Villas au bord du lac de Côme, illustration de la culture italienne pour le subjonctif en italien

Le subjonctif en italien constitue l’un des points de grammaire les plus redoutés des francophones, ce mode étant beaucoup moins employé en français que dans la langue italienne. Pourtant, sa maîtrise fait une réelle différence dans l’évaluation d’une copie, en témoignant d’un niveau de langue avancé bien au-delà du simple respect des règles de base.

Dans cet article, nous reprenons en détail tous les cas où le subjonctif est obligatoire en italien, ainsi que les situations où l’italien recourt à ce mode alors que le français privilégierait l’indicatif.


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Le principe général : indicatif et subjonctif

Avant d’entrer dans le détail des règles, il convient de poser une distinction fondamentale. L’indicatif exprime un fait considéré comme certain, objectif, établi. Le subjonctif, à l’inverse, exprime l’incertitude, l’opinion subjective, le doute ou l’hypothèse.

Un même verbe peut d’ailleurs appeler l’un ou l’autre mode selon la nuance qu’il porte dans la phrase. Le verbe credere(croire) illustre bien cette dualité : lorsqu’il exprime une conviction très forte, proche de la certitude, il peut être suivi de l’indicatif, mais lorsqu’il exprime une simple opinion ou une impression, il appelle le subjonctif. Une phrase comme “je suis convaincu qu’il a raison” pourra ainsi se construire avec l’indicatif dans un registre très affirmatif, tandis que “je crois qu’il a probablement raison” appellera plutôt le subjonctif, la nuance d’incertitude étant alors plus marquée.

Les verbes qui imposent le subjonctif

Plusieurs catégories de verbes exigent systématiquement le subjonctif dans la proposition qui suit, exactement comme en français, mais de façon nettement plus systématique et fréquente.

Tableau des principales catégories de verbes

Catégorie Exemples de verbes Exemple de phrase
Volonté volere, desiderare, pretendere, esigere Voglio che tu mi ascolti
Nécessité bisogna, è necessario, è indispensabile Bisogna che tu studi di più
Crainte temere, avere paura Temo che il treno sia in ritardo
Souhait augurarsi, rallegrarsi, essere felice Mi auguro che tutto vada bene
Opinion preferire, è meglio, è giusto È meglio che tu non dica nulla
Regret dispiacere, essere un peccato Mi dispiace che tu non sia venuto
Doute dubitare, è possibile, può darsi Dubito che lui dica la verità

Ces catégories recoupent globalement celles que l’on retrouve en français, à ceci près que l’italien les applique de façon beaucoup plus rigoureuse et constante, là où le français tolère parfois l’indicatif dans un registre familier.

Un point mérite d’être souligné concernant les expressions impersonnelles construites avec le verbe essere suivi d’un adjectif, comme è importante, è normale, è strano ou è incredibile. Ces tournures, très fréquentes dans les textes de civilisation comme dans les copies argumentatives, imposent systématiquement le subjonctif dans la proposition qui suit, quelle que soit la nuance précise exprimée. Une phrase comme “il est étrange que personne n’ait réagi” se traduira ainsi par è strano che nessuno abbia reagito, et “il est normal que tu sois inquiet” donnera è normale che tu sia preoccupato.

Les conjonctions qui imposent le subjonctif en italien

Au-delà des verbes, plusieurs conjonctions de subordination déclenchent systématiquement l’emploi du subjonctif dans la proposition qu’elles introduisent.

Tableau des principales conjonctions

Conjonction italienne Traduction française Exemple
benché, sebbene, nonostante bien que Sebbene sia tardi, continuiamo a lavorare
affinché, perché pour que Ti spiego tutto affinché tu capisca
a meno che à moins que Veniamo, a meno che non piova
prima che avant que Finisci i compiti prima che arrivi tua madre
purché, a patto che pourvu que, à condition que Esco, purché tu mi accompagni
senza che sans que È partito senza che nessuno se ne accorgesse
qualora, nel caso che au cas où Qualora tu abbia dubbi, chiamami

Connaître cette liste de conjonctions permet d’anticiper immédiatement la nécessité du subjonctif dès qu’elles apparaissent dans une phrase, indépendamment du verbe employé dans la principale.

Un point de vigilance complémentaire concerne la conjonction anche se (même si), qui se distingue justement de benchéou sebbene en ce qu’elle s’accompagne normalement de l’indicatif et non du subjonctif. Une phrase comme “même si je suis fatigué, je continuerai” se traduira ainsi par anche se sono stanco, continuerò, avec un indicatif, tandis que la même idée formulée avec sebbene basculerait vers le subjonctif. Cette distinction, qui peut sembler arbitraire au premier abord, s’explique par le fait que anche se présente le fait comme acquis et certain, alors que benché et sebbene introduisent une nuance de concession davantage marquée par la subjectivité du locuteur.

Quand l’italien impose le subjonctif là où le français utilise l’indicatif

C’est sans doute le point le plus piégeux pour les francophones : certains verbes d’opinion, qui appellent naturellement l’indicatif en français, exigent en réalité le subjonctif en italien. C’est notamment le cas de pensare (penser), credere(croire), parere et sembrare (paraître, sembler), supporre (supposer), ou encore de constructions impersonnelles comme si dice che (on dit que) ou dicono che (ils disent que).

