actus juridiques

Le mois de juin 2026 a été particulièrement riche pour la veille juridique en prépa ECT. Droit de la consommation, protection des données, santé au travail, plateformes numériques, cybersécurité, pouvoir de l’employeur, droit à la preuve ou greenwashing : les actualités du mois permettent toutes d’éclairer le thème de l’année : « Les libertés individuelles face à l’activité économique des entreprises ».

Une actu aussi brûlante que la canicule

L’entreprise reste libre d’entreprendre, d’innover, de vendre, de communiquer, de collecter des données ou d’organiser le travail. Mais cette liberté est de plus en plus encadrée lorsqu’elle menace le consentement, la sécurité, la vie privée, la santé, l’égalité ou la dignité des individus.

Nintendo sanctionnée

La DGCCRF a annoncé que Nintendo of Europe avait accepté une amende transactionnelle de 35 millions d’euros. L’enquête portait sur les dysfonctionnements de certaines manettes Joy-Con de la Nintendo Switch, notamment le phénomène de « drift », qui provoquait des mouvements fantômes ou inversés à l’écran. La DGCCRF a considéré que Nintendo n’avait pas informé les consommateurs de manière suffisamment loyale sur ce problème.

Cette actualité est très utile pour le thème ECT, car elle montre que l’innovation technologique ne dispense pas l’entreprise de ses obligations d’information. Le consommateur ne peut pas exercer librement son choix s’il ne connaît pas les défauts récurrents d’un produit. La liberté commerciale de l’entreprise se heurte donc ici au droit du consommateur à une information loyale.

Lire aussi : Recueil des articles du Code du commerce

SHEIN sanctionnée pour de nouveaux manquements au droit de la consommation

La DGCCRF a prononcé deux nouvelles amendes contre SHEIN, pour un montant total supérieur à 22 millions d’euros. Les manquements concernent le droit de rétractation, l’information environnementale sur les produits et les confirmations de commande incomplètes. Certaines informations essentielles manquaient, comme le prix du bien, le délai de livraison, l’identité du vendeur, les garanties légales ou encore le formulaire de rétractation.

Le cas est parfaitement exploitable en copie. SHEIN repose sur un modèle économique de vente en ligne rapide, massif et très fluide. Mais cette fluidité ne doit pas se faire au détriment du consentement du consommateur. Plus l’achat est rapide, plus l’information doit être claire. Le droit vient donc rééquilibrer la relation entre une plateforme très puissante et un acheteur souvent peu informé.

Les produits dangereux vendus en ligne restent dans le viseur

La DGCCRF a annoncé le retrait de 47 références dangereuses vendues sur des places de marché en ligne en mai 2026. Les produits concernés pouvaient présenter des risques de blessure, d’étouffement, de brûlure ou de choc électrique. Entre septembre 2025 et mai 2026, 304 références auraient ainsi été retirées des plateformes concernées.

Cette actualité complète très bien les dossiers Temu et SHEIN. Elle montre que les marketplaces ne sont plus de simples vitrines neutres. Elles organisent l’accès au marché, la visibilité des produits et la mise en relation avec les consommateurs. La liberté du commerce en ligne doit donc être conciliée avec la sécurité physique des individus.

Le greenwashing devient un sujet central

La DGCCRF a organisé en juin un webinaire consacré aux nouvelles règles européennes contre le greenwashing. La directive européenne vise à renforcer la protection des consommateurs contre les allégations environnementales vagues, trompeuses ou infondées. Les labels de développement durable, les promesses climatiques et les mentions écologiques devront être plus fiables et mieux justifiés.

Pour le thème ECT, cette actualité est très intéressante parce qu’elle relie consommation, environnement et loyauté de l’information. Une entreprise peut mettre en avant ses engagements écologiques, mais elle ne peut pas utiliser l’environnement comme argument commercial flou. Le consommateur doit pouvoir faire un choix éclairé, surtout lorsque son achat repose sur une promesse éthique ou environnementale.

