Les auteurs incontournables en économie ! Les auteurs incontournables en économie !
Les concours approchent et une petite révision des principaux grands auteurs économiques peut être très utile ! En effet, il existe des auteurs incontournables... Les auteurs incontournables en économie !

Les concours approchent et une petite révision des principaux grands auteurs économiques peut être très utile ! En effet, il existe des auteurs incontournables en économie. Incontournables d’abord par leur renommé académique et leur importance de leurs travaux sur l’histoire (et l’actualité !) de la science économique. Mais également incontournables car attendus et même exigés par les correcteurs.

Ainsi, il peut être utile de faire le point sur les principaux apports de ces auteurs. De plus, il faut se demander, à chaque dissertation, ce que chacun de ses auteurs pourrait apporter à la réflexion.

NB : Évidemment, cet article essaye de présenter les différentes manières d’utiliser ces auteurs en dissertation. Il ne se substitue pas à ton cours ! Et je ne peux t’inviter qu’à approfondir les points de cours soulevés.

 

Adam Smith (1723-1790)

Principaux thèmes : croissance économique, division du travail, rôle de l’État, libéralisme économique, division du travail, libre-échange, chômage

Oeuvre principale : Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776)

 

Autant dire qu’en économie c’est un auteur incontournable pour la quasi-totalité des sujets : c’est le « premier des classiques ». L’apport de la Richesse des Nations n’est plus à démontrer : l’oeuvre des classiques, de Ricardo à Marx, repose sur les principes établis par Smith en 1776.

Smith est particulièrement incontournable sur plusieurs points :

– la « croissance économique » : c’est le thème principal de recherche de Smith. Le moteur de la croissance repose sur l’accumulation du capital qui permet la division du travail qui permet à son tour l’accumulation du capital. On peut ainsi dire que la « croissance smithienne » repose sur l’extension des marchés (aspect que l’on retrouve avec le libre-échange) et est théoriquement illimitée.

– la « main invisible » : bien que ce mot ne soit utilisé qu’une seule fois dans la Richesse des nations, c’est le concept smithien par excellence. Chaque individu est conduit à « remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intentions » par une « main invisible ». Par son propre fonctionnement, le marché assure la comptabilité entre actions privées des agents économiques et optimum social.

– la promotion du libre-échange. Dans le Livre IV de la Richesse des Nations, il expose sa théorie des avantages absolus : chaque pays à un intérêt à se spécialiser dans la production du bien pour lequel il dispose d’une capacité de productivité plus importante que celles de ses partenaires. De plus, comme le dit Smith : « La maxime de tout chef de famille prudent est de ne jamais essayer de faire chez soi la chose qui lui coûtera moins à acheter qu’à faire.« .

– sur l’importance de l’épargne : Dans une approche smithienne, le comportement d’épargne stimule la croissance en stimulant l’accumulation du capital. Ainsi, l’homme frugal est un « bienfaiteur ».

– le rôle limité de l’État. L’État doit fournir un cadre institutionnel propice au bon fonctionnement du marché (administration, infractures, police, etc.)

– sa théorie de la valeur travail. Pour Smith, la valeur de toute chose vient du « travail commandé », c’est-à-dire de la quantité de travail nécessaire pour la production de la chose.

 

Thomas R. Malthus (1766-1834)

Principaux thèmes : croissance économique, démographie, répartition des richesses, rôle de la demande

Principal oeuvre : Essai sur le principe de population (1798)

Ce prêtre anglican est un des premiers successeurs de Smith. Contemporain des débuts de la révolution industrielle en Angleterre, il va être l’auteur de théories économiques au point que l’adjectif « malthusien » renvoie aujourd’hui – peut-être à tort – à une vision conservatrice de l’économie, hostile à l’investissement et l’intervention étatique et reposant sur la rareté.

Sa principale contribution à l’économie est sa théorie de la population. Ainsi, Malthus considère que la croissance démographique suit une loi géométrie et la croissance des ressources environnementales suit une loi arithmétique. Dès lors, ce différentiel d’évolution conduit nos économies à leurs limites environnementales et physiques.

