leviers de réussite pour la campagne de Mamdani ?

Le candidat socialiste a exploité avec brio le système de financement public de New York, le « Matching Funds Program ». Ce dispositif, qui permet de multiplier par huit les dons des résidents locaux jusqu’à 250 dollars, a permis à Mamdani de transformer de modestes contributions de 10 dollars en ressources de campagne significatives.

Cette méthode lui a non seulement permis de lever près de 20 millions de dollars, mais elle a surtout garanti son indépendance vis-à-vis des lobbies financiers. Sur le terrain, Mamdani a utilisé les réseaux sociaux, notamment TikTok, pour vulgariser des enjeux législatifs complexes et mobiliser une base électorale jeune qui se sentait jusque-là ignorée par la classe politique traditionnelle. En octobre 2025, cette dynamique de terrain lui permettait déjà de devancer Andrew Cuomo de 13 points dans les sondages, une avance qu’il a confirmée lors du scrutin de novembre.

Quelles ambitions de Mamdani pour New York ?

Un programme de transformation sociale

Le cœur du mandat de Mamdani s’attaque à ce qu’il considère comme le plus grand fléau de la ville : le coût prohibitif de la vie. New York figure régulièrement parmi les villes les plus chères au monde, et c’est sur cette promesse de vie abordable qu’il a bâti sa victoire.

Ainsi, sa priorité absolue est le logement. Pour Mamdani, le logement est un droit et non une marchandise. Dès son premier jour de mandat, il a signé plusieurs décrets visant à renforcer la protection des locataires et à accélérer la construction de logements abordables. Son objectif est de geler les loyers pour environ un million de ménages vivant dans des appartements à loyer régulé, tout en lançant un plan de construction de 200 000 logements sociaux d’ici 2030.

Au-delà de l’habitat, Mamdani ambitionne de transformer radicalement le quotidien des New-Yorkais par le biais de services publics universels. Son programme inclut la gratuité totale des transports en commun, un projet estimé à environ 600 millions de dollars de recettes annuelles à compenser. Il cherche aussi l’instauration d’un système universel de garde d’enfants gratuite.

Pour le maire, ces mesures ne sont pas seulement sociales, elles sont économiques : en libérant les parents, surtout les mères, des contraintes de garde, la ville pourrait récupérer une partie des 23 milliards de dollars d’activité économique perdus chaque année à cause du manque d’infrastructures de soin. Il prône également une augmentation massive du salaire minimum, visant 30 dollars de l’heure d’ici 2030, pour s’adapter au coût réel de la vie dans la métropole.

Le financement du projet 

Pour financer ces ambitions, dont le coût annuel est non négligeable (estimé à plusieurs milliards de dollars) Zohran Mamdani propose de s’attaquer directement aux inégalités de richesse. Il faut que tu retiennes que son plan fiscal repose sur trois piliers majeurs.

Premièrement, une augmentation de l’impôt sur le revenu pour les particuliers gagnant plus d’un million de dollars par an. Mamdani souhaite relever ce taux de 2 points de pourcentage pour atteindre environ 5,9 % au niveau municipal. Deuxièmement, il prévoit d’aligner l’impôt sur les sociétés de New York sur celui du New Jersey, en le faisant passer de 7,25 % à 11,5 %.

Deuxièmement, il souhaite aligner l’impôt sur les sociétés de New York sur celui du New Jersey, le faisant passer de 7,25 % à 11,5 % pour les grandes entreprises. Enfin, le troisième pilier repose sur la taxation du patrimoine immobilier de luxe : Mamdani propose l’instauration d’une “Pied-à-Terre Tax” ciblant les résidences secondaires d’une valeur supérieure à 5 millions de dollars. Ce dispositif, couplé à une hausse des taxes sur les transactions immobilières de prestige, vise à générer les revenus nécessaires pour financer des mesures phares comme la gratuité totale des transports (estimée à 700 millions de dollars par an. On peut aussi parler du gel des loyers pour les deux millions de New-Yorkais vivant dans des logements régulés.

Oppositions à ce programme

Ces propositions ont suscité une levée de boucliers immédiate dans les milieux d’affaires. Des gestionnaires de fonds et des économistes ont averti que de telles hausses pourraient provoquer un exode des résidents les plus fortunés vers des juridictions à fiscalité plus clémente, comme la Floride.

Pour en savoir plus sur les différends dans la politique américaine comme source de violence : le lien ici !

La gouverneure Kathy Hochul a elle-même exprimé ses réserves, craignant que la ville ne perde ses plus gros contribuables au moment où elle a le plus besoin de stabilité économique. Cependant, Mamdani reste inflexible, arguant que l’attractivité de New York repose sur la qualité de sa vie publique et de ses infrastructures, et non sur des cadeaux fiscaux aux plus riches.

