L’épreuve de philosophie est très souvent redoutée par les préparationnaires. Nécessitant à la fois des connaissances précises et des qualités de réflexion, il s’agit sans conteste d’une épreuve difficile. Cependant, comme pour toutes les disciplines au concours, il est possible d’en apprendre les codes. C’est ce que nous allons voir aujourd’hui en étudiant la dernière étape clé de la dissertation : la conclusion de dissertation. L’étape de l’introduction est abordée dans un article précédent, que nous t’invitons à consulter.
Réussir sa dissertation philosophique BCE
À quoi sert la conclusion de dissertation en philosophie ?
La conclusion de dissertation est la dernière partie de ta production. À l’inverse de l’introduction, c’est la dernière impression laissée à ton correcteur : elle est tout aussi importante que la première. Une conclusion bien construite montre que tu as accompli un véritable travail de pensée, que tu as progressé par rapport au début de ta copie et que tu es capable d’adopter une posture philosophique rigoureuse, c’est-à-dire ni dogmatique ni superficielle.
La conclusion de dissertation se décompose en quatre étapes : le résumé du parcours, la résolution partielle du problème, les limites aux réponses apportées, et l’ouverture. Chacune de ces étapes joue un rôle précis, et les négliger revient à laisser une impression d’inachèvement.
Les quatre étapes de la conclusion de dissertation
Étape 1 : le résumé du parcours
Le but de cette première étape est de synthétiser ta pensée. Tu dois rappeler le problème initial et comment tu en es arrivé à ta problématique. Une fois cela fait, il faut résumer brièvement les arguments de tes sous-parties, de façon logique et chronologique, conformément à ton développement. Il ne s’agit pas de répéter ce que tu as dit précédemment, mais de simplifier au maximum.
La personne qui lit ta copie doit pouvoir retrouver les principaux arguments des sous-parties de ton développement. Ces derniers ne doivent pas être énoncés sous forme de liste : ils doivent être reliés les uns aux autres par une phrase de transition. Le plus difficile est de résumer ta pensée sans en faire trop et sans oublier des éléments essentiels.
Pour faire face à ce problème, le mieux est de t’entraîner régulièrement et de profiter également des exercices de contraction de texte : ils permettent précisément de restituer une pensée complexe en quelques mots.
Étape 2 : la résolution partielle du problème
Maintenant que ta pensée est résumée, il faut montrer que ta réflexion a été utile. Pour ce faire, apporte une réponse au problème posé, ou plus simplement réponds-y en quelques mots. Il est important de montrer que tu as progressé par rapport au début de ta copie.
Des solutions doivent être proposées. Elles doivent permettre de s’affranchir des tensions, paradoxes et barrières mis en avant dans l’introduction. Il faut cependant rester modéré dans les réponses proposées : une réponse trop définitive serait aller à l’encontre des valeurs de la philosophie.
Étape 3 : les limites aux réponses apportées
Il est important de ne pas être dogmatique en philosophie. Tout se discute et peut être rediscuté. Répondre de manière absolument définitive à une question philosophique serait contre-productif et irait à l’encontre de l’esprit même de la discipline. Pour éviter cela, il faut nuancer les réponses apportées à la question : montrer que tu as avancé dans ta réflexion, mais que tout n’est pas résolu.
Après avoir proposé des réponses, montrer que certaines parties de la question restent floues est une bonne idée. Tu peux montrer que certaines réponses sont difficiles à mettre en pratique dans le monde réel, qu’elles ne coïncident pas forcément ensemble même si indépendamment elles semblaient pertinentes, ou encore qu’elles semblent avoir une portée ou une durée limitée dans le temps.
Faire cela montre non seulement que tu es humble intellectuellement, mais aussi que tu as compris le but de l’exercice philosophique : la pensée ne se referme pas, elle s’ouvre.
Étape 4 : l’ouverture
Tout comme l’accroche dans l’introduction, l’ouverture n’est pas indispensable. Cependant, elle permet de finir sur une bonne note et d’apporter une dernière touche d’originalité. C’est une ultime façon de se démarquer.
En philosophie, une ouverture est souvent une question connexe au sujet. Le mot “connexe” est essentiel : l’ouverture doit ouvrir sur une thématique proche de la question, pas sur une question que tu n’as pas eu le temps de traiter. C’est un véritable nouveau problème, qui n’était pas soulevé directement par ta problématique, mais qui aurait apporté un éclairage sur la question de départ.
Pour trouver l’ouverture, pars des limites précédemment évoquées et mets-en une en avant, en montrant qu’une interrogation plus précise autour de cette limite aurait été utile. L’important est de véritablement ouvrir vers un sujet connexe, et non vers une faille de ton travail.
Tableau récapitulatif : les 4 étapes de la conclusion de dissertation
| Étape | Objectif | Erreur à éviter |
|---|---|---|
| Résumé du parcours | Synthétiser les arguments des sous-parties de façon logique | Répéter mot pour mot le développement |
| Résolution partielle | Apporter une réponse au problème initial | Répondre de façon trop définitive et dogmatique |
| Limites aux réponses | Nuancer la réponse, montrer ce qui reste ouvert | Conclure comme si tout était résolu |
| Ouverture | Ouvrir vers une question connexe | Poser une question sans rapport ou signaler ses propres lacunes |
Exemple de conclusion de dissertation de philosophie
Voici un exemple commenté de conclusion de dissertation rédigée à partir du sujet “Peut-on assouvir le besoin de vérité ?”