Cette croissance démographique entraîne de surcroît une réduction de la productivité du travail. En effet, si l’innovation permet un gain potentiel de production, celui-ci est aspire par la hausse de la démographie car elle réduit tous les gains de croissance en termes de PIB/tête. Malthus est donc clairement un classique pessimiste !

Enfin, Malthus est également, d’une certaine façon, le précurseur du keynésianisme. Ainsi, en critiquant la loi de Say, il met en exergue le rôle de la demande. En effet, il disait : « La première chose ont on ait besoin […] avant même tout accroissement du capital et de population, c’est une demande effective de produit, c’est-à-dire une demande faite par ceux qui ont les moyens et la volonté d’en donner un prix suffisant. »

 

Jean-Baptiste Say (1767-1832)

Principaux thèmes : autorégulation du marché, entrepreneur, crise économique

Principal oeuvre : Traité d’économie politique (1803)

Seul auteur français incontournable en économie de cette liste (et fondateur d’une des parisiennes !), Jean-Baptiste Say est un auteur libéral de premier plan. Dans son oeuvre Traité d’économie politique (1803), il énonce plusieurs principes qui serviront de fondement à l’école marginalisée quelques décennies plus tard.

D’abord, Say est notamment incontournable pour sa « loi des débouchés » (ou « loi de Say ») : « un produit terminé offre, dès cet instant, un débouché à d’autres produits pour tout le montant de sa valeur » : l’offre crée ses propres débouchés.  Ainsi, toute crise n’est qu’une crise de surproduction temporaire et sectorielle. On peut parler de résilience endogène du marché à tout crise. Cette loi a plusieurs conséquences théoriques. De plus, dans la domaine monétaire, elle permet de conclure à une stricte dichotomie entre économie réelle et économie monétaire. Dès lors, la monnaie fluidifie les échanges mais ne modifie pas leur nature(« la monnaie n’est que le véhicule de la valeur des produits »).

Un autre apport essentiel de Say concerne la place de l’entrepreneur. Si, chez Smith, l’entrepreneur apporte les capitaux nécessaires à la constitution de l’entreprise, pour Say, l’entrepreneur est avant un gestionnaire qui alloue les ressources de façon optimale. Donc, l’entrepreneur est un arbitre rationnel. Dès lors, c’est cette fonction d’arbitrage qui permet de corriger tout déséquilibre et permet la vérification de la loi de Say.

 

David Ricardo (1772-1823)

Principaux thèmes : libre-échange, état stationnaire, libéralisme, croissance économique, répartition des richesses

Oeuvre principale : Principes d’économie politique et de l’impôt (1817)

Ricardo est le principal successeur de Smith. Dans ses Principes, il prolonge les travaux de Smith et les précise. Sur le théorie de la valeur travail, Ricardo précise qu’elle provient du « travail incorporé » en la chose au cours de la production. Sur la question du libre-échange, avec sa théorie des « avantages comparatifs » : un pays possède un avantage comparatifs dans la production où il relativement le plus efficient, i.e. où sa productivité est la plus forte (ou la moins faible) par rapport à ses concurrents.

Ricardo est également un des premiers auteurs économiques pessimiste à théoriser l’état stationnaire. Il existe une limite endogène à la croissance économique pour Ricardo : c’est l’inégalité de fertilité entre les terres. À partir de cela, on en déduit sa théorie de la rente différentielle. Or, la terre, de moins en moins fertile, donne à son possesseur une rente et l’expansion démographie conduit à accroître le revenu du rentier au détriment de celui du capitaliste, seul à même de soutenir la croissance. Dès lors, l’économie est condamné à un état stationnaire.

Enfin, on retient également de Ricardo son engagement en faveur du libéralisme. Par exemple, il combat les Poor Laws (accusées d’inciter à l’oisiveté), les Corn Laws (qui protègent les rentiers au détriment de l’activité économique). Il s’oppose aussi à l’absence de convertibilité-or de la livre (accusée d’être responsable de l’inflation).

 

Karl Marx (1818-1883) 

Principaux thèmes : croissance économique, capitalisme, inégalités, libre-échange

Principal oeuvre : Le Capital (1867)

Marx est le « dernier des classiques » et le seul classique non libéral car il prolonge et critique la pensée des économistes classiques ce qui fait de cet auteur, un incontournable en économie.

