Le confucianisme constitue, avec le taoïsme, l’un des grands piliers de la pensée chinoise, et son influence continue de façonner la société, la politique et la famille en Chine plus de deux millénaires après sa fondation. Né dans un contexte de troubles et d’instabilité, ce courant a profondément marqué l’organisation sociale du pays, en plaçant la hiérarchie, l’éducation et les valeurs morales au cœur de son projet. Le taoïsme, fondé à la même époque par Lao Tseu, propose quant à lui une approche différente, davantage tournée vers l’individu et sa quête d’harmonie avec la nature. Ces deux courants, parfois présentés comme opposés, ont en réalité longtemps coexisté, le confucianisme structurant la sphère collective et politique, le taoïsme nourrissant une réflexion plus personnelle et spirituelle.
Comprendre ces deux courants, leurs origines et leurs valeurs respectives, permet ainsi de mieux saisir les fondements culturels qui structurent encore aujourd’hui une grande partie de l’Asie de l’Est, de la Corée au Japon en passant par le Vietnam. C’est précisément ce que nous te proposons d’explorer dans cet article.
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Quelles sont les principales philosophies et religions en Chine ?
Tout d’abord, il y a le confucianisme. Le confucianisme est fondé par Confucius au Vᵉ siècle avant notre ère. Il est centré sur l’éthique et la moralité, la famille et les traditions. Il joue un rôle central dans la société chinoise, avec notamment une grande influence sur la politique, l’éducation et la hiérarchie sociale. Le confucianisme est considéré comme un courant de pensée chinois, mais certains l’associent davantage à une philosophie, voire une religion.
Ensuite, le taoïsme occupe une place majeure dans la pensée chinoise. Ce courant est né au VIᵉ siècle avant J.-C., par Lao Tseu. Le concept du Tao, qui signifie en français « la voie », est essentiel dans le taoïsme. Celui-ci vise à vivre en harmonie avec la nature et à trouver l’équilibre. Le taoïsme est une philosophie et une religion.
Focus sur le confucianisme : philosophie et religion ? Quelle influence ?
Le confucianisme est une philosophie née en Chine. C’est Confucius, en chinois Kongfuzi (孔夫子, Maître Kong), qui créa ce courant de pensée ou philosophie. Il vécut en Chine de 551 à 479 avant notre ère.
Ce courant de pensée est né en réponse au chaos et à l’instabilité de l’époque, notamment l’instabilité spirituelle. En créant ce courant, Confucius avait comme ambition de retrouver un ordre et une harmonie au sein du pays et du peuple. Cela passait par l’établissement d’une hiérarchie dans différents domaines. L’éducation, les traditions, la bienveillance et la loyauté sont alors primordiales dans le confucianisme. De plus, le confucianisme privilégie le collectif à l’individuel. En ce sens, il diffère, voire s’oppose à la pensée occidentale de l’époque, qui visait davantage le personnel, l’individu.
Les valeurs portées par le confucianisme sont nombreuses et on trouve principalement cinq vertus :
- La bienveillance (仁, rén) : la valeur essentielle du confucianisme, elle a pour objectif de permettre l’harmonie de la société.
- La droiture (义, yì) : cette vertu permet de conserver au mieux l’ordre social.
- La bienséance (礼, lǐ).
- La sagesse (智, zhì).
- L’intégrité (信, xìn).
Le confucianisme en Chine moderne
Pendant la dynastie Han, entre 206 avant notre ère et 220 après J.-C., le confucianisme a alors le statut de doctrine d’État. Il était ainsi enseigné à l’école, utilisé dans la gouvernance du pays et est présent dans les différents aspects de la société ainsi que dans la famille.
Toutefois, le confucianisme a fait face à des périodes d’opposition durant l’histoire chinoise, notamment lorsque la dynastie des Qin (au IIIe siècle avant notre ère) a brûlé les livres évoquant la pensée confucianiste, ou encore lors de la Révolution culturelle en Chine (1966 à 1976). Ce courant de pensée fut opprimé par le gouvernement et déclaré comme une « idée bourgeoise ».
Finalement, aujourd’hui, le confucianisme n’est plus officiellement rattaché à l’État, mais il fait partie intégrante de la culture chinoise. Par exemple, dans la famille, on retrouve le respect des plus âgés et, au travail, une distance entre employés et dirigeants.
La pensée de Confucius et ses influences hors de la Chine
À partir de la dynastie Song (de 960 à 1279), le confucianisme s’est développé face aux changements sociaux, politiques et culturels de l’époque. Cela donna naissance au néo-confucianisme. Sous l’influence du bouddhisme et du taoïsme, les penseurs confucéens cherchèrent à revitaliser et à adapter les enseignements de Confucius aux défis modernes.
Avec la naissance du néo-confucianisme, les vertus du confucianisme ont évolué et se sont élargies pour ajouter celles-ci : l’harmonie entre l’homme et la nature principalement, mais aussi la réflexion sur soi, sur l’individu et la pratique de la méditation.
