Le 2 février 2026, la signature d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et l’Inde est présentée comme un succès géopolitique majeur, capable de contrebalancer l’isolationnisme de l’administration Trump et l’expansionnisme chinois. Pourtant, pour certains, ce pacte ressemble à une alliance qui sacrifie les principes européens. En utilisant cet exemple dans ta copie de concours ou en colle, tu peux montrer toute l’ambiguïté de l’Occident. Il cherche à réaffirmer sa puissance en pactisant avec des pays parfois considérés comme rivaux. Plongée au coeur des relations de l’Occident.
Pour en savoir plus sur cet accord : une vidéo explicative ici !
Définition de l’Occident et de ses ennemis
L’Occident désigne l’endroit où le soleil se couche, mais cela ne définit pas un territoire précis. Géographiquement, cela désigne tous les pays situés à l’est par rapport où se couche le soleil, et donc par rapport à l’Orient. Ses contours restent tout de même flous. Cependant, l’Occident n’est pas seulement un tout géographique, c’est aussi des valeurs historiques, culturelles et économiques, ici capitalistes. Nous pouvons donc affiner la notion géographique d’Occident puisque les États-Unis et l’Europe forment le berceau de l’Occident. Cependant, à cette base transatlantique viennent s’ajouter des pays comme l’Australie ou l’Inde.
L’Occident possède des ennemis désignés comme l’Iran, la Chine ou la Russie. Mais il a aussi des ennemis plus subtils. Ceux-ci sont connus sous le nom de puissances révisionnistes. Par exemple : la Turquie, paradoxalement à son appartenance à l’OTAN.
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Ainsi, face aux acteurs cités, la position de l’Occident reste ambivalente. S’il parvient à s’accorder même avec ses ennemis sur certains dossiers, le rapport avec ces puissances oscille entre coopération et opposition. Enfin, il reste un point majeur à souligner : la dégradation des relations transatlantiques. Base de la conception de l’Occident, cela pourrait peut-être même devenir son seul ennemi.
Une typologie des acteurs avec qui l’Occident entretient des relations tendues
Le cadre de la guerre froide
Pendant la guerre froide, qui a marqué une ère de tensions idéologiques et politiques entre l’Occident et l’Union soviétique, la séparation entre les deux blocs était clairement définie.
- Le Plan Marshall, instauré après la Seconde Guerre mondiale, s’est révélé être un pilier majeur de cette stratégie en visant la reconstruction des économies européennes dévastées.
- En parallèle, la création de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en 1949 symbolisait l’engagement collectif des nations occidentales envers la défense mutuelle contre toute agression extérieure, particulièrement celle de l’URSS.
- La doctrine Truman, énoncée en 1947, a renforcé cette approche. Elle souligne la nécessité de contenir l’expansion communiste. Cela passe par une assistance militaire et économique aux nations menacées.
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Ainsi, ces initiatives ont façonné une frontière idéologique et politique claire entre l’Occident et ses ennemis, caractérisant la guerre froide.
Basculement vers un monde multipolaire
Les thèses de la fin de l’histoire (Fukuyama) développées après la chute de l’URSS furent invalidées après l’apparition d’un nouveau type de rivalités, que l’Occident a du mal à percevoir. Cela est notamment le cas des puissances révisionnistes. Ces puissances remettent en cause les valeurs occidentales sur plusieurs plans : économiques, politiques et culturels.
On peut le voir avec l’exemple de la Chine et de la Russie :
- La Chine, avec sa croissance économique rapide et son expansion sur la scène mondiale, est devenue un acteur économique majeur. Cette ascension a suscité des tensions significatives, en particulier en raison de pratiques commerciales parfois perçues comme déloyales telles que des subventions massives, des pratiques de dumping et le non-respect de la propriété intellectuelle. Cette rivalité économique met en lumière non seulement des différences idéologiques profondes, mais aussi des enjeux géopolitiques majeurs. Alors que l’Occident cherche à défendre ses intérêts économiques et à protéger ses industries, la Chine aspire à consolider sa position en tant que puissance économique mondiale. Créant ainsi une tension palpable dans le paysage économique international contemporain.
- La Russie utilise des méthodes plus coercitives et manipulatrices pour influencer les affaires internationales telles que les ingérences dans les élections, les cyberattaques et la propagation de la désinformation. Ce qu’on appelle aussi le sharp power. Medvedev souligne aussi cette approche en déclarant que « la peur est le principal produit d’exportation » de la Russie. Cette déclaration met en lumière les volontés russes qui visent à consolider son pouvoir et déstabiliser l’Occident.
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De nouveaux types d’ennemis
Les défis contemporains auxquels l’Occident est confronté ne se limitent pas seulement aux relations entre États. Ils s’étendent également aux menaces non étatiques. Celles-ci sont de plus en plus nombreuses car elles émergent dans le contexte de la mondialisation. L’apparition de groupes terroristes, de phénomènes de piraterie et de cartels transnationaux constitue une réalité complexe remettant en question les valeurs occidentales. Les effets néfastes de la mondialisation, regroupés sous le terme de « mondialisation grise ». Celle-ci multiplie les nouveaux ennemis de l’Occident.
- Les groupes terroristes remettent en cause dès 2001 les valeurs occidentales en montrant au monde que les États-Unis sont vulnérables sur leur sol. Cette première attaque marque une nouvelle ère, puisque l’attaque ne provient pas d’un pays, mais d’un groupe à part, rendant la tâche d’identification de l’ennemi d’autant plus difficile.
