graphiques

Certains graphiques et mécanismes sont indispensables, car ils tombent chaque année aux oraux de l’ESCP, notamment dans la partie échange avec le jury. Ici, on se concentrera sur la partie microéconomie. Cet article peut évidemment aussi te servir pour réviser les graphiques clés de la microéconomie pour les concours écrits.

Les fonctions de coûts

Coût moyen et coût marginal

Tout d’abord, le coût marginal est l’accroissement du coût total correspondant à la production d’une unité supplémentaire. Pour simplifier, on considère que le coût marginal est égal à la dérivée du coût total. Le coût marginal est supposé croissant du fait des rendements d’échelle décroissants.

Cm = dCT/dQ = CT’(q)

D’autre part, le coût moyen désigne le coût total de l’entreprise divisé par son niveau de production. Le coût moyen est le coût unitaire moyen de production pour une quantité donnée. Le coût moyen va évoluer en fonction de la quantité produite. Si on a des rendements d’échelle croissants, alors le coût moyen diminue au fur et à mesure de la production (et inversement).

CM = CT/q

Les graphiques des coûts sont indispensables. Les coûts marginaux et moyens peuvent être illustrés comme ci-dessous :

Deux courbes illustrant le coût marginal et le coût moyen en microéconomie

  • Quand Cm < CM, CM décroît, car on rajoute des valeurs inférieures à la moyenne ; donc, la moyenne baisse.
  • Quand Cm = CM, le coût moyen atteint son minimum.
  • Quand Cm > CM, CM croît, car on rajoute des valeurs supérieures à la moyenne ; donc, la moyenne augmente.

 

On s’intéresse au point où le coût moyen atteint son minimum, car c’est le point le moins cher.

L’équilibre du producteur

On veut déterminer la courbe de coût de l’entreprise. Cette courbe associe, pour un niveau de production donné, le coût minimal que va devoir assumer l’entreprise. Le producteur cherche le niveau de production qui maximise son profit. L’équilibre ne vise pas à modéliser le profit du producteur, mais permet simplement de construire la fonction de coût ; c’est-à-dire de déterminer pour une production donnée la quantité de capital (K) et de travail (L) à utiliser.

Comment construire les graphiques sur l’équilibre du producteur ? Imaginons que le producteur sait qu’il doit maximiser son profit à Q*. Le modèle d’équilibre du producteur va lui permettre de déterminer quelle quantité de K et quelle quantité de L il va devoir demander.

Équilibre du producteur
L’équilibre du producteur

Le producteur va choisir la quantité comme étant le point de tangence entre l’isoquante associée à Q* et la droite d’isocoût la plus basse.

L’équilibre du consommateur

Rappelons quelques définitions:

  • Utilité totale U(X) : mesure la satisfaction globale que l’individu retire de la consommation du bien X (croissante). U’(X) = utilité marginale.
  • Utilité marginale Um(X) : dU/dX
  • Courbes d’indifférences = ensemble des combinaisons de deux biens qui procurent au consommateur un niveau d’utilité identique (décroissantes car Um > 0, positives, convexes car Um décroissante et préférence pour les mélanges, ne se croisent jamais).
  • Droite budgétaire = désigne l’ensemble des paniers de consommation qui permettent de dépenser l’intégralité de son revenu. Elle exprime la quantité de bien Y qu’il est possible d’acquérir en renonçant à une unité de bien X, et ce, au prix du marché. Elle est décroissante, car la consommation de plus d’un bien réduit la consommation de l’autre.
  • Solution intérieure : la meilleure solution est lorsque la courbe d’indifférence est la plus élevée et est compatible avec notre revenu (qui est consommé entièrement). Cette courbe d’indifférence est tangente à la droite budgétaire au panier de point optimal.

 

On peut représenter cela sur le graphique ci-dessous :

Équilibre du consommateur en microéconomie

Pour plus d’informations sur la théorie du consommateur en microéconomie, n’hésite pas à lire l’article suivant.

Les courbes d’offre et de demande

La loi de l’offre et de la demande

Tout d’abord, rappelons la définition de marché. Le marché est le lieu où se confrontent l’offre et la demande d’un bien ou d’un service et qui conduit à la formation d’un prix.

Une des lois les plus connues en microéconomie est la loi de l’offre et de la demande. Cette loi est utilisée la première fois par Alfred Marshall. Elle s’établit en situation de concurrence pure et parfaite (CPP) et permet de mesurer comment varient la quantité et le prix en cas de choc d’offre, en cas de choc de demande, lors de la fixation d’une taxe, etc.

La variation simultanée des prix et des quantités permet d’arriver à une situation où, pour les prix donnés, toute l’offre est écoulée et toute la demande est satisfaite.

Le prix d’équilibre P* est le prix tel que demande = offre et Q* = quantité échangée. Cette loi de l’offre et de la demande peut être représentée par le graphique suivant :

Loi de l'offre et de la demande en microéconomie

Les surplus

À partir du graphique de l’offre et de la demande, il est possible d’observer des surplus. Il existe trois types de surplus : le surplus du consommateur, le surplus du producteur et le surplus collectif.