Ainsi, “je pense qu’il est trop tard” se traduira par penso che sia troppo tardi, avec un subjonctif là où le français utilise spontanément l’indicatif. De la même façon, “il paraît que le professeur est absent” donnera pare che il professore sia assente. Cette différence structurelle entre les deux langues explique une grande partie des erreurs commises par les francophones, qui ont tendance à transposer directement l’indicatif français sans tenir compte de cette spécificité italienne.

À l’inverse, certains verbes exprimant une perception ou une certitude objective, comme vedere (voir), sapere (savoir) à la forme affirmative, ou essere sicuro (être sûr), restent suivis de l’indicatif dans les deux langues, la certitude exprimée justifiant ce choix.

Un cas particulier mérite également d’être signalé : lorsque ces mêmes verbes de perception ou de certitude sont employés à la forme négative ou interrogative, ils peuvent basculer vers le subjonctif, la négation ou l’interrogation introduisant alors un doute qui n’existait pas dans la phrase affirmative. Une phrase comme “je ne sais pas s’il viendra” pourra ainsi se traduire par non so se venga, le subjonctif venant ici souligner l’incertitude introduite par la négation, là où “je sais qu’il viendra” se construirait normalement avec l’indicatif italien so che verrà.

Le subjonctif en italien dans les comparaisons

Le subjonctif s’utilise également en italien pour exprimer une comparaison, notamment après des tournures introduisant une comparaison d’inégalité ou une manière hypothétique de faire quelque chose.

Une phrase comme “il parle comme quelqu’un qui n’aurait peur de rien” pourra ainsi se traduire par parla come uno che non abbia paura di niente. De même, “ce projet est plus compliqué que tu ne le penses” donnera questo progetto è più complicato di quanto tu pensi, le subjonctif venant ici souligner le caractère subjectif de l’appréciation comparée.

Cette même logique s’étend aux propositions relatives introduites par un superlatif relatif, où l’italien recourt également au subjonctif pour exprimer une nuance d’exception ou de rareté. Une phrase comme “c’est le plus beau paysage que j’aie jamais vu” se traduira ainsi par è il paesaggio più bello che io abbia mai visto, le subjonctif renforçant ici l’idée d’une expérience exceptionnelle et difficilement égalable.

Le subjonctif imparfait dans les phrases hypothétiques

Lorsqu’on souhaite exprimer une hypothèse introduite par se (si), portant sur une situation jugée peu probable ou irréalisable dans le présent, l’italien recourt systématiquement au subjonctif imparfait dans la subordonnée, la principale se conjuguant alors au conditionnel présent.

Une phrase comme “si j’avais plus de temps libre, je voyagerais davantage” se traduira ainsi par se avessi più tempo libero, viaggerei di più. De même, “même si c’était compliqué, j’essaierais quand même” donnera anche se fosse complicato, ci proverei comunque.

Ce même temps s’utilise également après plusieurs locutions spécifiques : qualora (au cas où), quand’anche (quand bien même, même si), caso mai (si jamais), ou encore magari (si seulement), cette dernière locution exprimant un souhait fort et parfois irréalisable, sans recourir à la conjonction che.

Il convient de bien distinguer cet emploi du subjonctif imparfait, réservé aux hypothèses jugées peu probables ou irréalisables, de l’emploi du futur ou du présent de l’indicatif dans les phrases hypothétiques portant sur une condition jugée réalisable. Une phrase comme “si tu as le temps demain, appelle-moi” relève ainsi d’une hypothèse parfaitement plausible et se traduira par se avrai tempo domani, chiamami, ou encore se hai tempo domani, chiamami, sans aucun recours au subjonctif. Ce n’est que lorsque l’hypothèse devient peu probable, voire contraire à la réalité présente, que le subjonctif imparfait s’impose, ce qui en fait un marqueur précieux pour distinguer le degré de probabilité attribué à une condition donnée.

Une méthode pratique pour ne plus se tromper avec le subjonctif en italien

Pour éviter les erreurs les plus fréquentes, il est conseillé de marquer une pause mentale chaque fois qu’apparaît un “si” ou un “que” dans la phrase à traduire, afin d’analyser précisément le contexte : s’agit-il d’une supposition, d’une opinion subjective, d’un fait certain ? Cette analyse, bien que prenant quelques secondes supplémentaires, permet d’éviter la plupart des erreurs de mode.

Ce point de grammaire étant considéré comme l’un des plus exigeants par les correcteurs, démontrer une maîtrise solide et réfléchie du congiuntivo, plutôt que de l’éviter systématiquement par prudence, constitue un signal fort de niveau avancé qui peut faire une réelle différence dans l’appréciation globale d’une copie.

Ce qu’il faut retenir sur le subjonctif en italien

Le subjonctif en italien s’impose après une large gamme de verbes exprimant la volonté, la nécessité, la crainte, le souhait, l’opinion ou le doute, ainsi qu’après de nombreuses conjonctions de subordination comme benché, affinché ou prima che. Le piège le plus fréquent pour les francophones reste l’emploi du subjonctif après des verbes d’opinion comme pensare ou credere, là où le français utiliserait naturellement l’indicatif.

N’oublie pas non plus le rôle du subjonctif dans les comparaisons et dans les phrases hypothétiques introduites par se, où le subjonctif imparfait s’impose systématiquement pour les hypothèses peu probables. C’est la combinaison de l’ensemble de ces règles, davantage que leur mémorisation isolée, qui te permettra d’employer ce mode verbal avec assurance et de gagner des points précieux le jour du concours. Si tu as un mot de vocabulaire à vérifier, tu peux utiliser ce dictionnaire en ligne.

Bon travail et bonne chance !


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