- Il en est de même pour la piraterie et les cartels. Il se pourrait que cela s’étende au cyberespace, puisque les attaques extérieures se multiplient et il est encore plus difficile de retrouver la trace des auteurs.
Des stratégies pour y faire face
Au niveau géoéconomique, afin de contrer les rivalités économiques, l’Occident met en place différentes stratégies. Sous le mandat Trump, les États-Unis augmentent les frais de douane pour la Chine à 120 %. Cette augmentation spectaculaire montre la réelle volonté de contrer l’entrisme économique chinois. Les États-Unis et une partie des pays européens mettent aussi en place des plans de construction d’usines pour les micropuces (fabriquées seulement à Taiwan).
Ces plans illustrent aussi la volonté de se défaire du monopole taïwanais face à l’incertitude de l’indépendance de l’île. Ensuite, les Européens (malgré les barrages de Viktor Orban) votent une dizaine de vagues de sanctions contre la Russie et son expulsion de SWIFT. En contrepartie, les États-Unis et les Européens signent des accords de libre-échange avec la propriété intellectuelle (TAFTA), une volonté de coopération dans l’Occident.
Au niveau politico-militaire, l’Occident est confronté à une dynamique complexe des alliances
Premièrement, l’OTAN est pour la seconde fois confrontée à une autre alliance militaire sous l’impulsion de Pékin : l’OCS (Organisation de coopération de Shanghai). La création de l’OCS, dominée principalement par la Chine et la Russie, se propose comme alternative et renforce la variabilité de l’Occident au vu de l’implication de l’Inde.
Cela remet en cause la diplomatie de la connivence (Bertrand Badie), puisque l’Occident était habitué à réguler les affaires du monde en petits groupes de puissance. Avant le conflit russo-ukrainien, on disait de l’OTAN qu’elle était en état de mort cérébrale. Avec l’émergence de ce conflit, on assiste à une résurrection de l’Organisation. Plusieurs pays demandent l’intégration. Appartenir à l’alliance devient alors essentiel pour les pays frontaliers ou proches de la Russie, comme la Finlande. Appartenir à l’OTAN reprend du sens pour sa sécurité (mais invalide d’autre part l’article 42.7 de l’Union européenne).
Tu peux appuyer tes arguments en utilisant le concept du Piège de Thucydide de Graham Allison. Il permet de souligner les tensions entre une puissance établie et une montante. Tu peux aussi informer sur les perceptions stratégiques occidentales face à l’émergence de la Chine.
L’Occident a-t-il pour seul ennemi lui-même?
Finalement, l’Occident lui-même n’est pas soudé et cette discorde représente un ennemi en soi. Ce n’est plus un tout homogène, renforçant l’ambiguïté de son identité et de ses relations extérieures.
Premièrement, le découplement entre les États-Unis et l’Europe, la base de l’Occident, affaiblit considérablement son influence. Thierry Chopin, dans L’Amérique et l’Europe : la dérive des continents, expose cette divergence d’opinions de plus en plus importante entre les deux rives de l’Atlantique.
Ainsi, plusieurs échecs de partenariats économiques apparaissent comme celui du TTIP. Au sein de l’Europe elle-même, on remarque aussi des points de divergence. Cela concerne les politiques agricoles, migratoires et économiques, mais aussi au niveau de l’intégration des pays. Enfin, les relations avec les États-Unis sont aussi un point de divergence au sein de l’Union européenne, puisque des pays comme la Pologne sont profondément atlantistes, alors que la France prône une indépendance de l’Union européenne pour lui redonner sa place de puissance d’influence à l’échelle mondiale.
Ici, tu peux t’appuyer sur le livre de Pascal Boniface, Requiem pour le monde occidental. Il interroge l’objectif de l’OTAN. L’OTAN a-t-elle pour objectif de nous préserver contre la menace russe ou de l’entretenir artificiellement, afin de maintenir l’Europe dans un état de dépendance ? Dans cet ouvrage, il propose de revisiter les liens transatlantiques qui sont historiquement dépassés, mais aussi d’interroger la pertinence du concept de monde occidental.
Thèses d’auteurs
Pour finir, je te propose quelques ouvrages concernant le déclin de l’Occident ou les relations des pays occidentaux entre eux.
Philippe Nemo, dans Qu’est-ce que l’Occident ?, explique la relation entre l’Europe occidentale et les États-Unis se structurant autour du lien transatlantique et formant la base de l’Occident. Aujourd’hui, l’Occident s’étend en direction de l’Indo-Pacifique. Toutefois, la définition de l’Occident reste à géométrie variable et aux contours flous. Cet ouvrage est parfait pour l’introduction et te permet de bien définir l’Occident.
François Godement, dans La Chine à nos portes, évoque les investissements massifs de la Chine dans les Balkans. Cette partie du continent européen est l’aboutissement des routes maritimes. Elle devient donc la porte d’entrée de la Chine dans le marché européen. La Chine préfère installer des relations bilatérales pour s’immiscer dans les territoires, et en particulier l’Europe.
Kishore Mahbubani affirme, dans L’Occident s’est-il perdu ?, que l’Occident a perdu une forme de supériorité dans plusieurs domaines (économique, politique et culturel). Mais il nuance cet affaiblissement. Cela s’avère être une opportunité pour développer de nouvelles perspectives et pour travailler avec les autres puissances.
J’espère que cet article a pu t’aider à enrichir ta réflexion sur l’Occident !
Finalement, pour t’entraîner, nous te proposons ce quiz de révision :
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