Qu’est-ce que l’indice Big Mac ? Qu’est-ce que l’indice Big Mac ?
L’indice Big Mac : dit comme ça, vous pourriez penser qu’il s’agit d’un indicateur de calories, du gras et des sucres présents dans votre... Qu’est-ce que l’indice Big Mac ?

L’indice Big Mac : dit comme ça, vous pourriez penser qu’il s’agit d’un indicateur de calories, du gras et des sucres présents dans votre hamburger préféré signé McDonald’s… mais vous est très loin du compte !

 

Qu’est-ce qui se cache derrière l’indice Big Mac ?

En 1986, un petit groupe de collègues du journal britannique “The Economist” propose un indicateur de comparaison du coût de la vie dans différents pays du monde.

Pour cela, ils s’appuient sur le prix d’un produit unique : le Big Mac. Mais pourquoi avoir choisi un hamburger ? McDonald’s est aujourd’hui le symbole par excellence de la mondialisation : 70 millions de consommateurs issus de 120 pays fréquentent chaque jour l’un des 33 000 restaurants du groupe. Le choix du Big Mac n’est donc pas anodin : c’est un produit mondialisé et très standardisé  (les mêmes ingrédients le composent et les mêmes processus de fabrication sont suivis partout dans le monde).

Deux fois par an depuis 1986 (en janvier et en juillet), le prix converti en dollar US du hamburger est relevé dans plusieurs pays.

 

Les concepts de l’indice Big Mac

Deux concepts façonnent l’indice Big Mac.

Le premier est appelé la “loi du prix unique” qui stipule que dans un marché efficient, un produit doit avoir in fine le même prix en tout point du marché puisque les logiques d’offre et de demande tendent à lisser les éventuelles inégalités de prix.

Le second concept est celui de la PPA (Parité de Pouvoir d’Achat). C’est le taux de conversion monétaire qui permet d’exprimer dans une unité commune les pouvoirs d’achats de monnaies différentes. Il correspond au rapport entre la quantité d’argent nécessaire dans deux pays pour se procurer un panier identique de biens et services.

 

Donc, si un même produit, en l’occurrence le Big Mac, n’a pas le même prix dans deux pays différents, cela veut dire que la devise est sous-évaluée ou sur-évaluée. C’est précisément cet éventuel décalage vis-à-vis du taux de conversion en vigueur que l’indice Big Mac cherche à identifier.

Prenons un exemple. Au premier juillet 2018 : un Big Mac coûte en moyenne 5,71 dollars américains aux États-Unis contre 4,04 euros en moyenne dans la zone euro. Le taux de change implicite basé sur le Big Mac vaut donc 1,36 (5,51 divisé par 4,04). Le taux de change en vigueur à l’époque est pourtant de 1,17. L’indice Big Mac suggère alors que le dollar est surévalué de 16 % (on divise 1,36 par 1,17) par rapport à l’euro. Si on voulait respecter la loi du prix unique, il faudrait alors qu’un euro s’échange contre 1,36 dollar (et non pas 1,17).

 

L’indice Big Mac, un outil toujours d’actualité

Les créateurs de l’indice Big Mac n’avaient pas imaginé que cet indicateur serait devenu un révérenciel économique et monétaire pris au sérieux.

Il permet en effet de donner un panorama mondial de la situation monétaire en identifiant les devises fortes et faibles. Ainsi, les derniers chiffres confirment la position forte du dollar américain : la plupart des monnaies sont sous-évaluées par rapport au dollar (70% pour le rouble russe, 27% pour la livre britannique et 17% pour l’euro par exemple). Seules la Suède, la Suisse et la Norvège restent fortes face au dollar américain.

Il est aussi utilisé comme outil pour anticiper des investissements monétaires car il souligne les écarts d’évaluation et donc les réajustements à venir sur le marché monétaire.

Cet outil a toutefois dû faire face à plusieurs critiques portant sur  la pertinence du modèle. Ses opposants ont souligné l’absence de prise en considération des différences en matière de coût du travail, de fiscalité mais aussi des pratiques de consommation dans le monde entier. Une version améliorée a donc été proposée : elle inclue désormais le PIB par habitant pour prendre en compte les différences de niveau de vie.

L’indice Big Mac a même fait des petits : certains économistes se sont intéressés au temps de travail nécessaire pour pouvoir se payer un Big Mac, et cette dernière idée a même été reprise pour l’armoire Billy d’Ikea ou encore la boisson Tall Latte de chez Starbucks !

 

Florine Brière