religion

On s’intéresse à la place de la religion en Italie. C’est un sujet très intéressant et à maîtriser si tu prépares l’Italien au concours. En effet, c’est un thème récurrent dans l’actualité ou dans les débats culturels. On va donc faire un tour d’horizon des religions en Italie avec un focus sur l’islam et le catholicisme. Ces deux religions ont en effet une grande influence sur la politique italienne.

La religion catholique

La place du catholicisme en Italie

Selon un sondage datant de 2021, le catholicisme est largement majoritaire en Italie, près de 80 % de la population se réclamant catholique. Cela représente environ 46 millions de fidèles, faisant de l’Italie le premier pays européen en nombre de catholiques.

Cela s’explique par des raisons historiques et par la présence du Vatican au sein de Rome. En effet, Rome est devenue la capitale de l’Église catholique au Ier siècle après Jésus-Christ, car Saint-Pierre, chef des apôtres, a décidé de s’y installer. Rome, depuis lors, accueille le pape dans sa résidence du Vatican. La présence du pape a aussi une forte influence culturelle sur la population italienne, avec un taux de popularité de 75 %. C’est une des personnalités préférées des Italiens.

Pour en savoir plus sur le pape, tu peux lire notre article dédié à ce sujet !

Relation entre le catholicisme et l’État italien

Le catholicisme est reconnu comme religion d’État de 1929 (avec les accords de Latran) jusqu’en 1984 (avec les accords de la Villa Madame). Cependant, il existe des liens forts entre cette religion et l’État italien. Par exemple, l’accord de la Villa Madame met en place la règle des huit pour mille. Celle-ci prévoit que les contribuables peuvent choisir de reverser 0,8 % de leur impôt sur le revenu à un organisme religieux, en l’occurrence à l’Église catholique. On peut aussi préciser que l’État reconnaît le statut officiel de la religion catholique comme appartenant au patrimoine italien et que des cours bibliques non obligatoires sont dispensés à l’école publique.

Le catholicisme a encore une grande influence sur la vie quotidienne en Italie. En effet, beaucoup de fêtes religieuses sont reconnues comme jours fériés, comme le 6 janvier, Epifania del Signore (épiphanie du Seigneur) ou encore le 15 août, Assunzione della Beata Vergine Maria (Assomption de la Vierge Marie). Au niveau de l’instruction religieuse, bien que les cours de religion ne soient pas obligatoires, plus de 80 % des élèves choisissent d’y assister.

La place politique du catholicisme

Les valeurs catholiques sont souvent utilisées à des fins politiques par la droite et l’extrême droite sur des sujets tels que l’avortement, l’union civile ou la procréation médicalement assistée. Giorgia Meloni, dans son discours de 2019, scandait : « Sono Giorgia, sono una madre, sono cristiana. »

Cela montre à quel point les valeurs chrétiennes ou catholiques sont un argument électoral. L’ancrage du catholicisme dans la culture italienne explique aussi pourquoi l’Italie peut être considérée comme « en retard » sur des sujets sociétaux par rapport à d’autres pays européens. Par exemple, le mariage homosexuel, à proprement parler, n’est pas autorisé, mais les unions civiles ont été légalisées en 2016.

Pour en savoir plus sur le droit des LGBT+ en Italie, tu peux lire notre article sur ce sujet !

Les défis de l’Église

Comme dans de nombreux pays d’Europe occidentale, le catholicisme en Italie est actuellement en déclin, malgré un ancrage culturel fort. Cela est vrai en nombre de fidèles, mais aussi si on regarde le nombre de pratiquants : 20 % des Italiens vont à la messe au moins une fois par mois, soit dix points de moins qu’au début du pontificat de François, en 2013. De même, on observe une perte de confiance dans l’Église en tant qu’institution : seuls 45 % des Italiens auraient confiance dans l’Église.

Cette baisse du nombre de pratiquants est encore plus marquée chez les jeunes et les femmes. Selon un sondage de 2024, 33 % des Italiennes de moins de 30 ans se revendiquent catholiques, contre 66 % il y a 10 ans.

Le Jubilé 2025

2025 est une année spéciale en Italie, car on y fête le Jubilé, une année sainte spéciale célébrée tous les 25 ans. Cette année, le thème est l’espérance, ce qui peut faire écho aux efforts de l’Église pour alerter sur la pauvreté, la guerre et les inégalités. Ces thèmes ont été chers à François durant son pontificat. Le Vatican attend plus de 30 millions de personnes pour ce Jubilé.

Pour faire face à l’afflux de fidèles dans la capitale italienne, Rome a entrepris de nombreux travaux, ce qui peut parfois agacer les citadins.

La religion musulmane

La population musulmane en Italie

Bien que l’islam ne représente que 3 à 5 % de la population de la botte italienne, cette religion est souvent au centre des discussions. En effet, la population musulmane a augmenté depuis les 40 dernières années. Cela est lié à l’immigration et à la proximité historique de l’Italie avec l’Albanie.