Marx analyse le mode de production capitaliste avec une approche que l’on qualifie de « matérialisme historique ». Pour lui, celui-ci repose sur un rapport d’exploitation entre prolétaires et capitalistes, entre utilisateurs et propriétaires des moyens de production. C’est la marche de l’Histoire : un conflit inlassable entre classe dominantes et classes dominées ! L’ouvrier aliéné est condamné à recevoir un salaire de subsistance, selon la loi d’airain des salaires (concept de Ricardo), permettant aux capitalistes de maximiser leurs plus-value.

Marx mais également en avant la loi de la baisse tendancielle du taux de profit inhérente au capitalisme et qui le condamne. Ainsi, en s’appropriant sa plus value, le capitaliste conduit à une surexploitation des travailleurs amenant à une réduction des revenus salariaux et à un accroissement de la composition organique du capital. Ainsi, on assiste à une annulation de tout profil à cause de la faiblesse de la demande. Par conséquent, le capitalisme irait dès lors de crises en crises, jusqu’à la crise finale, le « grand soir » du capitalisme. Cette idée peut parfaitement s’appliquer à un sujet sur les inégalités : une hausse de l’exploitation des travailleurs sans une hausse de revenus conduisent à un décalage entre le niveau de production et la structure des revenus (grand potentiel de crise pour Marx !).

John Maynard Keynes (1883-1946)

Thèmes principaux : tout…

Oeuvre principal : Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936)

« Yes, Keynes is dead. So did Einstein and Newton. » Cette phrase de Paul Samuelson en 1988 illustre parfaitement la portée de la pensée keynésienne sur le monde économique : Keynes est peut-être l’auteur le plus incontournable en économie.

Pour reprendre les termes de la postkeynésienne Robinson, Keynes a réintroduit le « temps » dans la théorie économique. En effet, sa principale considération est d’avoir considéré que le caractère fondamental de l’activité économique est d’être incertain.  Dès lors, les erreurs d’anticipation des agents, l’incertitude sur l’avenir de l’économie ou encore la logique autoréférencielle conduisent l’économie est à être en déséquilibre.

Quoiqu’il en soit, je renvoie à cet autre article de Major prépa (ici !) très exhaustif sur l’importance de Keynes en sciences économiques.

 

Joseph A. Schumpeter (1883-1950)

Thème principal : innovation, innovation, innovation, croissance économique

Oeuvre principal : Théorie de l’évolution économique (1917)

C’est l’auteur incontournable en économie pour un sujet sur la croissance économique ou pour « sauver » tes troisièmes parties : J.A. Schumpeter inaugure une approche faisant de l’innovation le moteur principal de l’activité économique.

Là encore, il existe un excellent article de Major Prépa qui fait le point sur tous les aspects essentiels de la pensée schumpétérienne : ici !

 

Milton Friedman (1912-2006)

Thème principal : monnaie, capitalisme, consommation, croissance, politique économique

Oeuvre principal : Capitalisme et liberté (1962), « The Role of Monetary Policy » (1968)

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Milton Friedman est un des auteurs incontournables tant pour son influence sur le XXe siècle que pour ses idées économiques. Il est partisan du libéralisme et s’oppose directement aux idées keynésiennes. Ses travaux ont porté sur des objets diverses et notamment sur la question monétaire.

Mais Friedman est principalement connu pour ses travaux sur la monnaie. En 1968 (op. cit.), il est à l’origine du déclin de la pensée monétaire keynésienne. En effet, Friedman montre que toute politique monétaire devient caduque à moment ou un autre. Pour cela, il utilise les adaptations adaptatives (schématiquement : les individus se trompent à court terme mais jamais à moyen terme). La courbe de Philipps est, dès lors, invalidée : l’inflation ne résorbe que sur le court terme le chômage.

Ainsi, Friedman est partisan de l’école monétariste. Le postulat de base des monétaristes est que le but de toute politique monétaire est de limiter strictement la quantité de monnaie en circulation. Dès lors, chaque banque centrale doit limitée la création monétaire et lutter activement contre l’inflation. Friedman suggère donc d’aligner la croissance de la masse monétaire sur la croissance de la production à long terme pour maintenir l’inflation à un niveau adéquat (c’est la « k% rule »).