De plus, le néo-confucianisme a aussi eu une influence en dehors de la Chine, comme dans d’autres pays asiatiques, notamment en Corée, au Japon et au Vietnam.
- En Corée, le confucianisme est devenu la principale idéologie du pays pendant des siècles. On le retrouve ainsi dans beaucoup d’aspects de la vie quotidienne et de la société coréenne. Par exemple, en politique, dans l’éducation ou encore dans la morale. Il joue ainsi un rôle dans la hiérarchie sociale et dans la famille coréenne et les relations familiales.
- Au Japon, le confucianisme a également eu une influence majeure sur la société japonaise, notamment dans la formation de l’élite bureaucratique japonaise. Cette dernière s’est reposée sur des vertus confucéennes comme la discipline, la loyauté et le respect. Concernant l’éducation, le confucianisme a alors été au programme d’études des écoles japonaises.
- Au Vietnam également, l’influence du confucianisme est présente, notamment dans l’éducation avec l’enseignement de valeurs confucéennes.
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Focus sur le taoïsme, philosophie ou religion ?
Le taoïsme vient du mot chinois Dao qui signifie la « voie ». On peut dire que le taoïsme est la religion de la « Chine profonde », car il fait appel à des croyances d’une tradition ancienne touchant les couches les plus populaires de la société. Face au confucianisme, le taoïsme se montre davantage préoccupé de l’individu, de sa conscience et de sa vie spirituelle, dans sa recherche d’une harmonie avec la nature et l’univers. Compliqué à classifier, le taoïsme est une philosophie et une religion.
Deux grands textes sont au fondement de la philosophie taoïste : le Laozi et le Zhuangzi, les ouvrages adoptant le nom de leurs auteurs respectifs.
- Le Laozi est un bréviaire de 81 paragraphes, rédigé en proses et en vers libres, écrit par Laozi.
- Le Zhuangzi est un grand corpus qui présente une métaphysique du Dao, qui se traduirait par « absolu suprasensible », et se résumerait à cette phrase : « La vérité est dans le retour à la nature, mais sublimée par la culture. » Il est écrit par le penseur Zhuangzi.
Le taoïsme : une religion ?
Au début du IIIe siècle de notre ère, le taoïsme est alors une véritable religion encadrée par un clergé instruit et hiérarchisé. Cela s’illustre par l’édification de monastères, un rituel est codifié, on définit des textes, on célèbre des divinités. Une grande partie de la population pratique alors le taoïsme en tant que réelle religion.
Le taoïsme : une philosophie ?
Le taoïsme s’apparente également à une philosophie, comme nous avons pu l’évoquer plus haut, avec une pensée sur l’individu, le retour à la nature, l’harmonie entre l’homme et la nature, et même l’univers.
Le rayonnement du taoïsme hors de Chine
Si l’influence internationale du confucianisme est bien documentée, en particulier en Corée, au Japon et au Vietnam, celle du taoïsme mérite également d’être soulignée. Ce courant a profondément marqué la médecine traditionnelle chinoise, à travers le concept du yin et du yang ainsi que la théorie de l’énergie vitale, des notions aujourd’hui largement diffusées hors de Chine et intégrées à des pratiques comme l’acupuncture ou le qi gong.
Le taoïsme a également exercé une influence durable sur le bouddhisme chan, ancêtre direct du zen japonais, en lui transmettant notamment son goût pour la spontanéité et le détachement face aux conventions. Cette filiation explique en partie pourquoi certaines pratiques méditatives popularisées en Occident depuis le XXe siècle, bien qu’associées au bouddhisme zen, portent en réalité l’empreinte indirecte de la pensée taoïste originelle.
Sur le plan artistique, l’esthétique taoïste, fondée sur la simplicité et l’harmonie avec la nature, a également irrigué la calligraphie et la peinture traditionnelle chinoise, dont l’influence s’est ensuite diffusée dans l’ensemble de l’Asie de l’Est. Cette empreinte esthétique reste aujourd’hui perceptible dans de nombreuses formes d’art contemporain inspirées de l’Extrême-Orient, bien au-delà des seules frontières chinoises.
Tableau de vocabulaire chinois sur le confucianisme et le taoïsme
| Chinois | Pinyin | Traduction |
|---|---|---|
| 儒家 | Rújiā | Confucianisme |
| 道教 | Dàojiào | Taoïsme |
| 孔子 | Kǒngzǐ | Confucius |
| 老子 | Lǎozǐ | Lao Tseu |
| 道 | Dào | La Voie, le Tao |
| 仁 | Rén | Bienveillance, humanité |
| 礼 | Lǐ | Rites, bienséance |
| 无为 | Wúwéi | Non-agir |
| 阴 / 阳 | Yīn / Yáng | Les deux forces complémentaires (yin et yang) |
| 和谐 | Héxié | Harmonie |
| 孝 | Xiào | Piété filiale |
| 君子 | Jūnzǐ | L’homme de bien |
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