Il faut que tu retiennes que la mise en œuvre de ce programme comporte des obstacles institutionnels. En effet, toute modification importante de la fiscalité municipale ou des lois sur le logement nécessite l’approbation du gouvernement de l’État. La gouverneure Hochul, bien que démocrate, se positionne comme un rempart contre ce qu’elle considère comme un radicalisme risqué. De plus, l’ancien maire, Eric Adams, a dans ses derniers jours de mandat nommé des alliés conservateurs au « Rent Guidelines Board ». C’est un conseil qui fixe les augmentations de loyer, compliquant ainsi la promesse de gel des loyers de Mamdani.

L’ascension de Mamdani en opposition à Donald Trump ?

New York, ville démocrate par excellence

Tu dois noter que New York constitue le centre de gravité idéologique du Parti démocrate américain. C’est une véritable forteresse électorale où l’opposition républicaine est historiquement marginalisée. Pour prouver cette hégémonie, tu peux utiliser les chiffre suivants. Dans les cinq boroughs, le ratio de citoyens inscrits au Parti démocrate par rapport au Parti républicain atteint environ 7 pour 1 dans les zones les plus denses. Lors de l’élection présidentielle de 2020, cette domination s’est traduite par un score sans appel de 76,2 % des voix pour Joe Biden contre seulement 22,6 % pour Donald Trump à l’échelle municipale. Hormis le bastion conservateur de Staten Island, où Trump a maintenu une avance avec 61,6 %, la ville rejette massivement le conservatisme social.

Pour en savoir plus sur la ville de New York : le lien ici !

Au-delà des urnes, New York est un véritable contre-pouvoir institutionnel. Pesant à elle seule près de 10 % du PIB des États-Unis, la métropole n’hésite pas à utiliser son poids financier pour défier les décisions de Washington. Cependant, l’exemple le plus emblématique de cette hostilité frontale entre New York et la Maison-Blanche est celui de Bill de Blasio face à Donald Trump.

Entre 2017 et 2021, le maire démocrate a transformé New York en lieu de résistance institutionnelle. Ainsi, en 2020, l’administration Trump désigne officiellement New York comme une « juridiction anarchiste » pour tenter de geler plus de 7 milliards de dollars de financements fédéraux vitaux. Loin de plier, De Blasio engage une guérilla juridique victorieuse, dénonçant une mesure inconstitutionnelle. Tu peux donc noter que ce bras de fer illustre comment un maire de New York peut utiliser son autorité locale pour saborder l’agenda et le prestige d’un président républicain.

Trump est un obstacle pour New York

La menace la plus directe vient cependant de Washington. Avec le retour de Donald Trump à la présidence, New York est devenue une cible politique. Le président a déjà bloqué ou gelé 18 milliards de dollars de financements fédéraux destinés à des projets d’infrastructure vitaux. Par exemple, cela devait concerner l’extension de la ligne de métro de la Seconde Avenue et le tunnel ferroviaire sous l’Hudson.

Pour voir la réunion de rencontre en Mamdani et Trump : le lien ici !

La président américain a justifié ces gels par son opposition aux politiques de diversité (DEI) de la ville, mais beaucoup y voient une attaque directe contre le nouveau maire socialiste. En réponse, Mamdani n’a pas hésité à qualifier le président de «fou communiste», se positionnant comme le leader de la résistance urbaine face aux politiques conservatrices fédérales.

Un symbole d’espoir pour l’avenir

Malgré ces défis colossaux, l’élection de Zohran Mamdani est perçue par beaucoup comme un tournant historique qui dépasse les frontières de New York. Bernie Sanders a qualifié cette victoire de « plus grand bouleversement politique de l’histoire américaine moderne ». Pour ses partisans, Mamdani incarne la possibilité d’un avenir où la politique répond aux besoins de la majorité plutôt qu’aux intérêts d’une minorité opulente.

Même au sein de l’élite de Wall Street, certains commencent à reconnaître l’ampleur du changement. Ralph Schlosstein, figure influente de la banque d’investissement Evercore, a appelé à l’unité après une campagne acerbe, saluant la capacité de Mamdani à susciter un tel enthousiasme chez les électeurs.

Conclusion

Qu’il réussisse ou non à surmonter les obstacles législatifs et financiers, Mamdani a déjà réussi à changer le récit politique de New York. En tant qu’homme politique progressiste parmi les plus puissants d’Amérique, il porte désormais la responsabilité de prouver que le socialisme démocratique peut fonctionner dans la ville qui a inventé le capitalisme moderne. Le mandat de Mamdani sera, sans aucun doute, le test ultime pour la gauche américaine au XXIe siècle.

Ce sujet est très utile pour les concours. D’abord pour l’oral : tu peux tout à fait tomber sur un article portant sur la figure de Mamdani. Il faudra alors que tu connaisses les grandes lignes de son programme politique, ainsi que comment il est parvenu au pouvoir. Pense aussi à rester informer sur le sujet, puisque lorsque tu passeras tes oraux en juin 2026, il y aura eu probablement de nombreuses évolutions qui devront être metionnées à l’oral.

N’hésite pas à consulter toutes nos ressources en anglais pour les concours !