Que tu sois en khâgne ou en hypokhâgne, tu retrouves déjà des exercices de traduction dans tes épreuves de langues de tronc commun ou de spécialité. Ils demandent de l’entraînement, car il est important de ne pas simplement traduire des mots, mais de retranscrire les phrases de l’auteur auxquelles il aura donné un sens particulier qu’il faut respecter. C’est un exercice de style complexe dont les fautes se paient lourdement à la notation, mais il n’est pas impossible. Il suffit de s’entraîner !
Introduction
Retrouve ci-dessous une sélection de cinq phrases de thème et cinq phrases de version littéraires sélectionnées par nos soins dans différentes œuvres pour que tu puisses t’exercer à la traduction.
N.B. Nous avons volontairement choisi des phrases assez longues avec beaucoup de tournures pour que tu t’entraînes directement sur des phrases qui demandent parfois une certaine restructuration syntaxique.
Phrases de version
So we beat on, boats against the current, borne back ceaselessly into the past. (F. Scott Fitzgerald, The Great Gatsby, 1925)
Ainsi, nous avançons, barques à contre-courant, sans cesse repoussés vers le passé.
He had the vague sense of being not altogether real, of living in a story that someone else was writing, of having been, all his life, a mere character who had never truly controlled his own destiny but only drifted from one scene to another. (Kazuo Ishiguro, The Unconsoled, 1995)
Il avait la vague impression de n’être pas tout à fait réel, de vivre dans une histoire qu’un autre écrivait, d’avoir été, toute sa vie, un simple personnage qui n’avait jamais vraiment contrôlé son propre destin, mais s’était contenté de dériver d’une scène à l’autre.
There are moments, rare and fleeting, when the veil of habit is lifted from our eyes, and we see the world not as a collection of familiar objects, but as an infinite mystery, shimmering and terrible in its beauty. (Virginia Woolf, The Waves, 1931)
Il est des instants, rares et fugitifs, où le voile de l’habitude se lève de nos yeux, et où nous voyons le monde non plus comme un assemblage d’objets familiers, mais comme un mystère infini, étincelant et terrible dans sa beauté.
The room seemed larger than it was, for the shadows gathered in the corners like secret presences, and the firelight, restless and flickering, drew uncertain patterns on the ceiling that shifted as though alive. (Henry James, The Turn of the Screw, 1898)
La pièce paraissait plus vaste qu’elle ne l’était, car les ombres s’amassaient dans les recoins comme des présences secrètes, et la lueur du feu, agitée et vacillante, traçait au plafond des figures incertaines qui se déplaçaient comme si elles étaient vivantes.
He felt that the city, with its endless rumble of traffic and its anonymous crowds, pressed down upon him like a weight, until he could scarcely breathe, yet he could not imagine himself anywhere else, for the city was in his blood. (John Dos Passos, Manhattan Transfer, 1925)
Il sentait que la ville, avec son grondement incessant de circulation et ses foules anonymes, pesait sur lui comme une charge, au point qu’il pouvait à peine respirer, et pourtant il ne se concevait nulle part ailleurs, car la ville était dans son sang.
Phrases de thème
Et puis, tout d’un coup, la maison s’éveilla avec un grand bruit de chaises remuées, de tables tirées, de pas précipités, de voix qui se répondaient. (Émile Zola, Germinal, 1885)
And then, all at once, the house awoke with a loud noise of chairs being moved, tables being pulled, hurried footsteps, and voices calling back and forth.
Il se rappelait ce matin d’hiver où, marchant dans la ville encore endormie, il avait senti, dans le silence glacé et la blancheur des toits, une joie singulière, comme si tout recommençait à zéro et que le monde s’offrait de nouveau à lui. (François Mauriac, Le Désert de l’amour, 1925)
He remembered that winter morning when, walking through the still sleeping city, he had felt, in the frozen silence and the whiteness of the rooftops, a singular joy, as if everything were beginning anew and the world were once more offered to him.
Les conversations se croisaient, s’entrechoquaient, se superposaient, et dans ce tumulte de voix et de rires il y avait, pour qui savait écouter, comme un courant souterrain de tristesse, une fatigue qui se devinait derrière l’exubérance. (Marguerite Duras, Moderato Cantabile, 1958)
The conversations overlapped, collided, piled on top of one another, and in this tumult of voices and laughter there was, for anyone who knew how to listen, an underground current of sadness, a weariness that could be sensed behind the exuberance.
Il avait beau marcher vite, il ne parvenait pas à échapper à cette impression étrange que les rues se refermaient derrière lui comme les anneaux d’un piège, et que la ville entière, muette et lourde, conspirait contre sa liberté. (Honoré de Balzac, Ferragus, 1833)
However fast he walked, he could not escape the strange impression that the streets were closing behind him like the rings of a trap, and that the whole city, mute and heavy, was conspiring against his freedom.
Au milieu de la foule, elle avançait avec une sorte d’ivresse, grisée par le tumulte, par la proximité des visages, par l’élan de la masse humaine, comme si elle avait enfin trouvé, dans ce chaos vibrant, la place qui lui manquait. (Émile Zola, Nana, 1880)
In the midst of the crowd, she moved forward with a kind of intoxication, exhilarated by the tumult, by the closeness of the faces, by the surge of the human mass, as if she had finally found, in this vibrating chaos, the place she had been missing.
N’hésite pas à aller voir nos autres articles d’entraînement de version, de thème ou des deux en même temps pour t’améliorer encore plus. Je t’invite également à t’entraîner en conditions réelles sur les sujets des années précédentes et à consulter les rapports du jury qui regorgent de conseils pour briller le jour J.



