armée

Que tu aies choisi l’option anglais pour les concours de l’ENS, ou que tu veuilles réviser des notions de civilisation américaine, cette fiche sur les évènements qui précèdent la révolution américaine te sera certainement utile !

Introduction

Entre 1763 et 1774, le gouvernement britannique a imposé à sa colonie américaine une série de mesures. Westminster souhaitait ainsi prendre le contrôle du commerce dans les colonies et du peuplement sur la frontier. Ces mesures devaient également contribuer à réduire le coût que représentait l’administration des colonies et à combler la dette suite à la French and Indian War. 

Mais chaque mesure suscite le mécontentement des colons, habitués à ce que Westminster leur laisse une large autonomie dans leur administration. C’est l’accumulation de ces réformes qui ont poussé les colonies américaines à faire sécession de la Grande-Bretagne.

La dette de la Grande-Bretagne dans les suites de la French and Indian War

Des tensions sur la frontier

1763 : la French and Indian War s’achève. 10 000 soldats restent stationnés en Amérique pour défendre la frontier afin d’éviter une autre guerre coûteuse. D’autre part, les colons souhaitent s’étendre au-delà des Appalaches : la culture intensive du tabac a rendu les sols infertiles. Mais cette chaîne montagneuse est une zone de tension avec les natifs. En effet, si les colonies américaines s’étendent en théorie de la Floride au Canada, une grande partie de cette zone est en pratique sous le contrôle des natifs. 

1763 : début de la guerre de Pontiac. Les natifs sont affaiblis par le départ de leurs alliés français. Ils se réunissent en coalition autour de Pontiac, le chef d’une tribu Delaware. Pour expulser les colons américains, ils assiègent leurs villages. La grande violence des conflits nourrit une grande haine des natifs chez les colons. 

1766 : les conflits s’achèvent lorsque les Indiens réalisent que les Français ne reviendront pas. Les Britanniques avaient déjà pris leurs précautions : en 1763, la Proclamation Line interdit aux colons de s’installer au-delà des Appalaches. 

La dette nationale britannique et les réformes impériales

1756-1763 : la moitié du budget était dédiée au paiement des intérêts et à la présence militaire en Amérique. Les impôts sont d’abord augmentés en métropole, mais affectent principalement les classes populaires. 

1764 :

  • Currency Act : l’impression de monnaie coloniale est interdite. Pour payer les marchands, les clients devront fournir de l’or et de l’argent. Le nouveau Premier ministre, Lord Bute, fait ainsi contribuer les colonies à la stabilisation de l’Empire.
  • Sugar Act : les taxes sur la mélasse provenant de Grande-Bretagne sont réduites. La loi est appliquée avec une grande sévérité pour décourager la contrebande. On crée par exemple des Vice-admiralty Courts, sans jury, un droit pourtant garanti dans la Constitution. 

Le Stamp Act et les Sons and Daughters of Liberty

Le Stamp Act et le Quartering Act

1765 : 

  • Stamp Act : afin d’acheter n’importe quel texte imprimé, les colons devaient se procurer un timbre fiscal. Cette taxe payée directement à des gouverneurs nommés par le Roi devait permettre l’entretien des troupes. 
  • Quartering Act : les colons devaient loger et entretenir eux-mêmes les troupes britanniques. 

Le mécontentement des colons

Le Stamp Act bafouait encore une fois la Constitution : sans représentation à Westminster, les colons ne devaient pas être taxés. Le Parlement prétendait pourtant que les colons étaient virtuellement représentés, car les administrateurs de l’Empire étaient les mieux placés pour tirer parti des colonies.

Automne 1765 : Stamp Act Congress. Les représentants de neuf colonies se retrouvent à New York. Dans la Declaration of Rights and Grievances, ils exposent leurs requêtes. Leur but est l’abrogation de la taxe, qui affaiblit leurs commerces et l’économie coloniale et menace leurs droits en tant que sujets britanniques. 

Le peuple, aussi bien que la bourgeoisie, proteste contre ces mesures anticonstitutionnelles. Les Sons and Daughters of Liberty, des groupes de petits artisans et marchands créés en 1765, organisent des manifestations. Ces groupes se multiplient dans chaque colonie, si bien qu’ils parviennent à mettre en place un boycott efficace des produits britanniques. 

Le Declaratory Act

Les marchands britanniques sont durement affectés par le boycott.

1766 : le Premier ministre, Lord Rockingham, obtient du Parlement la révocation du Stamp Act. Il publie cependant le Declaratory Act : le pouvoir du Parlement est suprême et les lois promulguées par les assemblées coloniales doivent s’y plier. 

