En 2026, l’Entente cordiale semble renaître des cendres du Brexit. Profitant du froid entre Paris et Berlin, la relation franco-britannique redevient centrale pour les deux pays. Mais qu’est-ce vraiment l’Entente cordiale ?
L’Entente cordiale, c’est quoi ?
L’Entente cordiale est une série d’accords signés entre la France et le Royaume-Uni en 1904, scellant la réconciliation entre les deux voisins après des années de guerres napoléoniennes et de rivalités coloniales. Cet accord est la base et le fondement de l’amitié franco-britannique, qui perdure jusqu’à aujourd’hui. Presque chaque sommet bilatéral est l’occasion de rappeler l’Entente cordiale, renforçant sa symbolique année après année.
On imagine mal aujourd’hui le caractère difficile de cette alliance dans le contexte géopolitique de 1904. La France et le Royaume-Uni étaient, dans la mémoire collective, rivaux (voire ennemis) depuis la nuit des temps. Les souvenirs de Jeanne d’Arc, de la guerre de Cent Ans ou encore de Waterloo n’étaient pas profondément enfouis, loin de là. Et puis, une fois signée, nul ne se doutait que cette Entente cordiale allait durer plus d’un siècle.
La rivalité coloniale
Dans le contexte de 1904, la rivalité principale entre Paris et Londres se joue au niveau des colonies. Tous les continents sont concernés. C’est notamment le cas de l’Afrique et de l’Asie. Les deux nations essaient de construire de grands empires et s’affrontent indirectement sur de nombreux terrains.
Il y a une crise qui joue un rôle crucial dans la mise en place de l’Entente cordiale. C’est la crise de Fachoda de 1898. Cette crise a failli entraîner une guerre entre les deux armées coloniales, mais a au contraire permis in fine un rapprochement entre les deux frères ennemis.
La crise de Fachoda, cruciale pour l’Entente cordiale
Depuis l’arrivée de Napoléon en Égypte, Français et Britanniques se disputent le pays des pharaons. En fin de compte, ce sont les Britanniques qui s’y installent. Cette situation ne plaît guère à Paris, qui veut contrecarrer les plans britanniques. Le plan Fachoda est alors mis en place par la France, du nom du village de Fachoda, situé sur le Nil, au Soudan, au sud de l’Égypte. Le commandant Marchand est alors envoyé avec une petite troupe pour s’emparer de Fachoda. Ce qu’il fait donc, au nom de la France.
Sauf qu’à peu près au même moment, l’Anglais Kitchener descendait le Nil avec ses 3 200 soldats. Une fois arrivé à Fachoda, il est surpris et irrité par la présence française. Débute alors une crise entre les deux capitales pour le sort de Fachoda. Londres menace Paris et exige le départ de Marchand. Les Anglais se disent prêts à se battre, pour le village de Fachoda.
Delcassé, l’artisan français de l’Entente cordiale
Théophile Delcassé est alors ministre des Affaires étrangères. Partisan d’un rapprochement avec l’Angleterre et face à l’ultimatum de celle-ci, il ordonne aux soldats français de quitter Fachoda. Cette décision choque l’opinion publique, galvanisée par le nationalisme. Mais il va parvenir à faire de cette humiliation française une victoire diplomatique. En effet, l’idée de Delcassé est d’utiliser le retrait français de Fachoda pour ouvrir d’autres négociations avec l’Angleterre.
Les raisons britanniques
Le Royaume-Uni est à ce moment au pic de sa gloire. Il n’a pas réellement besoin d’une quelconque alliance, qui plus est avec la France. Londres est la capitale du plus grand Empire colonial. C’est l’Empire sur lequel le soleil ne se couche jamais. De plus, la flotte anglaise est de loin la plus puissante du monde. C’est la célèbre Royal Navy. Il n’y a donc aucun danger existentiel pour le Royaume-Uni.
Sauf qu’il y a un pays qui agace de plus en plus les Britanniques : l’Allemagne. Ce pays est devenu en peu de temps une puissance industrielle. Mais la reine Victoria était persuadée qu’aucun membre de sa famille ne pourrait se dresser contre son pays. Or, l’empereur allemand Guillaume II était son petit-fils. Lorsque la reine décède en 1901, les choses commencent à changer. Guillaume II met en place une marine allemande qui a pour but principal de rivaliser avec la marine britannique. Une rivalité géopolitique entre l’Allemagne et le Royaume-Uni se met progressivement en place. Les deux armées s’affrontent même de manière indirecte, comme lors de la guerre des Boers en Afrique du Sud.
