Dans cet article, nous verrons ensemble les grands enjeux que la transition énergétique soulève et, en particulier, la place déterminante de l’Occident dans ce nouveau défi mondial.
Introduction
Accroche
Rien de mieux que de commencer par un fait d’actualité assez récent (à toi de trouver un fait d’actualité se rapprochant encore plus du concours 2026). Les podcasts de Pierre Haski sont très pertinents, selon moi !
La COP29 à Bakou en Azerbaïdjan est une bonne accroche. Elle souligne que les pays pauvres doivent accepter des miettes par peur de voir s’effondrer le processus entier de la COP. De plus, c’est le seul forum dans lequel ils peuvent faire entendre leur voix, pendant que les pays riches (dont l’Occident) esquivent leurs obligations morales et historiques.
En effet, l’accord conclu lors de la COP29 à Bakou prévoit le versement de 300 milliards de dollars par an aux États du Sud afin de les aider à affronter les changements climatiques. Une somme jugée insuffisante par certains, alors même que l’Afrique avait plaidé pour 1 300 milliards de dollars.
Cette accroche montre donc dès le début de ta copie les inégalités dans la transition énergétique !
Contextualisation du sujet – Définitions
Définition de la transition énergétique → Passage d’une économie carbonée à une économie décarbonée.
Dès l’introduction, il faut ajouter un contexte afin de capter le lecteur :
- L’Union européenne a promis de parvenir à la neutralité carbone d’ici 2050, la Chine d’ici 2060.
- Quelles sont les difficultés ? L’Occident doit à la fois diminuer sa consommation d’énergie fossile, mais augmenter la consommation d’électricité (valable pour les pays du sud, en développement).
- L’AIE (Agence internationale de l’énergie) parle de New Energy Economy.
Cet article a pour objectif de comprendre comment assurer la mise en place d’une nouvelle infrastructure énergétique au niveau global, permettant d’honorer les impératifs écologiques de réduction des émissions de GES sans faire porter le poids de la transition sur les populations les plus fragiles.
Problématique : Comment mettre en place une nouvelle infrastructure énergétique mondiale tout en évitant que la transition pénalise les populations les plus fragiles ?
Plan détaillé
I/ Les sociétés occidentales ont mis en place une société thermo-industrielle donnant une importance aux énergies fossiles
A) La société occidentale a usé des énergies fossiles
Commençons par une petite sous-partie historique (très important de traiter une partie historique, d’autant plus que ce sujet est très actuel).
En effet, la société occidentale a toujours fait une belle place aux énergies fossiles, notamment pendant la période industrielle. Un auteur français explique très bien ce phénomène : Jean-Marc Jancovici. Dans Dormez tranquilles jusqu’en 2100, il démontre qu’il existe une corrélation forte entre la production de pétrole et la croissance économique d’un pays. Il existe alors une équation PIB = pétrole, fondement de la croissance économique des pays occidentaux. Il apparaît donc bien que la croissance n’est possible qu’avec la production énergétique fossile, majoritairement le pétrole.
L’importance du pétrole s’est illustrée tout au long du XXe siècle et plus encore en ce début de XXIe siècle avec l’émergence d’acteurs comme la Chine. Ainsi, le pétrole représente aujourd’hui 33 % de l’énergie consommée et est utilisé dans 90 % des transports mondiaux. C’est aussi l’énergie la moins chère et la plus puissante, même si celle-ci n’est pas sans enjeux…
B) Changement de paradigme énergétique depuis 2008 ?
« L’âge de pierre ne s’est pas terminé par manque de pierres. L’âge du pétrole ne s’arrêtera pas faute de pétrole », affirme Sheikh Yamani. Si les énergies fossiles ont longtemps été au cœur de la croissance occidentale, de nouvelles techniques et contraintes bouleversent aujourd’hui ce modèle, annonçant un changement de paradigme énergétique.