Près de 3 millions de musulmans vivent officiellement en Italie, en tant que citoyens italiens pour 1 million d’entre eux. Les immigrés musulmans viennent en majorité d’Afrique du Nord, de Somalie (les premiers immigrés musulmans proviennent de cette ancienne colonie italienne), d’Albanie ou du Bangladesh.

N’hésite pas à consulter notre article sur l’immigration en Italie !

Une religion non reconnue par l’État italien

Malgré des efforts importants, l’islam n’est pas une religion officiellement reconnue en Italie. Cela s’explique par l’absence d’accord entre l’État italien et des représentants de la religion musulmane, comme celui de la Villa Madame avec l’Église. Alors, cette religion ne peut bénéficier de la « taxe religieuse » de huit pour mille évoquée plus haut.

Un sentiment d’oppression de la part des autorités

L’absence de reconnaissance a des conséquences sur la pratique religieuse de la communauté musulmane. Ainsi, seules quelques mosquées sont reconnues par le gouvernement italien comme des espaces religieux, bien que plus de mille mosquées non officielles, connues sous le nom de « mosquées de garage », soient actuellement en activité dans le pays.

Au sein de la communauté musulmane italienne, il y a un sentiment d’oppression systématique de la part du gouvernement actuel mené par Giorgia Meloni. L’islam est en effet perçu comme corrélé avec l’immigration, un thème cher à Fratelli d’Italia, et représente donc une cible facile pour la coalition de droite. Certaines mairies n’hésitent pas à fermer des mosquées lorsqu’elles ne sont pas officielles.

Tu peux d’ailleurs regarder ce reportage très intéressant de France 24 sur la Mosquée de Monfalcone.

Enfin, en 2024, le Parlement italien a approuvé un projet de loi autorisant la fermeture des mosquées, à moins que les autorisations nécessaires ne soient obtenues pour leur fonctionnement.

Au niveau migratoire, les musulmans issus de l’immigration illégale représentent une minorité de la communauté musulmane italienne actuelle. Les partis comme celui de Matteo Salvini tentent d’en faire le lien. De même, la part des musulmans parmi la population étrangère représente moins de 35 %, alors que les chrétiens représentent plus de 50 %.

Les autres religions

Les religions minoritaires

La plupart des religions sont représentées en Italie, notamment l’orthodoxie, avec environ 5 % de la population, le protestantisme ou encore le judaïsme. On peut noter aussi la présence d’hindous, de bouddhistes et de Témoins de Jéhovah, même si ceux-ci font rarement la une de l’actualité.

Le judaïsme et l’influence du conflit israélo-palestinien

Le judaïsme a une présence historique ancienne en Italie. Aujourd’hui, environ 25 000 Juifs vivent en Italie, principalement dans les grandes villes de la moitié nord du pays. Malgré leur faible nombre, leur influence culturelle et historique est non négligeable. L’histoire italienne a été marquée par la Shoah, avec des rafles organisées sous le régime fasciste. Cette mémoire est très présente dans la société italienne contemporaine. Chaque année, le 27 janvier, jour de la libération d’Auschwitz, est commémoré avec des cérémonies officielles. Néanmoins, les actes antisémites persistent.

Le conflit israélo-palestinien occupe une bonne partie des débats politiques. Pour des raisons historiques, le gouvernement italien a largement soutenu Israël et Giorgia Meloni n’a pas dévié de cette tradition. Cependant, elle a récemment dénoncé la situation humanitaire à Gaza dans un appel avec le Premier ministre israélien. L’opinion publique est très divisée sur le conflit. La gauche radicale italienne soutient traditionnellement la cause palestinienne, tandis que la droite gouvernementale actuelle affiche une proximité politique avec Israël.

Pour en savoir plus sur les positions de l’Italie sur les sujets internationaux, tu peux lire notre article sur le sujet !

Vocabulaire

  • Un sondage = Un’indagine
  • L’Église catholique = La Chiesa cattolica
  • Jésus-Christ = Gesù Cristo
  • Un jour férié = Un giorno festivo
  • L’union civile = L’unione civile
  • Le mariage = Il matrimonio
  • La mosquée = La moschea
  • Un fidèle = Un fedele
  • Le pape = Il papa
  • La messe = La messa
  • Un croyant = Un credente
  • La foi = La fede
  • Un pratiquant = Un praticante
  • L’Islam = L’islamismo

Conclusion

Maintenant, tu es incollable sur les religions en Italie ! Ce tour d’horizon te permet de mieux appréhender les débats politiques sur les religions, mais aussi de comprendre certaines positions sur des sujets de société, comme l’avortement ou l’union civile. Enfin, les débats sur la religion musulmane sont très présents, alimentés notamment par la droite conservatrice. Cela ne paraît pas improbable que ce sujet tombe aux concours !

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