La Modern Monetary Theory, popularisée par Stephanie Kelton, remet en cause la vision traditionnelle du déficit public. Cet article va te permettre de bien comprendre ce courant économique. La référence de Kelton est extrêmement riche et tu pourras l’utiliser dans des sujets portant sur différents chapitres. En la maîtrisant correctement, tu parviendras parfaitement à te démarquer le jour J !
Qui est Stephanie Kelton ?
Une économiste hétérodoxe au cœur du débat public américain
Stephanie Kelton est une économiste américaine née en 1969. Elle est enseignante à l’Université Stony Brook, à New York. Sa spécialisation étant la politique budgétaire, elle est aujourd’hui une figure principale de la Modern Monetary Theory (MMT). C’est un courant hétérodoxe qui questionne la légitimité de la contrainte budgétaire des États.
Kelton gagne de l’ampleur dans le débat politique en étant la conseillère économique de Bernie Sanders aux élections présidentielles de 2016. Elle défend le fait qu’il faut repenser le rôle de l’État dans la création monétaire et l’investissement public.
Le Mythe du déficit : contexte et portée
C’est en 2021 que Stephanie Kelton publie son ouvrage phare Le Mythe du déficit. La date de parution de l’ouvrage n’est pas anodine. En effet, après plus d’une décennie d’austérité post-crise de 2008, la pandémie de Covid-19 nécessitait un retour à la relance budgétaire.
La thèse générale de l’ouvrage est que les déficits publics ne peuvent être dangereux ou immoraux. Les États souverains monétairement ne peuvent faire faillite dans leur propre monnaie. Le véritable enjeu est de mobiliser la dépense publique pour remplir les objectifs réels (plein-emploi, soutenabilité de la croissance).
Comment mobiliser Stephanie Kelton dans le chapitre sur l’inflation ?
Une grande majorité des économistes sont d’accord sur le fait qu’il faut impérativement fixer une cible d’inflation. C’est le cas de Paul Krugman, par exemple, qui préconise un taux d’inflation de 3 %.
Pour Stephanie Kelton, l’inflation ne doit pas être une cible. Les vrais objectifs sont réels et non monétaires. Il faut plutôt se concentrer sur le chômage, le réchauffement climatique ou encore la qualité matérielle de vie des individus. L’inflation n’est pas une fin en soi, mais un moyen (ou un frein) à l’atteinte de ces objectifs.
Comment l’inflation permet-elle d’atteindre ces objectifs ?
L’inflation est un indicateur qui permet de savoir s’il est possible d’augmenter les dépenses publiques sans déséquilibrer l’économie. En effet, les dépenses publiques passent nécessairement par la création monétaire. Cela peut, potentiellement, générer de l’inflation, conformément à la théorie quantitative de la monnaie.
Comment savoir si les dépenses publiques vont générer de l’inflation ou pas ?
Si l’économie est en sous-emploi, alors certains facteurs de production ne sont pas employés de manière productive. Cela peut prendre la forme d’un taux de chômage élevé ou de capital inutilisé. Les dépenses publiques peuvent alors augmenter pour utiliser les facteurs sans créer de tensions sur le marché de capitaux ou du travail.
Supposons à présent que l’économie est en plein-emploi. Les rémunérations vont ainsi augmenter afin de convaincre les détenteurs de capitaux de réorienter les facteurs de production vers les secteurs que l’État souhaite développer. Cela mène à des tensions inflationnistes en raison de la hausse de la rémunération du travail.
En résumé, la hausse des dépenses publiques a un impact inflationniste si et seulement s’il n’existe pas de facteur de production utilisé qui pourrait absorber la hausse de la demande (liée à la hausse des dépenses publiques) par une hausse de l’offre. Il faut ainsi, pour Stephanie Kelton, se débarrasser des cibles d’inflation pour pouvoir agir flexiblement sur la sphère réelle.
Selon Stephanie Kelton, comment faut-il se comporter avec l’inflation pour atténuer ses conséquences sur les individus ?