Saisissant la menace que fait peser l’Allemagne sur l’hégémonie britannique, Londres décide alors de se tourner progressivement vers la France, qui ne s’était pas encore remise de sa défaite à Sedan. Le fait d’avoir une armée alliée sur le continent paraît stratégique aux yeux des Britanniques.
Edouard VII, l’artisan anglais de l’Entente cordiale
En 1901, Edouard VII succède à la reine Victoria. Au cours de son règne de neuf ans, ce monarque francophile et francophone gagne le surnom de Peacemaker. En 1903, il décide ainsi de se rendre en France dans un moment de tensions exacerbées. L’atmosphère est en effet au nationalisme et au jingoïsme. Personne ne s’attend à rien de positif de cette visite.
Sa rencontre avec le président français Émile Loubet pose les bases de l’Entente cordiale. Son attitude et sa jovialité surprennent. Il fait fi de l’anglophobie ambiante et déclare vouloir faire de la France un pays ami pour toujours. Il affirme même se sentir chez lui en France.
L’Entente cordiale
Cette visite resserre les liens entre les deux voisins. Grâce à l’habileté de Delcassé, entre autres, les deux pays se mettent d’accord pour régler leurs différends coloniaux. La France accepte de laisser l’Égypte à l’Angleterre. En échange, l’Angleterre soutient la France dans sa volonté de coloniser le Maroc.
L’Entente cordiale, formalisée le 8 avril 1904, est aussi l’occasion de régler divers contentieux qui subsistaient entre les deux puissances, à l’instar de la délimitation des frontières entre le Niger français et le Nigéria britannique, ou encore des différends de pêche. Comme il s’agit d’une entente et non d’une alliance, les deux pays préservent leur liberté d’action, tout en se concertant sur les grands enjeux.
En 1907, le Royaume-Uni signe des accords similaires avec la Russie qui, elle, était alliée de la France depuis 1892. C’est la Triple Entente. Elle s’oppose à la Triple Alliance menée par l’Allemagne. Ces alliances jouent un rôle clé dans le déclenchement et le déroulé de la Première Guerre mondiale.
L’Entente cordiale face aux difficultés de l’entre-deux-guerres
Après la Première Guerre mondiale, l’Entente cordiale ne disparaît pas, mais elle se transforme profondément. Après 1918, les deux pays sortent victorieux du conflit et participent ensemble à l’organisation de l’ordre international issu de la guerre. Ils coopèrent lors de la préparation du traité de Versailles en 1919, qui impose à l’Allemagne des réparations financières importantes et de fortes limitations militaires.
Paris et Londres soutiennent également la création de la Société des Nations, censée garantir un système de sécurité collective. Dans les années 1920, cette coopération se poursuit dans le cadre des accords de Locarno de 1925, par lesquels l’Allemagne reconnaît ses frontières occidentales avec la France et la Belgique, tandis que le Royaume-Uni et l’Italie en deviennent les garants. Ces initiatives témoignent encore d’une volonté franco-britannique commune de stabiliser l’Europe.
Des visions différentes
Cependant, derrière cette apparente entente, des divergences stratégiques apparaissent assez rapidement. La France, profondément marquée par les destructions de la guerre et inquiète de la puissance démographique et industrielle allemande, cherche avant tout à garantir sa sécurité en maintenant une pression forte sur l’Allemagne.
Paris veut mettre l’Allemagne à terre, ce que ne veut pas Londres. Le Royaume-Uni adopte une approche plus conciliante. Il estime qu’une Allemagne trop affaiblie risquerait de déstabiliser le continent et de trop renforcer la France et préfère favoriser une réintégration progressive de l’Allemagne dans le système international. Il y a aussi pour Londres des raisons financières et commerciales.
En 1923, face aux retards allemands dans le paiement des réparations, la France décide d’occuper la région industrielle de la Ruhr. Le gouvernement britannique critique ouvertement cette initiative, qu’il juge excessive et susceptible d’aggraver les tensions en Europe. Dans les années suivantes, Londres soutient plutôt des solutions visant à réorganiser et alléger les réparations, notamment avec le plan Dawes de 1924, puis le plan Young de 1929.
