“I don’t get it! I’m (basically) bilingual, I hardly ever make mistakes. Why do I never score above 14?” Si ça c’est la phrase que tu dis à ton ou ta prof d’anglais après chaque DS, tu es au bon endroit.
Si tu as déjà un bon niveau académique, la marge de progression existe encore — mais elle se joue ailleurs. Style, précision, culture, méthode : voilà ce qui te fera passer de “bon” à “excellent”. Ce guide a pour but de te montrer comment.
Renforcer la précision et la finesse de la langue
Même si tu es bilingue ou déjà très à l’aise en anglais, il y a forcément des expressions, des adverbes ou des adjectifs qui t’échappent au moment d’écrire ta copie. Pourtant, ce sont précisément ces outils qui permettent de marquer positivement l’esprit du correcteur. Alors, comment les intégrer efficacement ?
Travailler la richesse lexicale
Honnêtement, tu t’ennuieras à recopier et à apprendre des listes pré-faites de vocabulaire sur la politique américaine ou sur l’écologie, car tu connais souvent déjà leurs mots. En revanche tu alimenteras ton vocabulaire en tenant activement un carnet ou des flashcards numériques. Chaque fois que tu tombes sur un terme que tu ignores ou sur un adverbe soutenu que tu n’emploies jamais, note-le, et révise-le régulièrement (deux fois par semaine minimum). C’est ainsi que tu pourras l’intégrer naturellement à l’écrit comme à l’oral. En deux ou trois ans de prépa, constituer un stock de 800 mots précis suffit largement à faire la différence : par exemple, écrire seldom plutôt que rarely, ou to jeopardize plutôt que to threaten, marquera positivement ton correcteur.
Profite aussi de ce support pour corriger tes petites erreurs récurrentes : par exemple, distingue bien less and less de fewer and fewer.
Bien utiliser les expressions idiomatiques
Si tu fais déjà peu de fautes, ajoute quelques expressions idiomatiques : elles donneront du relief à ton essai, à condition que tu les emploies avec mesure. Évite de forcer une phrase juste pour en placer une ; privilégie la fluidité et la pertinence. Prenons l’exemple de to pave the way for :
- By setting ambitious climate targets, the European Union hopes to pave the way for a global consensus on environmental policies. => L’expression est parfaitement utilisée en ce qu’elle participe à une compréhension soutenue de la phrase
- The popularity of TikTok paves the way for teenagers to spend too much time on their phones. => L’expression allourdit la phrase en ce qu’elle est normalement utilisée pour introduire une avancée, une innovation, ou un événement qui ouvre la voie à quelque chose de nouveau (souvent positif ou au moins structurant). On comprendrait mieux : The popularity of TikTok contributes to teenagers spending too much time on their phones.
Travailler la méthodologie
Comprendre ce qu’on attend de toi en tant qu’élève sachant écrire dans un bel anglais : voilà la clé de ta réussite.
Commence par lire des rapports de jury pour t’imprégner de l’esprit de l’épreuve. Pour le résumé analytique comparatif, mets en lumière, par des comparaisons, les différents aspects de la question posée en y répondant. Sans cette dimension analytique, dépasser le 10 devient très difficile.
Pour l’essai : donne ton opinion ! La méthodologie attendue diffère totalement d’une rédaction à la française. Une introduction peu pertinente peut par exemple te coûter plus de points qu’elle n’en rapporte. Le correcteur cherche avant tout à être convaincu ou provoqué. Il faut donc argumenter avec force et clarté, pour le captiver et défendre ta position. Retiens surtout que ton essai doit être personnel : il doit être teinté de ta culture et de tes références. Nous allons voir plus loin dans cet article comment.
Intégrer l’anglais dans sa vie quotidienne
S’inspirer d’articles académiques et de bons essayistes anglophones.
Lire régulièrement des articles issus de revues académiques ou d’essayistes anglophones est un excellent moyen d’affiner ton style et d’élargir ton vocabulaire. La presse internationale – The Guardian, The New York Times, The Economist – sera sûrement ta plus grande sources pour alimenter activement ton carnet ou support en ligne. Ces textes t’exposent à un anglais précis, nuancé et riche en structures idiomatiques, très proche de ce qui est attendu en prépa. Tu peux y repérer des tournures, des connecteurs logiques ou encore des expressions qui donneront plus de relief à tes copies. L’idée n’est pas de recopier, mais de t’imprégner de ces modèles pour ensuite enrichir ton propre écrit.
