La thérapie de choc des pays de l’ex-URSS (2) La thérapie de choc des pays de l’ex-URSS (2)
Si vous avez manqué la partie 1, c’est par ici LE CAS DE LA RUSSIE LES TRANSFORMATIONS ET MUTATIONS ECONOMIQUES ET SOCIALES Gorbatchev Tout... La thérapie de choc des pays de l’ex-URSS (2)

Si vous avez manqué la partie 1, c’est par ici

LE CAS DE LA RUSSIE

LES TRANSFORMATIONS ET MUTATIONS ECONOMIQUES ET SOCIALES

  • Gorbatchev

Tout commence au début des années 1990, année pendant laquelle Gorbatchev met en place deux politiques en URSS, à savoir la glasnost et la perestroïka, qui ont insufflé de nombreux changements dans l’Union : libéralisation de la presse, élection du président, orientation économique progressive vers le libre marché.

  • Eltsine

En 1991, à la suite de la dislocation de l’URSS, le successeur de Gorbatchev, Eltsine, procède à une réforme radicale de l’économie. Bien que tout le monde s’accorde sur la nécessite de conduire la Russie vers une économie de marché, deux écoles s’opposent pour la démarche à suivre ; la démarche radicale et la démarche gradualiste. Finalement, la voie radicale l’emporte, bénéficiant du soutien du FMI et du Département du Trésor des Etats-Unis. Comme Eltsine a accepté de suivre la voie voulue par les Américains et les Occidentaux en général, les capitaux étrangers affluent avec des taux d’intérêts attractifs. En un temps record, la Russie accumule une dette extérieure record passant de 60 à 184 milliards de dollars entre 1990 et 1999.

Le plan de stabilisation instauré en Russie porte aussi sur la réduction des déficits publics et le ralentissement de la création de monnaie. Le déficit passe de 20% en 1991 à 6% en 1992. Le taux d’intérêt se redresse progressivement pour atteindre 80%. Le but originel d’une telle hausse était de limiter le crédit et donc la création de monnaie. Elle a, en réalité, mis de nombreuses entreprises en difficulté.

Quand Boris Eltsine arrive à la fin de son mandat, la situation économique russe est peu enviable : entre 1990 et 1998, le PIB russe a baissé en moyenne de 7,5% par an. Ce fut un véritable coup dur pour la Russie, à une époque durant laquelle la Chine enregistre un taux de croissance annuel de l’ordre de 10%. Si la population plonge dans la misère, une nouvelle élite fait son apparition en Russie, il s’agit de la mafia russe qui connaît une croissance sans limite et inversement proportionnelle au déclin de l’économie. En août 1998, l’effondrement financier force par aillleurs le gouvernement à dévaluer le rouble. Le pays se retrouve en défaut sur sa dette extérieure et est également obligé de suspendre les paiements en devises étrangères par les agents privés : une action sans précédent dans l’histoire mondiale des finances.

LES PRIVATISATIONS

Sous Gorbatchev, les tentatives de privatisation ont été un véritable échec, si bien que dès 1992, l’équipe nouvellement arrivée au pouvoir lançait une privatisation massive : des vouchers ont été vendus à la population afin que celle-ci puisse acheter des parts des entreprises privatisées ou bien décider de les revendre aux autres agents. Malheureusement, la population russe n’a pas pu profiter de cette initiative car les agents économiques manquaient d’informations sur le processus. Certaines entreprises se sont révélées être bancales et ont fait faillite. Ces vouchers ont profité uniquement aux personnes occupant déjà une fonction importante dans une entreprise et non au citoyen lambda. De facto, ceux qui étaient déjà au pouvoir sont restés au pouvoir.

Pour les raisons précédemment citées, le gouvernement russe décide d’aller plus loin, et, en 1994, il décide de privatiser des secteurs clés tels que l’énergie, les métaux et les télécommunications. Cette privatisation a une fois encore bénéficié à un groupe de personnes limitées, souvent proches du pouvoir ou bien au secteur bancaire avec l’achat des entreprises par les banques. Le corruption endémique a largement entretenue cette économie morose et exsangue qui caractérise la Russie des années 1990.

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Noémie Moreau

Ancienne élève au lycée Dupuy de Lôme (Lorient) voie S. Actuellement étudiante en deuxième année à SKEMA et à l'université Jean Moulin (Lyon) en relations internationales et diplomatie.