pauvreté

Le programme de lutte contre la pauvreté du gouvernement de Giorgia Meloni est très nuancé. Bien que le niveau de vie de la population italienne ait augmenté ces dernières années, l’Italie reste le seul pays de l’OCDE où le salaire moyen a baissé entre 1990 et 2020. Sans compter le manque de nombreuses prestations sociales de base (aucun salaire minimum, par exemple). L’évolution de la pauvreté, notamment dans la Mezzogiorno, est un thème susceptible de tomber, à l’écrit comme à l’oral. Tu trouveras dans cet article de nombreux éléments pour être au point sur ce thème.

Tableau de la pauvreté en Italie

Une vision d’ensemble

L’IDH (0,915 en 2023) et le PIB/habitant (37 000 euros) élevés de l’Italie cachent une réalité plus sombre. Selon l’Istat (Istituto nazionale di Statistica), un Italien sur dix vit dans une condition de pauvreté absolue en 2024 et près d’un Italien sur cinq risque de basculer dans la pauvreté.

Cela traduit des inégalités de richesse qui peuvent se constater à plusieurs échelles.

Un Sud plus pauvre que le Nord

Le tableau de la pauvreté est bien différent entre l’Italie septentrionale et méridionale. Les régions du nord de l’Italie ont un PIB par habitant plus élevé que celles du sud de l’Italie, avec en dernière position la Calabre (16 200 euros par habitant). Le chômage des jeunes est lui aussi disparate entre le Nord et le Sud.

Ces inégalités territoriales s’expliquent notamment par le manque criant d’infrastructures (hôpitaux, universités) dans le Mezzogiorno ainsi que par des politiques inadaptées.

Tu peux consulter cet article si tu veux en connaître davantage sur la fracture entre le Nord et le Sud de l’Italie.

 

Le retard du Mezzogiorno comparé à l'Italie du Nord

Inégalités de genre

Les Italiennes sont bien plus sujettes que les Italiens à basculer dans la pauvreté. Un classement du World Economic Forum de 2022 place en effet l’Italie en 110e position sur 146 pays en matière d’égalité économique entre homme et femme.

Le taux de chômage est plus bas chez les hommes (6 %) que chez les femmes (7,2 %), d’autant plus que les démissions des travailleuses ne cessent d’augmenter du fait du manque de crèches et de la difficulté de concilier travail et vie de famille.

Un manque d’initiatives efficaces pour lutter contre la pauvreté

Réduire la pauvreté en assurant le rattrapage du Mezzogiorno

Combattre la pauvreté est un thème central dans les programmes des gouvernements italiens qui s’est manifesté au départ par la « questione meridionale » (le rattrapage du Sud de l’Italie).

Cependant, ce rattrapage ne fut jamais achevé. Un fonds d’aides financières, nommé « la Cassa del Mezzogiorno », fut alloué au Sud de l’Italie en 1951, avant d’être dissous en 1960 après que la mafia a détourné ces fonds au détriment des plus pauvres.

Par ailleurs, plusieurs partis politiques, comme le Parti démocratique d’Elly Schlein, dénoncent la réforme d’autonomie différenciée voulue par La Ligue de Matteo Salvini, affirmant que celle-ci creuserait les inégalités territoriales.

Des mesures du gouvernement italien actuel peu efficaces

La dimension sociale du programme de Giorgia Meloni reste limitée. Le gouvernement Meloni a décidé de supprimer le reddito di cittadinanza en janvier 2024. À la place ont été instaurées deux aides aux cibles limitées et dont les montants ne suffisent pas à pallier les besoins vitaux.

L’assegno di inclusione prévoit seulement entre 500 et 780 euros par mois pour les plus de 60 ans et les handicapés, tandis que lo strumento di attivazione ne donne que 350 euros par mois pour les personnes en âge de travailler. Résultat, seules 500 000 familles italiennes bénéficient de ces deux aides, alors même que plus de 1,3 million de familles touchaient le reddito di cittadinanza.

Par ailleurs, le gouvernement de Meloni a drastiquement diminué les fonds du PNRR (Plan national de relance et de résilience) pour le Mezzogiorno (plus de 20 milliards d’euros depuis le début du PNRR). Enfin, La Ligue du vice-président du Conseil des ministres, Matteo Salvini, pousse pour le projet d’autonomie différenciée entre les régions, ce qui pourrait empêcher les régions les plus pauvres de garantir des services publics de qualité dans des domaines tels que la santé ou l’éducation.

Des mesures possibles pour lutter contre la pauvreté

Des initiatives envisageables proposées par des acteurs publics

Plusieurs initiatives ont été proposées par différents partis politiques pour lutter contre la pauvreté.

Le Parti démocratique d’Elly Schlein suggère de créer un ministère pour le logement. L’objectif serait de restructurer les logements sociaux, de créer des résidences universitaires et de réglementer davantage les logements Airbnb.

Par ailleurs, une pétition soutenue en grande partie par les partis de gauche, pour soutenir un possible salaire minimum à hauteur de neuf euros de l’heure, a recueilli plus de 200 000 signatures en deux jours seulement. Cette proposition a cependant été rejetée par le gouvernement de Meloni.

Des projets d’acteurs privés contre la pauvreté

Différents projets ont été portés pour sortir les Italiens de la pauvreté. Le projet Bar Didattico de l’Istituto di Istruzione Superiore « Carlo Ubertini » dans la ville de Chivasso offre aux étudiants en situation de handicap l’opportunité d’apprendre les compétences pour tenir un bar, favorisant ainsi leur intégration dans le monde professionnel.

De plus, plusieurs associations italiennes luttent contre la pauvreté, la plus connue étant Caritas Italiana qui publie chaque année un rapport sur la pauvreté en Italie.

Conclusion

La lutte contre la pauvreté en Italie reste donc mitigée. Si les propositions ne manquent pas pour combattre la pauvreté qui concerne de plus en plus d’Italiens, les mesures du gouvernement actuel ne permettent pas d’inverser cette tendance. D’où la montée en puissance des partis de gauche, illustrée pendant les élections européennes de 2024, majoritairement portés par les classes sociales italiennes les plus précaires.