Les années 1930, des années difficiles
Les divergences deviennent encore plus visibles dans les années 1930, lorsque l’Allemagne nazie entreprend de remettre en cause l’ordre issu de Versailles. Le Royaume-Uni adopte progressivement une politique de conciliation (appeasement) visant à éviter une nouvelle guerre en acceptant certaines revendications allemandes.
Cette politique inquiète fortement la France, qui voit dans le réarmement allemand une menace directe pour sa sécurité. L’exemple le plus révélateur est l’accord naval germano-britannique signé en 1935. Par cet accord, Londres autorise l’Allemagne à posséder une flotte de guerre équivalente à 35 % de la flotte britannique, ce qui constitue une violation claire du traité de Versailles. La France n’est pas consultée lors de ces négociations et considère cet accord comme un affaiblissement de la solidarité franco-britannique, car il légitime le réarmement allemand.
L’année suivante, la réoccupation de la Rhénanie par les troupes allemandes en 1936 accroît les divergences entre Paris et Londres. Pour la France, cette action constitue une violation grave du traité de Versailles et des accords de Locarno. Certains responsables français envisagent même une réponse militaire. Cependant, le gouvernement britannique refuse de soutenir une intervention armée. Il estime que l’Allemagne ne fait que reprendre le contrôle d’un territoire qui lui appartient. Ce manque de soutien britannique contribue à la passivité française et encourage indirectement l’expansion de l’Allemagne nazie.
L’alliance en dernier recours
À la fin des années 1930, face à l’agressivité croissante de l’Allemagne, les deux pays se rapprochent à nouveau. En 1939, la France et le Royaume-Uni accordent ensemble des garanties de sécurité à la Pologne, promettant de l’aider en cas d’agression allemande. Lorsque l’Allemagne envahit la Pologne en septembre 1939, les deux puissances n’ont d’autre choix que de déclarer la guerre à Berlin.
L’Entente cordiale a montré qu’elle pouvait résister aux tribulations et aux contentieux entre les deux pays. En juin 1940, les deux pays ont même failli fusionner. Une idée de Jean Monnet, approuvée par De Gaulle et Churchill. Le cabinet britannique avait donné son accord (Parlement commun, citoyenneté commune, défense commune), mais les ministres français refusent.
L’héritage de l’Entente cordiale
La guerre froide
Dans le contexte de la guerre froide, la relation franco-britannique s’inscrit surtout dans le cadre des alliances occidentales. Les deux États participent à la création de l’OTAN en 1949 et partagent la même volonté de contenir l’expansion du bloc soviétique. Mais les trajectoires politiques et diplomatiques commencent à diverger sur plusieurs questions majeures.
Une première tension apparaît autour de la construction européenne. La France joue un rôle central dans la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier en 1951, puis de la Communauté économique européenne en 1957. Elle inclut notamment l’Allemagne dans ce projet. Le Royaume-Uni, en revanche, reste en marge de ces projets. Londres privilégie des structures plus souples de coopération économique. Elle tient notamment à ses liens avec le Commonwealth et à sa relation privilégiée avec les États-Unis. Cette divergence crée un décalage entre les deux pays dans leur vision de l’avenir de l’Europe.
La crise de Suez en 1956 constitue un moment particulier où la France et le Royaume-Uni agissent à nouveau comme partenaires stratégiques. Les deux pays s’allient à Israël pour intervenir militairement en Égypte après la nationalisation du canal de Suez par Gamal Abdel Nasser. Cependant, l’intervention échoue sous la pression diplomatique des États-Unis et de l’Union soviétique, ce qui révèle le déclin de la puissance franco-britannique et renforce la dépendance européenne vis-à-vis des superpuissances.
Charles de Gaulle face aux Britanniques
Dans les années 1960, la relation entre les deux pays se tend à nouveau, notamment à cause de la politique du général Charles de Gaulle. Le Royaume-Uni souhaite rejoindre la Communauté économique européenne afin de participer au marché commun en pleine expansion. De Gaulle s’y oppose fermement et oppose son veto à deux reprises, en 1963, puis en 1967. Il considère que le Royaume-Uni est trop étroitement lié aux États-Unis et qu’il risquerait de servir de cheval de Troie pour les Américains. Les relations entre les deux rives de la Manche se refroidissent à cette période.
