Critique de ma copie HEC – Culture Générale – (2) Critique de ma copie HEC – Culture Générale – (2)
Si vous avez loupé la première partie, c’est par ici Voici la suite de ma critique sur ma propre copie qui porte désormais sur... Critique de ma copie HEC – Culture Générale – (2)

Si vous avez loupé la première partie, c’est par ici

Voici la suite de ma critique sur ma propre copie qui porte désormais sur mon développement, l’objectif est de vous donner le maximum de conseils pour cette épreuve phare du concours HEC, et que vous puissiez briller le jour J !

 

Tout d’abord, il ne faut jamais, JAMAIS, commencer une partie avec un auteur. Là, j’insiste lourdement, même remarque que pour l’introduction. Vous AÉREZ votre copie, en montrant bien que l’on passe à une grande partie. Ainsi, il faut globalement montrer au correcteur où l’on se dirige, les grandes lignes directrices de votre partie. Donc, on ne commence pas directement avec un auteur, on est pédagogue et on explique le mieux possible ce que l’on compte faire dans cette partie. C’est également le moment de jouer avec les mots, typiquement, tout mon travail de définition préalable en introduction, va servir au début de chacune de mes parties. De quelle nature je parle ? Matérielle, finalisée, conceptualisée ? Si il y a un monde “sans” quelque chose, il est avec quoi ? Des hommes, de la technique ? Bref, toutes ces sous-questions, auxquelles je souhaite répondre dans ma partie, doivent être explicites. L’objectif  est de n’avoir aucun regret, de ne pas se dire “ah, mais j’aurais pu parler de ça aussi et de ça…”.  L’idée est d’exposer au correcteur la manière dont vous comprenez le sujet, en usant de toutes ces questions, en partant des idées les “plus communes” aux idées qui vous tiennent le plus à “cœur”, les plus subtiles. Donc, ces quelques lignes de préambule avant de commencer votre partie sont primordiales ! On vous rappelle que le correcteur n’est pas dans votre tête – hélas – et il faut être le plus clair possible, de telle manière qu’un an plus tard on comprenne ce que vous vouliez dire en ce joli mois de mai où vous écriviez cette copie ! Donc pour cela il faut soigner le style et la qualité de l’expression : de belles phrases sont bienvenues, avec un vocabulaire soutenu et précis. Il faut donc être à la fois technique et clair, voilà !

Le choix des auteurs est primordial, il faut sélectionner ceux qui vous ont paru être les plus intéressants, ceux qui servent de manière optimale votre réflexion et surtout ne pas oublier les classiques, les incontournables. C’est une étape non négligeable, car il est inutile et même extrêmement indigeste d’abuser de références sans jamais les développer sur plus de deux lignes. Je n’ai pas de formule magique, ni de recettes miracles, mais le bon sens me fait dire qu’il faut au moins dans chacune des parties une explication technique d’un auteur, notamment d’un auteur classique (Platon, Descartes, Kant,etc.). Prouvez à votre correcteur que vous n’êtes pas un rigolo, qu’être en prépa commerciale ne fait pas nécessairement de vous un charlatan ! Donc, lorsque je parle de Kant (partie I. C), j’essaye de consacrer plus qu’une micro ligne à son sujet , en tentant de réinsérer sa réflexion dans l’histoire des idées philosophiques et en faisant preuve de précision. En ESH, on peut se permettre “d’enchaîner les auteurs” (et encore…) quand on a fait preuve de précision pour quelques un, en Culture Générale c’est quelque chose à proscrire. L’érudition superficielle et facile concernant certains auteurs est absolument rédhibitoire : vous vous décrédibilisez auprès du correcteur, et entre nous, ça ne fait pas sérieux. Après sélection des auteurs, je tente d’équilibrer entre auteurs philosophiques et auteurs littéraires, en évitant d’utiliser la littérature, le cinéma, etc. les arts en général comme exemple philosophique. Je réfléchis en amont : il faut à tout prix que mes références se détachent de la moyenne, d’autant plus, que la plupart du temps, lorsque j’utilise une référence j’ai un attachement particulier pour celle-ci. Je rejoins les jurys lorsqu’ils recommandent aux étudiants d’être au plus près des œuvres. Le correcteur le “ressent”, quand je cite Brassens dans ma copie, (je suis une passionnée inconditionnelle) je choisis Brassens plutôt qu’un autre parce que je maîtrise bien son oeuvre en général. Et en citant Brassens, ou R. Musil, je fais preuve d’originalité et chose désagréable à avouer, cela fait partie de la culture légitime que maîtrise le correcteur. Le correcteur – votre unique obsession – doit pouvoir trouver au sein de votre copie des codes prouvant votre maîtrise de la culture légitime.

D’autre part, lorsque l’on passe d’une partie à une autre, il faut être très insistant sur les transitions : il faut clairement montrer la cohérence de votre devoir. La pertinence de la construction et la rigueur des enchaînements est un élément déterminant de la notation. . Les parties ont beau être cohérente dans leur unité, il faut que le tableau qu’est votre copie le soit également : il faut qu’il y est une articulation logique entre chacune des thèses que vous défendez dans votre devoir. Et ça, c’est un défaut de ma copie : mes transitions ne sont pas assez bien réalisées, je ne suis pas assez explicite, ainsi, il est difficile de bien comprendre la cohérence entière de mon devoir. Or, il y a des degrés de problème de cohérence : dans le cas de ma copie ce n’est pas rédhibitoire, c’est un défaut qui existe mais qui n’est pas fortement marqué.  Il y a des copies qui sont plus ou moins cohérentes, et c’est ce degré qui détermine si vous êtes parmi les copies “catastrophiques”, “passables”, etc. Il faut éviter l’ambiguïté, le flou : on doit vous comprendre et comprendre où vous allez. Ainsi, faîtes bien attention aux connecteurs logiques, n’hésitez pas à en abuser (correctement) : il faut vraiment qu’on puisse vous suivre dans le dédale de votre pensée ! Par ailleurs, on évite l’utilisation des “de plus“, “en outre“, etc., qui ne sont pas des connecteurs logiques, cela marque seulement l’ajout d’un élément, ce n’est pas la marque de la poursuite d’un raisonnement. On peut l’employer pour une série d’exemple, or les enchaînements ne doivent pas consister en ajout, ça signifie que le devoir est pauvre en argumentation : s’ils sont trop nombreux, cela montre qu’il n’y a pas de progression logique dans la dissertation.

 

La suite au prochain article qui porte sur la conclusion, et qui reprend les éléments fondamentaux de la dissertation !

Assia H

ESSEC - ENS Ulm (sciences sociales). Interrogatrice orale en ESH pour ECE2 (Lycée Montaigne Paris VI). Chef rédac' en CG et prépa litté'.