Le commentaire littéraire d’anglais est l’une des épreuves les plus redoutées en A/L. Cette épreuve demande une excellente méthodologie en analyse et en rédaction. Il s’agit d’un exercice très codifié, mais aussi très artificiel. Cet article te propose de te réconcilier facilement avec cette épreuve qui suscite plus de peur que de mal !
Quel est le but d’un commentaire littéraire ?
Si cette épreuve fait aussi peur, c’est surtout car on a beaucoup de mal à en comprendre les vrais enjeux. Le commentaire littéraire permet à ton correcteur d’évaluer ton niveau de langue et ton niveau d’analyse. Or, l’analyse littéraire n’est pas un prétexte pour échapper aux codes du commentaire !
Tout d’abord, il convient de rappeler qu’une composition est une épreuve de communication avec ton correcteur. Tu écris uniquement pour ton correcteur. À chaque étape du commentaire (introduction, sous-parties, conclusion), il est nécessaire d’être le plus clair possible et d’éviter au maximum les développements abstraits.
Le commentaire littéraire d’anglais fait donc appel à ton intuition littéraire. Cependant, tu peux développer certains réflexes durant l’année.
Il s’agira de partir du texte, de l’analyser à plusieurs échelles (stylistique, narrative, linguistique, spatiale, temporelle, etc.) afin d’en faire un commentaire structuré et cohérent. En d’autres mots, il faudra aller du plus évident au plus conceptuel grâce à une problématique et un plan qui doivent être clairs, concis et cohérents.
Se servir du plus évident sans paraphraser
L’un des pièges du commentaire est la paraphrase, soit le fait de simplement décrire le texte sans rien apporter. Pour autant, cela ne veut pas dire que tu dois tout de suite te lancer dans des développements très complexes et peu évidents.
Afin d’avoir un commentaire progressif et ne pas perdre ton correcteur, il vaut mieux partir du plus évident. Pour cela, et pour la plupart des textes, tu peux utiliser des analyses récurrentes qui vont aiguiller ta problématisation.
Le cadre spatiotemporel
On oublie souvent le plus évident, mais il s’agit de la base du texte et du commentaire. Ainsi, peu importe le texte, les lieux de l’intrigue et le temps jouent un rôle très important !
Ces éléments jouent souvent un rôle symbolique qui permet d’approfondir la réflexion. Par exemple, dans The Handmaid’s Tale de Margaret Atwood, la narratrice se perd souvent dans ses pensées la nuit, un moment symbolique lié au secret et donc à l’intimité. La nuit est un moment de discrétion, tant physique que mental, que l’on peut déjà relier à l’oppression et au contrôle typique que l’on retrouve dans le genre dystopique.
En partant du plus simple, on arrive à une réflexion sur le genre dystopique et on obtient un fil conducteur puissant qui guide ton correcteur et lui facilite sa lecture.
Les personnages
Avant toute chose, il convient de rappeler qu’il ne faut jamais faire de la psychologie. Par psychologie, on entend toute analyse peu pertinente au regard du texte et qui se contente de décrire le personnage. Par exemple : « Le personnage est triste ». On préférera des tournures conceptuelles qui seront soutenues par des analyses littéraires comme « l’épanorthose témoigne d’une omniprésence de la colère menant à une rupture du dialogue ».
Cependant, les personnages constituent aussi des points centraux d’analyse tant sur le fond que sur la forme. Le registre de langage d’un personnage est souvent très utile selon les genres pour mener à des analyses tant littéraires que civilisationnelles. Il serait par exemple malheureux de passer à côté du contraste créé par le registre familier d’un personnage colonisé et le registre soutenu d’un personnage anglais colonisateur dans un texte issu du genre postcolonial.
De plus, tu peux aussi analyser le temps de parole. Qui parle le plus ? Pourquoi ? S’agit-il d’un dialogue d’égal à égal ? Le personnage parle-t-il autant et de la même manière dans un dialogue que dans ses pensées ? Ces réflexions mènent à des analyses du langage, de ses limites et de ses échecs dans des contextes politiquement sensibles.
S’armer méthodiquement pour le commentaire d’anglais
Pour faire la différence le jour du concours, brille grâce à ta maîtrise du vocabulaire du commentaire. Tu seras obligé(e) tôt ou tard de passer par l’apprentissage des figures de style. Notamment afin de commenter de manière concise un texte tout en témoignant de ton excellente maîtrise de cette langue !
Il est primordial de pouvoir illustrer certains phénomènes grâce au vocabulaire spécifique de l’analyse littéraire. Par exemple, un candidat qui sait reconnaître dans un texte qu’un personnage s’interrompt souvent en milieu de phrase n’en est qu’à la moitié de son analyse. En revanche, pouvoir écrire que les nombreuses aposiopèses illustrent les différences de classe dans un roman victorien fait toujours son petit effet au correcteur !
Notre article sur les 25 figures de style les plus importantes en commentaire de texte devrait pouvoir t’aider !
De même, il est très facile d’analyser l’usage des temps dans un texte. Reste très attentif(ve) à l’usage d’un temps, à la manière dont il est utilisé, ce qu’il dit implicitement du texte. De plus, si plusieurs temps sont employés, quel effet cela peut créer, à l’échelle du texte, du lecteur et du personnage. Les temps permettent d’assurer une cohérence temporelle. Si cet effet est rompu, cela peut révéler quelque chose d’important à propos du texte : le genre auquel il appartient ou le langage et l’homme de manière plus générale.
Enfin, il convient aussi de maîtriser quelques éléments de grammaire anglaise pour nommer les natures de mots et leurs rôles au sein d’une phrase. Il est souvent utile de faire un lien entre la structure syntaxique et ce qu’il se passe littéralement dans un texte. Par exemple, une phrase interrompue brusquement par une conjonction de coordination fait parfois écho à un évènement du texte. Ainsi, une rupture syntaxique peut illustrer une rupture amoureuse : « I loved her but this couldn’t go on anymore. » Ici, la conjonction de coordination but annonce parfaitement la rupture amoureuse.
Assurer le jour de l’épreuve
Le jour de l’épreuve, garde confiance en toi ! Tu as travaillé tout au long de l’année et tes capacités n’ont pas disparu !
Lis d’abord plusieurs fois le texte, arme-toi de surligneurs et annote si cela te convient. N’essaie pas de plaquer des connaissances. Pars toujours de tes analyses pour aller vers tes connaissances sur la période, l’auteur, le genre littéraire.
Privilégie un plan simple, clair et concis, avec un fil conducteur logique et très compréhensible pour ton correcteur. Souviens-toi que tu ne pourras jamais tout dire dans une copie. Il faudra donc sélectionner ce que tu souhaites vraiment approfondir. Va du plus évident au plus conceptuel. Un plan n’est pas juste un enchaînement de sous-parties cousues de force. Il s’agit d’une démonstration rigoureuse en laquelle tu crois sincèrement.
Dans la rédaction de tes sous-parties, mêle plusieurs niveaux d’analyse : on ne sépare jamais le fond de la forme.
Relis-toi régulièrement, les fautes comptent énormément en anglais !
Pour conclure, l’épreuve d’anglais n’est absolument pas une ennemie imbattable, au contraire ! Tu peux tout à fait en faire ton amie et, pour cela, n’hésite pas à consulter des copies dans la grange à copies pour voir que les meilleurs commentaires sont souvent les plus simples et les plus structurés !



