Retrouve dans cet article l’analyse du sujet de l’épreuve de Culture Générale ESSEC/EDHEC 2026, sur le thème “juger”.
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L’analyse du sujet de Culture générale ESSEC/EDHEC 2026
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Sujet assez classique. Il repose sur l’ambiguïté de l’expression « en toute liberté ». On pense au mot de P. Valéry : « La liberté est de ces termes qui ont plus de valeur que de signification. »
On va donc devoir interroger cette liberté (pleine et entière), car si, en principe, nul ne peut m’empêcher de juger, il n’est pas certain, dans les faits, que je juge librement, c’est-à-dire que je sois l’auteur de mes jugements. Influences, poids de la tradition, appartenance à des groupes, biais cognitifs : tout cela conteste l’idée même de juger librement. C’est même l’ignorance de ces déterminations qui entretient l’illusion de ma liberté de juger.
Il y a donc un écart et une tension entre la valeur de la « liberté absolue de juger » et le fait d’une impuissance, au moins partielle, à juger librement.
Or, juger librement, ce n’est pas seulement le fait de n’être empêché par aucune contrainte extérieure (comme sous un régime autoritaire) : cela, c’est la liberté négative selon I. Berlin ; c’est aussi être en mesure de peser et d’assumer son jugement, d’en porter la responsabilité. Ce qui suppose une formation, une éducation, un parcours. Si bien que juger en toute liberté n’est pas du tout un état initial, mais une visée, un idéal.
Autrement dit, il y a bien un principe qui doit être préservé, mais ce qui importe, ce sont les conditions pour que ce principe ne soit pas un vœu pieux, voire une simple illusion, une aliénation.
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