L’observatoire du bien-être a dévoilé le 20 janvier 2026 l’enquête conduite par l’APLCPGE (l’association des proviseurs de lycées à classes préparatoires aux grandes écoles) sur le bien-être des étudiants en prépa. Presque 5 700 participants, 187 établissements sondés et les trois filières CPGE représentées. On note également l’apparition du “genre autre” dans les options de réponse. Entre stress, discrimination et compétitivité, les a priori sur le bien-être en prépa sont-ils vraiment fondés ? Notre analyse et nos réponses !

Aucun regret malgré des doutes en prépa

En 2025, 86% des participants au sondage déclarent qu’ils ou elles referaient le choix de la CPGE si c’était à refaire. Un bilan très positif malgré la volonté pour certains d’abandonner en cours de route. En effet, presque 45% des sondés déclarent avoir “déjà sérieusement pensé à abandonner”. Pour autant, les changements de filières sont rares. 

Autrement dit, en prépa, douter ne veut pas dire abhorrer les cours. La plupart des élèves ressortent globalement très satisfaits de l’expérience prépa et leurs doutes s’apparentent à des moments de faiblesses ponctuels plus qu’à un rejet de la formation.

Enfin, au-delà d’avoir l’impression de ne pas perdre leur temps (pour presque 80% d’entre eux), les préparationnaires prennent du plaisir à apprendre (87%), considèrent que leurs connaissances se sont élargies (97%), et ont le sentiment d’avoir progressé sur le plan scolaire mais aussi en termes de méthode de travail (84%). On retient donc du positif.

Un rythme tout de même intense

On ne peut pas le nier, la prépa reste un environnement particulièrement exigeant pour différentes raisons.

Le niveau d’attente académique est très élevé. Pour preuve, un étudiant sur deux déclare rencontrer des difficultés d’apprentissage. Dans ce contexte, la pression est forte : 70 à 80% des étudiants estiment que le stress ressenti en prépa est plus important qu’au lycée.

Cette exigence se traduit directement dans le rapport aux notes. Trois quarts des élèves accordent une grande importance au fait d’obtenir de bons résultats. Pourtant, plus de la moitié considèrent que leurs notes ne reflètent pas réellement leur investissement. Ce décalage peut fragiliser la confiance en soi et décourager la prise de parole : plus de 40 % des élèves ne se sentent pas suffisamment à l’aise pour participer en classe.

Plus de coopération que de compétition en prépa

On note également que la coopération prime sur la compétition selon la majorité des élèves. Environ 80% des élèves considèrent qu’il y a “souvent” (voire “toujours”) de la coopération en CPGE. En revanche, en ce qui concerne la compétition, 80% des élèves considèrent qu’il y en a “parfois” ou “jamais”. 

On peut tout de même noter des différences entre les filières. Presque 40% des élèves de CPGE scientifiques considèrent qu’il n’y a jamais de compétition entre les élèves contre seulement 20% pour les CPGE commerciales.

Des inégalités de genre qui persistent

Que ce soit au sujet du stress, du positionnement, des discriminations, les écarts entre filles et garçons sont clairement perceptibles. 

Les filles sont en moyenne plus stressées que les garçons et considèrent majoritairement ce stress comme un frein là où les garçons ont tendance à le percevoir comme un moteur, particulièrement en filière commerciale. En effet, 41% des filles déclarent avoir un niveau de stress très élevé contre 17% des garçons et 36% des personnes de genre autre. Ce stress est décrit comme un frein par 37% des personnes de genre autre, 33% des filles et seulement 22% des garçons.

En termes de positionnement dans la classe, les garçons se considèrent plus souvent devant (32% contre 17% pour les filles) là où les filles se considèrent plus en retard (31% contre 20% pour les garçons). 

Enfin, en moyenne les filles ressentent et observent plus de discrimination que les garçons. Environ 5% de décalage entre filles et garçons pour les discriminations observées et presque 10% pour les discriminations ressenties.

Une analyse sur le bien-être à relativiser

Certes, la prépa reste une formation exigeante, intense, parfois déstabilisante. Les chiffres le montrent : le stress est réel, les doutes existent et les inégalités persistent. Mais ils révèlent aussi autre chose : une grande majorité d’élèves ne regrette pas son choix, progresse et apprend avec plaisir.

Autrement dit, la réussite en prépa a sans doute un prix, celui de l’effort et de l’engagement. Cependant, elle ne se résume ni à la souffrance ni à la compétition permanente que l’on imagine souvent. Entre exigence académique et accomplissement personnel, l’expérience varie selon les profils, les filières et les sensibilités. Il revient donc à chaque élève de se faire son propre avis sur le sujet.

À voir également :

Enquête sur la prépa 2024