Après le départ de De Gaulle du pouvoir en 1969, les négociations reprennent et le Royaume-Uni finit par rejoindre la Communauté économique européenne en 1973. Cette adhésion marque un tournant important dans les relations franco-britanniques. Les deux pays se retrouvent désormais partenaires au sein du même projet d’intégration économique européenne. Cependant, cette coopération reste parfois difficile, car les visions de l’Europe des deux pays ne coïncident pas. En 1972, à la veille de l’entrée de son pays dans la CEE, la reine Elisabeth II résumait :
Nous ne roulons pas du même côté de la route, mais nous allons dans la même direction.
Margaret Thatcher face à l’Europe
Dans les années 1980, les relations entre la France et le Royaume-Uni sont fortement influencées par la personnalité et les choix politiques de Margaret Thatcher. La Première ministre britannique, très hostile à la France, adopte une position critique à l’égard du fonctionnement budgétaire de la Communauté européenne, estimant que le Royaume-Uni contribue trop au financement du budget communautaire. Elle obtient en 1984 un mécanisme de remboursement partiel de la contribution britannique. C’est le fameux « I want my money back ».
Malgré ces désaccords, la coopération franco-britannique reste importante dans plusieurs domaines, notamment en matière de défense et de politique internationale. Les deux pays demeurent des puissances nucléaires et des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.
Le couple franco-allemand et la Special Relationship
Au fil de la seconde moitié du XXᵉ siècle et plus encore après la guerre froide, l’Entente cordiale cesse progressivement d’être l’axe central de la politique étrangère française et britannique. Deux autres partenariats structurants prennent sa place. Pour la France, la priorité stratégique devient le couple franco-allemand, fondé sur la réconciliation avec l’Allemagne de l’Ouest après 1945 et institutionnalisé par le traité de l’Élysée de 1963. Cette relation devient le moteur principal de la construction européenne, notamment dans le cadre de la CEE puis de l’UE.
Pour le Royaume-Uni, l’orientation dominante reste au contraire la « Special Relationship » avec les États-Unis. Celle-ci est fondée sur des liens militaires, diplomatiques et culturels étroits, ainsi que sur une coopération stratégique privilégiée au sein de l’OTAN. Ce double réalignement fait que, même si les relations franco-britanniques demeurent importantes, elles ne constituent plus le cœur de l’équilibre politique européen.
L’Entente cordiale subsiste surtout comme héritage historique et comme cadre symbolique de coopération, tandis que les dynamiques décisives de la politique européenne et occidentale se structurent désormais autour de l’axe Paris-Berlin d’un côté et du partenariat Londres-Washington de l’autre.
La rupture : l’Irak et le Brexit
Au début du XXIᵉ siècle, la coopération entre les deux pays demeure réelle, notamment dans les domaines militaire et diplomatique. Mais elle est régulièrement fragilisée par des divergences politiques non négligeables.
Tony Blair face à Jacques Chirac
La première grande rupture intervient au moment de la guerre d’Irak en 2003. Après les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis préparent une intervention militaire contre le régime de Saddam Hussein. Le Royaume-Uni, dirigé par Tony Blair, choisit de soutenir activement l’administration américaine de George W. Bush et participe à la coalition militaire qui envahit l’Irak.
La France, sous la présidence de Jacques Chirac, adopte au contraire une position d’opposition ferme à cette intervention. Paris estime que la guerre n’est pas justifiée. Elle menace d’utiliser son veto au Conseil de sécurité des Nations unies pour empêcher l’adoption d’une résolution autorisant l’usage de la force.
Paris est notamment soutenue par Berlin dans cette affaire. Cette divergence provoque une forte tension diplomatique entre les deux pays et met en évidence leurs orientations stratégiques différentes. Le Royaume-Uni privilégie sa relation spéciale avec les États-Unis. De son côté, la France cherche à défendre une approche multilatérale fondée sur le droit international.
Les relations ne sont pas rompues pour autant. Le réchauffement des relations permet la signature des accords de Lancaster House en 2010. Ceux-ci renforcent la coopération en matière de défense, de recherche militaire et de gestion des capacités nucléaires.