Friedman est également un partisan du revenu universel sous la forme d’ « impôt négatif ». Cela permettrait d’inciter les individus à travailler tout en leur fournissant un minimum d’aides sociales.

 

Robert Lucas (1937 – )

Thème principal : monnaie, croissance, politique économique, comportement microéconomique

Articles principaux : « Expectations and the Neutrality of Money » (1972) ; « The Death of Keynesians Economics: Issues and Ideas » (1980) ; « On the Mechanics of Economic Development » (1988)

Robert Lucas

Robert Lucas est le représentant par excellence de la Nouvelle École classique (NEC). Cette école cherche à remettre sur le devant de la scène les thèses classiques et néoclassiques en renouvellant leurs fondements microéconomiques, notamment avec l’idée d’ « anticipations rationnelles ».

Plusieurs idées de Lucas et de la NEC méritent notre attention :

– La théorie des anticipations rationnelles (développée initialement par John Muth) : les individus établissent les mêmes prévisions qu’un modèle économique. Par conséquent, cela conduit à annuler les effets bénéfiques éventuels d’une politiques macroéconomique. Ils s’opposent ainsi à la théorie des anticipations adaptatives de Friedman.

– La monnaie n’est pas neutre, elle est « hyper-neutre », i.e. neutre à court, moyen et long terme. C’est une conséquence directe des anticipations rationnelles.

– Lucas souligne en 1988 l’importance pour l’État de prendre en charge le financement de l’éducation du fait de l’importance du capital humain pour générer des externalités positives et donc de croissance. En ce sens, Lucas est un membre de l’école de la croissance endogène, avec, entre autres, Paul et Robert Barro.

Joseph Stiglitz (1943 – )

Thème principal : croissance, inégalité, mondialisation, politique(s) économique(s)

Articles principaux : La Grande Désillusion (2002), The Price of Inequality (2011)

Joseph E. Stiglitz | Biography, Contributions, & Facts | Britannica

C’est peut être un des auteurs incontournables en économie le plus récent. Né en 1943, cet économiste américain est le représentant le plus connu de la « nouvelle école keynésienne ». Cette dernière essaye de dépasser le déclin de la pensée néokeynénienne en se réappropriont les théories de la NEC. Ainsi, la NEK essaye de démontrer que le marché est toujours victime de rigidités endogènes (même sous l’hypothèse des anticipations rationnelles).

On lui doit de nombreuses théories aujourd’hui déterminantes dans la paysage économique comme sa théorie du salaire d’efficience élaboré avec Shapirio en 1984. D’après cette théorie les employeurs sont incités à mettre un place des salaires plus élevé que le salaire d’équilibre pour inciter les individus à accroître leur productivité.

Ces travaux sont également très critiques sur la mondialisation. Dans La Grande Désillusion (2002), il dit (de façon très claire !) : « Aujourd’hui, la mondialisation ça ne marche pas. Ca ne marche pas pour les pauvres, ca ne marche pas pour l’environnement, ça ne marche pas pour la stabilité de l’économie mondiale. »

Un autre apport intéressant de Stiglitz est ses travaux avec Grossmann (« On the Impossibility of Informationally Efficient Market », 2011). Les deux auteurs y critiquent la supposée efficience des marchés financiers. Pour eux, il existe un paradoxe dans cette théorie : si toute l’information est disponible, gratuitement et universellement, sur les marchés il n’y a plus d’incitation à rechercher l’information. Dès lors, les agents économiques deviennent des « observateur » des prix et vident les prix de leur information.

Conclusion

Voilà pour ce petit tour d’auteurs incontournables. Bien évidemment, il existe d’autres auteurs et d’autres idées qui ont une importance déterminante. Il s’agissait dans cet article de faire un simple tour des principaux auteur. Et un simple tour de leurs principales contributions à la science économique.

Jean-Baptiste Bochet

Etudiant à ESCP, ancien étudiant ECE au Lycée Champollion (Grenoble).