Pense en anglais
Tu le fais peut-être déjà, mais penser en anglais est un excellent moyen d’intégrer du vocabulaire et des expressions utiles à l’écrit comme à l’oral. Que ce soit en prenant ton petit déjeuner, en faisant les courses, en cuisinant ou en pratiquant une activité physique, essaie de réfléchir comme tu le ferais normalement… mais dans une autre langue. Progressivement, tu gagneras en aisance pour former des phrases correctes et communiquer plus naturellement.
Interpréter l’actualité
Quand tu vois passer une information qui t’intéresse, interroge-toi sur cette dernière : qu’est-ce que ce fait implique ? quelle est sa cause ? quelles sont les conséquences ?…
Par exemple, le 10 septembre 2025, Charlie Kirk, un influenceur politique conservateur américain proche de Donald Trump, a été tué par balle lors d’un débat public dans une université de l’Utah. Cet événement soulève différentes questions d’analyse qui peuvent être abordées à l’écrit comme à l’oral. la liberté d’expression est-elle fragilisée aux États-Unis ? Que révèle ce fait sur l’état de la démocratie ? Pourquoi cet assassinat suscite-t-il une forte réaction politique, parfois plus marquée que celle face aux fusillades scolaires ? Comment interpréter le fait qu’un militant opposé au contrôle des armes soit victime d’une arme à feu ?
Ainsi, tu peux organiser et classer les informations dans des catégories d’analyse. Ici : gun violence, démocratie américaine, liberté d’expression, polarisation de l’opinion publique, etc.
De cette manière, ton essai gagnera en singularité puisqu’il s’appuiera sur des références que tu connais et maîtrises. Même si l’exemple précédent est d’ordre politique, garde à l’esprit qu’un fait lié à la pop culture ou une référence artistique (film, musique, etc.) est tout aussi pertinent.
S’entraîner dans une perspective concours
Rédige des RAC et des essais à gogo
Tu as déjà un avantage, profites-en ! Beaucoup ne peuvent pas s’entraîner directement sur l’exercice attendu d’eux au concours alors que toi si. Habitue-toi à rédiger des essais, résumés et traductions en conditions réelles. L’idéal serait de réaliser au moins un RAC ou essai par semaine en 1h si tu y arrives. Fais-les corriger par ton ou ta prof d’anglais. Si cela n’est pas possible, discutes-en avec tes camarades aussi bons en anglais, voire comparez vos travaux.
Cependant, ne néglige pas les traductions, même (surtout) les plus simples : elles sont très utiles notamment pour s’assurer que l’on connait bien toutes les règles de grammaire et pour s’entrainer à replacer le vocabulaire et les expressions que tu as apprises.
Travailler la rapidité et la clarté
La différence entre un 14 et un 18 ne tient pas seulement au niveau linguistique, mais aussi à l’efficacité. À l’écrit, il faut apprendre à structurer vite et à exprimer ses idées avec concision. À l’oral, il s’agit d’améliorer ta spontanéité et ton aisance argumentative. Plus tu seras capable d’aller droit au but, plus tu gagneras des points précieux.
Conclusion
Progresser quand on a déjà un bon niveau d’anglais n’est pas qu’une question de listes de vocabulaire apprises par cœur. C’est avant tout une affaire de régularité, de curiosité et d’exposition constante. Plus tu intègres la langue dans ton quotidien – en lisant, en écoutant, en écrivant, en parlant – plus tu construis une aisance durable. En associant ce qui te plait et/ou t’intéresse aux exigences du concours, tu rends le travail plus agréable et plus stimulant. Cette démarche te permet non seulement de maintenir ta motivation, mais aussi de montrer au jury que tu ne te contentes pas d’un bon niveau : tu ne te limites pas à maîtriser la langue ou à suivre l’actualité : tu les comprends, tu y réfléchis et tu en proposes une interprétation personnelle.