Cette sous-partie a pour but de souligner une nouvelle tendance, la fracturation hydraulique qui bouleverse alors la consommation énergétique mondiale. En effet, alors que le peak oil des réserves conventionnelles a été atteint en 2006, les réserves non conventionnelles, notamment les schistes américains, repoussent l’échéance. Une révolution permise par la mise au point de la technique de la fracturation hydraulique. Cette nouvelle technologie est cependant plus coûteuse, il faut forer davantage et elle est surtout très polluante. Cependant, ce qu’il faut retenir de cette fracturation est que la pression sur la demande du pétrole de schiste est devenue tellement grande que cette technique devient alors rentable (offshore, schistes).
Faisons un zoom sur le pétrole de schiste aux États‑Unis. Les États-Unis sont devenus un acteur majeur de la géopolitique des hydrocarbures, devenant les premiers producteurs mondiaux de pétrole depuis 2007. Une position renforcée sous l’ère Trump, peu soucieux des enjeux environnementaux. Sur le marché du gaz, ils dépassent désormais la Russie et, depuis 2016, sont exportateurs de gaz naturel liquéfié (GNL). La guerre en Ukraine a encore accentué cette tendance, boostant fortement leurs exportations. Ce développement confère aux États‑Unis un poids considérable dans l’économie énergétique mondiale.
Finalement, il apparaît bien que le bilan est mitigé sur l’utilisation des énergies fossiles.
C) Un bilan mitigé
Les énergies fossiles sont encore largement utilisées, elles représentent 80 % du mix énergétique mondial. Le gaz suit une dynamique similaire au pétrole, avec le gaz de schiste aux États-Unis : il représente aujourd’hui 23 % de la consommation mondiale. Ses réserves sont très concentrées : 25 % en Russie et 40 % au Moyen-Orient.
Pour le charbon, la situation est différente. L’Europe occidentale l’abandonne, la consommation américaine baisse à cause du schiste, tandis que les pays asiatiques et africains l’utilisent massivement. Chez les émergents, sa consommation croît fortement, comme le souligne Samuele Furfari, parlant d’une « contre‑révolution énergétique ».
II/ Dans le même temps, les énergies renouvelables connaissent un succès … quoiqu’elles ne paraissent pas encore capables de se substituer efficacement aux énergies fossiles
A) Énergie hydraulique : indispensable, mais créatrice de conflictualité
L’énergie hydraulique est une ressource essentielle, car elle est propre, maîtrisée et permet une production continue d’électricité. Cependant, elle est aussi source de tensions, comme le montre le barrage de Rogun au Tadjikistan. Ce projet, relancé en 2008, vise à assurer l’indépendance énergétique du pays, mais il inquiète l’Ouzbékistan, qui craint une réduction de son approvisionnement en eau.
Cette situation illustre comment l’eau devient un enjeu géopolitique majeur, mêlant rivalités nationales, intérêts économiques et risques environnementaux. Ainsi, si l’hydroélectricité est un atout, elle peut aussi exacerber des conflits régionaux.
B) L’irrésistible essor des énergies renouvelables
La grande question est de savoir si une consommation 100 % renouvelable est possible ? Malheureusement, il reste encore de nombreux obstacles : l’intermittence est aujourd’hui un des plus grands défis des énergies renouvelables (terme technique à mettre dans ta copie).
En effet, en l’absence de soleil ou de vent, pas d’énergie. Il y a donc un problème de stockage. De plus, en absence de nouvelles technologies, pour stocker, il faut encore des usines polluantes.
C) La question minérale : angle mort de la transition énergétique ?
La transition énergétique, souvent présentée comme un passage « vert », repose en réalité sur une forte intensité minérale. Les énergies renouvelables (ENR) nécessitent une consommation massive de métaux stratégiques : nickel, cobalt, lithium, manganèse, graphite. Par exemple, une éolienne de 120 mètres contient environ 3 tonnes d’aluminium et 4,7 tonnes de cuivre. Elle laisse en fin de vie un bloc de béton non recyclable après seulement vingt ans d’utilisation. Le bilan carbone des ENR, s’il reste meilleur que celui des fossiles, n’est donc pas neutre.
