mix énergétique

Le mix énergétique est devenu une thématique centrale dans le débat public italien. Entre résurgence des énergies fossiles et retour incertain du nucléaire, il divise fortement dans l’entièreté du spectre politique. Par ailleurs, les accords entre l’Italie et les pays étrangers posent la question de la dépendance excessive de l’Italie envers la conjoncture économique et géopolitique internationale. La question du mix énergétique italien tombe de façon récurrente aux oraux. Tu trouveras dans cet article tout ce qu’il faut connaître sur le sujet.

Perspective historique

Le développement du nucléaire

L’Italie est un des pays dont le mix énergétique a le plus évolué au cours du temps. En 1958, elle se dote de sa première centrale nucléaire, la centrale Latina, près de Rome. Entre les années 1960-1970, trois autres centrales nucléaires entrent en service. Elles se situent toutes dans l’Italie septentrionale, ce qui est révélateur de la politique d’aménagement du territoire italienne qui privilégie le Nord au Sud.

Ainsi, le mix énergétique italien est composé en grande majorité de pétrole, de charbon et dans une moindre partie de nucléaire.

L’abandon brutal du nucléaire

Après la catastrophe de Tchernobyl en 1986, un référendum entraîne la fermeture progressive des centrales nucléaires italiennes. Le charbon et le pétrole représentent dès lors une part écrasante du mix énergétique italien.

Par ailleurs, l’Italie devient davantage dépendante d’importations provenant de pays européens (à hauteur de 20 %) ou d’autres, comme la Russie ou la Libye, pour le gaz et le pétrole. Le gaz en particulier devient la principale source d’énergie de l’Italie. Il représente encore aujourd’hui entre 40 et 45 % du mix énergétique italien.

L’essor des énergies renouvelables

Les années 2000-2010 sont marquées par l’avènement des énergies renouvelables en Italie. Elle investit massivement dans le solaire, l’éolien ou encore l’hydroélectricité. Dans cette perspective, le pays devient, dans les années 2010, un des leaders européens dans les renouvelables.

L’Italie bénéficie notamment de son relief favorisant des sources d’énergies vertes, comme l’hydroélectricité dans les Alpes ou encore le solaire. Les énergies renouvelables représentent ainsi entre 35 et 40 % de la production électrique italienne.

La consommation d'énergie
Consommation d’énergie en Italie selon les différentes sources d’énergie.

Une dépendance problématique aux pays étrangers

Une forte dépendance énergétique vis-à-vis de l’étranger

L’abandon du nucléaire en 1987 marque le début de la dépendance énergétique italienne envers les pays étrangers. En effet, les importations d’électricité italiennes en provenance de la France augmentent significativement au cours des années 1990.

Cependant, c’est principalement de pays non européens (Russie, Algérie, Libye) que provient le gaz importé par l’Italie. Dans les années 2000-2010 sont construits de nouveaux gazoducs, comme le GreenStream, venant renforcer la dépendance italienne par rapport à l’étranger. Ainsi, l’Italie devient énergétiquement dépendante de l’étranger, à hauteur de 75 % en 2020.

Une dépendance qui expose l’Italie à de nombreux problèmes

Cette dépendance fait que l’Italie est fortement exposée aux variations des prix du gaz et aux crises géopolitiques.

Par exemple, le conflit entre la Russie et l’Ukraine, en janvier 2006, a entraîné une réduction d’approvisionnement du gaz russe. En réponse, le gouvernement a dû prendre des mesures d’urgence : puiser dans les stocks stratégiques et réduire les livraisons à certaines industries.

Ce problème de dépendance s’est illustré une nouvelle fois lors de la guerre civile de 2011, en Libye. La perturbation du gazoduc GreenStream a entraîné une baisse brutale des livraisons de gaz en provenance de la Libye.

De nouvelles dépendances depuis la guerre en Ukraine

L’invasion de l’Ukraine et les sanctions européennes obligent l’Italie à trouver des alternatives. En effet, la Russie fournissait en 2022 près de 40 % du gaz de l’Italie grâce à ses nombreux gazoducs. Le gouvernement de Mario Draghi décide ainsi de réduire fortement les importations de gaz en provenance de la Russie.

Cependant, ce choc ne débouche pas sur une baisse massive de la dépendance énergétique italienne envers l’étranger. De nouveaux accords concernant le gaz sont signés en urgence avec des pays du Maghreb (Algérie, Égypte) et d’Asie centrale (Azerbaïdjan). Ces nouveaux accords débouchent sur une augmentation des prix du gaz, ce qui alimente de fait l’inflation.

De nouvelles impulsions pour changer le mix énergétique italien

Un retour progressif au nucléaire ?

La thématique du nucléaire est revenue dans le débat politique italien depuis quelques années. Impulsé par la Ligue de Matteo Salvini, le nucléaire gagne l’adhésion de plus en plus d’Italiens. En effet, entre 49 % et 55 % des Italiens sont en faveur d’un retour du nucléaire dans le mix énergétique, selon le sondage Gli Italiani e il nucleare de 2023.

Cette résurgence du nucléaire s’est concrétisée en 2025 par l’approbation d’une loi visant à la réintroduction du nucléaire. Cette loi prévoit l’utilisation de réacteurs nucléaires dans l’objectif de décarboner le mix énergétique italien. Le Parlement italien doit encore approuver cette loi.

La résurgence des énergies fossiles dans le mix énergétique italien

L’Italie a investi massivement dans les énergies renouvelables depuis les années 2010. En 2024, 41 % de la demande en électricité a été couverte par les énergies vertes. Toutefois, l’arrivée de Fratelli d’Italia au pouvoir a porté un frein au développement des énergies renouvelables. L’écologie est en effet la grande absente du programme politique du parti.

Dans cette perspective, le gouvernement de Giorgia Meloni a autorisé en 2024 la construction de quatre nouvelles centrales à gaz et prévoit le renouvellement de centrales existantes. Ce choix est justifié par la nécessité de garantir la sécurité énergétique, selon le gouvernement actuel. En conséquence, les actions choc des associations écologiques se multiplient sur le territoire italien. Par exemple, des activistes de l’association Ultima Generazione ont bloqué la Via del Tritone à Rome pour dénoncer l’utilisation de combustibles fossiles.

Conclusion

Le mix énergétique italien a ainsi fortement évolué au cours du temps. Si les énergies vertes ont connu un essor durant les années 2000-2010, les énergies fossiles semblent ressurgir depuis l’arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni. Par ailleurs, le retour probable du nucléaire est vu comme un moyen de décarboner le mix énergétique italien et de diminuer la dépendance à l’étranger.

Vocabulaire

  • Le mix énergétique : Il mix energetico
  • Le déséquilibre écologique : Lo squilibrio ambientale
  • Le nucléaire civil : Il nucleare civile
  • Exploiter : Sfruttare
  • La protection de l’environnement : La tutela dell’ambiente
  • Les ressources énergétiques : Le risorse energetiche
  • La lutte contre la pollution : La lotta contro l’inquinamento
  • Polluer : Inquinare
  • L’écosystème : L’ecosistema
  • L’énergie éolienne/solaire : L’energia eolica/solare
  • Le gaz à effet de serre : Il gas a effetto serra
  • Le pétrole : Il petrolio
  • Le charbon : Il carbone
  • Le changement climatique : Il cambiamento climatico
  • Le développement durable : Lo sviluppo sostenibile
  • L’énergie propre : L’energia pulita