Italie

Avant de devenir le pays que l’on connaît aujourd’hui, l’Italie était une péninsule fortement divisée et profondément inégalitaire sur le plan économique et militaire. Du Moyen Âge à son unification, l’Italie a connu les guerres entre ses royaumes ainsi que différentes ingérences venant de puissances européennes voisines. Dans cet article, tu trouveras toutes les informations nécessaires sur l’histoire de l’unification italienne, que ce soit pour l’écrit ou pour l’oral.

Une péninsule rayonnante, mais politiquement divisée

Les cités-États de la Renaissance

Aux XVe et XVIe siècles, l’Italie n’est pas un royaume unifié, mais un ensemble de cités-États indépendantes. Certaines cités-États se distinguent des autres par leur puissance.

Les plus importantes sont :

  • la République de Venise, puissance maritime et commerciale dominante en Méditerranée ;
  • Florence, centre bancaire et culturel dirigé par la famille des Médicis ;
  • le Royaume de Naples, au sud ;
  • les États pontificaux, gouvernés par le pape depuis Rome.

 

À cette période, la péninsule italienne est un centre culturel majeur. C’est le cœur de la Renaissance et le reflet de ses progrès. Malgré tout, les rivalités entre cités-États font de l’Italie une zone politiquement faible.

Les guerres d’Italie et la perte d’indépendance

À partir de 1494, les guerres d’Italie opposent la France et l’Espagne pour le contrôle de la péninsule. Ces conflits affaiblissent fortement les États italiens. Finalement, au XVIe siècle, le Sud de l’Italie est dominé par l’Espagne, tandis que le Nord est fortement influencé par l’empire des Habsbourg d’Autriche. Ainsi, l’Italie devient progressivement un espace dominé par les puissances étrangères européennes.

Le XVIIIe siècle : une Italie sous tutelle

Au XVIIIe siècle, l’Italie reste profondément divisée, au Nord comme au Sud. Au Nord, la Lombardie est toujours contrôlée par l’Autriche. Concernant l’Italie méridionale, ce sont les Bourbons qui contrôlent le Royaume des Deux-Siciles de 1734 à 1861. Ce dernier s’étend sur l’Italie du Sud et sur la Sicile.

Enfin, le pape dirige les États pontificaux. Cependant, le Royaume de Sardaigne arrive tout de même à conserver une certaine autonomie, Ainsi, bien que l’Italie soit un espace culturellement riche, elle demeure aussi profondément divisée et dépendante.

L'Italie en 1796, Wikipedia
La péninsule italienne en 1796, Wikipedia

L’éveil du sentiment national (1796-1848)

Le tournant napoléonien

Les campagnes de Napoléon Bonaparte bouleversent l’Italie de 1796 à 1814. En effet, Napoléon a réussi à contrôler presque toute la péninsule italienne, parfois de façon indirecte. Il s’est d’ailleurs fait couronner symboliquement roi d’Italie à Milan en 1805.

Cependant, c’est sous Napoléon que les Italiens expérimentent pour la première fois une forme d’unité politique. Plusieurs anciens États sont supprimés, tandis que d’autres sont regroupés sous une même autorité. Cette unité, même si elle est imposée par la France, fait naître l’idée qu’une nation italienne est possible.

Le retour à la division avec le Congrès de Vienne (1815)

Après la chute de Napoléon, le Congrès de Vienne restaure les anciennes cités-États. L’Italie retourne ainsi dans une profonde division.

Au Nord, on retrouve le Royaume lombard-vénitien, qui est directement sous contrôle autrichien, ainsi que les duchés de Toscane, de Parme et de Modène. L’Autriche devient alors la puissance dominante en Italie du Nord. Plus au Sud, il y a les États pontificaux, le Royaume de Sardaigne et celui des Deux-Siciles.

Malgré cette division, les idées nationales diffusées sous Napoléon ne disparaissent pas.

Le Risorgimento : naissance du nationalisme italien

Au XIXe siècle apparaît le Risorgimento (« renaissance »), un mouvement politique et culturel visant l’unité italienne. De grandes figures ressortent alors : Giuseppe Garibaldi, chef militaire et révolutionnaire, Camillo Cavour, partisan d’une unification progressive sous monarchie. Bien que ces figures incarnent différentes visions de l’avenir de l’Italie, ils partagent un même objectif : l’unité et l’indépendance.

Si tu souhaites approfondir tes connaissances sur cette période clé qu’est le Risorgimento, n’hésite pas à consulter cet article.