Le Brexit
La deuxième grande rupture intervient avec le Brexit. En 2016, le Royaume-Uni organise un référendum sur son maintien dans l’Union européenne, et une majorité d’électeurs vote en faveur de la sortie. Ce choix marque une transformation profonde des relations entre Londres et les pays européens.
Cette sortie modifie l’équilibre politique et économique du continent. Les négociations sur les conditions du Brexit, menées entre 2017 et 2020, sont parfois tendues et donnent lieu à des désaccords sur plusieurs sujets, notamment les droits de pêche dans les eaux britanniques, les règles commerciales et la gestion de la frontière en Irlande.
Le Brexit entraîne également des frictions bilatérales entre la France et le Royaume-Uni sur des questions pratiques. Les tensions apparaissent notamment autour de la pêche, certains pêcheurs français estimant perdre l’accès à des zones traditionnellement exploitées. D’autres différends concernent la gestion des flux migratoires dans la région de Calais et la coopération en matière de contrôle des frontières. Ces débats illustrent les nouvelles difficultés qui apparaissent dans une relation désormais structurée par le fait que le Royaume-Uni n’appartient plus au cadre institutionnel européen.
Les relations entre Paris et Londres deviennent particulièrement tendues sous le mandat de Boris Johnson. En 2021, lors de la crise de l’AUKUS au sujet des sous-marins pour l’Australie, les Français se sentent trahis par les Anglais et les Américains. En 2022, le court mandat de Liz Truss accentue la crise. Lorsqu’un journaliste lui demande si la France est une amie ou une ennemie, elle préfère botter en touche.
Le retour de l’Entente cordiale
Quand Rishi Sunak devient Premier ministre, il opère un retournement de la diplomatie britannique. Il coopère notamment avec la France pour faire face à l’immigration illégale et les traversées de la Manche. C’est sous sa primature qu’a lieu la visite d’État du roi Charles III en 2023 (première visite d’État du monarque). Dans la même lancée, Rishi Sunak parvient à un accord avec l’UE au sujet de l’Irlande du Nord (qui partage des frontières avec l’Irlande, qui, elle, est dans l’UE).
L’arrivée ensuite de Keir Starmer aux manettes change la donne. C’est un fervent partisan d’un rapprochement avec l’UE. Sous sa primature, les contentieux entre Paris et Londres sont beaucoup moins nombreux. Conscient de ses mauvaises relations avec Donald Trump, Starmer voit en Paris un allié fiable avec des intérêts convergents, là où la Special Relationship semble ne plus avoir rien de spécial.
Focus : la visite d’État de Macron au Royaume-Uni (2025)
Après le Brexit, la crise sur l’AUKUS ou encore les propos hostiles de Liz Truss, la situation s’est grandement améliorée. La visite d’État du roi Charles III en 2023 avait illustré le réchauffement des relations entre les deux voisins. En 2025, Emmanuel Macron devient le premier dirigeant européen à être invité pour une visite d’État depuis le Brexit. Dans le contexte de la guerre en Ukraine et du retour de Donald Trump, Paris et Londres font front commun. Ils dirigent ensemble la coalition des volontaires visant à soutenir l’Ukraine et préparer la période post-guerre.
Durant cette visite d’État, les deux pays signent l’accord « One in, one out ». Il inclut de renvoyer en France les migrants arrivés par la Manche. En échange, Londres devrait accueillir le même nombre de demandeurs d’asile provenant de France.
Les deux pays ont une culture stratégique qui leur est propre. Une culture que l’Allemagne n’a pas, par exemple. Les deux capitales sont les seules puissances européennes à avoir l’arme nucléaire et à siéger au sein du Conseil permanent des Nations Unies. Elles ont donc un rôle international très particulier, et ce, depuis 1945. Même s’il est vrai que les difficultés budgétaires des deux pays affaiblissent relativement les deux armées.
Conclusion
Les deux pays gardent cette relation de cordialité (de cœur) qui transcende les divergences et résiste à l’usure du temps. Les tergiversations britanniques à l’égard de l’Europe, atteignant leur paroxysme avec le Brexit, ont parfois compliqué cette entente sans jamais l’éroder. En 2026, dans un contexte où Washigton ou encore Berlin font cavalier seul, les deux chancelleries redécouvrent à quel point leurs intérêts stratégiques et vitaux convergent.
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