Les services financiers à distance sont mieux encadrés

Depuis le 19 juin 2026, de nouvelles règles s’appliquent à la commercialisation à distance de services financiers, comme l’assurance, le crédit ou certains produits d’épargne. Les professionnels doivent renforcer l’information précontractuelle, faciliter l’exercice du droit de rétractation et éviter les interfaces conçues pour manipuler le consommateur. Le texte vise notamment les parcours en ligne ou par téléphone.

Cette actualité est très forte pour la veille ECT, car elle montre que le consentement ne se limite pas à cliquer sur un bouton. Le consommateur doit comprendre ce qu’il achète, connaître le prix total, savoir comment se rétracter et ne pas être poussé artificiellement vers une décision. Le droit encadre donc la liberté commerciale dès lors que le design de l’interface peut altérer la liberté de choix.

Le rapport 2025 de la DGCCRF confirme la montée du numérique

La DGCCRF a publié son rapport d’activité 2025 en juin 2026. Elle y insiste sur la montée du e-commerce, la complexité des fraudes et la nécessité d’une action plus ciblée, plus répressive et davantage tournée vers les nouveaux enjeux numériques. Le rapport rappelle aussi le rôle de la DGCCRF dans la protection des consommateurs et la garantie d’une concurrence loyale.

Dans une copie, cette actualité sert de prise de recul. Les cas de SHEIN, Nintendo ou produits dangereux ne sont pas isolés. Ils s’inscrivent dans une transformation plus large de l’économie, où les plateformes, les algorithmes, les marketplaces et les interfaces numériques créent de nouveaux risques pour les individus. Le droit économique devient alors un outil de protection face à des modèles commerciaux plus complexes.

Voyageurs du Monde menacée d’une amende par la CNIL

Début juin, la rapporteuse de la CNIL a requis une amende de 1,8 million d’euros contre Voyageurs du Monde, pour plusieurs manquements présumés aux règles de protection des données. Il faut rester prudent dans la formulation : à ce stade, il s’agit d’une amende requise dans le cadre d’une procédure, pas d’une sanction définitive publiée par la CNIL. Affaire à suivre donc…

Le cas reste très utile. Une entreprise de voyages collecte des données particulièrement sensibles : identité, passeports, coordonnées, habitudes de déplacement et parfois informations familiales. Ces données ont une valeur économique pour personnaliser les services, mais elles exposent aussi les clients à des risques importants en cas de fuite. L’activité commerciale ne peut donc pas être séparée de l’obligation de protéger la vie privée.

La CNIL encadre le contrôle des horaires et l’accès aux locaux

La CNIL a mis à jour sa fiche sur l’accès aux locaux et le contrôle des horaires au travail. Badgeuses, logiciels de pointage, dispositifs d’accès ou systèmes biométriques peuvent être utilisés par l’employeur, mais seulement de manière proportionnée. La CNIL rappelle aussi qu’un dispositif mis en place pour un objectif ne doit pas être réutilisé pour un autre.

Cette actualité illustre directement la tension entre pouvoir de direction et vie privée du salarié. L’employeur peut organiser l’entreprise, sécuriser les locaux et contrôler le temps de travail. Mais il ne peut pas transformer chaque outil de gestion en outil de surveillance généralisée. Même dans l’entreprise, le salarié reste titulaire de droits fondamentaux.

La cybersécurité devient une obligation juridique majeure

La CNIL a publié en juin 2026 une ressource sur la sécurité des données. Elle rappelle que le responsable de traitement doit prendre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des données collectées et éviter leur divulgation à des tiers non autorisés. La sécurité n’est donc pas seulement un sujet technique, mais une obligation juridique.

Les entreprises collectent des données clients, salariés, patients, prospects ou utilisateurs. Ces informations peuvent être utilisées pour vendre, recruter, personnaliser ou fidéliser. Mais l’exploitation économique de la donnée entraîne une responsabilité : l’entreprise doit protéger les individus contre les fuites, les usages abusifs et les atteintes à la vie privée.