“En définitive, le besoin de connaître la vérité peut être assouvi. Mais celui de la chercher, quant à lui, ne peut pas l’être. En effet, le besoin de vérité est tellement fort chez l’Homme qu’il est vital, à la fois parce qu’il est inhérent à sa nature, et parce qu’il cherche à tout prix à le satisfaire. Mais c’est justement le fait d’assouvir ce besoin qui finit par déshumaniser l’Homme. Que ce soit lorsqu’il agit comme une machine, lorsque ce besoin tourne à l’obsession et à la folie, ou, tout simplement, lorsque l’Homme, être pensant, arrête de penser pour se complaire dans ses acquis. De fait, si nous pouvons assouvir en partie notre soif de connaissances, le besoin de chercher la vérité est à jamais inassouvissable pour celui qui se considère véritablement comme un homme toujours pensant.”
Analyse de cet exemple. La conclusion ouvre par une formule de bilan (“En définitive”) qui signale au correcteur qu’on entre dans la phase conclusive. Le résumé du parcours est concis : il rappelle la tension centrale entre connaissance et recherche. La résolution partielle est explicite : oui, il est possible d’assouvir partiellement le besoin de vérité. Les limites sont formulées avec nuance : cette satisfaction se retourne contre l’humanité de l’Homme. L’ouverture est implicite dans la dernière phrase, qui ouvre sur la question de l’identité humaine comme “être pensant” toujours en mouvement.
Les erreurs les plus fréquentes dans une conclusion de dissertation
Répéter le développement mot pour mot
L’erreur la plus courante dans une conclusion de dissertation est de résumer le développement en le répétant presque à l’identique. Le correcteur a déjà lu ton développement : il attend une formulation plus condensée et synthétique, qui montre ta capacité à hiérarchiser l’essentiel. Une bonne conclusion de dissertation ne reproduit pas le raisonnement, elle le reconfigure en quelques phrases claires.
Conclure de façon trop définitive
En philosophie, une réponse trop tranchée est presque toujours un signe de superficialité. Dire “Oui, la liberté existe” ou “Non, il est impossible de connaître la vérité” sans aucune nuance, c’est nier la complexité même du sujet qu’on vient de développer pendant plusieurs heures. La conclusion de dissertation doit apporter une réponse, mais une réponse mesurée, consciente de ses propres limites.
Ouvrir vers un sujet trop éloigné
L’ouverture est souvent ratée non pas par manque d’idées, mais par manque de rigueur dans le choix de la question connexe. Une ouverture sur un sujet radicalement différent de la problématique traitée donne l’impression que tu voulais parler d’autre chose. L’ouverture doit être ressentie comme naturelle par le correcteur : elle naît du sujet, elle ne lui est pas greffée artificiellement.
Négliger la conclusion faute de temps
C’est une erreur de gestion du temps très fréquente. On développe longuement les trois parties, on soigne les transitions, et on expédie la conclusion en cinq lignes parce que le temps manque. Or le correcteur lit toujours la conclusion, souvent même avant le développement pour avoir une première idée de la qualité de la copie. Une conclusion bâclée signale une copie non maîtrisée, quelle que soit la qualité du développement.
Le lien entre introduction et conclusion de dissertation
Il est conseillé, au moment de rédiger la conclusion de dissertation, de relire rapidement l’introduction pour vérifier la cohérence globale de ta copie. La conclusion de dissertation doit répondre exactement à la problématique posée dans l’introduction. Si tu avais formulé ta problématique sous forme de question, ta conclusion doit y apporter une réponse, même partielle et nuancée.
Cette cohérence entre l’introduction et la conclusion de dissertation est l’un des premiers critères que le correcteur évalue. Elle témoigne d’un travail philosophique construit, où chaque partie contribue à l’avancée d’une réflexion d’ensemble. Une copie où l’introduction pose une question et où la conclusion répond à une question différente donne une impression de dérive intellectuelle, même si le développement est de bonne qualité.
Si tu t’aperçois en rédigeant la conclusion que ta réponse ne coïncide pas avec la problématique initiale, c’est généralement le signe que ton développement a dérivé. Il vaut alors mieux reformuler légèrement ta problématique dans la conclusion plutôt que de laisser une incohérence visible.
Conseils pour réussir la conclusion de dissertation
Soigner la clarté de la copie
Comme dans toutes les autres parties, il est impératif de soigner son écriture, d’autant plus quand il s’agit de la dernière impression laissée au correcteur. Il faut soigner aussi bien la grammaire et l’orthographe que la qualité de la graphie. Pour exprimer clairement sa pensée, utilise des phrases courtes mais précises. Ce qui est clair et évident pour toi ne l’est pas forcément pour celui qui te corrige : s’exprimer avec clarté au moment de la synthèse est capital.
La présentation doit être irréprochable. Faire un alinéa pour marquer le début de la conclusion de dissertation, et sauter une ligne entre les différentes étapes si nécessaire, aide le correcteur à repérer immédiatement la structure de ta copie.
Comment progresser concrètement
Plusieurs ressources permettent de se faire une idée concrète de ce qu’est une bonne conclusion de dissertation. Consulter des copies notées sur notre site est un premier levier. Lire les rapports de jurys de l’ENS, de la BCE, mais aussi de l’agrégation est encore plus précieux : l’introduction et la conclusion y sont régulièrement abordées. Enfin, tenir compte des remarques de tes professeurs sur tes copies est le levier le plus direct pour progresser, car leurs retours sont adaptés à ta propre façon d’écrire.
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