Les Townshend Acts et la protestation des colonies

Les Townshend Acts

1766 : William Pitt remplace Lord Rockingham. Son chancelier (ministre des Finances), Charles Townshend, a pour tâche de gérer les finances de l’Empire.

1767 : 

  • Townshend dissout l’assemblée de New York, en raison du refus de la colonie de se plier au Quartering Act. 
  • Revenue Act : une augmentation des taxes sur plusieurs biens de consommation. Les recettes sont utilisées pour payer des juges et des gouverneurs nommés par le Roi. Ces fonctionnaires ne sont donc plus dépendants des assemblées coloniales. Mais, en contrepartie, ces assemblées perdent considérablement de leur pouvoir. La répression contre la contrebande a ainsi les moyens d’être encore plus sévère. 
  • Indemnity Act : la Compagnie des Indes orientales, dont la famille royale est en partie détentrice, est exemptée de droits de douane en Grande-Bretagne. 

Le mouvement de non-importation

1768 : Samuel Adams publie Massachusetts Circular Letter. Il y refuse le principe de la taxation sans représentation. Pourtant, il espère encore que les colons pourront profiter à nouveau de leurs droits constitutionnels. La réaction à ce texte des autres assemblées coloniales est mitigée. Mais le secrétaire d’État aux colonies menace toute assemblée qui soutiendrait ce texte de dissolution. Cela a pour effet de rallier toutes les colonies derrière le Massachusetts. 

1768-1769 : les Daughters and Sons of Liberty reprennent leurs opérations de boycott. 

Des tensions à Boston

1768 : le gouvernement britannique envoie 4 000 soldats à Boston pour affirmer l’autorité de son pouvoir. Les affrontements entre colons et armée britannique se multiplient.

5 mars 1770 : massacre de Boston. Des soldats britanniques tirent sur un groupe de colons qui les insultaient. Cet évènement est accaparé par les Sons of Liberty : les soldats sont décrits comme des meurtriers et les victimes comme des martyrs. Au même moment, les Townshend Acts étaient partiellement annulés suite à la pression des marchands britanniques affectés par le boycott. 

La Boston Tea Party et les Coercive Acts

Les ressentiments des colons

Après l’annulation des Townshend Acts, la consommation des biens britanniques en Amérique augmente instantanément. Mais les colons restent méfiants du Parlement et les affrontements violents entre colons et figures de l’autorité britannique n’ont pas disparu.

Les entorses de la Grande-Bretagne à sa propre Constitution continuent également. Par exemple, la commission d’enquête royale pouvait déporter des colons qui étaient suspectés de trahison en métropole afin d’être jugés. 

Le Tea Act et la Boston Tea Party

1773 : Tea Act. Le but de cette loi est de sauver la Compagnie des Indes orientales de la faillite, en lui évitant de payer des droits de douane dans tout l’Empire. En raison de ce monopole, les marchands des colonies réalisent un profit plus faible et la contrebande est moins avantageuse. Le boycott reprend : les bateaux transportant du thé anglais sont interdits d’accoster.

16 décembre 1773 : Boston Tea Party. Des colons déversent l’équivalent d’un million de dollars de thé dans le port de Boston.

La réponse du Parlement : les Coercive Acts

1774 : le Parlement décide de quatre mesures, connues sous le nom de Coercive Acts, ou Intolerable Acts :

  • Boston Part Act : le port de Boston est fermé.
  • Massachusetts Government Act : l’administration de la colonie est placée sous l’autorité directe de la couronne. La liberté de réunion est suspendue.
  • Quartering Act : les troupes britanniques ont le droit de réquisitionner tout bâtiment, même habité. 
  • Quebec Act : tolérance forcée du catholicisme.

Le premier Congrès continental

Les Intolerable Acts convainquent les colonies de la nécessité de passer à l’acte. Les colons se réunissent dans des assemblées extralégales. Cependant, des désaccords sur la réaction appropriée émergent. 

5 septembre 1774-26 octobre 1774 : le First Continental Congress, composé des représentants de 12 colonies (parmi 13), se réunit à Philadelphie. Ils rédigent la Declaration and Resolves of the First Continental Congress. Les colonies s’accordent sur le boycott des produits américains jusqu’à l’annulation de toutes les lois répressives promulguées depuis 1773. Ce congrès exprime sa loyauté au roi, tout en faisant usage de sa propre souveraineté. L’idée d’une nation américaine indépendante fait petit à petit son chemin. 

 

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