Les effets de la mondialisation sur l’emploi dans les pays industrialisés Les effets de la mondialisation sur l’emploi dans les pays industrialisés
Pour préparer les épreuves orales, Major-Prépa et les éditions Sonorilon prolongent leur partenariat et vous permettent cette fois-ci de découvrir des plans de sujets... Les effets de la mondialisation sur l’emploi dans les pays industrialisés

Pour préparer les épreuves orales, Major-Prépa et les éditions Sonorilon prolongent leur partenariat et vous permettent cette fois-ci de découvrir des plans de sujets tombés à HEC. Pour cette deuxième publication, un sujet HEC à propos des effets de la mondialisation sur l’emploi dans les pays industrialisés !

Les références présentées dans ce plan détaillé sont issues de L’essentiel de l’histoire économique et de 1000 idées économiques.

Définitions

1) Mondialisation

– combinaison originale d’un phénomène d’intégration international des marchés et d’une dynamique de désintégration des processus de production (Robert FEENSTRA, 1998) ;

– plusieurs types de mondialisations (commerciale, financière, culturelle, et peut-être un jour politique) ;

– plusieurs mondialisations dans le temps : Suzanne BERGER (Notre première mondialisation. Leçons d’un échec oublié, 2003) parle au sujet de la deuxième moitié du XIXe siècle d’une « première mondialisation », un événement fondateur de cette mondialisation est le traité de libre-échange franco-britannique de 1860 (ou traité COBDEN-CHEVALIER) ; deuxième mondialisation à partir de la fin des années 1970 et au début des années 1980 qui se caractérise par un déplacement accru des facteurs de production (capital et travail).

 

2) Emploi

– langage courant : activité professionnelle, travail qui reçoit, en contrepartie, une rémunération (une activité de bénévolat ne peut donc être considérée comme un emploi) ;

– concept plus large que le salariat dans la mesure où il recouvre aussi la fonction publique et les professions indépendantes (artisanat, commerce, exploitation agricole, profession libérale…) ;

– perspective quantitative : nombre d’heures travaillées, salaire, taux de chômage, etc.

– perspective qualitative : type de travail, capital humain, conditions de travail, etc.

 

Problématisation

– France confrontée à un chômage de masse depuis le tournant des années 1970 (ce qui coïncide avec le début de la « seconde mondialisation » si on reprend le découpage de Suzanne BERGER) ;

– chômage en France autour de 3-4 % pendant les Trente Glorieuses, 8 % sur la période 1980-2007, supérieur à 10 % depuis 2012 (10,5 % aujourd’hui) ;

– disparités entre les pays : 5,5 % aux EUA et en Angleterre, 4,7 % en Allemagne, mais 22,7 % en Espagne et 12,4 % en Italie (on n’évoquera pas la Grèce…) ;

– développement des inégalités (France : indice de Gini de 0,27 en 1998 à 0,31 après 2010) et des formes particulières d’emplois (FPE) ;

–> Responsabilité de la mondialisation? Mondialisation bouc émissaire ?

 

I – La mondialisation semble avoir des effets néfastes sur l’emploi des pays industrialisés

1) Aspect quantitatif : chômage et délocalisation

– angoisse de la délocalisation (« La peur a brutalement changé de camp » (Daniel COHEN)) : concurrence des « hommes qui valent peu » (BRAUDEL)

– ex. du « grand bruit de succion » contre lequel le sénateur US Ross PEROT avait mis en garde les Américains lors de la signature de l’ALENA en 1992 ;

– la concurrence n’est pas viable entre pays de niveaux de vie très différents : elle apportera la destruction de toutes les industries de l’Europe de l’Ouest et celle des pays développés, et la croissance dramatique du chômage (La mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance, 1999) ;

– responsabilité limitée en France : que 10 % des licenciements (OCDE)

 

2) Aspect qualitatif : précarité, FPE, pression à la baisse des salaires, inégalités

– gagnants vs. perdants : « manipulateurs de symboles » (L’économie mondialisée, Robert REICH) qui sont des travailleurs hautement qualifiés protégés par leur fort capital humain (ingénieurs, cadres du tertiaire par exemple) ou par des réglementations nationales (avocats et médecins par exemple) vs. « travailleurs routiniers » (REICH) en concurrence avec les « homme qui valent si peu ».

– creusement des inégalités de salaires entre les deux catégories : a) 1975-1995 : salaire des Américains sans diplôme en baisse de 20 %, celui des diplômés en hausse de 14 % ; b) ouvriers de l’Ouest soumis à une pression à la baisse sur leurs salaires par les pays asiatiques (Are Your Wage Set in Beijing ?, FREEMAN) ; c) constitution d’une oligarchie en vase clos sans attache nationale (Richistan : A Journey through the American Wealth Boom, 2007, R. FRANCK) ; d) seuls les working riches bénéficient de la mondialisation (La finance, facteur d’inégalités, GODECHOT).

