Le tournant libéral des années 80 Le tournant libéral des années 80
Entre 1945 et 1973, la théorie keynésienne reçoit une large confirmation grâce au succès des politiques économiques des Trente Glorieuses. Après le premier choc... Le tournant libéral des années 80

Entre 1945 et 1973, la théorie keynésienne reçoit une large confirmation grâce au succès des politiques économiques des Trente Glorieuses. Après le premier choc pétrolier cependant, les libéraux prennent leur revanche sur Keynes. Ces économistes néolibéraux considèrent que le marché est le meilleur régulateur de l’économie et préconisent donc un désengagement de l’Etat.

Ces idées ont été mises en œuvre au cours des années 80 par R. Reagan aux Etats-Unis, par M. Thatcher en Grande-Bretagne, et par F. Mitterrand en France.

  • Margaret Thatcher, leader du parti Conservateur, arrive au pouvoir en 1979 en Grande-Bretagne. Dès son élection, elle engage une large politique de libéralisation, de privatisation et de déréglementation. Libéralisation d’abord, parce qu’elle met en place un processus de désengagement de l’Etat dans le but de casser les monopoles publics. Privatisation, ensuite, parce qu’elle autorise l’entrée des entreprises privées sur le marché, afin de concurrencer les anciens monopoles. Déréglementation, enfin, parce qu’elle engage également des réformes structurelles qui réduit notablement le rôle de l’Etat dans le monde du travail. Par exemple, l’Employment Act simplifie toutes les procédures (embauche, licenciement et règlement des conflits).

Son bilan est plutôt mitigé. En voici un résumé par l’historien F-C Mougel : « À l’actif : la libération des initiatives, la baisse de l’inflation, des subventions et des charges, la reprise de la croissance et de l’emploi, la paix sociale et une hausse globale du niveau de consommation et de vie. Au passif : la désindustrialisation, les inégalités sociales, régionales et professionnelles, la vulnérabilité des entreprises, des personnels et des secteurs, les effets risqués de l’ouverture à l’étranger et l’excessive suprématie de la valeur-argent. »

  • Aux Etats-Unis, Ronald Reagan arrive au pouvoir en 1981. D’une manière générale, son élection marque une étape dans la droitisation des politiques économiques mondiales. Républicain conservateur, il souhaite désengager l’Etat, réduire la fiscalité et lutter contre l’inflation.

Dans un même temps, il rend la déclaration d’impôts plus facile à comprendre : malheureusement cette action entraîne une augmentation de l’évasion fiscale. Enfin, contexte de guerre froide oblige, Ronald Reagan augmente les dépenses militaires publiques et accroît le déficit budgétaire.

Comme Thatcher, il réduit l’impôt de ménages et des entreprises ce qui entraîne une hausse des recettes fiscales.

Les résultats sont indéniables : entre 1983 et 1997, la croissance est de plus de 3% par an. Cependant, les conséquences sociales ont été terribles et cette période est marquée par la violence dans les ghettos et l’extension de la pauvreté.

  • En France, François Mitterrand arrive au pouvoir en 1981. Il nomme alors Pierre Maurois comme Premier Ministre. Entre 1981 et 1983, ils mènent une politique qui va à l’encontre des libéraux et appliquent le programme socialiste de Mitterrand. Malheureusement, les résultats sont médiocres et c’est par nécessité que le Président de la République lance, en 1983, le « tournant de la rigueur ».

Un processus de privatisation est mis en place et les marchés financiers sont partiellement délégués. Les salaires sont désindexés sur les prix pour la première fois depuis trente ans. Enfin, le choix est fait de rester au sein du Système Monétaire Européen, afin de réduire la différence d’inflation vis-à-vis de la RFA. Le taux d’inflation est divisé par trois en trois ans.

Ce tournant provoque des divisions à gauche et induit une cohabitation droite-gauche dès 1986. Mitterrand adopte alors les politiques libérales de Libéralisation, Privatisation et Déréglementation.

Les conséquences de ce tournant politique :

A son départ, la Dame de Fer laisse une situation économique « assainie » selon Le Monde. Son bilan se caractérise par quatre éléments :

  • Une inflation qui, malgré une nette baisse au milieu des années 1980, reste non négligeable
  • Une croissance économique importante
  • Un Etat largement désengagé dans l’économie
  • Un chômage qui atteint 6,8% lors de l’année 1990 (dernière année de M. Thatcher au pouvoir)

Les reproches dont elle doit faire face sont tout de même nombreux. Elle est accusée de dégradation des infrastructures et du secteur public. Lui sont également reprochés l’augmentation de la précarité salariale, du nombre de pauvres et des disparités sociales

Sur le plan social, l’une des conséquences directes de la politique de Margaret Thatcher et le développement de la propriété privée. Elle a également diminué le pouvoir qu’avaient les syndicats, ce qui, pour The Independent était nécessaire étant donné l’Etat du pays handicapé par la toute-puissance des syndicats.

Les politiques étant globalement les mêmes entre les trois Etats étudiés, les conséquences auront des similitudes. Ainsi, les conséquences des périodes Reagan et Mitterrand sont comparables à celles du thatchérisme : gonflement incontrôlé de l’endettement des ménages et des Etats dû au manque d’encadrement des pratiques financières, augmentation de la pauvreté et des inégalités et large désengagement de l’Etat vis-à-vis de l’économie.

 

Le tournant libéral arrive donc en réponse aux chocs pétroliers de 1973 et 1979 : les faits montrent que les politiques keynésiennes ne suffisent plus à améliorer la situation économique mondiale. Les années quatre-vingt connaissent un tournant politique international d’une importance majeure. Les gouvernements américains, britanniques et français mettent en place des politiques libérales qui comprennent la libéralisation, le désengagement l’Etat, la privatisation et la déréglementation. Il est important de retenir que les conséquences de ce tournant politique sont, autant sur le plan économique que sur le plan social, très mitigées.

 

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Léa Hauviller

Ancienne élève en CPGE B/L au lycée Notre Dame Saint Sigisbert (Nancy). Actuellement étudiante en première année à Skema (Sophia Antipolis)