Surplus du consommateur (en rose sur le graphique)

Il s’agit de l’évaluation monétaire de la satisfaction que les agents retirent de leur consommation pour un marché donné. C’est la différence entre le prix que le consommateur est prêt à payer et le prix qu’il va payer sur le marché (prix de marché). On parle alors de surplus du consommateur quand le prix du consommateur est supérieur au prix du marché.

Surplus du producteur (en bleu sur le graphique)

Le surplus du producteur est l’évaluation monétaire de la satisfaction que les producteurs retirent de la vente de leur production sur un marché. Il mesure l’avantage que le producteur retire d’une vente. C’est donc la différence entre le prix de vente de marché et le prix minimum auquel le producteur était prêt à céder son bien.

Surplus collectif

Le surplus collectif est la somme des surplus du consommateur et du producteur. À l’équilibre de marché, le surplus collectif serait maximal et le but d’une économie qui fonctionne est de maximiser le surplus collectif.

Graphique représentant les surplus en microéconomie
Les surplus : consommateur, producteur, collectif

Les externalités

Externalités positives

Il y a effet externe positif quand le comportement d’un agent améliore le bien-être d’au moins un autre agent sans contrepartie monétaire. Les dépenses d’éducation ne sont pas seulement un investissement en capital pour ceux qui les financent (individuel), mais également en capital humain pour la collectivité (plan macro).

Un jour, les étudiants diffuseront dans le monde du travail de la connaissance gratuite. Dès lors que la Pms > Pmp, le Cms < Cmp ; comme l’investissement en capital humain est plus coûteux pour celui qui les finance que pour celui qui en bénéficie (la collectivité).

Graphique représentant les externalités positives en microéconomie
Les externalités positives

Externalités négatives

Il y a effet externe négatif lorsque le comportement d’un agent dégrade le bien-être d’au moins un agent sans compensation monétaire.

Lorsque Cms > Cmp :

  • Cms = Os = courbe qui indique toutes les quantités produites maximisant le bien-être général.
  • Cmp = Op = courbe qui indique toutes les quantités produites maximisant le bien-être individuel (= profit si l’individu est une entreprise).

 

Le laisser-faire en matière de production P* conduit le producteur à produire la quantité Qp*. Cette quantité maximise le bien-être individuel, alors que la quantité Qs* aurait maximisé le bien-être collectif si elle avait été produite.

Graphique illustrant le concept des externalités négatives
Les externalités négatives

Ainsi, les graphiques des externalités sont mobilisables dans une copie dans de nombreux sujets. Par exemple, un sujet sur le marché et ses défaillances nécessite de faire appel à ce concept. Ou encore, le concept des externalités négatives liées à la pollution et à l’utilisation de la taxe carbone peut être utilisé dans un sujet sur la croissance et le développement durable.

L’équilibre du monopole

Définition

Un monopole est une entreprise qui bénéficie de pouvoir de marché et qui n’est pas confrontée à la concurrence. Elle fixe donc son prix plus élevé que sur le marché en CPP (price maker). En situation de monopole, le prix est fonction de la quantité vendue, car le producteur décide du prix de vente. Au contraire, en CPP, le prix ne varie pas, il reste le même, peu importe les quantités.

Construire le graphique du monopole

La courbe de demande étant décroissante, pour vendre davantage, il faut baisser les prix des agents à qui on vend et à tous les autres agents. Il n’y a pas de différenciation du prix en fonction des agents. Le monopole continue d’augmenter la quantité produite (Q) en baissant le prix (P), tant que ça augmente son profit.

Fonction de profit du producteur en monopole : Profit(q) = P(q) × q – CT(q)

Donc, le monopole maximise son profit quand : Rm(q) – Cm(q) = 0, soit Rm(q) = Cm(q). Il s’agit de la même équation qu’en CPP, mais Rm est modifiée. En effet, elle est décroissante : si Q augmente, le prix baisse, donc Rm baisse. Comme le monopole est seul sur le marché, dès qu’il est à l’équilibre, il y a un équilibre du marché. Il représente à lui seul la courbe d’offre.

Le monopole augmente le prix sans augmenter ses coûts de production. Il crée une rareté artificielle sur les marchés. Il y a là un effet prix. Ainsi, le monopole n’a pas intérêt à vendre autant que vendrait le marché en CPP. Plus il vend, moins il vend cher, donc il va imposer des prix plus élevés et une quantité moindre. Les consommateurs sont donc perdants, tandis que le monopole est gagnant.

Graphique d'une entreprise en situation de monopole
L’équilibre du monopole

Le monopole, au fur et à mesure qu’il vend, va devoir baisser son prix ; ce qui fait donc baisser la recette moyenne RM (= demande de marché). Rm est décroissante et inférieure. On reporte le point trouvé à la jonction entre Rm et Cm sur la courbe de RM = demande et on fixe le prix Pm (le plus élevé que le monopole peut fixer). Le profit est représenté par l’écart entre la recette totale et les coûts totaux (partie verte du graphique ci-dessus).

Conclusion

Connaître le fonctionnement et le mécanisme de ces graphiques t’aidera à aborder sereinement tes oraux pour l’ESCP en ESH. De plus, dans toutes tes copies d’ESH, il est facile d’incorporer des graphiques lorsque tu les maîtrises bien.