Garibaldi en 1866
Giuseppe Garibaldi

Une péninsule inégale et instable à la veille de l’unité (1848-1861)

Les révolutions de 1848

En 1848, des révoltes éclatent dans toute l’Europe, le « Printemps des peuples ». En effet, l’Europe connaît une crise économique et sociale brutale couplée d’un rejet des régimes autoritaires et d’une montée du nationalisme. C’est le cas en Italie, où Milan et Venise se soulèvent contre l’Autriche.

Bien que les deux villes parviennent temporairement à se libérer des troupes autrichiennes, elles sont finalement reconquises par l’Autriche : Milan en août 1848 et Venise en août 1849. Malgré ces revers, ces événements marquent la naissance d’un véritable mouvement national.

Une Italie profondément contrastée avant l’unification

Avant l’unification, l’Italie présente de fortes disparités. Au Nord, on constate un début d’industrialisation portée surtout par une classe bourgeoise ambitieuse. À l’inverse, l’économie de l’Italie du Sud repose surtout sur l’agriculture. On y retrouve une grande pauvreté et une structure sociale dominée par de grands propriétaires fonciers. Ces disparités entre Nord et Sud créeront la « question méridionale ».

Si tu veux en savoir davantage sur les disparités entre le Nord et le Sud de l’Italie, n’hésite pas à consulter cet article.

Le rôle du Piémont et les débuts de l’unification

Sous l’impulsion de Camillo Cavour, le Royaume de Sardaigne modernise son économie et son armée dans la seconde partie du XIXe siècle. En 1858, le Royaume de Sardaigne s’allie secrètement à la France contre l’Autriche et, en 1860, il annexe la Lombardie. C’est en échange de l’aide française à cette annexion que la Savoie et Nice seront cédées à la France.

En 1860, le chef militaire et révolutionnaire, Giuseppe Garibaldi, parvient à conquérir le royaume des Deux-Siciles. C’est ce qu’on appelle « l’expédition des Mille » (Spedizione dei Mille). Victor-Emmanuel II devient alors roi d’Italie en 1861. Il règne alors sur le Nord (la Lombardie), le Centre (Toscane, Parme, Modène) et le Sud de l’Italie (ancien Royaume des Deux-Siciles).

À ce stade, l’unité est incomplète : si la Vénétie est toujours autrichienne, Rome appartient encore aux États pontificaux, alors protégés par la France. Ainsi, l’Italie annexe la Vénétie en 1866 avec le soutien de la Prusse. Ce n’est que le 20 septembre 1870 que l’armée italienne prend Rome. L’unité territoriale italienne s’achève véritablement en 1871, lorsque Rome devient la capitale du Royaume d’Italie.

La question du Vatican

La prise de Rome en 1870 crée un conflit majeur entre l’État italien et la papauté. Après la prise de Rome, l’Italie adopte la Loi des Garanties (legge delle guarentigie). Elle reconnaît l’autonomie spirituelle du pape et lui octroie des privilèges ainsi qu’une indemnité financière.

Cependant, le pape Pie IX refuse ce compromis et ne reconnaît pas le nouvel État italien. Un conflit commence alors entre l’Église et l’État italien, et ne sera définitivement réglé qu’en 1929 avec les accords du Latran.

Si tu veux en savoir davantage sur le Vatican, n’hésite pas à consulter cet article !

Conclusion

Ainsi, avant son unification, l’Italie est fragmentée politiquement et dominée par des puissances étrangères. Marquée par de profondes divisions et inégalités, elle ne sera véritablement traversée par un puissant sentiment national qu’à partir du XIXe siècle. L’unification de 1861 puis la prise de Rome en 1870 sont les aboutissements de ce sentiment d’unité nationale.

Vocabulaire

  • Ingérence : ingerenza
  • Domination : dominazione
  • Unification italienne : unificazione italiana
  • Sentiment national : sentimento nazionale
  • Émancipation : emancipazione
  • Soulèvement/révolte : sommossa/rivolta
  • Cités-États : Città-Stato
  • Guerre d’indépendance : guerra d’indipendenza
  • Plébiscite : plebiscito
  • Le Royaume de Piémont-Sardaigne : il Regno di Sardegna-Piemonte
  • Le Royaume des Deux-Siciles : il Regno delle Due Sicile
  • Lombardie-Vénétie : Lombardia-Veneto
  • L’Autriche : l’Austria
  • Les États pontificaux : I Stati pontifici
  • La Constitution : la costituzione
  • Une bataille : battaglia
  • Armée : esercito
  • Alliance : alleanza
  • Citoyen : cittadino
  • Victoire : vittoria
  • Défaite : sconfitta
  • Patriote : patriota