Les chiffres et données en géopolitique : ce que tu dois retenir Les chiffres et données en géopolitique : ce que tu dois retenir
Disclaimer : Toi qui t’apprêtes à lire cet article sur les chiffres et données en géopolitique, ne t’attends pas à tomber nez à nez... Les chiffres et données en géopolitique : ce que tu dois retenir

Disclaimer : Toi qui t’apprêtes à lire cet article sur les chiffres et données en géopolitique, ne t’attends pas à tomber nez à nez avec des tableaux longs comme le bras, ni à ce que l’on t’explique que 42 % du PIB du Tadjikistan provient des rétrotransferts. D’une part c’est long et fastidieux à apprendre, et en plus – il faut le dire – tout le monde s’en fiche. Il faut avant tout privilégier la qualité avant la quantité.

Pour bien travailler cette matière, je te propose un guide pour ne pas te perdre dans tous les chiffres et données dont tu seras bombardé pendant deux ou trois ans (ou plus pour les plus fous les plus téméraires). C’est parti !

 

Que sont les chiffres et données en géopolitique ?

Les chiffres et données en géopolitique jouent un rôle bien particulier : ils permettent d’étayer une dissertation ou une colle. Concrètement, ce sont par exemple des valeurs de PIB, des nombres d’habitants, des valeurs d’IDH (indice de développement humain), le nombre de pays dans une ZIR (zone d’intégration régionale), etc. Au concours, à l’écrit comme à l’oral, il est souvent bien perçu d’en utiliser pour illustrer ses propos. Mais encore faut-il s’y prendre de la bonne manière !

Fais preuve de parcimonie (« Action de mesurer quelque chose au compte-gouttes, en s’en tenant au minimum », j’ai regardé dans le Larousse). Il ne sert à rien de sortir les chiffres les plus fous et difficiles à retenir dans ton devoir pour épater ton correcteur, car ce dernier sera peut-être un Normalien à qui cela ne fera ni chaud ni froid.

Plus sérieusement, un chiffre ou une donnée doivent être utiles, apporter quelque chose dans ta dissertation. Ils doivent être pensés et analysés dans une certaine perspective. Par exemple, préciser la surface territoriale démesurée d’un pays (au hasard, la Chine) peut t’aider à mettre en exergue des difficultés de gestion administrative ou d’unité territoriale de ce pays.

Mais – parce qu’il y a toujours un mais – ce n’est pas si simple car…

 

BREAKING NEWS : les chiffres et données sont « faux » pour la plupart

Calme-toi, on te voit crier au scandale derrière ton écran : « Non mais, je tire directement mes chiffres des rapports du gouvernement, etc. ». Laisse-moi t’expliquer.

 

Qu’entend-on par « faux » ?

La plupart des chiffres sont vrais à un instant T. Ils changent en permanence ! Autrement dit, les chiffres en géopolitique, c’est vicieux : la dette du Japon que tu auras apprise en septembre ne sera plus la même en avril. Et c’est ainsi pour la grande majorité des chiffres.

Il faut être extrêmement vigilant à certaines données qui peuvent être amenées à évoluer rapidement. Tu peux vite te retrouver avec des points en moins suite à une gaffe : se tromper de président d’un pays par exemple… Accumuler les chiffres et données en géopolitique présente donc des risques :

  • se tromper par inattention (true story anonyme : « 80 milliards de tonnes de cannabis sont consommées chaque année dans le monde »…) ;
  • le correcteur ou le colleur possède des données différentes des tiennes ;
  • les données ont fortement évolué.

 

Que faire alors ?

Je te conseille de n’utiliser dans tes dissertations et tes colles que des données a priori peu changeantes : le nombre de pays dans un accord international par exemple. Favorise les ordres de grandeur, plutôt que les chiffres précis. Par exemple : « la France oscille entre les places de 5e et de 7e puissance mondiale ». Ainsi, on ne pourra rien te reprocher !

Enfin, suis bien l’actualité tout de même pour ne pas passer à côté des possibles évolutions ! Voici une chaîne YouTube qui peut t’aider !