Les victimes de violations de données visées par de nouvelles arnaques

La CNIL a alerté en juin sur des courriels envoyés à des victimes de violations de données. Certains expéditeurs se présentent comme des associations de protection des données et affirment pouvoir faire supprimer des informations diffusées en ligne. Ces messages peuvent contenir de vraies données personnelles, comme une identité, une adresse ou un IBAN, ce qui les rend plus crédibles.

L’exemple montre que les conséquences d’une fuite ne s’arrêtent pas au moment de la cyberattaque. Les données volées peuvent ensuite être réutilisées pour manipuler les personnes concernées. Cette actualité permet en fait de montrer que la protection des libertés individuelles suppose une vigilance continue, bien au-delà de la simple collecte initiale par l’entreprise.

Le G7 de la protection des données s’intéresse aux mineurs

Les autorités de protection des données du G7 se sont réunies à Paris les 25 et 26 juin, à l’invitation de la CNIL. Elles ont adopté des principes sur les mécanismes de vérification de l’âge respectueux de la vie privée et sur les objets connectés utilisés par les mineurs ou susceptibles de traiter leurs données.

Cette actualité est très mobilisable pour parler des plateformes, des objets connectés et des enfants. Les entreprises doivent protéger les mineurs sans pour autant créer une surveillance généralisée. Le droit cherche donc un équilibre difficile : empêcher l’accès des mineurs à certains contenus ou services, tout en évitant des dispositifs trop intrusifs pour vérifier l’âge.

Les pixels de suivi dans les courriels sont mieux encadrés

La CNIL a consacré en juin un webinaire aux pixels de suivi dans les courriels, après la publication de ses recommandations au printemps. Ces pixels invisibles permettent notamment de savoir si un utilisateur a ouvert un courriel ou interagi avec un message. Ils sont utilisés pour mesurer l’audience, personnaliser la communication ou améliorer la délivrabilité.

Le cas est très bon pour le thème ECT, car il montre que la publicité et le marketing peuvent entrer dans la sphère privée. La boîte mail est un espace personnel. Une entreprise peut vouloir mesurer l’efficacité de ses campagnes, mais elle doit respecter l’information, le consentement et la possibilité de retrait. La performance marketing ne doit pas effacer le contrôle de l’individu sur ses données.

Une salariée enceinte n’a pas à révéler sa grossesse

Dans un arrêt du 3 juin 2026, la Cour de cassation a rappelé qu’une salariée enceinte n’a pas l’obligation de révéler sa grossesse à son employeur. Le fait d’annoncer tardivement sa grossesse ne peut pas constituer une faute grave, même lorsque le poste occupé présente des risques particuliers.

Cette décision est l’une des plus fortes du mois. L’employeur a une obligation de sécurité, mais cette obligation ne l’autorise pas à imposer à la salariée de révéler une information intime. Le droit protège ici la vie privée, l’égalité professionnelle et la maternité face au pouvoir disciplinaire de l’entreprise.

Les heures supplémentaires nécessaires doivent être payées

Dans une décision commentée par Entreprendre Service Public, la Cour de cassation a rappelé que des heures supplémentaires peuvent être dues même si l’employeur les avait interdites, lorsqu’elles ont été rendues nécessaires par les tâches confiées au salarié. L’employeur ne peut donc pas simplement refuser de payer en invoquant l’absence d’autorisation préalable.

Cette actualité est un peu moins évidente que les cas de données personnelles, mais elle reste utile. Elle montre que le pouvoir d’organisation de l’employeur a des limites. Si la charge de travail impose concrètement des heures supplémentaires, le salarié doit être rémunéré. La liberté de gestion de l’entreprise ne peut pas conduire à faire supporter gratuitement au salarié les contraintes de l’activité.