– augmentation des indicateurs d’inégalités internes dans la plupart des pays : ex. du coefficient de Gini passé aux EUA 0,33 à 0,38 et en Chine de 0,1 à plus de 0,45 depuis les années 1980 –> lien direct entre ce résultat et l’insertion dans le commerce international pour SAPIR (La démondialisation) ;

– gagnants aussi menacés ? La mondialisation entraîne une « globalisation des compétences » qui rapproche les pays émergents de la frontière technologique et menace ainsi les travailleurs qualifiés des pays développés (La vente aux enchères mondiale : les promesses rompues de l’éducation, des emplois et des revenus, Philip Brown, Hugh Lauder et David Ashton).

II – Ne pas faire de la mondialisation le bouc émissaire (« La mondialisation n’est pas coupable » pour KRUGMAN)

1) Éléments qui modèrent l’impact de la mondialisation

– retour d’entreprises : Bel Air (50 % de la production), Louis Vuitton (le PDG Bernard Arnault parle de « relocalisation ») ;

– mondialisation est source de croissance et donc d’emplois (loi d’OKUN : il existe une relation linéaire empirique entre le taux de croissance (du PIB) et le taux de chômage : celui-ci augmente en dessous d’un certain seuil de croissance, et il diminue au-dessus de ce seuil (Le PNB potentiel : sa mesure et sa signification, 1962) ;

– Jeffrey SACHS & Andrew WARNER (1995) : les pays fermés (ceux qui augmentent leurs droits de douanes) connaissent des taux de croissance largement inférieurs aux pays « ouverts » : les pays industrialisés ouverts sont à + 2,3 % TCAM, les PED ouverts à + 4,6 %, et les pays fermés à + 0,7 %.

– baisse du niveau moyen des droits de douanes de 40 % à 8 % entre 1947 et 1994, pendant que le PIB réel mondial est multiplié par cinq.

 

2) Responsabilité du progrès technique

– biais du progrès technique en faveur des travailleurs qualifiés selon KRUGMAN (La mondialisation n’est pas coupable) et COHEN (pauvreté du monde, richesse des nations) ;

– apparition d’une nouvelle vague d’innovations autour des NTIC et qui entraînerait au départ une nouvelle vague d’inégalités (KUZNETS : la croissance économique est la conséquence de l’investissement, lequel permet la diffusion du progrès technique (La croissance économique moderne : taux, structure, et diffusion, 1966)) ;

– paradoxe théorique : l’inégalité résultant de l’innovation devrait se résoudre par une course permanente entre l’innovation et l’éducation (GOLDIN et KATZ, The Race Between Education and Technology) mais on estime que l’essentiel de la hausse des inégalités se produit au sein de populations à niveau d’éducation comparable ;

– Le progrès technique est bénéfique à condition qu’il s’accompagne d’une rénovation des bases de la répartition de la richesse, sinon il prive injustement toute une partie de la population de son travail et de ses moyens de subsistance (« Le chômeur, au lieu d’être la rançon de la science, devrait en être la récompense » dans La grande relève des hommes par la machine, 1932, Jacques DUBOIN).

 

Arnaud LABOSSIERE


Passé par HEC, Arnaud Labossière enseigne l’économie en classe préparatoire et sur Livementor. Il est l’auteur du manuel L’Essentiel de l’histoire économique (éd. Sonorilon), qui compte parmi les ouvrages les plus vendus de la catégorie. Il y analyse chacune des parties du programme d’ESH sous un angle à la fois historique et théorique, en distinguant pour chaque chapitre le XIXème siècle, le XXème siècle et l’actualité récente. Le manuel est structuré en paragraphes « prêts à l’emploi » pour la dissertation avec des couples théorie-exemple.

Arnaud Labossière est également le créateur de l’application KHUUBE, qui permet de ficher automatiquement ses cours.

 

Pour les bizuths ou les carrés qui comptent cuber : retrouvez Arnaud lors d’un cours en ligne d’ESH jeudi 19 h juin à 15 h. Lors de cette séance (gratuite), il vous partagera toutes les astuces et techniques pour réussir les épreuves d’économie au concours. En bonus, vous aurez le droit à des bonnes copies de concours des années précédentes pour vous faire une idée de ce que veulent lire les correcteurs.
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Révise efficacement ton ESH avec nos autres articles 🙂

Mehdi Cornilliet Fondateur

22 ans, étudiant à HEC Paris, ancien étudiant en prépa ECS au Lycée La Bruyère (Versailles) et fondateur de Major-Prépa.