 

Quelques grands classiques à connaître pour ne pas faire mauvaise impression…

Alors oui, après t’avoir soutenu que les chiffres et données en géopolitique n’en valaient pas la peine, il ne faut pas oublier certains grands incontournables que tu peux retenir assez sereinement. La liste est non exhaustive, bien sûr.

– Les pays du monde : apprendre les pays du monde et savoir les replacer sur une carte vierge avec leur capitale si possible (on ne t’en voudra pas si tu oublies la capitale du Bhoutan). Connaître aussi un ordre de grandeur de la superficie, du nombre d’habitants, etc., des pays « principaux ».

Savoir lister les 10, voire les 20, premières puissances mondiales et leur PIB approximatif : États-Unis, Chine, Japon, Allemagne, Inde, Royaume-Uni, France, Italie, Brésil, Canada (selon un classement Statista de 2018 des pays au PIB le plus élevé dans le monde). Attention, de nombreux autres classements peuvent différer légèrement et sont tout aussi valables !

Connaître les membres des grandes ZIR : Union européenne, AEUMC, ASEAN, Unasur et Mercosur, CEDEAO, ZLEC, etc.

Apprendre la liste des présidents des États-Unis et leur parti (dire que Reagan était un président démocrate peut te coûter cher…), les principales bases et flottes américaines (à savoir replacer sur une carte).

Connaître et savoir replacer les différentes mégalopoles, mégapoles et métropoles, façades portuaires…

 

Trucs, astuces et fun facts sur les chiffres et données en géopolitique

Attention, tu entres dans un monde officieux d’astuces personnelles non approuvées par le ministère de l’Éducation ni les profs.

 

Peut-on ou a-t-on le droit d’inventer des chiffres en géopolitique ?

Commençons par un sujet qui fâche. Tu t’es sans doute déjà retrouvé seul face à ta copie avec l’envie d’inventer une donnée, parce que « ça passe crème » et que tu en as besoin maintenant, à cet endroit de ta dissertation. Lâchons le pavé dans la mare : tu peux très ponctuellement inventer un ou deux chiffres pour compléter ton œuvre en cas de détresse totale. Certains chiffres sont difficiles à vérifier et ça passera. En revanche, nous te le déconseillons fortement.

Ton information doit être cohérente. Si tu sors sans pression que la France possède quatre porte-avions, ou que l’armée chinoise (APL) compte 180 millions de soldats, ça ne passera pas. C’est sûr. Par contre : « 80 % des étudiants jamaïcains qui terminent leurs études partent étudier à l’étranger », difficile à vérifier… à bon entendeur. Certains correcteurs seront très vigilants à ces chiffres et un mensonge peut te coûter cher, d’autant plus à l’oral où l’on pourra te titiller dessus.

 

Quelques astuces personnelles

Pour ne pas avoir à inventer des chiffres, voici une astuce pour retenir des informations en géopolitique a priori fastidieuses à mémoriser. N’hésite pas à créer des jeux de mots et des moyens mnémotechniques (qui peuvent être plus ou moins grivois !) que je ne détaillerai pas ici pour éviter la censure. Crois-moi, il y a de quoi faire et ce sera plus simple à retenir.

Enfin, quelques données plus ou moins sympas : la géopolitique est l’épreuve la plus coefficientée en voie S dans les trois Parisiennes (à égalité avec les maths, en prenant les épreuves séparément). Tu peux apprendre plusieurs centaines de fiches et plusieurs milliers de concepts en deux ans. Tu peux passer plusieurs centaines d’heures à réviser (big up à la promotion Covid-19), utiliser des dizaines de cartouches d’encre.

Une dernière astuce : n’écris jamais un chiffre dont tu n’es plus sûr. À nouveau, le mieux est de s’abstenir. Vraiment. Le correcteur ne saura pas que tu ne sais pas. Tu pourras toujours illustrer ton propos par d’autres exemples.

 

À présent, tu as tout ce qu’il te faut pour bien utiliser les chiffres en géopolitique ! J’espère que cet article t’a aidé. Si tu cherches d’autres conseils méthodologiques, c’est par là. Pour suivre l’actualité, c’est par ici !

Hugo Foyer

Etudiant à l'ESCP après deux années de CPGE ECS à Saint Jean de Douai