Le 4 novembre 2025, le démocrate Zohran Mamdani est élu maire de New York avec plus de 50 % des suffrages. À seulement 34 ans, il devient alors le premier maire musulman de l’histoire de New York et le nouveau visage de l’Amérique anti-Trump.
Qui est Zohran Mamdani ?
Son histoire et ses valeurs
Zohran Mamdani, d’origine afro-indienne, arrive aux États-Unis avec ses parents à l’âge de 7 ans et sera naturalisé Américain quelques années plus tard. Aujourd’hui, il souhaite faire entendre la voix de tous les immigrants arrivés aux États-Unis, en tant que soutien face à la politique antimigratoire de l’actuel président, Donald Trump.
En tant que maire d’une mégalopole de plus de huit millions d’habitants, Mamdani veut toucher une grande partie de la population. Devenu star des réseaux sociaux, le nouveau maire de New York connaît un certain succès auprès de la génération Z, grâce à la proximité qu’il entretient avec cette dernière et ses idées.
En effet, Mamdani défend des droits fondamentaux, tels que l’égalité. Pour cela, il soutient la communauté LGBTQIA+ et condamne fermement le génocide en cours à Gaza. Il a également déclaré, en mai 2025 : « I believe Israel has a right to exist and it has a right to exist also with equal rights for all », montrant ainsi son désaccord avec la situation politique actuelle, sans refuser l’existence d’un État ou de l’autre.
Son programme
D’abord, Zohran Mamdani a axé sa campagne sur le coût de la vie, reprochant au président de défendre en priorité les Américains les plus riches. Pour y remédier, il prévoit de geler les loyers de plus d’un million d’appartements et de construire 200 000 logements au cours de la prochaine décennie, afin de répondre à la pénurie de logements et à la hausse des coûts. En matière de transports, il propose de rendre les bus municipaux gratuits pour améliorer l’accessibilité des transports publics pour tous les New-Yorkais.
Puis, pour assurer la santé de millions de New-Yorkais, Mamdani propose trois politiques principales. La mise en place d’une garde d’enfants gratuite (jusqu’à 5 ans), l’installation d’un réseau d’épiceries appartenant à la ville et la création d’un Département de la sécurité communautaire, axé sur les programmes de santé mentale, les interventions en situation de crise et la prévention des violences armées et des crimes haineux.
Ainsi, la figure de Mamdani semble dépasser son programme. Elle représente l’évolution de la société américaine, c’est-à-dire la montée d’une nouvelle génération politique, issue d’horizons différents et désireuse de changements. Cette élection est peut-être la preuve que les électeurs souhaitent désormais des dirigeants qui leur ressemblent sociologiquement.
New York City face à Washington DC : jusqu’où Mamdani peut-il agir dans l’ère Trump ?
Le programme de Mamdani face aux défis imposés par la politique de Trump
Des critiques soulignent que, bien que les projets de Mamdani soient animés de bonnes intentions, ils risquent d’être difficiles à mettre en œuvre rapidement. Ses ambitieuses politiques progressistes devraient être appliquées localement, alors que le pays suit une trajectoire inverse. Est-ce vraiment réalisable ?
Par exemple, Trump a menacé de réduire les financements fédéraux pour New York si Mamdani était élu. Or, ces financements sont nécessaires pour réaliser un gel de loyer ou une création de crèches gratuites. De la même manière, Mamdani prévoit de taxer davantage les riches et les entreprises pour financer ses programmes. Or, Trump et l’administration fédérale peuvent limiter ces marges de manœuvre via des mesures fiscales. Ils peuvent également faire pression sur les multinationales installées à New York, pour qu’elles déménagent dans un État où elles seraient moins taxées.
L’envoi de signes contradictoires aux médias
Ces dernières semaines, Donald Trump a multiplié les attaques contre Zohran Mamdani, qualifiant régulièrement le démocrate de « communiste » et en le menaçant de supprimer les financements fédéraux à New York s’il était élu.
Mais, contre toute attente, les deux hommes, pourtant opposés sur le plan politique, se sont rencontrés en novembre à la Maison-Blanche, dans une entente cordiale. Trump est même allé jusqu’à déclarer : « I met with a man who’s a very rational person… I met with a man who really wants to see New York be great again. » (« J’ai rencontré un homme très rationnel… J’ai rencontré un homme qui veut vraiment voir la ville de New York redevenir grande. »)
Ainsi, que le revirement de Donald Trump soit stratégique ou non, cette rencontre redonne finalement espoir aux démocrates, qui souhaitent voir les États-Unis d’Amérique prendre un nouveau tournant.
La métropole progressiste face à la réalité capitaliste
Une contradiction fondamentale
Le programme de Mamdani est extrêmement ambitieux : la garde d’enfants universelle est estimée à six milliards de dollars par an, et l’ensemble de ses mesures pourrait atteindre près de sept milliards. Pour financer ces initiatives, il propose d’augmenter les impôts sur les riches et les entreprises pour lever neuf milliards.
Or, cette mesure soulève un paradoxe. Les grandes métropoles veulent davantage de justice sociale, mais leur ancrage économique leur fait dépendre massivement du capital privé. New York en est l’exemple parfait : les investisseurs, les milliardaires, les sièges sociaux de multinationales sont aussi ceux qui financent, directement ou indirectement, la ville.
Le pari progressiste de Zohran Mamdani
Le mandat de Mamdani pose une question fondamentale : jusqu’où une métropole peut-elle pousser des réformes progressistes sans compromettre son fonctionnement ? New York devient un terrain d’expérimentation politique, où se mesure la capacité d’une ville à allier innovation sociale et contraintes économiques.
Le succès ou l’échec de ces initiatives pourrait bien redéfinir le rôle des grandes villes dans un pays où les forces nationales ne suivent pas forcément la même trajectoire.
Conclusion
L’élection de Zohran Mamdani symbolise l’émergence d’une nouvelle génération politique à New York. Son mandat donne espoir à des millions de démocrates, encore contraints sous la présidence de Trump. Entre ambitions progressistes et contraintes économiques et fédérales, son mandat sera un test sur la capacité d’une métropole à mener des réformes sociales ambitieuses tout en restant viable.
Quelques mots de vocabulaire
- The head of state = le chef d’État
- Mayor = le maire
- The ruling party = le parti au pouvoir
- To run for = être candidat à
- Shareholders = les actionnaires
- Stakeholders = les parties prenantes



