dissertation

Si tu passes les épreuves BCE en tant que B/L, tu devras faire face à une épreuve de philosophie. Après avoir disserté en 6 heures aux ENS, il te faudra t’adapter à un nouveau format : en 4 heures, et donc avec des attendus méthodologiques légèrement différents. On te dit tout pour réussir ta dissertation de philosophie format commerce !

La gestion du temps

La première différence avec les ENS, c’est au niveau du timing. Après avoir passé deux semaines à disserter six heures par jour, il va falloir gérer le passage à un format en deux fois 4 heures. Le format est épuisant, surtout l’épreuve de l’après-midi. Il est probable que tu sois épuisé(e) les deux dernières heures. Le défi est donc de te mettre dans les meilleures conditions possibles au début de l’épreuve.

Pour cela, on te recommande de passer environ une heure au brouillon. Trois heures pour la rédaction, c’est nécessaire pour pouvoir écrire suffisamment. Il n’y a pas d’attendu en matière de quantité, mais il faut que tu puisses dire tout ce que tu as à dire. Le sujet est conçu pour être fait en 4 heures, donc tu es capable d’en faire le tour !

La construction de la copie

Pour les attendus de forme et la problématisation, cela correspond à la méthodologie générale d’une dissertation philosophique. L’exercice reste le même qu’aux ENS de ce point de vue. Il y a néanmoins quelques changements à anticiper pour passer au format BCE.

Le plan

Au niveau du plan, il faut faire aussi simple que possible. Les correcteurs passeront très vite sur les copies, donc il faut que la progression soit extrêmement claire. Si un correcteur peut se souvenir du plan à la fin de sa lecture, il mettra une bonne note (sous réserve, évidemment, de qualité).

La meilleure astuce est de construire ton plan dialectique classique un peu modifié. Tu peux le rendre davantage thématique pour que les parties soient clairement distinctes. Par exemple, sur le sujet 2025 (« L’inhumanité »), à la dialectique pouvaient se superposer des parties organisées autour du droit, de la médecine, de la morale… C’est une idée presque bannie aux ENS, mais dans le cadre d’un sujet à traiter en 4 heures, c’est le meilleur moyen de rendre ton plan mémorable.

Finir sur la partie « élégante »

Et pour rendre ton plan mémorable, tu peux aussi terminer sur une partie particulièrement élégante. Ça se cumule d’ailleurs très bien avec le conseil précédent. Néanmoins, attention : est considéré comme élégant ce qui, au terme d’une copie de philosophie, donne foi au correcteur en la discipline. Autrement dit, la troisième partie doit, le plus souvent, faire l’éloge de la capacité humaine à raisonner et à philosopher. Pas l’inverse.

On insiste : nombreux sont les rapports du jury qui déplorent que les candidats achèvent leur copie sur un éloge de l’intuition, de l’indicible, etc. Souvent, la discipline philosophique est dévalorisée au profit de l’art, ce qui peut agacer un correcteur. Il est donc plus judicieux d’abandonner les troisièmes parties centrées sur l’esthétique, qui sont, il faut le dire, vues et revues.

Les références attendues : la vraie spécificité de l’épreuve en 4 heures

Moins de références

C’est le vrai bonheur avec ce format ! Puisqu’on te demande la même rigueur conceptuelle, tu passeras beaucoup de temps sur les définitions, les raisonnements et les transitions, et moins sur les références. Ta copie sera assez courte, donc tu seras mécaniquement limité(e) en nombre de références. Une par partie, c’est idéal – deux si tu as beaucoup d’inspiration !

Des références plus originales et personnelles

Autre avantage d’un format court où l’accent est mis sur le raisonnement : il y a moins d’attentes sur la nature des références. Aux ENS, les classiques sont de mise. À la BCE, le mieux est de te concentrer sur tes références préférées, qu’elles soient philosophiques, littéraires, historiques… L’essentiel est de bien évoquer toutes les dimensions du sujet par toi-même. Une fois que tu as fait ça, tu es relativement libre d’étayer par les œuvres que tu veux.

Sur le sujet « L’inhumanité », il était possible de s’en sortir sans classiques ! Surtout si tu combines ça avec la construction thématique de ton plan. Dans une réflexion historique, par exemple, mieux vaut parfois citer directement un ouvrage d’histoire qu’un classique philosophique. Par exemple, Johann Chapoutot passait très bien, avec la classification de l’humain et l’inhumain chez les nazis dans La Loi du sang.

Tu l’as donc compris : tu as une grande liberté, mais il te faut la canaliser. Pour ça, le plus simple est de te concentrer, dans tes références, sur des auteurs et des œuvres que tu apprécies. Le correcteur voit facilement quand tu prends du plaisir à disserter et à aborder une œuvre. En amont, donc, n’hésite pas à sortir un peu des sentiers battus : psychanalyse, religion… Ce sont autant de pans passionnants de la philosophie qui nous échappent en prépa, mais qui servent grandement à la BCE.

Ménager le suspense au sein des parties

La réflexion, du fait du format en 4 heures, sera assez ramassée : il ne faudra que quelques minutes à ton correcteur pour lire ta copie. Chaque partie sera donc parcourue rapidement. Il faut donc essayer au maximum de rendre rentable leur lecture. Tu dois bien ménager la progression interne des parties pour éviter les répétitions, de sorte qu’une lecture « en diagonale » puisse quand même saisir leur sens. Néanmoins, il est judicieux de ménager un petit suspense pour que le correcteur finisse une partie sur une bonne note. Par exemple, un approfondissement inattendu de l’idée annoncée ou une référence « surprise ».

Le plus satisfaisant pour toi sera de teaser une référence tout au long de la partie et de l’évoquer à la fin. Mais attention ! Pour que le feu d’artifice soit réussi, il faut que tu n’aies pas exploité la référence auparavant, même sans la citer. C’est un jeu assez fin, puisqu’il faut l’annoncer sans la spoiler ni l’utiliser implicitement. Il faut qu’elle agisse comme la véritable conclusion de ta partie. Ça fonctionne très bien si tu décides de segmenter ta réflexion par thèmes. Hannah Arendt, par exemple, peut être exploitée au terme d’une partie historique sur le crime contre l’humanité, pour élargir sur des considérations juridiques plus fondamentales (les droits de l’homme).

Néanmoins, parce qu’il ne faut pas abuser des bonnes choses, ne fais pas ça à chaque partie. Une ou deux fois sont largement suffisantes pour faire sentir au correcteur que tu avais envie qu’il passe un bon moment.

 

Tu as maintenant toutes les clés pour aborder sereinement l’épreuve BCE de philosophie ! Le plus important, tu l’as compris, est d’y prendre du plaisir. Et si tu veux te préparer aux autres épreuves de la BCE pour les B/L, tu peux aussi lire cet article.