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Libre-échange vs protectionnisme, un combat éternel Alors que les grabuges et autres désordres économiques qu’a engendré la crise de 2008 se font encore sentir,... Libre-échange vs protectionnisme

Libre-échange vs protectionnisme, un combat éternel

Alors que les grabuges et autres désordres économiques qu’a engendré la crise de 2008 se font encore sentir, les économistes s’attardent encore sur l’intérêt d’adopter une politique protectionniste, ou au contraire, privilégier un libre-échange mondial accentué par la mondialisation ainsi que la globalisation financière.
Nous estimons alors nécessaire d’attaquer ce sujet énormément controversé et qui vous sera certainement utile pour vos fiches d’HGGMC ou d’ESH.

 

I – Le protectionnisme, un mal nécessaire ?

Le protectionnisme est une politique interventionniste de l’État qui a comme objectif de protéger l’économie nationale de la concurrence d’autres États. Cette politique économique a pour principal but d’équilibrer la balance commerciale lorsque des importations importantes impactent négativement la production locale. Il peut s’agir d’une mesure ponctuelle qui sert à protéger une industrie en voie de développement et qui a besoin d’une intervention étatique pour croître.
Il existe 4 formes de protectionnisme :

• Protectionnisme douanier : A travers les droits de douanes, en rendant les produits étrangers plus chers sur le marché national.
• Protectionnisme non douanier :
– Le contingentement : Imposer des quotas d’importation.
– Restriction volontaire d’exportation : l’exportateur décide de limiter ses exportations vers un autre pays à la suite d’une négociation pour éviter des mesures restrictives.
– Dévaluation : Subvention à l’économie nationale.
• Protectionnisme déguisé : Accès au marché durci par les normes contraignantes (normes techniques, …) + préférence pour les entreprises nationales pour les marchés publics.
• Protectionnisme éducateur : Permet aux industries naissantes de leur donner le temps de devenir matures pour pouvoir affronter la concurrence étrangère. Après que les barrières sont ouvertes, il y aura la mise en marche de la destruction créatrice + avantages comparatifs dynamiques + développement d’une industrie nationale (Allemagne, E-U).

Mais quel intérêt y a-t-il à mener une politique protectionniste ?

 

1) Protéger les industries naissantes

Les industries naissantes ne sont pas compétitives pour résister à la concurrence extérieure des pays plus avancés. Cela permet aux entreprises de s’implanter sur le marché national. A court terme, ces entreprises se donnent le temps nécessaire pour réaliser les économies d’échelle grâce à l’augmentation de la production et aux gains de productivité leur permettant de devenir compétitives. La protection des industries naissantes est surtout tarifaire : les droits de douane entraînent une hausse des prix des produits importés. On peut observer cela dans le fait que les taxes sur les importations sont largement plus élevées dans les pays en développement que dans les pays développés.

 

2) Protéger les industries vieillissantes

• La protection des industries vieillissantes repose sur le même type de raisonnement, mais dans ce cas, il s’agit de sauver une activité menacée par la concurrence externe. Le protectionnisme doit donc permettre aux entreprises vieillissantes de retrouver leur compétitivité à moyen terme, ou de mettre en œuvre la reconversion des activités et des emplois.
Ainsi, le protectionnisme est nécessaire pour protéger les industries naissantes ou vieillissantes. Cependant, il doit être à court ou moyen terme car il peut avoir des effets négatifs pour l’ensemble de l’économie mondiale.

• Libre-échange, un remède contre les effets négatifs du protectionnisme ?
Le libre-échange, tout banalement dit, est une libre circulation des biens et des services entre les pays. Il implique donc un total laisser faire du marché, sans entraves extérieures et intérieures de la part des pays telles que la fixation de quotas ou autres barrières dites « réglementaires ». Autrement dit, c’est l’opposé du protectionnisme.

 

II – Les apports du libre-échange

1) Un agrandissement de la taille des marchés

En effet, pour les producteurs, cela constitue un énorme avantage puisque cela leur permet de produire plus, de vendre plus et donc de réaliser encore plus de bénéfices tout en bénéficiant des économies d’échelles.
Dès lors, chaque pays pourra se spécialiser dans la production des biens pour lesquels il est le plus efficace et importer les produits qu’il ne pourrait pas produire à des coûts plus bas que s’il venait à les produire lui-même.
De cette manière, l’Europe et les Etats-Unis peuvent s’adresser à la Chine pour tout ce qui est textile (domaine dans lequel la Chine produit à des coûts extrêmement bas) pour le plus grand bien des consommateurs occidentaux.

 

2) La stimulation de l’innovation

La conquête de nouveaux marchés ne s’arrête pas là, elle permet également un transfert de technologies entre les différents pays, dopant ainsi la compétitivité de ces derniers. Le libre-échange est effectivement un des principaux facteurs pour stimuler l’innovation à l’échelle internationale.

Ainsi la multiplication des ressources combinée à la popularisation des procédés permet une collaboration sur le plan technologique entre les pays.

 

III – La face cachée du libre-échange

1) Un vrai libre-échange est en fin de compte difficile à mettre en place

La principale critique portée à l’égard du libre-échange est que ses apports restent principalement théoriques. En effet, une étude Bain sur un lot de 960 multinationales a révélé que seulement une entreprise sur quatre profite de ce système pour doper l’innovation. D’autres économistes accusent la réticence des entreprises à l’importation de technologies venues de l’extérieur. En effet, les entreprises craignent souvent que leurs technologies ne tombent entre les mains d’autres entreprises concurrentes.

 

2) La dégradation des emplois

Il ne faut pas faire preuve d’angélisme envers le libre-échange lorsque l’on dit qu’il crée des emplois. En effet, certes le libre-échange permet une création d’emplois plus importante, néanmoins, cette vision quantitative doit être relativisée avec une autre plus qualitative. Les emplois créés sont moins bien rémunérés avec une protection sociale dégradée.
Dans un régime capitaliste, le libre-échange est un système non équitable qui s’apparente à une guerre économique généralisée d’une part entre les travailleurs du monde entier et d’autre part, entre les détenteurs du capital qui ne cessent d’engranger des bénéfices.

En somme, vous avez pu constater les apports et les limites du protectionnisme et du libre-échange. C’est un combat qui ne cessera jamais d’animer les passions…

Adnane Moustahfid & Ismaël Moussa

 

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Ismael Moussa