Les arrêts de travail seront davantage encadrés à la rentrée

Le Gouvernement a prévu de nouvelles règles sur les arrêts de travail à partir du 1er septembre 2026. La durée des prescriptions sera limitée à un mois pour un premier arrêt et à deux mois pour une prolongation, sauf exception liée à l’état de santé du patient. Les mesures visent à mieux prévenir les arrêts évitables, accompagner les salariés concernés et lutter contre les usages abusifs.

Cette actualité rentre dans la veille de juin 2026, mais de manière plus indirecte : car elle touche à la santé du salarié, au contrôle social, à l’organisation de l’entreprise et au financement du système de protection sociale. Le droit cherche ici un équilibre entre un droit individuel essentiel, être protégé en cas de maladie, et une préoccupation économique, limiter les abus et les désorganisations.

Lire aussi : Recueil des articles du Code du travail

Le droit à la preuve face aux données personnelles

Le 17 juin 2026, la Cour de cassation s’est prononcée sur une affaire impliquant Orange, des données personnelles et le droit à la preuve. L’affaire portait sur l’utilisation de métadonnées et de listes électorales dans le cadre d’un litige. La Cour rappelle que le juge doit mettre en balance le droit à la preuve avec les droits fondamentaux concernés, notamment la protection des données personnelles et la liberté syndicale.

Cette décision est plus technique, mais très intéressante pour une copie ambitieuse qui traite de la veille de juin en 2026. Elle montre que les libertés individuelles ne s’opposent pas toujours simplement à l’entreprise. Elles peuvent aussi entrer en conflit avec d’autres droits, comme le droit de se défendre en justice. Le droit ne tranche donc pas mécaniquement : il organise un contrôle de nécessité et de proportionnalité.

Veille de juin 2026 : Le Plan Santé au travail 2026-2030 est enfin lancé

Le cinquième Plan Santé au travail 2026-2030 a été lancé début juin. Il met l’accent sur la prévention, les risques professionnels, les troubles musculosquelettiques, les risques psychosociaux, les accidents graves et mortels, l’usure professionnelle ou encore la santé des femmes au travail.

Pour le thème ECT, ce plan rappelle que la santé du salarié n’est pas une variable secondaire de l’activité économique. L’entreprise peut rechercher l’efficacité, la productivité et la continuité de son activité. Mais cette organisation doit intégrer la prévention des risques. Le droit social ne sert donc pas seulement à réparer les dommages : il cherche aussi à les éviter.

Auchan et Intermarché : la concurrence comme protection du consommateur

En juin, l’Autorité de la concurrence a indiqué que la Commission européenne lui renvoyait l’examen de la création d’une entreprise commune par Auchan et ITM Entreprises, concernant l’exploitation de 167 points de vente sous enseignes Intermarché ou Netto. Cette actualité relève d’abord du contrôle des concentrations et de la concurrence.

Le lien avec les libertés individuelles est moins direct, mais il existe. Une concentration peut modifier les prix, l’offre disponible, la diversité des enseignes et la liberté de choix des consommateurs. La concurrence n’est donc pas seulement une règle entre entreprises. Elle protège aussi indirectement les individus, en évitant que l’activité économique ne réduise trop fortement leurs possibilités de choix.

Conclusion : l’encadrement croissant des entreprises

Cette veille juridique de juin 2026 montre que les libertés individuelles restent au cœur de l’activité économique. Les consommateurs doivent être protégés contre les pratiques trompeuses, les défauts d’information, les produits dangereux, le greenwashing et les interfaces manipulatrices. Les salariés doivent conserver leur santé, leur vie privée, leur égalité, leur rémunération et leurs droits fondamentaux dans l’entreprise.

Le droit ne cherche pas à empêcher l’activité économique. Il cherche plutôt à la rendre compatible avec la dignité, la sécurité, le consentement et la vie privée des individus. C’est exactement ce qu’il faut montrer dans une copie d’ECT : la liberté d’entreprendre est protégée, mais elle n’est jamais absolue.

Lire la veille précédente : Huit actualités juridiques parues en mai 2026 à ne pas louper.

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