Pour elle, il faut changer de paradigme dans la façon dont les politiques publiques luttent contre l’inflation. L’idée principale est qu’il faut prévenir l’inflation plutôt que la guérir. La contrainte d’inflation doit être intégrée dans les décisions budgétaires des pouvoirs publics.
Voici une citation de Kelton qui te permettra de te démarquer le jour J : « Contre l’inflation, la meilleure défense c’est l’attaque. » Il faut savoir dans quelle mesure l’économie est en plein-emploi pour dynamiser l’activité économique sans pression inflationniste.
Les propositions de Stephanie Kelton pour lutter contre le chômage
Pour les économistes de la MMT, il faut des solutions radicales contre le chômage. Pour eux, les administrations publiques doivent se donner les moyens de proposer à tous les chômeurs un emploi payé dignement. Cet emploi doit pouvoir ouvrir à des droits sociaux et à la formation. Le secteur privé n’est empiriquement pas apte à le faire.
Les pouvoirs publics doivent jouer le rôle d’employeur en dernier ressort. Ces emplois sont en réalité des « tâches » pour Kelton, qui doivent concerner la protection de l’environnement, l’embellissement des quartiers, l’aménagement d’étagères dans les bibliothèques publiques, etc. Ces missions seraient payées au salaire minimum. Cela permettra de garder le marché du travail liquide. Le secteur privé peut constamment piocher dans le secteur public en fonction de la conjoncture.
Stephanie Kelton : « La dette publique n’existe pas »
Pour les théoriciens de la MMT, il faut changer de rapport à la dette publique. Aujourd’hui, le débat politique est constamment nourri par la question de la dette. Cet objet économique est souvent vu comme un fardeau et un obstacle au bien-être.
Stephanie Kelton s’attache à démonter cette idée à partir de quelques mythes qu’elle dément.
Premier mythe : l’État doit tenir son budget comme une famille
Un ménage doit d’abord gagner de l’argent avant de le dépenser. À l’inverse, les États monétairement souverains émettent eux-mêmes la monnaie qu’ils utilisent. Si la pensée classique conçoit les finances publiques comme impôts + emprunts = dépenses, Kelton inverse cette logique. Pour elle, ce sont les dépenses de l’État qui créent la monnaie nécessaire au paiement des impôts et au financement de l’économie.
Les pouvoirs publics ne cherchent alors pas à équilibrer un budget monétaire, mais à mobiliser des ressources réelles. Ces ressources peuvent être : travail, infrastructures, services publics, etc.
Deuxième mythe : Les déficits prouvent que l’on dépense trop
Selon la vision traditionnelle, un solde budgétaire négatif est signe d’une gestion irresponsable. Or, pour Kelton, un État qui émet sa propre monnaie n’est pas soumis aux mêmes contraintes qu’un autre agent. Il faut délaisser les déficits « qui ne comptent pas » pour s’intéresser aux déficits « qui comptent ».
Un bon budget est celui qui permet le plein-emploi et la stabilité des prix. Les déficits qui comptent sont ceux en matière d’emploi, d’éducation, de santé ou d’investissement climatique.
Troisième mythe : nous sommes tous endettés jusqu’au cou
Pour Stephanie Kelton, la dette n’est pas un fardeau pour les générations suivantes, à une seule condition : les États doivent être monétairement souverains. Cela signifie qu’ils doivent émettre la monnaie dans laquelle est libellée leur dette. L’État peut rouler indéfiniment sa dette dans la contrainte monétaire, tant que les ressources réelles de l’économie le permettent. Les États-Unis, le Royaume-Uni ou le Japon sont monétairement souverains.
À l’inverse, les pays de la zone euro sont privés de souveraineté monétaire, car ils empruntent dans une monnaie qu’ils ne contrôlent pas. Par conséquent, ils sont davantage exposés à des contraintes financières. Ce fut démontré par la crise de la dette ayant touché les PIGS (Portugal, Italie, Grèce, Espagne) dans les années 2010.
Tu es maintenant paré(e) pour utiliser les références de Stephanie Kelton. Elles te seront utiles dans une large diversité de sujets, notamment en troisième partie de dissertation. N’hésite pas à poursuivre tes révisions d’ESH juste ici.