Tu peux utiliser une référence pour illustrer cette problématique qui est cruciale dans ce sujet. Celia Izoard parle ainsi d’une véritable « ruée minière » au XXIe siècle. D’ici 2050, il faudrait multiplier par cinq à dix la production minière mondiale pour répondre aux besoins énergétiques de la transition. Mais cette logique déplace simplement le problème : on passe de l’exploitation des hydrocarbures à celle des métaux. Or, la pollution minière est largement irréversible à l’échelle humaine. D’où l’idée, avancée par certains auteurs comme Guillaume Pitron, de tendre vers une « décroissance minérale » afin de ne pas transformer la transition écologique en nouvelle impasse environnementale.
III/ Passer des énergies thermofossiles aux ENR : un processus à risque
A) Une transition énergétique qui suscite de multiples défis : l’exemple de la voiture électrique
Un autre exemple pertinent pour illustrer les difficultés de la transition énergétique concerne l’industrie automobile. En effet, sur le plan environnemental, la production d’une batterie émet autant que celle d’une voiture entière, ce qui double les émissions initiales avant qu’elles soient compensées à l’usage. De plus, d’un point de vue économique, la filière reste dominée par les géants asiatiques (LG, Samsung, BYD), laissant l’Europe dépendante.
Enfin, d’un point de vue social, la voiture électrique demande 40 % de main-d’œuvre en moins, une menace pour une industrie qui représente 11 % de l’emploi industriel européen. Ainsi, la voiture électrique n’apparaît donc pas comme une solution miracle, mais comme un nouveau terrain de vulnérabilités.
B) Le nucléaire : une énergie controversée
Le nucléaire reste une énergie à part. Ses avantages sont connus : il représente environ 10 % de l’électricité mondiale et il émet très peu de CO₂, parfois même moins que certaines énergies renouvelables. C’est ce qui explique le retour en grâce de cette énergie : 60 réacteurs sont en construction dans le monde, surtout en Asie, et Emmanuel Macron a annoncé la construction de six nouveaux EPR en France en 2022.
Mais les doutes persistent. Des accidents nucléaires, comme ceux de Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011), ont marqué durablement les esprits et nourri une peur presque viscérale. À cela s’ajoutent des problèmes majeurs : l’absence de solution définitive pour les déchets radioactifs et le coût très élevé des nouveaux réacteurs, alourdi par des normes de sécurité toujours plus strictes. Enfin, le risque de prolifération nucléaire reste réel : l’Iran et la Corée du Nord rappellent que le passage du civil au militaire est toujours possible.
Pour approfondir ce point, je t’invite à consulter ce podcast.
C) Nouvelles énergies et technologies : promesses et limites
À côté de la solution nucléaire, d’autres options apparaissent. L’hydrogène est présenté comme une énergie propre et abondante dans l’eau. Depuis la crise de la Covid, les investissements ont fortement augmenté et on l’envisage utile dans l’industrie lourde ou le transport. Mais ses limites restent fortes : un coût élevé et une densité énergétique trop faible pour une utilisation massive dans le civil.
Autre piste, la séquestration du CO₂. L’idée est simple : capter les émissions et les stocker sous terre. La technique existe déjà (Total avait mené un projet à Lacq), et l’Union européenne soutient des programmes comme Horizon 2020 pour l’industrialiser. Mais le coût est énorme et seule une taxe carbone permettrait de la rendre viable.
Ces pistes montrent que la transition ne se limite pas aux énergies renouvelables, mais elles soulignent aussi que beaucoup de solutions restent expérimentales et loin d’être prêtes pour un basculement à grande échelle.
Conclusion
La transition énergétique apparaît comme un défi majeur pour le XXIᵉ siècle. Si les énergies fossiles restent omniprésentes et structurent encore nos économies, les énergies renouvelables se développent rapidement, mais rencontrent des limites techniques. Ces limites provoquent de plus en plus des tensions géopolitiques. Il faudra donc trouver un équilibre entre la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la sécurité énergétique et la justice sociale. Il est crucial que la transition profite à tous sans pénaliser les populations les plus fragiles.



