ECONAT’- L’Allemagne, première économie européenne ECONAT’- L’Allemagne, première économie européenne
Souvent citée en exemple, l’économie allemande semble être en parfaite santé : avec un taux de croissance parmi les plus élevés d’Europe de l’Ouest,... ECONAT’- L’Allemagne, première économie européenne

Souvent citée en exemple, l’économie allemande semble être en parfaite santé : avec un taux de croissance parmi les plus élevés d’Europe de l’Ouest, l’ Allemagne frôle le plein-emploi et a réalisé, en 2017,  un excédent budgétaire pour la quatrième année consécutive. Cependant, cette situation est relativement récente et l’Allemagne a encore certains défis à relever.

 

 

L’homme malade de l’Europe

Avant de se pencher sur la situation actuelle, une petite mise en perspective historique s’impose. A la fin des années 1990 et au début des années 2000, l’économie allemande connait d’importantes difficultés, ce qui lui valu le surnom d’ “homme malade de l’Europe” . Ces faibles performances économiques, notamment liées au choc entraîné par la réunification de 1990, se caractérisent par un taux de croissance inférieur à la moyenne européenne et une hausse continue du chômage, entre 1995 et 2005. Le pays est même confronté à la récession, entre 2001 et 2004.

Le chancelier Gerhard Schröder lance alors l’Agenda 2010 afin de réformer le marché du travail et le système de protection social. La mise en place de ce projet, entre 2003 et 2005, se concrétise notamment par les l’entrée en vigueur des lois Hartz, dont l’objectif est de flexibiliser le marché du travail. On assiste alors à une facilitation du recours à l’intérim et à une réduction des allocations chômage (loi Hartz IV). L’année 2005 marque le début d’un redressement assez spectaculaire, parfois qualifié de “miracle économique”.

 

 

Les points forts de l’économie germanique

Aujourd’hui quatrième puissance économique mondiale, l’Allemagne doit son dynamisme à la compétitivité de ses PME, qui emploient 68% des salariés allemands. L’industrie joue encore un rôle majeur dans l’économie, puisqu’elle représente environ 30% du PIB. L’expertise allemande est notamment reconnue dans les domaines de l’automobile, de la chimie, de la construction mécanique et des équipements électriques. La croissance (2,1% en 2017) est donc largement tirée par les exportations, qui génèrent chaque année un excèdent commercial conséquent. Quant au taux de chômage, il est au plus bas depuis la réunification (5,2% en juillet 2018). Cette performance s’explique, en partie, par la qualité du dialogue social outre-Rhin : le système de cogestion, qui associe les syndicats aux décisions de l’entreprise, permet une certaine flexibilité en tant de crise.

 

 

Tout ne va pas si bien : les limites du modèle allemand

L’Allemagne a encore certains défis à relever à commencer par celui de la précarité. La flexibilisation de l’offre de travail voulue les lois Hartz a facilité le recours aux minijobs (emplois à temps partiels, dont la rémunération est inférieure à 450 euros par mois, exonérés de cotisations sociales et n’offrant donc aucune couverture sociale). Aujourd’hui, plus de 7 millions d’Allemands sont concernés par ce type d’emplois précaires. Par conséquent, l’Allemagne doit faire face à d’importantes inégalités économiques. La répartition du patrimoine est particulièrement inégalitaire : 70% de la population ne possède que 9% des biens privés. De surcroît, les inégalités de richesse entre l’Est et l’Ouest du pays sont encore très visibles. Par ailleurs, l’Allemagne est fortement dépendante de ses exportations, qui représentaient 47,2% de son PIB en 2017. Ainsi, les entreprises allemandes sont les plus durement touchées, en Europe, par le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien. La démographie est elle aussi source de préoccupations. Bien qu’en hausse, le taux de natalité reste encore trop faible pour permettre le renouvellement de la population active. Ceci explique partiellement la générosité de la politique migratoire allemande.

En outre, les choix économiques de l’Allemagne font l’objet de critiques de la part de ses partenaires commerciaux. En 2007, Angela Merkel a augmenté la TVA de trois points, compensant cette hausse par une réduction de charges au profit des entreprises. Cette politique de compétitivité diminue le coût des produits nationaux vendus à l’étranger, où la TVA allemande ne s’applique pas, et entraîne une hausse du prix des importations, qui ne bénéficient pas de la baisse de cotisations. Certains pays attendent de l’Allemagne plus de coopération dans le domaine économique notamment au sein de l’Union Européenne, où on lui reproche régulièrement d’imposer sa politique.

 

 

 

Claire Laurent

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